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Il s’était notamment rendu célèbre, lorsqu’il était ministre de la Justice de l’État de New York, en trainant en justice des responsables de deux réseaux de prostitution. La nouvelle vient de tomber. Eliot Spitzer, le gouverneur démocrate de l’État de New York, ancien pourfendeur des pratiques frauduleuses des grandes banques américaines dans les années quatre-vingt-dix, vient d’informer son entourage qu’il était impliqué dans un réseau de prostitution. La nouvelle est parue sur le site Internet du New York Times et viendrait d’une source anonyme des milieux policiers fédéraux. Le gouverneur démocrate n’a pas été mis en examen par la justice américaine et les procureurs de Manhattan n’ont fait pour le moment aucun commentaire.

Le réseau dans lequel serait impliqué le gouverneur Spitzer, est connu sous le nom de « Emperor’s Club V.I.P. ». Toutefois, rien ne permet de relier le gouverneur Spitzer à ce réseau précis. Toutefois, les déclarations de d’Eliot Spitzer coincident avec l’arrestation, par les autorités fédérales, de personnes œuvrant dans le réseau de prostitution « Emperor’s Club V.I.P. ». Selon le New York Times, ce réseau aurait des ramifications dans des villes comme New York, Washington, Miami, Londres et Paris. Les profits de ce réseau dépasseraient le million de dollars en blanchiment. Un rendez-vous coûterait entre 1.000 et 5.000 dollars l’heure. Les coûts pour un week-end complet, en compagnie d’une prostituée de luxe, pouvaient s’élever à 50.000 $. Le mode de paiement se faisait comptant, par carte de crédit ou transfert bancaire. Le chef du réseau, Mark Brener, 62 ans, du New Jersey, embauchait plus d’une cinquantaine de prostituées dans les villes de New York, Washington, Miami, Londres et Paris.

À la mi-février, le gouverneur Spitzer se trouvait à Washington. Il aurait fait appel à une prostituée dans la nuit du 13 février dernier, selon la déposition d’une des personnes en état d’arrestation pour prostitution. Pour l’instant, personne des autorités policières fédérales n’a voulu commenter l’affaire. Il a présenté lundi des excuses à sa famille et à ses administrés pour une « affaire privée » non précisée. « J’ai agi d’une manière contraire à mes devoirs envers ma famille et à mon sens du bien et du mal ». La chaîne de télévision Fox News avait annoncé, sur la foi de sources non identifiées, que le gouverneur pourrait quitter son poste.

Un responsable des forces de l’ordre s’exprimant sous couvert de l’anonymat a confié à l’Associated Press que des écoutes téléphoniques prouvent l’implication de Spitzer. Le gouverneur de New York aurait rencontré une femme à l’Hôtel Renaissance, de la chaîne Mayflower, à Washington le mois dernier, et celui-ci serait identifié comme le « Client 9 » occupant la chambre 871. Une des quatre personnes soupçonnées, Temeka Rachelle Lewis, a affirmé que « Client 9 » couvrait généralement toutes les dépenses des hôtesses, c’est à dire les billets de train, les notes de taxi, les frais d’hôtel, l’utilisation du minibar et du service d’étage. Selon le témoignage de cette intermédiaire, le gouverneur aurait payé en liquide ce service d’un montant de 4.300 dollars, soit environ 2.800 euros.

Élu en novembre 2006, Eliot Spitzer succédait ainsi à George Pataki. Docteur en droit, Spitzer a travaillé pour le juge Robert W. Sweet à Manhattan pour rejoindre par la suite le cabinet juridique Paul, Weiss, Rifkind, Wharton & Garrison. En 2006, soutenu notamment par deux anciens maires de New York, David Dinkins et Ed Koch et par l’homme d’affaires républicain Donald Trump, Eliot Spitzer est le candidat démocrate au poste de gouverneur. Le 7 novembre 2006, il est élu avec 69% des voix contre 29% au républicain John Faso et 1% au libertarien John Clifton.

En février dernier, le gouverneur démocrate accusait l’administration de Georges W. Bush d’avoir fermé les yeux sur l’endettement illégal de nombreuses familles dans le cadre du scandale des « subprimes ». Il avait dénoncé les banques pour des pratiques jugées déloyales, voire illégales, qui ont mené à la faillite de nombreuses familles américaines aux prises avec des taux hypothécaires qu’elles ne peuvent acquitter. Il avait alors qualifié la situation du crédit bancaire d’un « tsunami » sur le marché de la dette. Selon le gouverneur Spitzer, autant le président Bush que les autorités de régulation (SEC) ont démontré un laxisme en permettant aux banques des dérives en matière de crédit et en mettant pas en place des outils de contrôle.

Rien n’arrêtait Eliot Spitzer. Alors qu’il était procureur général de l’Etat de New-York, Eliot Spitzer, celui qui a fait trembler les grands noms de Wall Street pour leurs pratiques frauduleuses dans les années quatre-vingt dix, portait plainte, pour « escroquerie » et « manipulation de comptes », contre le numéro un mondial de l’assurance, AIG. Toujours dans le cadre de ses enquêtes sur les banques de Wall Street et le scandale des « mutual funds », la nouvelle « terreur » du capitalisme, comme il a été surnommé par les milieux financiers, Eliot Spitzer, obtient la tête de Jeffrey Greenberg, patron de Marsh & McLennan, le premier courtier américain, qui tombe sous le poids des charges qui lui sont reprochées, à savoir encaissement de commissions occultes et organisation d’enchères truquées .

C’est ce même Eliot Spitzer qui avait obtenu un accord de plusieurs millions de dollars la société Intermix Media, et son logiciel espion de collecte de données, d’affichage de pop-up et de redirection. Il avait également obtenu, à l’été de 2005, un dédommagement de 10 millions pour une série de pots de vin (payola) faits aux programmeurs de stations de radio (vacances, nuits d’hôtels, etc.) afin de les inciter à passer les titres du label. Il s’agissait déjà de SonyBmg.

Le magazine Time l’avait baptisé « Croisé de l’année » à l’époque.

L’opposition républicaine de l’État de New York a immédiatement réclamé la démission d’Eliot Spitzer après avoir pris connaissance des aveux de leur ennemi politique. « L’information du jour est qu’Eliot Spitzer est très propablement lié à un réseau de prostitution. Il a sali ses fonctions et l’Etat de New York », a ainsi dénoncé James Tedisco, haut responsable de l’antenne locale du Parti républicain.

Hillary Clinton a cependant refusé de commenter « l’affaire Eliot Spitzer », influent membre du parti démocrate. L’ex-First lady est la sénatrice du même État que monsieur Spitzer.

(Sources : Cyberpresse, Reuters, AFP, New-York Times, New York Post)

 

Video de la courte déclaration d’Eliot Spitzer

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Et cette autre vidéo, en des temps meilleurs, où Eliot Spitzer exerce ses talents d’acteur et de professeur.

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07 mai 2008

 

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À propos

Après avoir œuvré une dizaine d’années dans le secteur privé des télécommunications et de la radio-télévision, je me suis orienté vers le secteur de la Fonction publique du Canada et du Québec du 1970 à 2005. J’ai occupé des fonctions de conseil, de gestion et d’analyste. Je me suis intéressé à la télédiffusion des débats parlementaires, aux services en ligne et aux communications stratégiques gouvernementaux. J’ai touché au domaine des relations internationales et du développement international au sein du gouvernement du Canada et auprès d’une importante université francophone du Québec. J’ai œuvré enfin auprès d’une société internationale d’informatique à titre d’analyste-conseil avant de prendre ma retraite en 2006.

Pierre R. Chantelois

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