Les pauvres, de plus en plus pauvres !

28 02 2007

Vous rappelez-vous ces quelques lignes – maintes fois citées – de monsieur de Lafontaine :

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre …

La pauvreté est une calamité que nul ne semble ou ne peut contrôler ! Elle répand sa terreur !

Séparateur

Le fossé entre les riches et les pauvres aux États-Unis est de plus en plus large.

PauvretéSelon une étude américaine, près de 16 millions d’Américains vivent dans « une pauvreté profonde et sévère », soit avec un revenu de moins de 9903 $US (7495 €) par an pour une famille de quatre personnes comprenant deux enfants. Cela représente 43% des 37 millions de pauvres aux États-Unis. Selon l’étude de McClatchy Newspapers, basée sur le recensement de 2005, le nombre de personnes ayant basculé dans l’extrême pauvreté n’a jamais été aussi élevé depuis 30 ans. Par individu le seuil de grande pauvreté individuelle correspond aux personnes dont le revenu est inférieur à 5080 $US (3868 €) par an.

L’étude américaine constate que, de 2000 à 2005, le nombre d’Américains très pauvres a augmenté de 26%. Cette explosion de pauvreté s’inscrit dans un contexte d’expansion économique hors du commun dans le pays et elle excède de 56% la croissance de l’ensemble de la population pauvre sur cette période. La productivité du travail a bondi en flèche depuis la courte récession de 2001 mais la croissance des salaires et des emplois n’a pas suivi. En outre, la part du revenu national consacrée aux bénéfices des entreprises a écrasé celle qui était destinée aux salaires : « Cela permet de comprendre pourquoi le revenu médian d’un ménage d’actifs, ajusté par l’inflation, a chuté sans arrêt depuis cinq ans », constate l’étude de McClatchy Newspapers. « Cela et d’autres facteurs ont contribué à faire basculer 43 % des 37 millions de pauvres que compte le pays dans la grande pauvreté, le taux le plus élevé depuis 1975 », conclut McClatchy Newspapers.

« McClatchy’s review also found statistically significant increases in the percentage of the population in severe poverty in 65 of 215 large U.S. counties, and similar increases in 28 states. The review also suggested that the rise in severely poor residents isn’t confined to large urban counties but extends to suburban and rural areas ».

La famille pauvre américaine classique (comme d’ailleurs leur équivalent européen) est monoparentale, avec une mère (très) jeune et un enfant en bas âge, ce qui montre que la pauvreté n’est pas vraiment une fatalité, car elle est surtout due à l’explosion de la cellule familiale et moins au chômage, car la durée du chômage est en moyenne faible aux États-Unis (quelques semaines contre près d’un an en France) (Wikipedia). Pour connaître un excellent point de vue sur la question de la pauvreté aux États-Unis, et pour suivre un débat sur la même question, je vous recommande la lecture de cette analyse de Anthony Meilland.

Au Canada, le Parlement avait, en 1989, voté une loi pour mettre fin à la pauvreté infantile en 2000. Le Conseil National du Bien-être Social (CNBES) constate qu’on est bien loin du compte, alors que le gouvernement britannique, qui a adopté une même loi en 2002, a déjà permis à 700 000 enfants de s’en sortir grâce à une stratégie concertée. En 1989, le Parlement avait voté une loi pour mettre fin à la pauvreté infantile en 2000. Selon Statistique Canada, une personne se trouve au seuil de faible revenu lorsqu’elle consacre plus de la moitié de ses revenus pour se nourrir, se loger et se vêtir. En 1998, ce seuil était fixé à 31 107 $ pour une famille de deux adultes et deux enfants.

La dernière édition des données de base sur la pauvreté, publiée par le conseil canadien, indique que le Canada compte un 1,3 million de ménages pauvres de plus qu’il y a 25 ans. La situation est particulièrement prononcée dans les jeunes familles. Le taux de pauvreté a plus que doublé depuis 1975 dans celles où le chef de famille a moins de 25 ans et atteint maintenant 46 %. Dans les familles où le chef a entre 25 et 34 ans, le taux de pauvreté est passé de 12 à 19 % au cours du dernier quart de siècle. Les familles dirigées par une mère monoparentale sont par ailleurs de plus en plus nombreuses, au Canada. Ce sont aussi les plus susceptibles de vivre dans la pauvreté. En 1997, 56 % d’entre elles vivaient dans la pauvreté. On y retrouvait 43 % des enfants pauvres.

pauvretéQuelques chiffres concernant les enfants pauvres

    • 1 enfant sur 2 a une santé fragile
    • 1 enfant sur 2 vit avec un fumeur
    • 1 enfant sur 4 vit avec un parent dépressif
    • 1 enfant sur 3 habite un logement malsain
    • 2 enfants sur 5 accusent un retard de développement du langage
    • il y a 3 fois plus de délinquance parmi les enfants pauvres

Au Québec, le nombre d’enfants dont les parents dépendent de l’aide sociale a augmenté de 50 % au cours des années 1990. (Source : Société Radio-Canada)

Dans le monde, 1,3 milliard de personnes sont pauvres. Elles luttent pour survivre avec un maigre revenu, lorsqu’elles en ont un. Elles souffrent de graves problèmes physiologiques et psychologiques provoqués par l’une des conséquences les plus tragiques de la pauvreté: la faim. Un Européen sur six vit sous du seuil de pauvreté. C’est ce qui émerge du « Rapport sur la protection sociale et l’inclusion sociale » de la Commission européenne. L’Europe souffre aussi du phénomène des travailleurs pauvres, qui ont un emploi, mais vivent dans une situation précaire. Ainsi, 8% des travailleurs européens (âgés de 18 ans et plus) disposaient de revenus situés en-dessous du seuil de pauvreté en 2004, la fourchette allant de 5% ou moins (République tchèque, Allemagne et pays nordiques) à 13 ou 14% (Grèce, Portugal, Pologne), ajoute la Commission européenne.

Selon The Guardian, qui cite les chiffres tirés d’un rapport publiés le 14 février par l’UNICEF, 16,2 % des enfants britanniques vivent en dessous du seuil de pauvreté ; 35,8 % ont été brutalisés au cours des deux derniers mois ; 35,3 % des jeunes de 15 ans aspirent à un métier peu qualifié ; 30,8 % des jeunes ont été ivres deux fois ou plus.

En 2003, la Banque mondiale a défini comme pauvres les ménages qui disposent de moins de deux dollars par jour, et extrêmement pauvres ceux qui ont moins d’un dollar par jour. Selon cet indicateur, ce sont respectivement 2,8 et 1,2 milliard de personnes qui sont concernées (le nombre de personnes souffrant de sous-alimentation en 2002 est, lui, de 800 millions). Selon le seuil de pauvreté de 1 dollar par jour en PPA 1985, la majorité des pauvres se trouvent en Asie du sud (39%), Asie de l’est (33%) et en Afrique sub-saharienne (17%). Les pays comptant plus de la moitié de leur population sous le seuil de pauvreté sont le Guatemala, la Guinée-Bissau, l’Inde, le Kenya, le Lesotho, Madagascar, Népal, Niger, le Sénégal et la Zambie.

Questions

  • Il appartiendra à chacun des lecteurs de s’interroger sur son niveau de tolérance face à la perpétuation d’une telle stuation.

 

A lire également sur ce blog :

La Ville dont le prince est un enfant, dites-vous ?

 

Séparateur

 

 

 

Publicités

Actions

Information

6 responses

28 02 2007
Cowboy

Je viens d’interroger mon niveau de tolérance. Sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres, j’avoue hélas un score pitoyable. J’achoppe cependant sur les modalités d’action individuelle dans la mesure où le scrutin auquel on m’appellera prochainement me donne peu d’espoir de voir le problème pris à bras le corps par l’heureux(se) élu. Je crois hélas, comme Marc Delphanque, que les riches ont besoin de pauvres, qu’ils ont besoin d’un « coussin de chômeurs » pour asseoir leurs gros culs, bref, qu’ils ont besoin, avant tout, d’une peur sociale ambiante qui constitue le meilleur rempart autour de leurs privilèges. Que cette peur soit, comme ici, celle du chômage, ou comme aux US, celle du terrorisme, peu importe. Il en faut une, il en fallait une, surtout depuis que l’effondrement du bloc de l’est nous a privé de la peur rouge. On la regretterait presque.
Ceci dit, et sans transition, je reçois de nombreuses visites d’AgoraVox sur laquelle vous m’avez dénoncé à l’attention blogueuse :-). Je vous en remercie même si je ne suis pas certain d’entrer dans les critères, fort pertinents d’ailleurs, que vous avez fixés à la blogsphère.

28 02 2007
Cowboy

J’oubliais : je crois qu’il y a une petite coquille au paragraphe 5 qui commence par :
« Au Canada, le Parlement avait, en 1989… »
Il semble que la même phrase apparaisse deux fois :
« que le gouvernement britannique, qui a adopté une même loi en 2002, a déjà permis à 700 000 enfants de s’en sortir grâce à une stratégie concertée. »
C.

28 02 2007
pierrechantelois

Cowboy

Merci pour pour la correction (oeil de lynx). Toujours heureux de promouvoir votre excellent site et votre lectorat dont je suis un membre actif ! )

Pierre R.

28 02 2007
Posuto

Bravo Pierre, excellentissime billet. Je vais y renvoyer tous les élèves de Terminale que je connais pour avoir cet autre regard sur l’Amérique, sommes toutes peu développé dans les manuels scolaires.
Et en parlant de l’école française, j’ai aussi parcouru votre article du 15/02 : honte à toi, mon beau pays de France, de fabriquer autant de malheureux dans tes écoles.
Sinon pourriez-vous m’expliquer le principe d’Agoravox ?
A bientôt, RV

28 02 2007
pierrechantelois

AgoraVox est un forum ouvert, public, qui appartient cependant à une société privée (Joel de Rosnay et Carlo Revelli). Ce forum connaît une crise de croissance et surtout il risque de sombrer dans une foire d’empoigne. J’ai proposé un billet pour remettre les pendules à l’heure et susciter une certain remise en question. Voici deux liens qui vous aideront à mieux comprendre en quoi ce média citoyen :

porte d’entrée principale : http://www.agoravox.fr
billet proposé : http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=19984

Si vous n’avez pas le coeur trop sensible, je vous suggère une visite qui peut ëtre intéressante et instructive.

Pierre R. Chantelois

5 07 2007
tiers

Etre contre la «perpétuation d’une telle situation» est une chose, s’employer à faire cesser réellement ladite situation en est une autre…
De ce côté-ci de l’Atlantique (européen), le tableau n’est guère différent. Nos multiséculaires bâtisses, qui attirent tant les touristes, s’agrémentent de plus en plus d’êtres semi-humains (ou déshumanisés) que personne ne veut voir.
Votre triste constat est d’autant plus décevant qu’il se rapporte à la patrie d’origine de «Star Strek». Provenant d’un pays-phare dans les domaines avant-gardistes, on s’attendrait plutôt à une mise en pratique de conceptions audacieuses, imaginatives et futuristes: des idées neuves susceptibles d’éblouir le monde entier. Gene Roddenberry, pour les siècles qui viennent, a déjà réglé tous les problèmes économiques. Avant d’expérimenter ces fameux «crédits» (monnaie interplanétaire) qu’on trouve dans les récits de science-fiction, nous avons l’insigne ressource de préparer le terrain afin que l’avenir se réalise heureusement. En accédant au vingt-et-unième siècle, les nations avancées se doivent donc d’établir une franche modernisation de l’ordonnancement sociétal afférent aux castes inférieures.
Notre inédit projet s’adresse d’entrée aux «morts sociaux», sans toit personnel, sans travail, sans ressources honorables, sans utilité… Programme: leur procurer un logement (élémentaire dans un premier temps), accompagné des biens indispensables à une vie décente, avec en prime un mini-travail valorisant. Activité non obligatoire: le but étant d’inciter, pas de contraindre. Eduquer, pas d’endoctriner. Et pour atteindre un tel résultat, pas question de recourir à la recette des «chaises musicales»: où pour habiller l’un on déshabille l’autre.
Rien n’empêcherait ensuite, quand tous les «hommes à la mer» auraient été repêché, d’adapter la méthode au profit des personnes un peu moins impécunieuses. Le pays dans son ensemble ne s’en porterait que mieux.
Histoire de saisir le processus, repensons à une technique qu’employaient nos ancêtres par le passé. Tout le village participait à la fabrication d’une nouvelle maison. A charge de revanche pour l’heureux bénéficiaire d’apporter son aide lors de la construction des maisons suivantes. En s’inspirant de cette méthode (pour une part), Saturnol propose un système non ruineux, acceptable par la société à tous les niveaux. En voici les points essentiels:

— Tous les indigents valides (vraiment tous et tout de suite) se voient proposer un travail à temps limité.
— Le but exclusif de ce travail est de lutter contre la pauvreté: aider à construire des logements sommaires de secours, participer à la logistique des choses nécessaires pour vivre décemment, donner un coup de main pour remettre en état des logements insalubres, etc.
— Attribution immédiate d’un logement personnel – catégorie minimum. L’indigent aura éventuellement participé à sa construction ou sa rénovation.
— Tous les indigents obtiennent les choses et services nécessaires à une vie décente (qu’ils effectuent ou non leur travail-impôt).
— Tous les indigents perçoivent un salaire (à condition d’effectuer leur travail-impôt).
— Dans un deuxième temps, attribution d’une habitation améliorée en fonction de points positifs attribués pour: excellence du travail-impôt, assiduité, poursuite d’études, recherche effective d’un travail en secteur marchand, etc. Cette homologation s’applique aussi à un supplément conditionnel de salaire. Points négatifs en cas de comportement antisocial…
— Les contribuables solvables pourraient remplacer leur tranche d’impôt prévue pour éradiquer le paupérisme par des heures de «travail d’expert» utile aux indigents.
— Les entreprises pourraient remplacer leur tranche d’impôt prévue pour éradiquer le paupérisme par un équivalent en matériaux et matériels qu’elles produisent (si ces objets sont utiles à l’élimination de la pauvreté).
— Système fonctionnant principalement avec le concours des citoyens, dans le «secteur privé» (hors institutions et postes fonctionnarisés). Recours en particulier aux jeunes retraités voulant conserver une certaine activité («bénévolat intéressé»).

Sachant qu’une solution rapide et définitive est désormais possible, combien de temps faudra-t-il attendre avant que les responsables veuillent bien s’occuper sérieusement de cette iniquité faite au genre humain?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s




%d blogueurs aiment cette page :