Le Premier ministre israélien Ehoud Olmert avait dénoncé, il y a moins de deux semaines, une « vague de rumeurs (…) malveillantes » le visant. Selon monsieur Olmert, une fois que les autorités judiciaires auraient élucidé cette affaire, cela « mettra fin aux rumeurs ». Parfois, force est de nous interroger devant la candeur des réponses du premier ministre israélien : « J’ai répondu à toutes les questions que l’on m’a posées. J’ai coopéré avec les enquêteurs. J’ai des tâches en tant que Premier ministre d’Israël. J’ai l’intention de les mener à bien ». Le procureur d’Israël avait ordonné l’ouverture d’une enquête criminelle contre M. Olmert le 16 janvier 2007.

La question qu’il convient de se poser est la suivante : le premier ministre traite-t-il avec désinvolture le fait qu’il soit l’objet de trois enquêtes de police ? En novembre 2007, les enquêteurs avaient procédé à une spectaculaire descente de police pour saisir des documents au sein d’une vingtaine d’institutions publiques et ministères. Selon la radio publique, M. Olmert a, depuis, été interrogé en tant que suspect sur des affaires de corruption. Et le plus fâcheux est que cette nouvelle affaire s’inscrit dans une longue liste de convocations judiciaires.

En pleines célébrations du 60e anniversaire de l’État d’Israël, dénouement spectaculaire de dernière heure : le premier ministre Olmert a rejeté des soupçons portés officiellement contre lui, tout en admettant avoir reçu des contributions financières, dont il se trouve accusé dans cette quatrième enquête. Il a lancé, dans une déclaration officielle, cet appel à la Nation : « Citoyen d’Israël, je vous regarde dans les yeux et je vous dis sans détour: je n’ai jamais perçu de pots-de-vin. Je n’ai jamais pris un sou dans mes poches ». Il s’est engagé : « Si la justice décide de m’inculper, je démissionnerai ».

L’explication du premier ministre est simple : « La candidature politique coûte de l’argent. Le législateur le reconnaît et permet de collecter des fonds avant et après la campagne. Il n’y avait rien d’illégal dans la façon dont j’ai reçu ces dons qui ont été collectés pour moi lorsque j’étais candidat à la mairie de Jérusalem puis à la direction du Likoud. L’argent des dons était mis entre les mains de mon avocat Ouri Messer, qui s’occupait de ces questions. Je n’ai pas le moindre doute qu’il les a utilisés légalement ».

Moshé Morris Talansky, un spéculateur financier de 75 ans, est soupçonné d’avoir recueilli, de diverses sources, des sommes d’un montant de plusieurs centaines de milliers de dollars en liquide qui ont été versées à M. Olmert, alors qu’il était maire de Jérusalem et ministre de l’Industrie et du Commerce, et cela durant une longue période. Le premier ministre a admis avoir reçu ces « contributions financières », pour différentes campagnes électorales, de la part de cet homme d’affaires juif américain qui vit à New York. Ehoud Olmer aurait, en retour, favorisé l’homme d’affaires lors de la privatisation de la banque Leumi. Talansky a été interrogé après être arrivé en Israël pour rendre visite à ses enfants pendant la fête de Pessah.

Mais à quoi ont donc servi ces sommes d’argent ? Elles ont servi à financer ses campagnes électorales pour la mairie de Jérusalem en 1993, ainsi qu’en 1998, 1999 et 2002, dans le cadre du parti de droite Likoud. Et le premier ministre Olmer dit croire que l’affaire, provoquée par une enquête de la police sur des allégations de gros pots-de-vin versés par l’Américain Morris Talansky, serait vite oubliée. « Les pièces à conviction sont accablantes pour le Premier ministre », titre le quotidien Haaretz. « Je refuse de céder à l‘hystérie », a-t-il déclaré.

Olmert fait l’objet de 3 autres enquêtes pour des transactions frauduleuses et des nominations politiques abusives. L’ex-directrice du cabinet de M. Olmert, Shoula Zaken, fait également l’objet d’une enquête policière sous le soupçon d’avoir usé de ses relations pour faire nommer de hauts fonctionnaires des services fiscaux afin d’obtenir des allègements au profit de proches.

La classe politique évoque déjà l’éventuelle démission ou la suspension de M. Olmert, voire des élections anticipées dans les prochains mois, alors que la législature s’achève en novembre 2010 et que sa majorité parlementaire se réduit à 64 députés sur 120. Ehud Barak, le chef du parti travailliste et ministre de la Défense, a avisé son parti, principal allié de M. Olmert au sein de la coalition au pouvoir, qu’il devait être en ordre de bataille pour d’éventuelles élections anticipées, tout en déclarant : Nous sommes contre la corruption, néanmoins j’espère que les accusations portées contre le Premier ministre Ehoud Olmert se révéleront infondées ».

Plusieurs doutent que l’État hébreu soit en mesure, le 14 mai prochain, d’ouvrir les célébrations des 60 ans de la proclamation du pays avec un Premier ministre en poste. Plusieurs médias affirment que la classe politique se prépare à une éventuelle démission ou suspension d’Ehoud Olmert. Tzipi Livni, membre de Kadima et ministre des Affaires étrangères, serait la mieux placée pour lui succéder à la tête du gouvernement. Elle n’a pas hésité à réclamer une enquête rapide pour « lever les incertitudes ». Selon le journal « Maariv » : «  il est possible que ce soit la fin ».

Shraga Blum écrit, sur le site d’Arouts7 : « A Kadima, on est conscient que même si sur le plan juridique strict, le Premier ministre s’en sort une nouvelle-fois, sur le plan politique et éthique, cette nouvelle affaire tombe bien mal, car elle l’affaiblira encore davantage. On ne peut pas être l’objet de cinq enquêtes pénales sans qu’il n’y ait à terme de gros dégâts sur le plan électoral. […] A la veille des 60 ans de l’État d’Israël, les festivités sont ternies par cette nouvelle affaire demi-secrète qui alimente les conversations dans toutes les chaumières ».

L’affaire tombe au plus mauvais moment pour le Premier ministre qui s’apprête cette semaine à recevoir le président américain George W.Bush, de nombreux chefs de gouvernement, des ministres des Affaires étrangères et de personnalités venues commémorer le soixantième anniversaire de la création de l’État d’Israël. Selon la Maison Blanche, les ennuis judiciaires d’Ehoud Olmert sont une affaire intérieure israélienne et ne changent rien au programme de la visite du président George W. Bush en Israël la semaine prochaine. « C’est une affaire qui est du ressort du système judiciaire israélien », a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche. Toutefois, à Washington, on laisse clairement entendre que si Olmert est suspendu de ses fonctions, les négociations avec son successeur devront reprendre à zéro. Au cours de sa visite en Israël, qui débutera mardi, George W. Bush prononcera un discours devant la Knesset mais le président américain ne tiendra pas de discussions communes avec les leaders israéliens et palestiniens. Il s’entretiendra avec Ehoud Olmert et Shimon Pérès.

Il ne fait aucun doute, toutefois, qu’un bouleversement politique majeur en Israël aurait également, sur un autre plan, des incidences négatives sur l’éventuel redémarrage, sous l’égide de la Turquie, des discussions entre la Syrie et Israël en vue de la signature d’un accord de paix contre la restitution à Damas du plateau du Golan.

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« Je jure, dans l’exercice de la fonction de président de la Fédération de Russie, de respecter et de protéger les droits et les libertés de l’homme et du citoyen, d’observer et de défendre la Constitution de la Fédération de Russie, de défendre la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité de l’État, de servir fidèlement le peuple », a déclaré le nouveau président de la Russie, Dmitri Medvedev.

La Russie ferme une page pour en ouvrir une toute nouvelle. Cela pourrait être aussi simple si, au contraire, la situation n’était pas aussi complexe. Dmitri Medvedev, élu le 2 mars dernier, a prêté ce mercredi serment à titre de président. Il entre au Kremlin. Vladimir Poutine, le visage sombre, quitte la présidence et cède la place à son dauphin. Il entre à la Maison Blanche. Selon le quotidien en ligne Vzgliad, cité par le Courrier international, Vladimir Poutine, 55 ans, aura visité 74 pays, conduit 145 rencontres avec des représentants d’États étrangers, effectué 212 déplacements à travers la Russie, prononcé 1.409 discours. Et rien n’empêchera constitutionnellement Vladimir Poutine de se représenter à la présidentielle après le mandat de Medvedev, en 2012.

Comme l’indique Le Temps : « Aujourd’hui, le Kremlin possède vingt tours, culminant à 70 mètres. Les murailles font jusqu’à 19 mètres de hauteur et 6mètres d’épaisseur. La longueur de son enceinte est de 2235mètres. À la fin des années 1990, Boris Eltsine avait ordonné une vaste restauration du bâtiment, qui a coûté 335 millions de dollars. La Maison Blanche, d’ailleurs plutôt grise, est un bâtiment gouvernemental avec une base de sept niveaux, coiffé d’un bloc de marbre de 11 étages, conçu dans le plus pur style tape-à-l’œil de l’époque soviétique par les architectes Dmitry Chechulin and P. Shteller. Sa construction a duré de 1965 à 1981, sur l’autre rive de la Moskova ».

De chef d’État, il occupera maintenant le poste de premier ministre. Tout se déroule selon le scénario prévu. Dans les coulisses du pouvoir, certains gloussements montrent à quel point la démocratie est une affaire étrangère à Moscou. Dmitri Medvedev, 42 ans, est déjà comparé à Élizabeth II d’Angleterre. Selon les fonctions qu’il réussira à drainer vers le Kremlin, Medvedev sera soit un « pantonyme » des soirées mondaines ou soit un chef d’État avec une véritable stature. Des humoristes ont déjà surnommé le dauphin et son maître : « Medvetine et Poudev ». « Nous avons eu le « moulin à paroles » avec Gorbatchev, le « macho » avec Eltsine, le « soldat de l’Empire » avec Poutine, maintenant, nous avons le « premier de la classe » avec Medvedev », a déclaré Stanislas Belkovski, un politologue russe haut en couleur qui fut autrefois dans les petits papiers du Kremlin, au magazine Challenges.

Dmitri Medvedev connaît bien le maître du Kremlin pour avoir travaillé sous sa direction depuis le début des années 1990. Le premier défi du nouveau président sera de gérer un premier ministre encombrant déterminé à ne rien céder de ses anciens pouvoirs présidentiels. Ce que la Constitution n’autorisait pas a été habilement contourné : Vladimir Poutine restera le maître du pays. Il restera au pouvoir sans violer la Constitution. En vertu du l’article 111-2 de la Constitution, Dmitri Medvedev a proposé au parlement la candidature de son prédécesseur Vladimir Poutine au poste de premier ministre. C’est chose faite. La Douma doit examiner sa candidature jeudi. En cas d’approbation, M. Poutine devra présenter au président, dans un délai d’une semaine, ses propositions de candidatures pour les postes de vice-premiers ministres et de ministres fédéraux. Au poste de premier ministre, Vladimir Poutine s’attellera, semble-t-il, en priorité aux problèmes de l’économie et de la sphère sociale. Les leaders des groupes de députés de Russie unie, du Parti libéral-démocrate de Russie (LDPR) et de Russie juste ont confirmé qu’ils voteraient pour la candidature de Vladimir Poutine, alors que le leader du Parti communiste de Russie (KPRF) a dit que les communistes se prononceraient « contre ».

Le deuxième défi du nouveau président consistera à mettre sous son contrôle les différentes factions qui s’entre-déchirent. « Siloviki » et libéraux tireront leur réussite – ou leur échec – de la force – ou de la faiblesse – du Prince, en l’occurrence Dmitri Medvedev. Poutine ne voudra pas céder le contrôle des « Siloviki », cette « nomenklatura poutinienne » composée des détenteurs de la force publique, des responsables des ministères et des services chargés de la défense et de la protection de l’ordre public et autres responsables de l’industrie de défense (secteur militaro-industriel). Medvedev est classé parmi les libéraux. Le règne de Vladimir Poutine a été marqué par un redressement économique de la Russie mais aussi par un net recul des libertés. Il ne fait aucun doute que Dmitri Medvedev en est pleinement conscient lorsqu’il déclare : « Les droits et les libertés constituent une valeur suprême et déterminent le sens des activités de l’État. Ma tâche majeure consiste donc à développer les libertés civiles et économiques et à créer de nouvelles possibilités pour les citoyens », a déclaré le nouveau président lors de la cérémonie d’investiture au Grand Palais du Kremlin.

La Russie c’est, aujourd’hui, le deuxième arsenal nucléaire du monde et une économie de 1.300 milliards de dollars. Le nouveau président s’est dit pleinement conscient du fait qu’il devrait beaucoup œuvrer pour que la Russie devienne un État réellement juste et soucieux de ses citoyens, pour qu’un très bon niveau de vie soit garanti, pour que de plus en plus de gens estiment appartenir à la classe moyenne et reçoivent un enseignement et des soins médicaux de qualité.

Pour l’heure, le président russe et commandant en chef suprême des Forces armées, Dmitri Medvedev, a endossé au Kremlin la direction des forces stratégiques nucléaires russes. Il existe trois valises nucléaires permettant d’activer l’arsenal nucléaire. L’une est détenue par le chef de l’État, l’autre par le ministre de la Défense, et la dernière par le chef de l’État-major général des forces armées. La valise contenant les codes donnant le contrôle de l’arme nucléaire a été remise au président de la Russie. Le système ne peut être mis en marche qu’à la réception de trois signaux concomitants en provenance des trois valises.

De Londres, le service de presse du premier ministre britannique, Gordon Brown, a formulé le commentaire selon lequel « le président Medvedev peut donner un nouveau départ aux relations de la Russie avec le reste du monde ». A Berlin ou à Paris, comme l’indique le magazine Challenges, on attend de Dmitri Medvedev qu’il « accélère la transformation de la Russie », comme l’a dit récemment le ministre allemand des Affaires étrangères Franz-Walter Steinmeier. « Vladimir Poutine sera le dernier de la génération des tchékistes à la soviétique », estime un politologue de Moscou qui tient à rester dans un prudent anonymat. « Un nouveau président de Russie a été investi (…) nous nous attendons à de la continuité dans la politique étrangère russe, cela signifie qu’il y aura des domaines dans lesquels nous serons d’accord (…) et des domaines dans lesquels nous ne serons pas d’accord », a, pour sa part, déclaré Stephen Hadley, conseiller de Georges W. Bush à la sécurité nationale. Le conseiller n’a pas caché que les États-Unis étaient « très préoccupés » par les agissements russes en Géorgie

(Sources : AFP, Challenges, Courrier international, Le Temps, Presse canadienne, Ria Novosti)

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Deux événements majeurs marquent, par ces heures tragiques, le Myanmar. 22 000 personnes sont mortes en Birmanie depuis le passage, il y a quelques jours du cyclone Nargis, et au moins 41 000 autres sont portées disparues, a annoncé la télévision d’État, dans un nouveau bilan officiel. Selon le quotidien Le Monde, le département de météorologie de l’Inde a indiqué, mardi 6 mai, avoir averti ses voisins birmans deux jours avant de l’arrivée du cyclone et de sa puissance. « Quarante-huit heures avant que Nargis frappe, nous avons fourni aux agences birmanes le point d’impact, sa gravité et toutes les questions qui y sont liées. Il y avait suffisamment de temps pour prendre des mesures de précaution telles que l’évacuation », a affirmé B.P. Yadav, porte-parole du département.

Parallèlement à ce drame épouvatable, l’honneur qui échoit à l’opposante birmane Aung San Suu Kyi, 62 ans, marque ses 12 ans de privation de liberté sur 18 ans, parce que son parti, « la Ligue nationale pour la démocratie », avait obtenu 80 % des voix lors des premières et seules élections libres du pays en 1990. Elle reçoit du Canada le titre de citoyenne d’honneur. Élections qui avaient nommé un parlement qui ne s’est jamais réuni depuis!

En plein cataclysme, c’est le cousin de Mme Suu Kyi et premier ministre du gouvernement birman en exil, Sein Win, qui a accepté cet honneur en son nom. M. Win a remercié le Canada pour l’hommage rendu sur la Colline du Parlement et pour le don de 2 millions de dollars de l’Agence canadienne de développement international destiné à venir en aide aux survivants du cyclone. « Nous sommes inquiets que la junte minimise les dégâts pour ne pas que les médias et les organisations internationales viennent en grand nombre et voient ce qui se passe dans le pays », a dit à La Presse le premier ministre du gouvernement birman en exil, Sein Win, de passage à Ottawa hier. Le Canada réclame à nouveau du régime birman qu’il libère Mme Aung San Suu Kyi et tous les autres prisonniers politiques, et qu’il respecte les droits de la personne et les libertés fondamentales de tous les Birmans.

D’autre part, George W. Bush promulguera la loi décernant la plus haute distinction civile du Congrès américain à Aung San Suu Kyi.

Le cyclone, qui venait du Golfe du Bengale, s’est abattu sur la côte sud-ouest de la Birmanie. Puis il a frappé Rangoon, la capitale. Les vents qui se sont abattus sur la région atteignaient jusqu’à plus de 200km/heure. Des centaines de milliers de personnes ont perdu leur maison et tous leurs biens. Selon les médias officiels, 70% des arbres de Rangoon ont été déracinés, des hôpitaux ont été partiellement détruits. Vision Mondiale est pessimiste : deux millions de personnes auraient été « durement touchées ».

Qui oserait croire que, plusieurs jours après le passage d’un cyclone qui a dévasté le pays, les équipes des organisations d’aide humanitaire des Nations Unies sont toujours en attente de visas pour apporter leur aide à la Birmanie? L’Organisation des Nations Unies est en attente : elle a débloqué 30 millions de dollars pour venir en aide à la population birmane. Non pas qu’elle refuse cette aide, mais la junte militaire entend bien négocier avec les équipes, qui se rendront dans le pays, leur entrée sur le territoire. Les États-Unis ont aussi offert d’envoyer une équipe de secours, mais la junte ne leur aurait toujours pas accordé de visa. Des renforts de l’Unicef et d’autres agences de l’Onu attendent d’obtenir leur visa. De nombreux pays à travers le monde ont annoncé des aides pour les rescapés, mais plusieurs ont indiqué vouloir éviter que l’assistance ne transite par le régime. Les autorités, après de multiples tergiversations, ont revu le bilan des victimes à la hausse, le portant, provisoirement, à 22.500 morts.

Que vaut une seule vie aux yeux du généralissime Than Shwe? En 1988, l‘intervention de l’armée dans la rue aurait fait quelque 3.000 morts lors de la répression des manifestations contre la situation économique et politique. De la même manière, le 26 septembre 2007 dernier, l’armée écrase la « révolution safran ». L’organisme Droits et Démocratie est inquiet. « Même si c’est un désastre naturel, on sait que les militaires vont favoriser leur famille. L’aide humanitaire servira d’arme au régime ». Un fonctionnaire, dépassé par l’ampleur des dégâts, s’interrogeait, ironiquement : « Où sont les soldats et la police » ? Tout en ajoutant :« Ils ont été très rapides et agressifs lorsquil y a eu des manifestations, lan dernier », note Ouest-France.

Cinq travailleurs humanitaires de l’ONU, spécialisés en catastrophes naturelles, sont arrivés à Bangkok mais ils attendent toujours l’accord de la junte pour entrer en Birmanie, selon CNN.

L’infâme régime des généraux maintient pour samedi la tenue d’un référendum contesté sur un projet de Constitution.

Qui aura le goût d’aller voter quand vous recherchez vos enfants, vos parents, vos amis, vos voisins dans les ruines fumantes laissées par le meurtrier cyclone Nargis? Ce cyclone est le plus meurtrier depuis celui qui, en 1991, avait fait 143 000 morts au Bangladesh. Pourquoi l’infâme régime des généraux, résolument orientés par leurs profits personnels et résolument insensibles au drame de leur peuple, se préoccuperait de ces questions humanitaires? Plusieurs agences des Nations Unies critiquent la lenteur dans la délivrance des visas qui ralentit l’aide internationale.

La junte militaire affirme que ce projet de constitution, document de 194 pages, ouvrira la voie à des élections multipartites en 2010, ce que récuse l’opposition conduite par Aung San Suu Kyi. Ce que ne dit pas la junte militaire est qu’une clause interdirait à la dirigeante de l’opposition, Aung San Suu Kyi, d’accéder à la présidence de l’Union birmane au motif controversé qu’elle a été mariée à un étranger, le Britannique Michael Aris décédé d’un cancer en 1999. D’autre part, un quart des sièges dans chacune des deux Chambres du futur Parlement serait réservé à des officiers désignés par le commandant-en-chef de l’armée et trois ministères (Intérieur, Défense, Affaires frontalières) ne pourraient être attribués qu’à des militaires. Parmi les autres incongruités de cet odieux régime, notons qu’en mars dernier, le généralissime Than Shwe (75 ans) avait rejeté une offre d’observateurs des Nations unies.

Dans une déclaration adoptée à l’unanimité, les 15 membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont appelé la junte birmane à ce que « le processus du référendum soit libre et équitable ». Le Conseil de sécurité « souligne la nécessité pour le gouvernement de Birmanie d’établir les conditions et de créer une atmosphère contribuant à un processus crédible et complet qui permettra la totale participation de tous les acteurs politiques et le respect des libertés politiques fondamentales ».

L’ambassadeur birman à l’ONU, Kyaw Tint Swe, rejette cette résolution, la jugeant « hautement contestable ». Bien évidemment, selon l’ambassadeur : « C’est sans précédent, puisque la Birmanie ne menace la paix et la stabilité ni au niveau régional, ni au niveau international ». Fait à noter : la version finale de la déclaration abandonne toute référence à Aung San Suu Kyi après que la Chine, alliée de la Birmanie, s’y soit opposée. Les deux textes appelaient au dialogue avec l’opposante Aung San Suu Kyi et sa participation à l’organisation du référendum. Prompte à dénoncer une résolution aux Nations-Unies, lente à ouvrir ses frontières à une aide humanitaire.

La junte birmane reportera au 24 mai le référendum dans les zones les plus touchées par le cyclone Nargis, soit dans 40 des 45 municipalités de la région de Rangoon et dans sept du delta de l’Irrawaddy, mais impose le vote, le samedi 10 mai, dans le reste du pays. Pour l’heure, la junte militaire reste sourde aux appels de l’opposante birmane Aung San Suu Kyi qui estime « totalement inacceptable » le maintien de son référendum constitutionnel dans les circonstances actuelles.

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Le spectre de la guerre civile commence à planer sur la Bolivie, le pays le plus pauvre d’Amérique du sud. Poumon économique du pays, le Santa Cruz, le département le plus riche de la Bolivie et le plus grand du pays avec 370 000 km2, vient de tenir un référendum pour approuver un plan qui lui conférerait une plus grande autonomie régionale. La région de Santa Cruz détient les principaux gisements de gaz du pays. Le Santa Cruz conteste la nouvelle Constitution défendue par Evo Morales, qui vise à redistribuer la richesse au profit des paysans défavorisés des Andes, dont il est lui-même issu. Plus de 935 000 électeurs étaient appelés aux urnes dans la province orientale de Santa Cruz, qui revendique le droit de gérer les principaux gisements de gaz du pays et créer sa propre force de police. Trois autres régions riches, Beni (nord), Pando (nord-est) et Tarija (sud) ont prévu d’organiser un référendum similaire à celui de Santa Cruz en juin prochain. Ces quatre régions, la Media Luna, représentent 65% du produit intérieur brut (PIB) de la Bolivie.

Les électeurs auraient voté oui à plus de 85%, selon des résultats partiels. Le « oui » aurait remporté 85% des suffrages, selon la chaîne Unitel, contre 15% pour le « non ». Selon la chaîne PAT, le « oui » se serait imposé avec 85,1% des voix contre 14,9% pour le « non ». Le gouverneur de Santa Cruz, Ruben Costas, avait demandé aux habitants de se prononcer sur un statut d’autonomie leur permettant de gérer les gisements gaziers et de créer une force de police régionale. À elle seule, Santa Cruz, ville de 1,4 million d’habitants, est favorable à 70% au statut d’autonomie. Ruben Costas s’oppose ainsi à la nationalisation des ressources et la redistribution des terres voulue par Evo Morales, le premier chef de l’État amérindien dans l’histoire du pays. « C’est une révolution pacifique », a déclaré Ruben Costas. « Une nouvelle Bolivie va naître de notre décision », a prédit le gouverneur de Santa Cruz. Les autorités de la région espèrent désormais que la victoire du oui contraindra le président à négocier. Evo Morales a déclaré vendredi soir à l’Associated Press qu’un référendum national pourrait mettre fin à la bataille politique sur l’autonomie du Santa Cruz.

Evo Morales, en poste depuis 2006, a fustigé depuis la Paz ce scrutin le qualifiant de : « illégal et séparatiste ». Pour la plus grande joie d’Evo Morales, la Cour nationale électorale a abondé dans son sens en évoquant le caractère anticonstitutionnel du scrutin autonomiste. Toutefois, l’antenne régionale de la Cour a validé ce qui ressemble à un coup de force. L’armée bolivienne a condamné le référendum d’autonomie régionale.

Le vote de dimanche s’est déroulé essentiellement dans le calme sauf dans au moins trois circonscriptions du chef-lieu : Santa Cruz de la Sierra. Le président de la Cour électorale du département de Santé Cruz, Mario Orlando Parara, a affirmé que 91% des bureaux de vote ont fonctionné normalement. Des partisans du président Evo Morales, hostiles à la tenue du référendum, ont mis à sac quelques bureaux de vote du chef-lieu : Santa Cruz de la Sierra. Ces manifestants ont tenté ainsi prendre d’assaut le collège Claudina Thevenet de Santa Cruz, brûlant des urnes électorales. Luis Flores, un artisan cité par l’AFP, déclare que ce « référendum a été fomenté par les patrons pour nous voler nos ressources et les offrir aux multinationales étrangères ». Des centaines de policiers ont été dépêchés dans la région pour éviter les débordements.

Le président Morales s’est dit ni inquiet ni intimidé par ce référendum auquel son gouvernement n’accorde aucune valeur légale. Selon Morales, ceux ou celles qui défendent l’autonomie de Santa Cruz ne sont autres que quelques familles nanties qui ont peur de perdre leurs privilèges. Lors d’une allocution télévisée dans tout le pays, le président Evo Morales a déclaré que le referendum encourage la division. « Malgré les peurs, les humiliations, une grande révolte a jailli contre les groupes qui ont toujours utilisé la population à Santa Cruz sur la base des ressources économiques », a-t-il souligné. « Cette consultation illégale et anticonstitutionnelle n’a pas eu le succès espéré par certaines familles », a soutenu Morales, en référence directe aux entrepreneurs et grands propriétaires terriens de cette région de l’est.

Avec l’autonomie, les habitants de Santa Cruz s’opposent aux projets de redistribution des terres et des richesses du président et ils espèrent garder une part plus importante des recettes du gaz naturel de l’État et protéger leurs grands ranches et plantations. Le maire de Santa Cruz, Percy Fernández, a déclaré le 9 décembre 2007 : « Dans ce pays, bientôt, il faudra se peindre et se mettre des plumes pour exister ! » (Cité par Hervé Do Alto, La nouvelle Constitution existe, l’instabilité persiste, 13 décembre 2007).

La Bolivie ferait peur. Evo Morales est un « fan » déclaré de Fidel Castro, ami et allié politique d’Hugo Chavez, fondateur du parti « Mouvement vers le Socialisme » (MAS) et ancien leader syndical des producteurs de coca. La Bolivie c’est le pays dont 65% de la population se revendique indienne. Une population jusqu’ici marginalisée et dont la majorité vit en dessous du seuil de pauvreté. Evo Morales promet de « refonder » ce pays le plus pauvre d’Amérique du Sud.

Le gouvernement des États-Unis, dans un rapport du Département d’État, signale que la Bolivie pourrait être « un possible lieu pour des activités terroristes » en raison de ses liens avec le gouvernement de l’Iran : « l’instabilité politique, un cadre légal faible et fluctuant, la croissante culture de feuille de coca et l’ouverture de relations diplomatiques avec l’Iran montrent la Bolivie avec un nouveau potentiel comme lieu possible d’activités terroristes ». En réponse, Evo Morales a déclaré : « pour un système sauvage et inhumain comme le capitalisme, les luttes sociales pour l’égalité sont du terrorisme » tout en poursuivant, comme pour marquer le pas : « avec beaucoup de respect, je demande au gouvernement des États-Unis de retirer ses troupes d’Irak, ainsi nous pourrons le croire quand il dit qu’il lutte contre le terrorisme ». Le Mouvement vers le socialisme (MAS) d’Evo Morales est l’allié du socialisme bolivarien du président vénézuélien Hugo Chavez.

En décembre dernier, le président Morales respectait sa principale promesse électorale et présentait une nouvelle constitution. Le but est de mettre en œuvre des réformes politiques, économiques et sociales pour assurer les droits fondamentaux aux peuples indigènes, marginalisés depuis plus de 500 ans. La région de Media Luna (qui comprend les départements de Santa Cruz, Tarija, Beni et Pando), là où se trouvent les principales ressources naturelles du pays, s’oppose fermement à cette nouvelle constitution. Bien que majoritaire à l’assemblée constituante, le parti d’Evo Morales n’y dispose pas des deux tiers nécessaires à l’approbation des propositions de modification constitutionnelle.

En février 2008, Evo Morales dénonçait un complot commandé par Philippe Goldberg, l’ambassadeur des États-Unis en Bolivie contre les changements sociaux que prône son gouvernement. Selon Evo Morales, Philippe Goldberg s’immisce constamment et ouvertement dans les affaires intérieures de la Bolivie à travers d’actions politiques destinées à discréditer la Constitution adoptée en décembre dernier par l’Assemblée constituante. Ce texte interdit entre autres l’installation de bases militaires étrangères en Bolivie, c’est pourquoi les Etats-Unis financent des campagnes diffamatoires par l’intermédiaire de son Agence pour le Développement International (USAID).

Selon le recensement de 2001, 62% des Boliviens se considèrent comme faisant partie des populations natives indiennes, en majorité Quechuas et Aymaras. « Même si la nouvelle Constitution présente quelques aspects positifs, elle ne répond pas globalement aux besoins réels des peuples indigènes autochtones », déclarait le Mallku, chef aymara, Felipe Quispe, l’un des dirigeants historiques et emblématiques du mouvement indigéniste. « La gestion d’Evo est tout simplement un désastre. Au début, nous avions de la sympathie pour lui, mais il n’a pas rempli ses promesses, et a poursuivi un projet libéral à visage indien. Evo devrait abroger toutes les lois néolibérales, en commençant par celle punissant la culture de la coca – introduite sous pression nord-américaine – car la coca, c’est notre vie ». Le constat est impitoyable : « Nous prions pour la chute d’Evo Morales, parce qu’il porte préjudice au mouvement indigène en général ».

L’analyste politique et sociologue Jorge Komadina n’est pas de cet avis. Vingt-six mois après la victoire de la gauche, la Bolivie se retrouve avec « deux projets politiques antagoniques, qui se disputent le pouvoir politique et la domination des ressources naturelles » : d’un côté, le charismatique Evo Morales, le MAS et une série de secteurs populaires et des classes moyennes qui appuient le processus actuel de changement. D’autre part, l’opposition politique dirigée par les partis Podemos et Uniré nationale, les secteurs privilégiés – et plus particulièrement les propriétaires fonciers – et le dénommé « Mouvement civique régional » qui ne cessent de défier le gouvernement. « Les deux blocs peuvent compter sur une légitimité électorale, un appui social et une légalité reconnue », estime M. Komadina. Dans ce cadre, le travail laborieux de l’Assemblée constituante durant près de deux années a pris fin avec une nouvelle Constitution, approuvée sans avoir obtenu un réel consensus national et dénoncée par les secteurs anti-Morales.

Depuis le début du mois de mai, la Bolivie est l’actionnaire majoritaire de quatre compagnies pétrolières. En effet, le gouvernement a acheté des actions pour devenir l’actionnaire majoritaire des compagnies pétrolières Andina, Chaco, Transredes et la Compañia Logistica Hidrocarburífera Boliviana, auparavant aux mains de capitaux argentins, péruviens, espagnols, anglais, hollandais et allemands. A travers le Décret Suprême 29.544, le gouvernement a aussi nationalisé l’entreprise de télécommunications Entel.

Sources : AFP, Alternatives, Latin Reporter, Mondialisation, Presse canadienne, Reuters, RFI)

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Le mardi 6 mai 2008 aurait dû être un jour heureux dans la vie du président Nicolas Sarkozy. Le premier anniversaire de son élection sera marqué par des sondages plus pessimistes les uns que les autres. Douze mois après son élection triomphale (53,06%), le tableau est morose. La cote de popularité du président est toujours au plus bas en dépit de sa récente intervention télévisée : 38% seulement des Français lui font « confiance » contre 57% de non, selon un sondage CSA Le Parisien-i télé vendredi.

Comme si cela ne suffisait pas, le président, dans les derniers sondages, semble entraîner François Fillion dans la spirale de l’impopularité. En effet, le Premier ministre glisse progressivement dans le sillage présidentiel : 51% des Français ne lui font pas confiance. Son décrochage - une chute de huit points par rapport à avril - ne lui fait « ni chaud ni froid », a déclaré François Fillion devant l’American Jewish Committee (AJC), dont il était l’invité d’honneur pour son 102e Congrès annuel, à Washington. Déclaration particulièrement odieuse, s’il en est une. « Quand on gouverne et qu’on réforme un pays, surtout au début, on a forcément à affronter une certaine impopularité », soutient le Premier ministre. Avec une pareille désinvolture à l’égard des préoccupations du peuple, François Fillion ne risque pas de remonter de sitôt sa cote de popularité. L’hebdomadaire L’Express s’interroge à bon escient : « Nicolas Sarkozy et François Fillon auraient-ils éprouvé au terme d’un an de pouvoir les limites de leur partenariat, plus complémentarité qu’osmose? »

Nicolas Sarkozy confessait le 24 avril dernier avoir commis des « erreurs ». Aussitôt, renchérissait François Fillion : « J’assume ma part d’erreur ! » dans Le Journal du dimanche. Son « tort », selon lui, est d’avoir laissé les critiques de la gauche prospérer à propos du paquet fiscal, d’autant que le chef de l’État n’a pas supporté de se voir accusé d’avoir fait « une politique pour quelques-uns ». Cela étant dit, le « ni chaud ni froid » du Premier ministre, à Washington, ne s’élève au-dessus des meilleures déclarations politiques entendues au cours de la dernière année. Si Nicolas Sarkozy est vu comme un « hyperprésident », force est de constater que son premier ministre, François Fillon, peine à exister. Si le Premier ministre ne bénéficie plus d’un transfert de confiance dans l’opinion, il sera la victime expiatoire idéale, soufflait une source gouvernementale à L’Express.

C’est sur le front économique que les nouvelles sont les plus inquiétantes. Montée de l’euro et du prix du pétrole, inflation, crise du marché immobilier américain : le « choc de croissance » espéré n’est plus d’actualité. Et les Françaises et les Français en sont conscients. Selon une enquête, réalisée au lendemain de l’intervention télévisée du chef de l’État, 30% seulement des Français (dont 54% de sympathisants de droite) pensent que le président va terminer son mandat sans difficultés majeures, et 8% ne se prononcent pas (NSPP). Le pessimisme est nettement au rendez-vous : 62% des Français pensent que la France va traverser une grave crise d’ici la fin du mandat de Nicolas Sarkozy, selon un sondage CSA réalisé pour Marianne. Et comme l’indique AFP : « Le ton du président est loin de celui du vainqueur du second tour de la présidentielle - avec 53,06 pour cent des voix face à Ségolène Royal - qui prêchait la « rupture » et le volontarisme pour aller « chercher (ce) point de croissance » qui manque à la France ».

En pleine morosité, plus d’un Français sur deux (52%) pense que sa situation personnelle sera moins bonne en 2012 qu’aujourd’hui, et 68% des personnes interrogées pensent que leur pouvoir d’achat aura encore diminué en 2012. Plus que jamais, selon l’expression de François Fillon, les « caisses sont vides ». L’État doit se serrer la ceinture pour espérer tenir ses engagements européens. Et selon le Front monétaire international, présidé par Dominique Strauss-Kahn, « les prévisions que le FMI a faites pour l’économie française sont en dessous des prévisions que fait le gouvernement ». Parmi les 62% qui pensent que le pays va traverser une grave crise d’ici 2012, figurent 75% de sympathisants de gauche, 60% de sympathisants du MoDem et 41% de sympathisants de droite. Face à de tels résultats, faut-il se surprendre que 64% des personnes interrogées pensent que la société française sera plus divisée qu’aujourd’hui?

Seulement 30% des personnes interrogées croient que le président « va terminer son mandat sans difficultés majeures ». Et seulement 49% des personnes interrogées souhaitent que Nicolas Sarkozy « garde François Fillon » comme Premier ministre jusqu’à la fin de son mandat. « Ca fait un an presque, dans quelques jours, que le Président de la République a été élu et je pense que dans les jours qui viennent on va voir fleurir mille articles et commentaires sur le bilan », a déclaré de Washington François Fillion. « Sans doute les procureurs seront plus nombreux que les avocats. Moi, vous savez, je fais un peu de course automobile, je fais des courses d’endurance. Quand on fait une course d’endurance, on fait pas le bilan au début de la course, on le fait plutôt à la fin », a déclaré le Premier ministre.

Nicolas Sarkozy n’aura, semble-t-il, d’autre choix que de mettre davantage son Premier ministre en avant-scène pour se concentrer lui-même sur les gros dossiers et être plus présent sur la scène nationale, alors que la présidence de l’Europe, à partir du 1er juillet, risque de l’éloigner des Français. Il semblerait que François Fillion deviendra le globetrotteur de la République, en lieu été place du président (depuis son entrée en fonction, Nicolas Sarkozy a parcouru 268.000 km). Selon France-Soir : « l’agenda diplomatique du Premier ministre comporte un nombre impressionnant de dates d’ici l’été : déplacements en Europe (Chypre, Malte, Bruxelles, Estonie, Finlande, Madrid, Berlin, Bruxelles…) ainsi que deux voyages transatlantiques (sommet UE-Amérique latine de Lima le 16 mai et les célébrations du 400e anniversaire de Québec, au mois de juillet) ! François Fillon est ainsi en passe d’établir un nouveau record de kilomètres parcourus par un chef de gouvernement français. En un an il fait aussi bien que Dominique de Villepin au cours de ses deux années passées à Matignon et il talonne déjà Jean-Pierre Raffarin sur la période 2002-2005 ! »

Nonobstant cela, la remontée sera longue et les réformes mettront du temps à produire des effets. Est-ce que la population française se laissera convaincre par les arguments de Pierre Giacometti, ancien dirigeant de l’institut Ipsos et personnage influent auprès du président, selon qui Nicolas Sarkozy essaie aujourd’hui d’installer l’idée que, s’il est impopulaire, c’est parce qu’il conduit des réformes difficiles, et pas pour de mauvaises raisons, par exemple sa vie privée.

Comme l’indique Le Parisien : « La « rupture », pour laquelle 53 % des Français s’étaient prononcés en l’élisant président le 6 mai 2007, a souvent un goût plus amer que sucré. Hier, dans la rue, les manifestants du 1er mai ne le lui ont pas envoyé dire. En guise de brins de muguet, ils lui ont offert leurs slogans du jour, de « ça ne peut plus durer, ça va péter » à « un seul poste à supprimer, celui de l’Élysée ». Projets sur les retraites, la Sécurité sociale, l’éducation : sur fond de crise financière mondiale et de moral historiquement bas, tout inquiète les Français et tout fait plonger un peu plus le couple exécutif dans la tourmente ».

Le président Nicolas Sarkozy devra, à l’avenir, mieux maîtriser ses dossiers. C’est le reproche que lui en fait expressément Challenges : « Quelques heures avant l’intervention télévisée du chef de l’Etat, le 24 avril, un conseiller de l’Élysée s’inquiétait : « Je peux d’ores et déjà vous dire qu’il abordera trop de questions à la fois. Il va être dans la justification permanente ». Comme l’indique Challenges, « pour se préparer à l’exercice, Nicolas Sarkozy a dévoré une tonne de fiches. Cette surabondance l’a conduit à ne pas repousser l’argumentation technique, là où il devait prendre de la hauteur, donner du sens. En voulant balayer trop de sujets, il s’est laissé aller à des simplifications, à des approximations. Il a même proféré un certain nombre d’inexactitudes. Mélangeant, par exemple, naturalisation et régularisation. S’embrouillant sur la croissance comparée entre la France et l’Allemagne, ou sur l’inflation des produits alimentaires dans les différents pays européens ».

Toutefois, rien n’est tout blanc. Rien n’est tout noir. Interrogés au lendemain de l’intervention télévisée de Nicolas Sarkozy, 61% des personnes interrogées se déclarent favorables à cette idée de « mise de place de sanctions pour les personnes refusant deux offres d’emploi correspondant à leur qualification », selon un sondage CSA.

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07 mai 2008

 

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À propos

Après avoir œuvré une dizaine d’années dans le secteur privé des télécommunications et de la radio-télévision, je me suis orienté vers le secteur de la Fonction publique du Canada et du Québec du 1970 à 2005. J’ai occupé des fonctions de conseil, de gestion et d’analyste. Je me suis intéressé à la télédiffusion des débats parlementaires, aux services en ligne et aux communications stratégiques gouvernementaux. J’ai touché au domaine des relations internationales et du développement international au sein du gouvernement du Canada et auprès d’une importante université francophone du Québec. J’ai œuvré enfin auprès d’une société internationale d’informatique à titre d’analyste-conseil avant de prendre ma retraite en 2006.

Pierre R. Chantelois

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