Aux armes citoyens ! La santé, à plus tard !

5 02 2007

Les préoccupations budgétaires de Georges W. Bush pour l’année 2008 : la guerre en Irak, la guerre en Afghanistan et la guerre globale contre le terrorisme. Il faut dire que monsieur Bush a de la suite dans les idées. Le président américain demande au Congrès qu’il lui accorde une enveloppe supplémentaire de 145 milliards de dollars pour le poste des dépenses militaires américaines en 2008. Le président demandera une somme additionnelle de 100 milliards de dollars – destinée au Pentagone – pour subvenir aux besoins d’une mission en Irak qui ne pourra se satisfaire des 70 milliards déjà accordés. Le budget de fonctionnement du gigantesque ministère américain de la Défense, le Pentagone, sera quant à lui haussé de 10,5 pour cent, ce qui le portera à 481 milliards de dollars.

En 2005 les dépenses militaires ont atteint environ 1,81 trillions de dollars (en valeur actuelle). Elles ont augmenté de 33 billions soit 3,5 pour cent depuis 2004, et de 34 pour cent pour la période 1996-2005. Les États-Unis sont responsables de 80 pour cent des augmentations des dépenses militaires pour 2005, et les dépenses de l’administration américaine représentent environ 50 pour cent des dépenses totales militaires de toute la planète.

 

Pentagone

Pour éviter de creuser davantage le déficit américain, le président Bush propose de supprimer ou de réduire le financement d’une centaine de programmes intérieurs, essentiellement liés aux politiques sociales. Les budgets de Medicare et Medicaid, des programmes d’assurance-santé pour des millions d’Américains à la retraite, pauvres ou handicapés, seront ainsi amputés substantiellement.

D’inspiration libérale, le système d’assurance maladie américain ne repose ni sur le principe d’une couverture généralisée de la population ni sur celui d’un financement public par le biais de prélèvements obligatoires. Il existe trois types de couverture aux États-Unis : l’assurance maladie privée qui est le plus souvent liée à l’emploi, Medicare qui couvre les personnes de plus de 65 ans ainsi que les personnes gravement handicapées, sans considération de revenus, et Medicaid qui prend en charge les familles les plus pauvres

Family USA D’après une étude réalisée par l’association Families USA, un tiers des Américains de moins de 65 ans a été privé, entre 2002 et 2003, d’assurance-santé. Au total, près de 82 millions de personnes ont perdu tout remboursement de leurs frais médicaux pendant une période moyenne de six mois. Elles étaient trop jeunes pour avoir accès à l’assurance médicale gratuite (Medicare), réservée aux 65 ans et plus, ainsi qu’aux personnes handicapées, et pas assez pauvres pour bénéficier du programme Medicaid, destiné aux personnes les plus démunies. Les minorités ethniques et les jeunes de moins de 25 ans sont les moins «couverts». Près de 60 pour cent des hispaniques et 43 pour cent des Noirs sont privés de protection médicale. Parmi les Blancs, 23,5 pour cent n’en bénéficient pas non plus.

Selon une autre étude menée par le Commonwealth Fund, menée auprès de 4 350 adultes, 41 pour cent des américains – en âge de travailler – avec des revenus moyens ou modérés, n’ont pas bénéficié d’une couverture d’assurance santé pendant au moins une partie de l’année 2005. Une “augmentation dramatique” depuis les 28 pour cent de 2001,

Pour Sara Collins, qui a participé à l’étude, cela représente une «explosion de la crise de l’assurance chez les personnes à revenus moyens». Pour rappel, 45,8 millions d’américains n’avaient pas la moindre couverture santé en 2004, selon le bureau du recensement américain.

D’autres résultats de l’étude

  • 28 pour cent d’américains n’ont pas bénéficié d’une couverture santé en 2005. Contre 24 pour cent en 2001.
  • Pour les gens qui gagnent moins de 20 000 dollars annuellement, le taux grimpe à 53 pour cent. Il était à 49 pour cent en 2001.
  • 59 pour cent des gens sans assurance et qui souffrent d’une maladie chronique, comme l’asthme ou le diabète, n’ont pas suivi leur médication à la lettre en raison des coûts des médicaments.
  • Pour 41,1 pour cent des américains, le coût a été un facteur d’empêchement pour un rendez-vous chez le médecin. Contre 9,2 pour cent pour ceux qui bénéficient d’une assurance privée.
  • 51 pour cent des femmes qui ne sont pas assurées n’ont pas eu accès à des examens de mammographie en deux ans, contre 22,8 pour cent pour celles couvertes par une assurance.
  • 76,3 pour cent des hommes, entre 40 et 64 ans, qui n’ont pas d’assurance n’ont pas eu accès à des tests pour la détection du cancer de la prostate dans les deux dernières années. Contre 52,2 pour cent pour ceux bénéficient d’une assurance.

Avec l’escalade des frais médicaux, des primes d’assurance et la situation économique morose, de nombreux travailleurs n’ont plus les moyens de payer une assurance. En 2001, 1,4 million d’Américains ont perdu leur assurance santé. Le pire est que la plus grande proportion de ces personnes (soit 800.000 personnes) avait, d’après les chiffres du Census Bureau, des revenus supérieurs à 75.000$ par an.

Brièvement, au Canada

Au Canada, la Loi canadienne sur la santé régit l’assurance-maladie au Canada. La constitution délègue aux provinces et aux territoires canadiens la responsabilité de l’administration et de la prestation des soins de santé. La Loi canadienne sur la santé fixe les critères et les conditions rattachés aux soins assurés (c’est-à-dire les normes nationales) que les provinces et territoires doivent respecter pour avoir droit à une pleine compensation de la part du gouvernement fédéral. Le programme national d’assurance-maladie a pour but de donner à tous les résidents du Canada un accès raisonnable aux services assurés « médicalement requis » sans avoir à payer. Deux groupes de services sont couverts par la Loi :

* les services de santé assurés;

* les soins de longue durée.

Les services de santé assurés comprennent les services hospitaliers, de médecine et de chirurgie dentaire médicalement requis qui sont dispensés aux personnes assurées.

La plupart des Canadiens sont couverts par une assurance-médicaments, soit dans le cadre d’un programme provincial pour les personnes âgées (ou pour les personnes à faible revenu), soit grâce au régime d’avantages sociaux de leur employeur. Toutefois, la plupart de ces assurances sont assujetties à des plafonds, à un partage des coûts ou à des exclusions. Par ailleurs, on compte un nombre important de citoyens ne possédant aucune assurance. Le rapport du Forum national sur la santé avance que les frais effectivement payés pour les médicaments représentent plus de 20 % des dépenses totales.

Dans les hôpitaux américains, répondre aux besoins et aux attentes de la clientèle est une priorité, en raison notamment de la concurrence qu’ils se livrent pour maintenir leur part de marché, dans un contexte où la majorité des communautés a un surplus de capacité en soins aigus. C’est de cette contrainte concurrentielle et de la nécessité de réduire au maximum les coûts d’exploitation des hôpitaux de soins aigus qu’est née la stratégie de réorganisation du travail appelée «patient-focused care» Au Canada, on appelle cette organisation «soins centrés sur le client», «gestion par programme-clientèle» ou «regroupements de clientèles» […]

Au Québec, les besoins et les attentes des clientèles ne s’expriment pas sous l’angle économique ou marchand du choix des consommateurs, mais en termes de décision éclairée sur les options et les programmes thérapeutiques qui s’offrent à eux. Les grandes valeurs que véhicule l’approche-clientèle sont donc : le respect des besoins, celui du droit à l’information juste et pertinente et à une prise de décision éclairée. Il s’agit là d’une conception éthique et non plus économique de l’approche-clientèle.

En 1971, la part de la richesse nationale consommée par les dépenses de santé était de 7,4 pour cent au Canada et de 7,6 pour cent aux États-Unis. Trente ans plus tard elle est de 9 pour cent au Canada, où tous les citoyens sont couverts par les assurances-maladie provinciales, alors qu’elle atteint 14,6 pour cent aux États-Unis, où près d’un sixième de la population (44 millions de personnes en 2002) ne dispose d’aucune forme de couverture. Si l’on y ajoute ceux qui, à un moment au cours des années 2002 et 2003, n’ont pas été couverts, la part de la population ayant peu ou pas accès à l’assurance-maladie s’élève 32,2 pour cent (2) – voire plus de 40 pour cent si l’on inclut aussi ceux qui n’ont pas une bonne couverture. Soit, dans ce dernier cas, un doublement en une dizaine d’années (3).

En conclusion

Vaut-il mieux faire la guerre pour rester en santé ou être en santé pour mieux faire la guerre ?

Séparateur

 

 

 

Publicités

Actions

Information

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s




%d blogueurs aiment cette page :