Faudrait-il robotiser nos gouvernements ?

27 01 2007

Charles de Gaulle n’hésitait pas à dire : «la raison d’être du gouvernement, c’est qu’il gouverne, c’est qu’il prend des responsabilités. C’est qu’il fait des choix clairs. C’est qu’il est cohérent. C’est qu’il obéit à l’intérêt national, et non à la dernière pression qu’il a subie, à la dernière mode qui court dans les journaux. C’est qu’il n’est pas du sable entre les doigts.» (Discours, entretiens et autres sources)

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Y a-t-il lieu de s’inquiéter de l’humanité et de sa gouverne lorsque force est de constater la faiblesse des hommes qui en composent la tête ? Un jour, une télévision posait un diagnostic sur ces grands malades qui nous gouvernent. Aujourd’hui, nous assistons à une descente aux enfers des personnalités politiques qui ont perdu ou qui perdent toute crédibilité de gouverner auprès de leurs populations respectives. Quelques exemples suffiront, lesquels pourraient être multipliés à satiété. Je suis inquiet. Faudrait-il robotiser nos gouvernements ?

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En janvier 2007, le baromètre TNS Sofres / Figaro-Magazine indique que 75 pour cent de la population française n’aurait pu confiance en Jacques Chirac. Voilà un score qui est bien ennuyeux pour assurer le gouvernement des hommes. En comparaison, la dernière année de vie politique de François Mitterrand s’est soldée avec un score d’impopularité de 61 pour cent.

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Selon un sondage réalisé par NBC News et le Wall Street Journal, en janvier 2007, près de deux-tiers des Américains semblent avoir renoncé à la victoire en Irak et à leur président George W. Bush. La confiance n’est nettement plus au rendez-vous. Seules 22 pour cent des personnes interrogées disent qu’elles veulent que le président dirige les politiques du pays. Un autre sondage, réalisé par le Washington Post et ABC News, révèle que, pour la première fois, la majorité des Américains pensent que M. Bush n’est pas digne de confiance en cas de crise, qu’il n’a pas rendu le pays plus sûr et qu’il devrait retirer les troupes d’Irak pour éviter de nouvelles pertes. Plus grave encore, 58 % des conservateurs américains, de son propre parti, désapprouvent son plan de relance pour l’Irak qui consiste à envoyer plus de 23 000 nouveaux soldats pour renforcer ceux qui s’y trouvent déjà. Par le passé, M. Bush avait l’habitude de profiter de ce discours pour impressionner ses adversaires démocrates et pointer du doigt les ennemis des États-Unis, utilisant une expression devenue célèbre, « l’axe du mal ». Le président George W. Bush a eu « tort » de partir en guerre contre l’Irak en 2003, a affirmé hier Fumio Kyuma, le tout nouveau ministre de la Défense du Japon, pays allié privilégié des États-Unis en Asie, qui a soutenu l’invasion américaine et envoyé des troupes en Irak. « M. Bush a lancé (la guerre contre l’Irak) comme s’il y existait des armes nucléaires, mais je pense que c’était une mauvaise décision », a déclaré M. Kyuma. Si cette tendance se maintient, les États-Unis n’auront jamais été aussi faibles pour gouverner une crise qu’ils ont engendrée eux-mêmes.

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Dernier allié indéfectible de Georges W. Bush, le Premier ministre britannique, Tony Blair, a déclare qu’il serait « profondément irresponsable » de fixer un calendrier de retrait des forces britanniques d’Irak. Tony Blair a, en septembre 2006, annoncé qu’il se donne un an pour renoncer à la direction du Parti Travailliste. Après dix années de pouvoir en Grande-Bretagne, le mécanisme du Labour finit par s’user. Arrivé à mi-mandat, Tony Blair quittera mais pas tout de suite : il serait même présent au sommet européen prévu les 21 et 22 juin à Bruxelles. M. Blair devrait céder, avant fin juin, son bureau du 10 Downing Street à son successeur, M. Brown. Ce dernier aura alors plus d’un mois pour former son gouvernement et asseoir son autorité avant les vacances parlementaires, fin juillet.

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Le président israélien Moshé Katzav, sur le point d’être inculpé de viol, n’a d’autre choix que de «se mettre en congé» de son poste. L’homme politique a affirmé qu’il n’avait pas l’intention «de baisser la tête» et affirmé que les accusations de viol étaient «venimeuses» et «sans fondements». Après avoir longtemps réfléchi et, peut-être, attendu que Moshe Katsav, sentant l’étau se resserrer autour de lui, prenne l’initiative de démissionner, le conseiller juridique du gouvernement Benny Mazouz a annoncé en effet qu’il avait l’intention d’inculper Moshé Katsav pour «viol, harcèlement sexuel, entraves à la justice, menaces contre témoins et acceptation de cadeaux illicites».

L’étau se resserre sur le premier ministre israélien Ehud Olmert qui fait l’objet d’une enquête criminelle, soupçonné d’être intervenu, alors qu’il était ministre des Finances par intérim en 2005, en faveur d’un homme d’affaires australien, Frank Lowy, candidat à la reprise d’une partie du capital de la banque Leumi. Pourtant, l’appel d’offres avait finalement été remporté par une société sans relation avec Lowy. Selon un dernier sondage publié par la radio publique, 50 pour cent des Israéliens sont favorables à la démission de M. Olmert et 58 pour cent sont favorables à des élections anticipées.

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Le Premier ministre libanais Fouad Signora n’est plus en mesure de gouverner le pays. Depuis des semaines, sous l’impulsion du Hezbollah, plusieurs milliers de manifestants descendent dans les rues de Beyrouth pour faire chuter le gouvernement de Fouad Siniora. Le Liban est un petit territoire de 10 000 km², soit l’équivalent de l’Alsace, avec 4 millions d’habitants, dont 200 000 Palestiniens, 500 000 étrangers. Il ne faut pas oublier les 10 millions de Libanais de la diaspora qui depuis le XIXème ont quitté leur pays d’origine. Les Musulmans sont répartis entre 33% de Chiites, 28% de Sunnites, 5 % de Druzes, 0,5% d’Alaouites. Les problèmes entre la coalition gouvernementale de Fouad Signora, musulman sunnite, le Hezbollah, parti chiite, et le Courant Patriotique Libre de Michel Aoun, parti laïc mais à majorité chrétienne ont pour grave conséquence de déstabiliser la gouverne du pays. «Que personne, au Liban ou à l’étranger, ne pense que l’opposition va abandonner ses objectifs. Que personne ne pense qu’elle n’a plus de mesures (d’escalade) auxquelles elle peut recourir», a martelé cheikh Nasrallah, devant des centaines de ses partisans dans la banlieue sud de Beyrouth. «L’opposition a la force politique, populaire et organisatrice pour faire chuter le gouvernement anticonstitutionnel demain ou après-demain», a-t-il dit, assurant que ce qui l’avait retenu jusqu’à présent de le faire était «son désir de préserver la paix civile et ne pas pousser le pays vers la guerre civile». Tout comme son allié chrétien de l’opposition Michel Aoun, le dirigeant chiite, soutenu par Damas et Téhéran, a accusé le gouvernement d’avoir eu recours «aux milices» pour faire face aux opposants.

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Qu’ils soient réformateurs ou proches des religieux au pouvoir à Téhéran, les journaux critiquent durement les escapades géopolitiques du président iranien Mahmoud Ahmadinejad ainsi que son insistance sur le dossier nucléaire. La contestation gronde contre dans les universités iraniennes, victimes de purges menées par les ultraconservateurs. En visite à l’Université Amir Kabir, connue pour être un bastion de la contestation estudiantine, Mahmoud Ahmadinejad, devant les hurlements, insultes et chaussures lancées à la tribune, fut forcé de mettre un terme, plus vite que prévu, à son discours. Des députés de la majorité, comme le vice-président du Parlement, longtemps présenté comme l’un des alliés du président iranien, ont, dans une action concertée, créé leur propre groupe baptisé « conservateurs créatifs». «Mahmoud Ahmadinejad cherche à se poser en leader du camp antiaméricain en rendant visite à ses amis socialistes en Amérique latine mais, d’un autre côté, il s’isole de la communauté internationale par la tonalité radicale de son discours diplomatique», commente Mehran Ghassemi, journaliste au service international du quotidien réformateur Etemad Melli. «Ses amis de gauche sont bons pour des discussions de café mais non pour déterminer nos priorités sécuritaires, politique, internationale et économique», écrivait le journal, mardi 16 janvier.

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Élu au sein d’un gouvernement minoritaire, Stephen Harper, premier ministre du Canada, après un an, voit son étoile pâlir progressivement. Ses décisions, son manque d’humanisme, une absence de compassion en font un politicien assis à la droite de Georges W. Bush. Le Parti conservateur du Canada continue de gagner en popularité en Alberta mais ne semble faire aucun progrès dans le reste du pays. Pire encore, en excluant les électeurs de l’Alberta, qui sont quatre fois plus enclins à donner leur appui aux conservateurs, le parti de Stephen Harper accuse un écart de sept points de pourcentage derrière les libéraux dans le reste du pays, selon un sondage effectué par la maison Decima Research entre le 11 et le 15 janvier auprès de 1025 répondants; la marge d’erreur est de 3,1 points de pourcentage, 19 fois sur 20. Le Canada s’enfonce de plus en plus dans l’incertitude d’obtenir en 2007 ou en 2008 un nouveau gouvernement majoritaire. A moins que d’ici là l’actuel gouvernement tombe par suite d’un vote de défiance sur une question financière !

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Avons-nous lieu d’être rassurés sur la gouverne de notre destinée au cours des prochaines années ? Selon un proverbe italien, on entre en politique avec un bel avenir devant soi et on en sort avec un terrible passé.

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2 responses

27 01 2007
François

Votre visite et votre aimable commmentaire sur mon blog me permettent de découvrir le vôtre que je lirai … par petits morceaux. J’ai hâte d’en savoir plus. D’ici le 29 janvier, j’aurai tout lu, ou presque …

Bon WE.

27 01 2007
pierrechantelois

Merci et bonne lecture.

Pierre R.

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