Après Kerry, les Républicains auront-ils la tête d’Obama ? Assisterons-nous, une nouvelle fois, à l’assassinat politique d’un autre candidat à la présidence des États-Unis ? Le coup est venu contre Barack Obama de la candidate Sarah Palin. Ce qu’il faut comprendre du système électoral américain, surtout si vous êtes candidat à la présidence, est l’obligation qui vous est faite de vivre, jusqu’au moment de votre candidature, dans une bulle. Vous ne devez avoir rencontré personne qui serait susceptible plus tard de constituer une menace dans votre cheminement politique.
Joe Lieberman, un vieux routier démocrate, maintenant indépendant, roublard et influent sénateur, proche du candidat McCain, explique tout bonnement que : « tout ce que vous avez pu faire, tous ceux que vous avez pu rencontrer, sera un sujet de discussion publique si vous vous présentez à une élection, d’autant plus que le sénateur Obama est relativement nouveau sur la scène nationale ».
Qu’en est-il cette fois ? La salve est venue de Sarah Palin qui a, lors d’une réunion de collecte de fonds à Englewood (Colorado, centre), franchi un pas supplémentaire dans les attaques contre Barack Obama : « Notre adversaire est quelqu’un qui voit l’Amérique semble-t-il comme tellement imparfaite qu’il copine avec des terroristes qui prendraient pour cible leur propre pays » (Our opponent though, is someone who sees America, it seems, as being so imperfect that he’s palling around with terrorists who would target their own country). Comme l’indique l’agence France Presse, cette sortie de madame Palin s’expliquerait, selon elle, par le fait qu’un des contributeurs sollicités lui avait « soufflé dans l’oreille » qu’elle devait être plus dure envers le camp démocrate.
Bill Ayers est un ancien militant contre la guerre du Vietnam qui avait lancé une campagne d’attentats aux États-Unis. Le New York Times a révélé que M. Ayers, devenu professeur, a croisé Barack Obama dans les années 80. L’équipe de Barack Obama a qualifié l’attaque de Mme Palin de « désespérée et fausse ». Bill Ayers était l’un des fondateurs du Weather Underground, groupe de jeunes intellectuels radicaux qui avait annoncé son intention de renverser le gouvernement à l’époque de la guerre du Vietnam. Obama n’a jamais été impliqué dans les actes terroristes commis par Bill Ayers. Le groupe avait revendiqué des attentats à la bombe notamment contre le Pentagone et le Capitole – attentats qui n’avaient pas fait de victimes. Pourtant, Sarah Palin reproche au candidat républicain et fonde ses attaques sur les faits que le candidat démocrate a habité le même quartier de Chicago, a servi la même œuvre de charité et a eu quelques échanges politiques ponctuels avec Bill Ayers.
L’équipe républicaine, qui a besoin d’argent et de votes, a, ce vendredi promis d’attaquer plus durement Barack Obama sur son jugement, son honnêteté et ses fréquentations personnelles. Et comme le déclarait Sarah Palin à Carson, en Californie : « There is a time when it’s necessary to take the gloves off and that time is right now ». Dans sa déclaration sur Barack Obama, ce que n’a pas mentionné Sarah Palin sur les fréquentations de ce dernier avec Bill Ayers, est la conclusion du New York Times : « The Times concluded they were not close ».






6 comments
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Lundi, 6 octobre 2008 à 7:50
Françoise
Pierre,
Est-ce que ce genre d’argumentation outrée a beaucoup d’influence sur les électeurs américains ? Il m’apparaît, à la lectures de divers articles, que Mme Palin n’est pas tout à fait une sainte, et qu’elle ferait mieux de balayer devant sa porte avant d’aller voir si c’est sale chez les autres…
Enfin… Tant qu’elle ne fait “qu’enlever les gants” et ne tire pas au bazooka… Mais qui sait jusqu’où on peut aller pour déconsidérer l’autre, n’est-ce pas.
Lundi, 6 octobre 2008 à 8:24
Pierre Chantelois
Françoise
Il est clair que la fin de campagne qui s’amorce sera impitoyable. Les républicains, rappelez-vous, ont littéralement écrasé John Kerry au dernier droit de la campagne présidentielle de 2004. Ses états de service au Viêt Nam ont été la source d’une longue polémique fortement alimentée par les républicains. Si vous en avez le temps, je vous recommande de regarder la vidéo : hacking democraty (avec sous-titre en français). Édifiant.
Pierre R
Lundi, 6 octobre 2008 à 5:27
mosane
Et puis, en finale, il faudra s’assurer de la fiabilité du boulier qui décomptera les votes…
Lundi, 6 octobre 2008 à 5:29
chantal serriere
Effrayant la démocratie!
Lundi, 6 octobre 2008 à 6:57
Pierre Chantelois
Mosane
Effectivement. Non seulement gérer les résultats des sondages mais également s’assurer de l’authenticité des résultats qui seront annoncés le soir des élections.
Chantal
En effet. Elle n’a pas toujours fière allure autant dans nos pays respectifs qu’aux États-Unis.
Pierre R.
Lundi, 6 octobre 2008 à 8:25
Gilles
Nous ne sommes pas ici pour exercer la démocratie, mais pour la défendre !
— Arnold Schwarzenegger