Débats citoyens – oui ; mais à quel prix ?

2 03 2007

Introduction

Daniel Bô, PDG de Qualiquanti, institut d’études marketing, fait remarquer avec beaucoup de justesse que : « L’expérience accumulée, la capacité d’expression, les potentialités de réactions de chacun sont comme une matière première à extraire et à traiter. Cette matière première est quasi-gratuite : le témoignage n’est pas considéré comme un travail et des millions d’individus sont prêts à s’exprimer gratuitement ».

Jean Quatremer, journaliste à Libé, sur son blog Les Coulisses de Bruxelles, s’interroge sur l’anonymat et l’Internet : « Nous sommes tous d’accord : la démocratie est devenue plus participative grâce à internet. Chaque citoyen peut désormais s’exprimer avec une chance raisonnable d’être lu, en créant son site ou son blog, ou encore s’adresser directement à ses femmes et hommes politiques ou encore aux journalistes. Les pratiques évoluent grâce à cette interactivité et c’est tant mieux. Mais je ne vous cache pas que la généralisation de l’anonymat me pose un problème déontologique : pourquoi se cacher derrière un pseudo pour faire valoir son opinion ? »

Un lecteur de Les Coulisses de Bruxelles répond à cette question : « Toute personne chargée de la gestion d’un intérêt public se doit d’être transparente dans tout ce qui peut influer sur sa gestion de cet intérêt. Parce que cet intérêt lui a été confié par le peuple et qu’il se doit d’être irréprochable dans sa gestion (c’est d’ailleurs dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789). En dehors de ce cas, toute personne a droit à la protection de son anonymat sans avoir à justifier de ses raisons. Maintenant, qu’elle ne vienne pas se plaindre si son anonymat limite sa crédibilité. A elle d’arbitrer entre les avantages (possibilité de ne pas afficher ses opinions politiques publiquement par exemple) et les inconvénients ».

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Le journaliste citoyen et l’anonymat confortable

AgoraVoxAgoraVox a été lancé à l’initiative de la société Cybion. Cybion est une société anonyme indépendante créée par Carlo Revelli et Joël de Rosnay, dont le capital appartient majoritairement aux fondateurs et qui n’est liée à aucun grand groupe industriel ou financier. Dans la réalité, AgoraVox ne peut être réputé espace public car il appartient en propre à une société anonyme indépendante. Les citoyens n’ont aucun pouvoir de nomination ou d’élection sur les officiers en place (Un PDG – Agoravox et Cybion), six employés permanents et un comité de rédaction composé de bénévoles). En tout temps, la société propriétaire des lieux pourrait mettre la clé dans la porte sans qu’aucun des membres qui ont contribué depuis sa fondation ne puissent en contester la décision.

Un média citoyens comme AgoraVox peut être un formidable instrument d’influence et d’intervention stratégique dans plusieurs secteurs de la vie. Comme l’écrivent les administrateurs du Média citoyens : « AgoraVox la fait circuler de manière transversale (principe du « many to many ») et ce grâce à une équipe de « rédacteurs citoyens » très hétéroclite constituée par des profils très différents. En effet, d’une manière générale, sur AgoraVox la fonction et le statut importent peu. On peut être journaliste, bloggeur, fonctionnaire, chef d’entreprise, syndicaliste, étudiant ou chômeur… L’important c’est la qualité et la pertinence des informations recueillies ».

AgoraVoxLe modèle économique d’AgoraVox est, selon Les Échos, une émanation directe de celui d’OhmyNews, dont 70 % des revenus proviennent de recettes publicitaires, le reste étant issu de la revente de contenus éditoriaux. Dupliqué aux États-Unis à l’initiative de Dan Gillmor, OhmyNews n’a jamais réussi à percer. En revanche, son modèle a commencé à s’exporter en Europe. S’inspirant de sa logique économique, AgoraVox a conclu en 2006 un partenariat avec « L’Equipe » pour créer Sportvox.fr et s’apprête à lancer un nouveau site, Naturavox.fr, centré sur l’environnement. Mais le « média citoyen » tire également des revenus substantiels de sa participation à des journaux internes ou à des intranets soucieux de renouveler leur formule ».

« Loïc Le Meur, le spécialiste des blogs et conseiller Internet de Nicolas Sarkozy, conserve un souvenir mitigé de son expérience : « J’ai été surpris par la violence des commentaires sur un de mes articles. Mais nous avons besoin de ce type de site, qui donne la possibilité aux individus de s’exprimer sur un média ayant de l’audience. » Même son de cloche auprès de Benoît Thieulin, responsable Internet auprès de Ségolène Royal : « On trouve sur AgoraVox de très bons textes comme d’autres plus médiocres, mais c’est une expérience intéressante de journalisme citoyen ».

L’information destinée à être délivrée sur AgoraVox est, toujours selon Les Échos, « modérée » et soumise pour vérification à un comité de rédaction composé de vingt personnes, dont six salariés à temps plein. . « Sur 100 articles qui nous sont soumis, lâche Carlo Revelli, interrogé par Les Echos, 50 sont tantôt des promotions déguisées, tantôt de simples et purs pompages effectués par des internautes en mal d’ego, tantôt – enfin – des attaques virulentes, à la limite de la diffamation. Nous les éliminons systématiquement. »

AgoraVoxAgoraVox – Un sérieux malaise

Cette analyse n’est plus tout à fait exacte. Tout ne va pas pour le mieux au sein du Média citoyens AgoraVox. Le 2 novembre 2006, le président directeur général doit intervenir publiquement pour tenter de juguler les dérives verbales sur le Média citoyens : « Les dérapages et les attaques gratuites sont devenus le pain quotidien de beaucoup d’articles. J’ai beau expliquer aux rédacteurs concernés que c’est le prix à payer pour toucher un large auditoire, nombre de nos rédacteurs initiaux se sont découragés et ont diminué leurs contributions. Comment les blâmer ? Qui aime se faire insulter par un anonyme qui ne souhaite pas rentrer dans le débat mais uniquement le perturber ? » (Essayons d’améliorer ensemble les commentaires sur AgoraVox). Cette lettre a généré plus de 1600 commentaires, des plus négatifs aux plus positifs. La crise a atteint un comble.

Le 6 novembre 2006, le président directeur général du Média citoyens AgoraVox, Carlo Revelli, est intervenu dans un article – Quelques brèves remarques au sujet des commentaires – pour tenter de mettre fin

· à un long conflit qui oppose deux groupes d’auteurs, les uns boycottant les articles des autres, et vice versa ;

· à une série de dérapages verbaux entre factions

· à une perte d’auteurs reconnus qui ont tout simplement voulu fuir cet enfer verbal.

Cette lettre a valu à monsieur Revelli plus de six cents commentaires. Monsieur Revelli écrit ce qui suit : « Un véritable abus signalé et avéré sera toujours supprimé, indépendamment du vote (il s’agit des commentaires aux contenus diffamatoire, injurieux, commercial, raciste, etc.). […] Le nouveau système des commentaires ne vise pas uniquement ceux qui sont juridiquement abusifs mais ceux qui sont considérés, par une majorité de votants, comme peu pertinents, pas intéressants et surtout (volontairement) hors sujet… La nuance est là ».

Un des nombreux citoyens à réagir dénonce en ces termes l’initiative des administrateurs : « Je ne salue pas cette initiative et pour cause… Des groupuscules se sont formés, il faut être aveugle pour ne pas l’avoir remarqué… ces mêmes personnes favoriseront leur auteur préféré et voteront bien entendu non à chacun des commentaires qui ne va pas dans leur sens… quand bien même le commentaire ne sera ni insultant ni mal écrit: au contraire plus les commentaires apporteront des contres arguments plus ils seront sanctionnés. […] P… pour ne citer que lui […] ne supporte pas les contres arguments et insulte trop facilement pourtant ses commentaires ne seront jamais masqués… Agoravox est tombé bien bas pour un forum dit « citoyen »… dommage ! » (6 novembre 2006 à 18H21).

Une réflexion s’impose

De grands auteurs ont su démontrer avec éloquence et acuité leur grande capacité de polémiquer avec intelligence et discernement. Le premier exemple qui me vient à l’esprit est évidemment le très célèbre J’Accuse. Boris Vian a su, de son temps, par la poésie et la chanson, attaquer des tabous de société.

AgoraVox doit-il laisser planer une ambiguïté de cette importance – liberté d’expression et protection des droits individuels – dominer les débats du Média citoyen sans se soumettre à une réflexion de fond, sans se donner un guide pour utilisateur, sans redressement notable des dérapages et dérives écrites et sans apporter de réponse crédible aux questions qui lui sont adressées en la matière ? Le geste courageux d’AgoraVox serait d’adopter un code de fonctionnement – élaboré et adopté par la communauté des citoyens de ce média – afin d’éviter l’arbitraire ou le favoritisme à l’égard d’un commentaire ou d’un autre. Comment établir une règle générale qui viserait à bannir indistinctement toute opinion qui serait réputée offensante et qui attaquerait de manière insultante et inappropriée les droits, les croyances, les opinions et l’intégrité morale d’une personne ? Une première solution : AgoraVox a accepté de mettre en ligne un exposé – AgoraVox doit-il se remettre en question ? – qui portait précisément sur une remise en question. Les résultats n’ont pas été à la hauteur des attentes mais je crois qu’il y a de l’espoir. Une deuxième solution : la question doit être débattue aux Rencontres du 5e Pouvoir.

Rencontres du 5e Pouvoir

5e pouvoirAgoraVox annonce la tenue des premières rencontres du 5ieme Pouvoir. Les thèmes suivants y seront abordés :

  • Introduction : Journalisme citoyen et 5e pouvoir, enjeux et perspectives
  • Blogs et médias citoyens : alternatives efficaces contre la censure ?
  • Web2.0 : la technologie favorise-t-elle réellement la prise de pouvoir du citoyen ?
  • Micro-pouvoirs : les blogs au service d’une résistance locale ?
  • Y a-t-il un nouveau journalisme possible ? Entre investigation professionnelle et devoir citoyen
  • Le regard des médias traditionnels sur les nouveaux médias : quelle complémentarité ?
  • Élections présidentielles : rôle des médias, des blogs et des médias citoyens

Le grand thème absent de ces rencontres est sans nul doute les droits des citoyens dans une zone de discussion libre et anonyme. Comment départager contrôle contre le dérapage et liberté d’expression ? AgoraVox aurait pu consacrer une période de discussion à ce thème : l’opposition entre droits individuels et droits collectifs favorise-t-elle la libre circulation des idées dans une zone d’échanges libres, ou les restreint-elle ? Au nom des droits collectifs, peut-on tout dire, même au risque d’atteinte grave à des droits individuels ?

L’autre grand thème absent des débats est celui de la gratuité du transfert des connaissances. AgoraVox appartient à une société privée. La société propriétaire offre des services notamment de veille. AgoraVox acquiert sans verser un euro une masse critique exceptionnelle qui lui accorde une position stratégique tout aussi exceptionnelle. Les questions monétaires semblent tabou. Il y a longtemps que cette question aurait été soulevée publiquement au Québec. La France semble encore frileuse sur cette question des services rendus contre rémunération.

Toujours à propos de ces rencontres du 5 ieme Pouvoir, un média comme celui d’AgoraVox ne semble favoriser qu’un groupuscule de participants au détriment de toute une communauté de citoyens. En effet, les citoyens, habitant à l’extérieur de Paris, à l’extérieur de la France, à l’extérieur de l’Europe, ne pourront se déplacer pour participer à ces débats importants. N’y aurait-il pas lieu de diffuser, en direct, cette journée par l’intermédiaire d’AgoraVox ou d’un autre réseau de télécommunication privé afin de permettre à plusieurs citoyens d’être témoins à ces rencontres ? Dans notre grande communauté virtuelle, la distance n’est plus un facteur rédhibitoire.

Fast Food ou gastronomie

Permettez-moi d’emprunter aux plaisirs de la table cette dernière partie de mon exposé. AgoraVox joue la carte de la surconsommation en nombre d’idées ou d’opinions au détriment de l’approfondissement d’un concept dans la gouverne des humains. Des exposés d’auteur – brillants et savamment préparés – mériteraient plus qu’une volée de bois vert, le temps d’un jour. Une opinion est exprimée en un jour, et hop !, elle passe au second plan. Cette surabondance est aussi dangereuse que la rareté. Et de cette masse critique, une indexation intelligente des sujets traités fait cruellement défaut. Nous sommes très près d’une babélisation de l’information en mode d’expédition rapide.

AgoraVox pourrait développer deux axes de débat : les débats à courte durée (éphémères) et les débats à plus longue durée (étalés sur plusieurs jours). Le fast food et la gastronomie ! La matière grise se traduit maintenant en calculs audimat. Je cite l’administrateur, Carlo Revelli :

AgoraVox Wiki« En octobre, nous avons dépassé les 650 000 visiteurs. Si on additionne ceux qui nous lisent via Yahoo Actualités et par RSS, nous dépassons le million de lecteurs par mois. […] Nous avons environ 6.200 rédacteurs inscrits, et nous publions en moyenne 600 articles par mois. Ces chiffres sont en constante augmentation ».

Si AgoraVox est fondée sur une rentabilité financière, je pourrais comprendre à la limite les choix de ses administrateurs. Toute entreprise doit vivre. Il faut toutefois l’indiquer clairement.

Conclusions

Avant qu’AgoraVox ne sombre dans une babélisation indescriptible, il est peut-être temps pour ses administrateurs d’entreprendre une remise en question qui ne se traduise pas par la vindicte et les insultes. Les administrateurs auraient le mérite d’inviter tous les citoyens – dûment enregistrés – à participer au premier vrai débat d’orientation de sa jeune existence. Pour cela, il faut se donner le temps et accorder du temps. L’éphémère serait mauvaise conseillère dans la présente démarche.

Il existe une version québécoise d’un Média Citoyen – 100papiers.com

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Prochain rendez-vous – le lundi 5 mars 2007

 

 

 

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9 responses

2 03 2007
chantal Serriere

Pour revenir à la question de l’adoption de pseudos dans la communication sur Internet, j’ai souvent l’impression qu’il existe une nostalgie des grandes fêtes saturnales où le masque et les rôles inversés allaient de soi comme exutoire social.
En même temps la résurgence des comportements adolescents apparaît. Désir de rupture par les mots, affiche d’une apparence contestataire paroxystique d’où la nuance est absente, de mise en avant de soi tout en ne l’assumant pas etc…
Par cela, le jeu d’écriture sous pseudos, me semble dangereux dans la mesure où il endort la volonté de lucidité, se complait dans le jeu et remplit la même vocation que les fêtes exutoires dont je parlais plus haut en renforçant par là les systèmes qui y sont parfois dénoncés.

2 03 2007
pierrechantelois

J’aime bien votre analogie : la résurgence des comportements adolescents. Sous l’anonymat, on se sent happé par une frénésie digne d’un Carnaval de Venise. Tout masque levé, nos comportements se modifient et nous revendiquons une licence plus audacieuse. Mais je suis sidéré de constater tout ce qui peut se dire sur ces forums. AgoraVox n’y fait pas exception. Aujourd’hui un jeune étudiant qui a soumis un texte s’est fait attaquer de la plus vile façon. Sous l’anonymat. Paulo majora canamus, disait Virgile. Que nous en sommes loin dans ces forums !

Pierre R. Chantelois

2 03 2007
Posuto

Encore une fois, vous nous bluffez par votre billet du jour. Allez-vous oui ou non nous pondre un vieux truc sans intérêt pour qu’on se sente légèrement supérieur ? Non..? Ah… 😉
Et voilà que j’utilise gaillardement deux artifices des blogs, le pseudo (posuto) et le smiley.
Il semble, pour redevenir sérieux, que les humains aient besoin du maître d’école à sifflet dans la cour de récré, sinon c’est le bazar. Et pas le plus joli. Comment concilier la parole de tous, les règles de sociabilité minimales, les frustrations des un(e)s et des autres,…
Autre remarque : 5e pouvoir, n’est-ce pas un peu narcissique ? Le pouvoir d’insulter autant que de proposer ? Ah, vaste débat… Continuez à nous faire turbiner de la méninge, cher Pierre !

3 03 2007
Cowboy

Que de questions soulevées ! En tout cas, l’idée selon laquelle Internet serait LE grand média participatif prend du plomb dans l’aile. Personnellement, je n’y crois guère. L’idée de Chantal de voir dans l’anonymat « une résurgence des masques des grandes fêtes » est intellectuellement séduisante mais je crains qu’elle ne résiste pas à l’analyse. Il y aurait en tout cas une grande étude à mener sur les commentaires, pour en dérouler l’écheveau et examiner la façon dont il s’organisent (si tant est que ce mot s’applique à leur cas). Souvent, c’est moins leur virulence qui m’étonne -et qui renvoie aux « flamers ». Faut-il rappeler qu’il existe des sites qui dispensent de véritables formations de « flamers » en ligne, si, si- que leur incohérence, leur quasi surdité ou aveuglement aux échanges qui ont précédé comme si, à chaque fois on repartait de l’article d’origine, comme si on faisait l’économie de ce qui a été dit, débattu précédemment. Maintenant, quand on tombe sur un article assorti de plus de cent commentaires, comment embrasser la totalité du débat. C’est là qu’intervient un autre travers de la diffusion sur internet : l’inflation d’information. Cette information devient ingérable, impossible à traiter et les exemples de « dérapages » abondent.
Et puis, il est vrai que la question de l’anonymat fait problème. Oh, je ne réclame pas qu’on le lève, mais il faut bien reconnaître que les connotations positives autour de ce concept sont rares. L’engagement (je crois que l’étymologie du mot signifie « donner des gages, des preuves ») s’accommode mal de l’anonymat. Maintenant, tout ça trouverait peut-être sa meilleure réponse dans une éducation à l’outil dont il faut bien reconnaître qu’elle est assez indigente (et sa prise en compte par l’école est laborieuse -difficile aussi j’en conviens). Sans vouloir faire le cuistre de service, j’ai coutume de rappeler qu’il y a eu, longtemps avant Internet une grande révolution des Technologies de l’Information et de la Communication : l’imprimerie. On peut même dire qu’elle contribua à nous faire basculer du Moyen-Age à la Renaissance (Attention ! je n’ai rien contre le Moyen-Age). Elle constitua en tout cas un bouleversement considérable. Il n’empêche qu’elle n’affecta d’abord qu’une tranche infime de l’humanité et qu’un siècle après Gutenberg, Montaigne n’avait encore qu’une centaine d’ouvrages dans sa thébaïde. Je veux dire par là que cette révolution fut lente. En dix ans, Internet a bouleversé la diffusion de l’information et les formes de communication entre les individus. On est loin d’avoir pris la mesure de ces changements, loin de s’être approprié ces nouveaux outils. Mais bon, je m’égare. Et je ne suis déjà plus dans le simple commentaire. Maintenant, qu’AgoraVox modérât ses commentaires, où serait le mal ? La censure ? Vraiment ?

3 03 2007
Cowboy

Au fait, histoire de « flamer », ne manque-t-il pas le verbe « fuir » dans cette phrase :
« – à une perte d’auteurs reconnus qui ont tout simplement cet enfer verbal. » (vers § 10). A moins que ce soit une façon de « fuir » précisément toutes les questions posées 🙂

3 03 2007
pierrechantelois

Merci Cowboy « oeil de lynx » pour la coquille.

Les débats sur AgoraVox ont à la fois d’une grande richesse et d’une navrante pauvreté. il en va ainsi des articles d’auteurs – certains plus spécialisés que d’autres. Ma crainte après cette expérience assez éprouvante sur Agora est la généralisation des affirmations et dénonciations anonymes de toutes sortes sans que ne soient pris en compte certains droits fondamentaux. « Défouloir » à l’envi, exécutoire, tout y passe. Autant la communication planétaire dont a tant rêvé McLuhann est réalité, autant on en voit le potentiel extraordinaire mais aussi assez brutalement ses limites. Noblesse d’âme, éthique, authenticité, véracité, toutes ces préoccupations seront bientôt éphémères.

Un coup d’oeil de quelques minutes (60 ou 90 au plus) vous convaincra.

Pierre R. Chantelois

3 03 2007
Posuto

Je crois, pour échoter cowboy (je sais échoter n’existe pas c’est pour faire mon intéressant) que le gros problème n’est pas l’excès d’information mais l’excès d’avis non réfléchis. Ce qui n’est pas d’ailleurs le seul apanage des bloggeurs, mais de toute réunion non filtrée d’individus lambdas (cowboy, y faut un « s » à lambda ou c’est invariable ?). C’est parfois bien, parfois horripilant, souvent les deux, en proportions variables…
RV

3 03 2007
pierrechantelois

Vous avez bien raison Posuto. J’ai tenté bien modestement de proposer une réflexion à AgoraVox. Elle a tourné à la foire d’empoigne. Tout ce qui se dit sur un forum comme celui-là exige une bonne dose de courage et de patience de la part des auteurs qui de bonne foi se mettent au blanc pour proposer une réflexion. Si vous voulez vous en faire une petite idée par vous-même, ce billet que j’ai soumis il y a peu :

http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=19984

Attention page lourde à télécharger – 502 messages

Pierre R.

3 03 2007
Posuto

C’est édifiant en effet. Conclusion un peu amère : internet est un outil merveilleux, mais les gens qui l’utilisent ne le sont pas tous… hélas.
RV

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