Combien vaut votre patron ?

13 04 2007

Les riches auront la nourriture, les pauvres l’appétit.

Coluche

Au début du mois de janvier 2007, le quotidien La Presse, de Montréal, publiait une information en apparence anodine mais qui en disait long sur notre société : « En moins de 48 heures — les cent dirigeants d’entreprises les mieux payés au pays Casino de MonteCarlo auront déjà gagné le salaire annuel du Canadien moyen, soit 38 010 $ (24 800 €) ». Cette donnée statistique était tirée d’une étude du Centre canadien de politiques alternatives. C’est dire qu’un président d’entreprise moyenne a, au Canada, touché environ 9 millions $ (5.868.900 €) en 2005 et le Canadien moyen 38 000 $ (soit 238 fois le salaire annuel moyen des ouvriers (38 100$). Selon une étude de la Réserve fédérale américaine, les rémunérations des dirigeants d’entreprise américains s’élevaient, en 2005, en moyenne, à plus de 170 fois celles du salarié moyen. En 1970, c’était 40.

Quelques chiffres hallucinants :

L’ex-PDG de Pfizer (qui commercialise le Viagra), Henry McKinnell, s’est vu verser des compensations et primes de départ à la retraite de 180 à 198 millions de dollars US (133.146.000 €). Le PDG de Home Depot, numéro un mondial des magasins de bricolage et d’aménagement intérieur, Robert Nardelli, 58 ans, s’est vu verser, lors de son départ, des indemnités de 210 millions de dollars US (155.316.000 €). Le coprésident exécutif d’EADS, Noël Forgeard, aurait perçu, après son départ de la société-mère d’Airbus, en juillet dernier, une indemnité de départ de 8,4 millions d’euros (12.882.240 $ CN).

Le groupe automobile Ford a, en 2006, subi une perte de 12,7 milliards de dollars, un record en 103 ans d’histoire. Alan Mulally, nouveau PDG du groupe, issu de la division commerciale de Boeing, a empoché 28 millions de dollars américains en quatre mois.

Quelques chiffres en vrac :

  • Terry Semel [62 ans, Yahoo!] 230,6 millions de dollars américains
  • Barry Diller [63 ans, IAC/InterActiveCorp.] 156,2 millions de dollars américains
  • William McGuire [57 ans, UnitedHealth Group] 124,8 millions de dollars américains
  • Howard Solomon [77 ans, Forest Labs] 92,1 millions de dollars américains
  • George David [63 ans, United Technologies] 88,7 millions de dollars américains

Selon le site Jobboom, voici quelques autres salaires bien modestes :

  • Le PDG de Home Dépôt, Robert Nardelli a reçu presque 275 millions de dollars en salaire au cours des cinq dernières années;
  • Lee Raymond, de Exxon Mobil, plus de 700 millions de dollars en salaire entre 1993 et 2005, une moyenne de 150 000 dollars par jour de travail, PLUS, une prime de retraite de quelque 110 millions de dollars;
  • Le directeur général de la banque d’affaires de Morgan Stanley, Phillip Purcell, a reçu une indemnité de départ frôlant les 110 millions de dollars;
  • Josef Ackermann, à la tête de Deutsche Bank, a touché l’an dernier 13,2 millions d’euros, auxquels s’ajoutent 380.000 euros d’abondement pour sa retraite d’entreprise.

Laurence Danon, ex-PDG du Printemps, aurait reçu plusieurs millions en prime de départ après avoir dirigé ce groupe français pendant six ans. Mme Danon aurait négocié ces conditions au moment de signer son contrat. Antoine Zacharias, Pdg de Vinci, avait été contraint à la démission après la dénonciation de ses rémunérations exorbitantes par son propre directeur général Xavier Huillard. Il avait notamment reçu une prime de 12,9 millions d’euros, trois fois le montant de sa rémunération brute de 2005 de 4,29 millions, lorsqu’il avait quitté sa fonction de directeur général.

Les Québécois les mieux rémunérés sont André et Paul Desmarais Jr, de Power Corporation, qui ont empoché à leur deux 32,8 millions de dollars l’an dernier.

Séparateur

Face à des chiffres qui sont du ressort de l’inimaginable, il faut garder son sang froid et son sens de l’humour : « Un homme fort riche disait en parlant des pauvres : On a beau ne rien leur donner, ces drôles-là demandent toujours » (Chamfort).

De retour le lundi 16 avril 2007

 

 

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One response

13 04 2007
Cowboy

Rien qu’en lisant le titre, j’avais déjà une petite idée de ce que serait ma réponse. La lecture du billet m’a démontré que je faisais décidément preuve d’un vrai discernement.
Donner le dernier mot à Chamfort est une bonne idée.
Je pensais à cette autre citation attirbuée à M. Rockfeller, amusante, quoique nettement moins fine :
On raconte ainsi qu’au sortir d’un grand restaurant, il tombe sur un clochard qui se précipite sur lui, plein d’espoir, en disant :
« M. Rockfeller, je n’ai pas mangé depuis trois jours.
– Faut vous forcer, mon brave, faut vous forcer », répondit simplement le milliardaire.

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