« Un gouvernement, ce n’est pas un régiment » (Xavier Bertrand)

22 05 2007

Le Premier ministre a été très clair : il ne demande « à personne de renoncer à ses convictions ». Tout en lançant un avertissement : « Ceux qui ont accepté, quelles que soient leurs origines politiques, de venir dans ce gouvernement, ça veut dire qu’ils ont accepté le jugement qui est celui des Français : mettre en œuvre une politique pour laquelle il y a désormais une légitimité extrêmement forte ».

Martin Hirsch explique qu’il était et qu’il est toujours en désaccord avec une des mesures phares du programme de Nicolas Sarkozy : l’extension de la franchise de soins non remboursés par la Sécurité sociale.

Le tout nouveau Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté, et ex-président d’Emmaüs-France, juge que l’instauration de franchises sur les soins pour financer la Sécurité sociale n’est « pas une bonne mesure » : « J’ai dit il y a 15 jours, un mois, deux mois, trois mois que ça ne me paraissait pas une bonne mesure. Je peux être convaincu mais je pense vraiment que ce n’est pas ce qu’il faut faire ».

Selon Martin Hirsch lui-même, il doit sa liberté de parole au fait que : « J’appartiens certes au gouvernement et suis directement rattaché au Premier ministre mais sans avoir le titre de ministre ou de secrétaire d’État ». « Je reste dans l’engagement non partisan qui était le mien jusqu’à présent », a-t-il déclaré. Martin Hirsch explique qu’il souhaitait initialement rester à l’extérieur du gouvernement mais que le nouveau chef de l’État a fait valoir, lors de leurs entretiens, des « arguments d’efficacité et de moyens » pour le convaincre d’entrer dans la nouvelle équipe gouvernementale. Il a refusé un poste de ministre mais quitte la présidence d’Emmaüs pour assister « aux conseils des ministres sur les sujets qui le concernent ».

En acceptant sa nomination dans le gouvernement Fillon, Martin Hirsch s’est fixé, selon ses propres termes, comme objectif de « réduire la pauvreté ». Il estime nécessaire d’ « inventer une politique qui permette d’agir simultanément contre tous les obstacles à la reprise d’un emploi », en particulier « les problèmes de santé, garde d’enfants (et) moyens de transports », a-t-il déclaré au Monde. Il déclarait préalablement à cet entretien avec Le Monde : « Nous sommes dans une société de riches qui ne fait toujours pas de place aux pauvres ».

Faut-il prévoir une cohabitation difficile entre des positions idéologiques diamétralement opposées au sein du même cabinet ministériel et quelles en seraient les conséquences sur la conduite des affaires de l’État?

Il sera intéressant d’observer, dans les prochaines heures, le comportement du Président de la République qui entend de plus en plus présidentialiser les affaires courantes de l’État et de surveiller de près le comportement du Premier ministre face à ce qui pourrait être un écart de langage de la part d’un Commissaire qui ne se veut pas embrigadé dans un régiment ministériel.

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