La vie d’un vice-président des États-Unis : entre vérité et mensonge

26 02 2007
  • La vie du Vice-président Dick Cheney, passablement écorchée par l’affaire Valerie Plame, risque d’être bousculée davantage ces jours-ci. M. Libby, 56 ans, est accusé d’avoir menti au FBI et d’avoir fait obstruction à l’enquête d’un grand jury sur la révélation de l’identité d’un agent de la CIA, Valerie Plame, dont l’époux, l’ancien ambassadeur Joseph Wilson, avait publiquement critiqué la politique de l’administration américaine en Irak. Comme le note Le Nouvel Observateur : « Quel que soit le verdict qui délibère ces-jours-ci, les quatre semaines d’audiences n’auront pas suscité le grand déballage qu’on attendait ou redoutait à Washington sur les raisons de la guerre en Irak. Ni Cheney, ni le conseiller du président Karl Rove, ni l’ancien secrétaire d’État Colin Powell, ni l’ex-patron de la CIA George Tenet n’ont finalement témoigné. Comme l’a souligné le procureur Patrick Fitzgerald, « un nuage est suspendu au-dessus du vice-président. »
  • Sur l’état des lieux, en Irak, les informations obtenues par le vice-président Dick Cheney sont peu communes : « Ce que je vois c’est la confirmation que les choses vont assez bien dans certaines parties de l’Irak », a notamment déclaré M. Cheney sur ABC qui l’a interviewé au Japon où il se trouve en visite. M. Cheney a raconté s’être entretenu récemment avec l’une de ses connaissances qui venait de faire le trajet de sept heures en voiture entre Bagdad et Bassorah et qui a constaté que la situation s’y était « beaucoup améliorée par rapport à celle d’il y a un an ». (Ria Novosti)
  • En octobre 2006, Dick Cheney reconnaît publiquement que l’administration Bush a utilisé la torture lors de l’interrogation des soi-disant «combattants ennemis».

Qui est ce vice-président aux allures de bon père de famille dont la réputation est fortement écorchée ?

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Un site astrologique, après avoir dressé la carte du ciel (!) de Dick Cheney, lui adresse ces quelques commentaires : « Dick, la prédominance d’éléments planétaires dans l’hémisphère Sud vous pousse à agir, à vous montrer et rendre visibles à tous vos actes et ce que vous avez en tête. Au mépris et au détriment parfois d’une vie intérieure plus riche et d’une réflexion plus profonde et sage. […] Il vous appartient pour évoluer de ne pas négliger les forces de l’être, la méditation, la solitude et l’imagination sans lesquelles toute manifestation ne peut aboutir que de façon limitée et sans vous rendre pour autant plus fort. […] Vous risquez d’écouter le dernier qui a parlé et votre souplesse ne vous tirera pas forcément toujours du mauvais pas. Il vous faut donc apprendre à décider seul parfois, à affronter les conséquences de vos actes avec courage et rapidité, sans regret. […] Pour vous, peu importent les raisonnements froids et logiques, les pensées claires et le bon sens : si en même temps n’existe pas un lien affectif avec votre environnement, rien ne peut se passer avec le Vénusien, rien ne peut se faire. […] Plutôt que de tenter des expériences nouvelles ou vous risquer à changer l’environnement que vous trouvez, vous solidifiez, structurez, sécurisez tout ce que vous trouvez sur votre passage : c’est votre nature, même si souvent, la rapidité ne vous intéresse pas particulièrement

Dick CheneyPlus sérieusement, Richard Cheney, fils d’un responsable du département d’Agriculture, grandit dans le Wyoming. Admis à l’université de Yale, il abandonne au bout de deux ans. À cette époque, il souhaite travailler et « voir le monde ». Il part effectuer un doctorat en science politique à l’Université de Wisconsin. Alors qu’il doit partir pour le Vietnam, il obtient des dérogations en tant qu’étudiant, puis en tant que père de famille à partir de la naissance de sa fille Elizabeth, en 1966.

La carrière politique de Dick Cheney commence en 1969 dans l’administration de Richard Nixon, au sein même de la Maison Blanche.

En 1968 il passe un entretien avec Donald Rumsfeld qui l’éconduit. Il entre alors au service de William Steiger, du Wisconsin. Lorsque Rumsfeld décroche la présidence de l’Office of Economic Opportunity, il retente sa chance auprès de lui, cette fois avec succès.

En 1974 Rumsfeld est nommé secrétaire général de la Maison-Blanche par Gerald Ford et fait appel à son ancien assistant cette fois au cœur du pouvoir : travailleur infatigable, il s’occupe de toutes les questions d’intendance les plus triviales pendant plus d’un an, de la plomberie de la Maison-Blanche à l’appui-tête de l’hélicoptère présidentiel, en passant par la résolution d’un épineux problème de salières… Cheney devient Secrétaire général de la présidence. Avec Donald Rumsfeld, il s’oppose à la politique d’apaisement d’Henry Kissinger que les deux hommes jugeaient trop molle à l’égard de l’URSS.

En 1976, il dirige la campagne de Gerald Ford au côté de James Baker. Après la défaite électorale du président sortant, Dick Cheney quitte Washington pour reprendre ses activités au sein de la société d’investissement Bradley, Woods & Company. En septembre 1977, il se présente au Congrès, pour remplacer le représentant démocrate du Wyoming Teno Roncalio, maintenant à la retraite. Malgré une première crise cardiaque en juin 1978, Cheney est élu au Congrès et sera réélu jusqu’en 1989.

De ces années au Congrès, on lui reproche

  • d’avoir refusé de voter en faveur d’un jour férié en l’honneur de la naissance de Martin Luther King, Jr.
  • d’avoir voté contre la création du département fédéral de l’éducation
  • d’avoir voté contre l’imposition de sanctions économiques contre l’Afrique du Sud et le régime d’apartheid
  • d’avoir qualifié Nelson Mandela et l’ANC de terroriste et d’organisation terroriste.

Dès 1981, ses contacts lui permettent d’être nommé président du Comité politique républicain. Dick Cheney prend un siège au sein du Comité à l’Intérieur, chargé des questions environnementales, et, à ce titre, il est très courtisé par les élus financés par les industries polluantes. Il rejoint ensuite la Commission d’éthique de la Chambre et la Commission de renseignement. Il participe à l’ensemble des réunions organisées par les Républicains du Congrès pour définir leur stratégie politique.

Lorsqu’éclate le scandale de l’Iran-Contra, en 1986-1987, Lee Hamilton, qui préside la commission d’enquête du Congrès, l’accueille au sein de celle-ci. Cette nomination permet à Dick Cheney de bloquer toute tentative de mise en accusation du vice-président, George H.W. Bush, par les Démocrates. En 1988, il mène l’opposition au projet de loi élaboré par le Congrès et en vertu duquel la Maison-Blanche devrait, à l’avenir, informer le Parlement de toute action secrète moins de quarante-huit heures après son déclenchement. En bon « chien de garde », Cheney est rétribué par l’obtention de postes toujours plus importants.

George H.W. Bush, le père, n’a pas oublié l’appui important que lui a apporté Dick Cheney au Congrès. Il lui renvoie donc l’ascenseur en 1989 après avoir pris ses fonctions à la Maison-Blanche. A partir de 1989, il devient le secrétaire d’État à la défense. C’est dans à cette fonction qu’il supervise l’opération « juste cause » au Panama et l’opération « tempête du désert » au Koweit en 1991, année où il reçoit la médaille présidentielle de la liberté pour avoir « assuré la défense de l’Amérique dans des temps de grands bouleversements internationaux ».

En 1993, Cheney rejoint le think tank (cercle de réflexion) néo-conservateur American Enterprise Institute (Institut de l’Entreprise Américain) après la défaite de George Bush aux élections présidentielles. De 1995 à 2000, il dirige la société d’ingénierie civile Halliburton spécialisée dans l’industrie pétrolière. Le fait que cette société ait pu décrocher de gros contrats en Irak en 2003 lui sera très fortement reproché par ses opposants politiques. En 1997, avec Donald Rumsfeld et d’autres, il fonde le think tank (cercle de réflexion) PNAC (Project for the New American Century) – Projet pour un nouveau siècle américain – dont le but est de promouvoir le leadership global des États-Unis au XXIe siècle.

En 1998, il est un des signataires d’une lettre adressée à Bill Clinton pour demander le renversement de Saddam Hussein en Irak. En 2000, en dépit d’une santé fragile suite à plusieurs attaques cardiaques, il se choisit lui même pour être candidat républicain à la vice-présidence au côté de George W. Bush sous l’instigation de ce dernier, démissionne de ses fonctions à Halliburton et cède une grande partie de ses titres à des organismes de charité. La même année, Cheney rejoint comme Membre le Conseil Consultatif du Jewish Institute for National Security Affairs (JINSA) (Source WEB).

En janvier 2001, il devient vice-président des États-Unis.

La torture : qui dit vrai ?

Salle de torture En novembre 2005, Dick Cheney déclarait aux sénateurs que les États-Unis ne recouraient pas à la torture mais que, selon lui, l’agence de renseignement (CIA) avait besoin d’une exemption de toute législation interdisant les traitements cruels, ihhumains ou dégrandants de détenus, au cas où le président le jugerait nécessaire pour empêcher une attaque terroriste.

En octobre 2006, dans une entrevue avec un animateur de radio de droite, le vice-président américain Dick Cheney a publiquement reconnu que l’administration Bush a utilisé la torture lors de l’interrogation des soi-disant «combattants ennemis» et a dit que la décision de soumettre ces détenus à la tristement célèbre pratique du supplice de la noyade (waterboarding) était de façon flagrante justifiée au point d’être une « évidence » […] : « Pendant un certain temps, j’ai été critiqué pour être le vice-président en faveur de la torture. Nous ne torturons pas… Mais le fait est que vous pouvez avoir un programme d’interrogation plutôt robuste sans torturer et nous devons pouvoir faire cela ».

Le président Bush affirme qu’il ne tolérera jamais la torture. Il s’avère qu’il a autorisé la CIA à pratiquer un programme secret de « Restitution extraordinaire » qui consiste, en évitant les procédures traditionnelles d’extradition, à transférer temporairement des suspects, parfois très ordinaires, dans des pays du Proche-Orient pour les faire parler. Selon le New Yorker et le New York Times du 5 mars, la CIA aurait ainsi envoyé entre 100 et 150 prisonniers en Égypte, en Syrie, en Arabie saoudite, en Jordanie et au Pakistan. Le département d’État considère que tous ces pays pratiquent la torture (Le Monde).

La loi sur les commissions militaires de 2006, signée par Georges W. Bush le 17 octobre 2006, octroie notamment au président américain le droit de décider quelles techniques d’interrogation sont légales en vertu des Conventions de Genève et de la loi américaine, autorisant dans les faits l’administration Bush à recourir à des méthodes de torture.

L’affaire Valerie Plame : qui dit vrai ?

Valerie Plame Dans l’affaire Plame, l’acte en accusation, à l’encontre de l’ex-directeur du vice-président des États-Unis, précise que « vers le 12 juin 2003, Libby a été avisé par le vice-président des États-Unis que la femme de Wilson travaillait à l’Agence centrale de renseignements dans la Division contre-prolifération ».

En 2003, l’administration Bush laissait entendre que le président irakien Saddam Hussein avait cherché à acquérir de l’uranium en Afrique. Envoyé au Niger début 2002 afin de faire la lumière sur cette affaire, Joseph Wilson avait précisé n’avoir trouvé aucune preuve confirmant l’information -néanmoins présente dans le discours sur l’état de l’Union du président Bush. Le diplomate s’en était interrogé, publiquement, à l’été 2003, dans une tribune parue dans le New York Times : « L’administration Bush a-t-elle manipulé les informations [de la CIA] sur les armes de destruction massive d’Hussein afin de justifier l’invasion de l’Irak? » . Peu après, l’identité de l’agent de la CIA, Valerie Plame, apparaissait pour la première fois dans la presse, en juillet 2003, sous la plume de l’éditorialiste Robert Novak. Ce dernier écrivait tenir de deux responsables de l’administration que Valerie Plame avait proposé d’envoyer son époux, le diplomate Wilson, en Afrique.

Dick Cheney Jusqu’à présent, les témoignages dans le procès de Libby, selon Le Nouvel Observateur, ont fait apparaître un vice-président obsédé par les moyens de tourner en ridicule les déclarations de Joseph Wilson. Ce dernier accuse George W. Bush d’avoir trompé les Américains sur l’entrée en guerre et laisse supposer que Dick Cheney pourrait avoir joué un rôle dans la suppression de renseignements compromettants. Les témoignages ont aussi montré que de hauts responsables de la Maison Blanche se réunissaient quotidiennement pour discuter de Joseph Wilson et parfois de Valerie Plame.

En réponse le sénateur Ted Kennedy a rendu publique la déclaration suivante : « Ces accusations, si elles sont avérées, représentent un nouveau coup dans une affaire déjà sordide où l’on voit des intérêts partisans placés au-dessus de la sécurité nationale. Le caractère vindicatif du vice-président, dans sa défense de la guerre mal avisée contre l’Irak, est évident. S’il a utilisé des informations classifiées pour la défendre, il devrait être prêt à en assumer toute la responsabilité. Le président Bush a clairement dit qu’il « nettoierait la maison » de tous ceux qui seraient impliqués dans l’affaire Plame ». Le député démocrate John Conyers, membre de la commission Judiciaire de la Chambre, a formellement demandé à George W. Bush et à Dick Cheney si ce dernier avait autorisé Libby à révéler des informations secrètes à des journalistes : « Si c’est vrai, je crains qu’il s’agisse au mieux d’un abus de pouvoir, au pire d’une violation flagrante de la loi ».

Cette image d’un vice-président, note le Nouvel Observateur, acharné à détruire la réputation d’un homme qui mettait en doute ses arguments guerriers a remis Dick Cheney sur la sellette. « Sa réaction disproportionnée constitue une pièce à conviction qu’il cachait quelque chose d’autre, écrit Frank Rich dans le New York Times. La Maison-Blanche était terrifiée qu’on la découvre coupable d’un crime bien plus grave que d’avoir brûlé la couverture d’un agent de la CIA : celui d’avoir menti à la nation. » Le Washington Post a décrit le vice-président comme « l’équivalent politique d’un trou noir ». The Economist a brossé de lui un portrait au vitriol, le qualifiant « d’universitaire raté » à la tête d’une administration parallèle avec 14 conseillers de sécurité. Selon le Wall Street Journal, même les « républicains conservateurs » trouvent Cheney sulfureux : ils ne sont que 26 % à avoir un avis « très favorable », contre 9 % de l’opinion américaine en général ».

L’Iran : ira ou n’ira pas ?

Le vice-président américain Dick Cheney renouvèle son soutien à un règlement diplomatique de la crise iranienne mais avertit que « toutes les options restaient sur la table » afin d’empêcher « l’erreur grave » qui serait de laisser l’Iran se doter de l’arme atomique : « Nous estimons que cela serait une grave erreur si un pays comme l’Iran devenait une puissance nucléaire » a déclaré M. Cheney qui a, à trois reprises, dit « n’écarter aucune option » , en référence à une éventuelle opération militaire. Le vice-président a par ailleurs averti que Washington et ses partenaires « ne pouvaient tout simplement pas admettre l’idée » selon laquelle les pays libres pourraient se détourner de ce qui se passe dans des endroits comme l’Afghanistan et l’Irak ou dans n’importe quel autre refuge des terroristes.

Questions

  • Si l’ex-directeur du vice-président des États-Unis était déclaré coupable d’avoir révélé des secrets d’état, le président Bush se verrait-il forcé de démettre Dick Cheney de ses fonctions ?
  • Après Donald Rumsfeld et dans l’hypothèse d’un départ de Dick Cheney, le président Bush en sortirait-il à ce point affaibli qu’il pourrait avoir perdu toute légitimité de gouverner le pays le plus puissant du monde ?

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2 responses

13 07 2007
Frédéric

Et alors ? Il agit avec ses convictions pour le bien de son pays, je ne voit pas le mal ?

1989, renversement d’un dictateur de deuxiéme zone et 1991 libération d’un pays, je ne voit pas le probléme ? Vous pouver méme rajouté la tentative de ramener la paix en Somalie qui à malheuresement échoué et la réduction d’un tiers des forces armées américains annoncé en pleine guerre du Golfe.

C’est la premiére et unique fois dans l’histoire moderne ou l’on annoncé des coupes drastiques dans la défense en pleine bataille.

Et je rappelle qu’effectivement l’ANC à commit des actes de terrorisme dans les années 70/80

29 06 2008
Retureau-labyt

De tout temps, il y a toujours eu des actes de tortures pdt les périodes de conflits… J’aurais bien espérer que ces actes inhumains auraient fini par disparaître, vue que nous ne sommes plus au moyen-âge, que les « guerres seraient plus propres » (utopiste direz-vous, peut-être mais « rêveuse éveillée »…) et je constate finalement que rien n’a changé….que les guerres seront toujours aussi sales, on inventera et expérimentera encrore et encore de nouvelles tortures… comme si que les BA ne suffisent pas (certains pays dont je ne citerai pas le nom « crevant la faim » préférent financer la BA plutôt que de se préoccuper de la famine de leur peuple…). N’oublions pas, il y a encore une dizaine d’années tout au plus, des actes de tortures ont été commis dans certains pays en guerre (en Irak, en Bosnie, au Rwanda par ex.) sans compter les actes de terrorisme. A qui la faute d’avoir transformer « en machine de guerre » des hommes (défendant leur pays d’accord…) supposés d’être de fidèles patriotes de leur pays ? En ce comportant comme des « chiens enragés », ils ternissent l’image de leur pays. Quel bel héritage que nous laissons là pour nos futures générations !

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