« Le temps de la vie de l’homme, un instant ; sa substance, fluente ; ses sensations, indistinctes ; l’assemblage de tout son corps, une facile décomposition ; son âme, un tourbillon ; son destin, difficilement conjecturable ; sa renommée, une vague opinion. Pour le dire en un mot, tout ce qui est de son corps est eau courante ; tout ce qui est de son âme, songe et fumée. Sa vie est une guerre, un séjour sur une terre étrangère ; sa renommée posthume, un oubli. Qu’est-ce donc qui peut nous guider ? Une seule et unique chose : la philosophie. Et la philosophie consiste en ceci : à veiller à ce que le génie qui est en nous reste sans outrage et sans peines ; à ce qu’il ne fasse rien au hasard, ni par mensonge ni par faux-semblant ; à ce qu’il ne s’attache point à ce que le autres font ou ne font pas. Et, en outre, à accepter ce qui arrive et ce qui lui est dévolu, comme venant de là même d’où lui-même est venu. Et surtout, à attendre la mort avec une âme sereine sans y voir autre chose que la dissolution des éléments dont est composé chaque être vivant. Si donc pour ces éléments eux-mêmes, il n’y a rien de redoutable à ce que chacun se transforme continuellement en un autre, pourquoi craindrait-on la transformation de leur ensemble et sa dissolution ? C’est selon la nature ; et rien n’est mal de ce qui se fait selon la nature » Marc-Aurèle (Rome, 121 — Vindobona, 180).
Entre temps, quelques lumières en ces temps obscurs.






Y déchire grave en philo, le Marco, hein ! Yo…
Photos magnifiques, Pierre !
RV
Mon cher RV
Je sentais ce besoin d’un temps d’arrêt et revoir, à travers mes classiques, cette belle pensée de Marc-Aurèle qui écrivait que la philosophie consiste en ceci : à accepter ce qui arrive et ce qui lui est dévolu, comme venant de là même d’où lui-même est venu.
Merci pour ces commentaires sur les photos. La nuit est toujours spectaculaire à photographier.
Pierre R.
Doit-on alors, mon bon ami, vous considérer comme l’héritier naturel des Stoïciens antiques ? (je dis cela pour relever un peu le niveau de langage que mon facétieux esprit m’avait poussé à utiliser dans le premier commentaire !..)
Je comprends votre besoin d’un temps d’arrêt. Les sujets sont lourds, et tout le travail doit être ardu.
Beau texte et belles photos.
Ça donne le goût de lire ou de relire les anciens… Comme quoi le bon sens et les réflexions ne sont pas nés avec l’industrie américaine