Et si Barack Obama avait raison ?

22 01 2007

« Il n’y a pas une Amérique noire, une Amérique blanche et une Amérique hispanique : il y a les États-Unis d’Amérique », avait tonné « le type maigre avec un drôle de nom ».

Pour la première fois dans l’histoire des États-Unis, une femme et un Noir se retrouvent dans le peloton de tête des présidentiables. « La sénatrice Clinton est une amie et une collègue que je respecte profondément », a réagi Barack Obama avant d’ajouter, très fairplay, « je l’accueille ainsi que tous les candidats, non pas comme des concurrents, mais comme des alliés travaillant à remettre notre pays dans la bonne direction ».

 

Barack Obama

« Barack Hussein Obama forme une catégorie unique : il est jeune, frais, excitant et possède la capacité d’insuffler de l’énergie au parti », estime Donna Brazile, militante démocrate de longue date qui a dirigé la campagne électorale d’Al Gore pour la présidentielle de 2000. Cependant, ajoute-t-elle, « les gens admirent le fait qu’Edwards parle de pauvreté, un sujet qui doit figurer au programme national; et Hillary Clinton tutoie tout le monde en Amérique tout en figurant constamment au palmarès des femmes les plus admirées du pays ».

Quant à l’électorat noir, il n’est pas acquis à Barak Obama: les époux Clinton bénéficient d’un fort soutien de cette catégorie et l’accent mis par John Edwards sur la lutte contre la pauvreté joue aussi en sa faveur. Lors d’une conférence sur les droits civiques la semaine dernière, les célèbres pasteurs noirs Jesse Jackson et Al Sharpton ont d’ailleurs applaudi M. Edwards mais apporté un soutien mesuré à une possible candidature de M. Obama.

Barack Hussein Obama est né le 4 août 1961 à Honolulu, Hawaii. Ses parents sont alors de jeunes étudiants. Son père, économiste et musulman, est d’origine kenyane, de l’ethnie luo alors que sa mère est une descendante de Jefferson Davis, le président des États Confédérés d’Amérique. Elle est également d’ascendance cherokee. « Barack » signifie « béni » en Arabe et Swahili.

Ses parents divorcent alors qu’il n’a que deux ans. Son père repart au Kenya et ne reverra qu’une seule fois son fils avant de mourir en 1982. Sa mère se remarie avec un étudiant originaire d’Indonésie et la famille emménage à Djakarta où Maya, la demi-sœur de Barack Obama, naitra.

À l’âge de 10 ans, Obama revient à Hawaii vivre chez ses grands-parents pour s’assurer une meilleure scolarité qu’en Indonésie. Plus tard, sa mère le rejoindra. Il est d’ailleurs scolarisé à l’école Punahou, une prestigieuse académie où fut inscrite autrefois la famille royale d’Hawaii. Années rebelles à Los Angeles, puis études brillantes : relations internationales à Columbia, droit à Harvard. Obama Barack intègre en 1989 l’université de Harvard. Il devient, en 1990, le premier rédacteur en chef noir de la célèbre revue « Harvard Business Review ». Il obtient une petite renommée et en profite pour y développer des actions plus marquées dans le domaine des droits civiques et de la politique. Élu sénateur de l’Illinois en novembre 2004, avec 70 pour cent des voix, il devenait ainsi l’unique noir de l’assemblée et le troisième depuis 1867.

Barack Hussein Obama pourrait être le président des États-Unis dans un proche avenir. A 45 ans, il est le cinquième candidat déclaré dans le camp démocrate après John Edwards, Tom Vilsack, Chris Dodd et Dennis Kucinich. D’aucuns se demandent, par contre, si le peuple américain est prêt à élire un noir pour succéder à George Bush. L’ascension fulgurante de Barack Obama est emblématique d’une nouvelle génération de Noirs américains. Celle des enfants de l’intégration, élevés après les lois sur les droits civiques accordés aux noirs en juillet 1964 par le président démocrate Lyndon Johnson.

 

Obama

Barack Hussein Obama se considère aujourd’hui comme le candidat de la différence et du rassemblement. Selon lui, « la politique est devenue tellement arriviste et partisane, tellement soumise à l’argent et aux influences diverses qu’on ne peut plus s’attaquer aux grands problèmes qui exigent des solutions. Nous devons changer notre politique et nous rassembler autour des intérêts et des inquiétudes communes en tant qu’Américains. » Barack Obama parle rarement des Noirs. Il assume sans complexe son ascendance : mère blanche du Kansas, père kényan. On dit déjà de lui qu’il est le premier candidat post-racial, parce qu’il ne cherche pas à se faire élire en flattant les communautés afro-américaines.

En six ans, Barack Obama est devenu une star. Il est le chouchou des médias qui en ont fait « l’homme qui pourrait être le premier président noir des États-Unis. » De nombreuses personnalités lui ont apporté leur soutien, notamment le comédien Matt Damon, l’animatrice Oprah Winfrey et George Clooney.

En décembre 2004, Obama passe un contrat de 1,9 million de dollars avec une grande maison d’édition pour écrire trois livres dont l’un concernera ses convictions politiques et le second, coécrit avec son épouse, serait à destination des enfants.

Dans son livre, intitulé The Audacity of Hope (L’audace de l’espoir), Barack Obama écrit, au sujet de cet homme absent qu’est son père : « Mon ambition féroce a peut-être été alimentée par mon père – par ma connaissance de ses succès et de ses échecs, par mon désir inavoué de mériter son amour, et par mes ressentiments et ma colère à son égard. Mais c’est la foi fondamentale de ma mère dans la bonté des gens et dans la valeur de la brève vie qui nous a été donnée – qui canalise ces ambitions. » Dans ce même livre, il se présente également comme un rassembleur, abordant avec finesse des sujets aussi divers que les valeurs, la foi, la Constitution et la politique étrangère des États-Unis.

L’Amérique est en plein traumatisme irakien, les nouvelles du front sont catastrophiques et après être partis avec fierté et orgueil mâter les Musulmans de l’Axe du mal, les soldats et l’état major en sont presque à jeter honteusement l’éponge. Pour une puissance aussi dominatrice, détentrice de l’arme nucléaire, face à une guérilla aux armes urbaines sans technologie révolutionnaire, le choc est dur à encaisser, d’autant plus que la médiatisation de l’opération américaine avait atteint des sommets télévisuels. Ce traumatisme pourrait impacter les comportements électoraux, et la sanction infligée aux gestionnaires de cette guerre qui a tué plusieurs milliers d’Américains [plus encore pour les Irakiens] pourrait bien se poursuivre jusqu’aux élections présidentielles de 2008.

Et si Obama avait raison ? « Of the six major presidential contenders only one, Senator Barack Obama, has consistently been in opposition to the Iraq War. Although for many of us who have opposed the war from the start, there is an undeniable urge to seek credit for our better judgment and foresight, this website is dedicated to the statesmanlike premise outlined by Senator Barack Obama that we must reject the impulse to question the sincerity or motives of those who promote the War’s escalation, or, indeed, of those who may have voted for it in the past… and that we must instead look ahead to finding solutions as a nation. »

 

 

Message de Barack Obama

 

 

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3 responses

22 01 2007
amba till

Un blog hyper intéréssnt que je vais lire de fond en comble.
Merci de lire le mien et d’y laisser un comment

24 01 2007
biggy

Pour la première fois du Super Bowl de la NFL, un entraineur-chef noir sera poste: une pemière. Et on peut déjà dire que l’entraineur-chef gagnant sera pour la première fois un noir puisque les deux entraineurs chefs sont des Noirs.

L’Amérique change..

12 10 2008
Gilles D.

Bon, d’accord, je prends, comme exemple, un de vos articles de 2007 ; mais je suis certain que j’en trouverais d’autres d’ici à Novembre par le biais des Revues d’Olivier SC.
Bonne soirée !

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