Au fronton de l’humanisme, l’olympisme chinois !

28 05 2007

Héraklès a droit à notre souvenir parce que le premier, par amour pour les Grecs, il les rassembla à cette fête. Jusque là, les cités étaient divisées entre elles. Mais après avoir mis fin à la tyrannie et réprimé la violence, il institua une fête qui fût un concours de force, une émulation de richesse, un déploiement d’intelligence dans le plus beau lieu de la Grèce. Lysias, Discours olympique, 1-2

2008. La Chine accueillera les Jeux olympiques sans la lettre et l’esprit du Discours olympique de Lysias. Retour sur la Chine.

La population

Aussi surprenant que cela puisse paraître, il y a encore des gens qui manifestent pour la démocratisation de la Chine. Environ 400 personnes ont défilé à Hong Kong, sous une pluie battante, pour réclamer la démocratisation de la Chine et la libération des prisonniers politiques, à l’approche du 18e anniversaire, le 4 juin, de la répression du « printemps de Pékin » place Tiananmen.

2008. L’année des jeux olympiques qui auront lieu en Chine. Que verra-t-on et que ne verra-t-on pas ? Voilà la question. Que voudrons-nous voir et que ne voudrons-nous pas voir ? Au prix d’une grande fête au fronton de l’humanisme : les jeux olympiques universelles de Chine en 2008.

Plusieurs villages du Guangxi ont été le théâtre de manifestations où des milliers de paysans du sud du pays ont manifesté pendant plusieurs jours pour protester contre la politique de l’enfant unique de Pékin. Dans le cadre de la politique de l’enfant unique, introduite en Chine, il y a plus de vingt ans, les couples vivant dans les villes ne peuvent avoir qu’un enfant. Dans les campagnes, les parents sont autorisés à avoir un autre enfant si le premier est une fille. Les pauvres en sont réduits à enfanter au pays, dans la clandestinité, au prix d’un accroissement de la mortalité périnatale et maternelle. Les manifestations ont mobilisé jusqu’à 3.000 personnes dans certains des villages, précise l’agence XinHua, (la presse de Hongkong, non censurée, avance le chiffre de 50 000 protestataires), selon laquelle des édifices gouvernementaux ont été endommagés. La riposte des autorités a été brutale : des milliers de policiers armés ont étouffé l’émeute dans la violence. On compte des blessés des deux côtés. Près de 4.200 fonctionnaires ont été envoyés dans 28 villages pour rencontrer les habitants et « s’occuper de leurs plaintes ». Cette information ne nous serait probablement pas parvenue si les médias alternatifs n’avaient pas relayé des images par Internet.

Libération rapporte que, selon le Quotidien du Guangxi, organe de la presse officielle, la municipalité de Bobai aurait mobilisé 5 896 employés et 150 véhicules de fonction. Ce journal parle aussi de « 3 964 opérations de stérilisations chez les femmes et les hommes » et de « 568 avortements ». En un mois, ajoute le journal, les amendes auraient rapporté 2,27 millions de yuans (227 000 euros).

Un quotidien de Hongkong à la langue déliée, le South China Morning Post, évoque une directive locale demandant à chaque membre du Planning familial d’effectuer des examens sur toutes les femmes. En cas de refus, une amende de 1 000 yuans, presque un mois de revenus, doit être infligée. Les « inquisiteurs du canton de Bobai » avaient, à la date du 24 avril 2007, collecté 7,8 millions de yuans et imposé à 17 268 femmes l’une des « quatre méthodes » du Planning familial : l’implantation vérifiée d’un stérilet chez les femmes ayant un enfant de trop, la stérilisation pour les mères de deux enfants et l’avortement déclenché ou chirurgical pour les contrevenantes enceintes. Si les paysans ont « trop d’enfants », ils doivent payer des amendes pouvant aller de 6 000 à 60 000 yuans (600 à 6000 euros). « Si les paysans n’ont pas d’argent, ils leur prennent des biens de valeur ou bien ils les détruisent ».

Libération poursuit la description des horreurs : « Depuis le mois de février, chaque maison est inspectée, chaque famille doit rendre des comptes. Ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas payer sont battus et leurs biens sont systématiquement saisis : « Quand il n’y a rien à confisquer, les équipes cassent les murs », a raconté sous couvert d’anonymat une femme recrutée dans une équipe du planning familial. […] « Les gens du planning familial étaient comme les Japonais pendant la guerre, ils ont tout pris et détruit ce qui restait », a raconté un villageois à l’agence Reuters ».

Pour remédier au problème d’une population sans cesse croissante, des milliers de femmes subissent des avortements forcés, parfois à huit mois de grossesse. Ces pratiques sont illégales, mais utilisées par les autorités locales, dans les provinces chinoises, pour ne pas dépasser leurs quotas ­ et être sanctionnés par leurs supérieurs ­ dans le cadre de la politique de l’enfant unique.

Si la crainte est réelle, les moyens sont-ils justifiés ?

Il pourrait y avoir un pic de population de 1,5 milliard d’habitants en 2033, avec une population active (entre 15 et 64 ans) atteignant fin 2016 plus d’un milliard, contre 860 millions en 2000, soit « plus que l’ensemble des ouvriers dans l’ensemble des pays développés », selon une étude de la commission d’État chinoise. On estime que 400 millions de naissances ont été empêchées par la politique de contrôle des naissances. Des conséquences sont le vieillissement de la population, l’augmentation des enfants non déclarés qui ne peuvent être scolarisés et la prédominance des garçons. On prévoit qu’en 2020, 30 millions d’hommes Chinois seront célibataires. Il y a 118 naissances de garçons pour 100 filles en moyenne mais ce ratio pourrait atteindre 130 pour 100 dans certaines provinces.

Un texte interne au parti et à l’administration, publié par le site Internet dissident Boxun, donne une assez bonne idée des consignes diffusées dans le sud du Guangxi : « d’ici au mois d’août, chaque fonctionnaire du canton devra avoir atteint deux objectifs : 1) obtenir d’une personne, homme ou femme, qu’elle subisse la stérilisation ; 2) collecter au moins 500 yuans au titre des frais de garde sociaux (une amende renouvelable de 50 euros imposée aux couples contrevenants, NDLR) ».

Chen Guangcheng est un avocat chinois et un juriste autodidacte, aveugle depuis l’enfance, il a appris le droit en braille. Il est né en 1971. Il a défendu la cause de femmes forcées à avorter, même à plusieurs mois de grossesse. Accuser des fonctionnaires de la ville de Linyi de faire stériliser et avorter de force les femmes qui ne respectaient pas la politique de l’enfant unique, a valu à Chen Guangcheng d’être condamné, en août 2006, à quatre ans et trois mois de prison ferme par le tribunal chinois de sa petite ville de Yinan, dans le Shandong.

Les autorités chinoises ont intensifié la répression contre les avocats et les militants du droit au logement, souligne Amnesty dans son rapport 2007.

Gao Zhisheng est un des responsables du cabinet Shengzhi, à Pékin, l’un des rares cabinets d’avocats à avoir travaillé, en Chine, sur des affaires très médiatisées concernant les droits humains. Gao Zhisheng est connu sous le sobriquet d’ « avocat aux pieds nus », qu’il partage avec ses collègues du bureau d’avocat de Shengzhi. Gao Zhisheng qui est chrétien est aussi connu pour sa défense des croyants de Falun Gong. Gao Zhisheng est connu pour ses remarquables lettres ouvertes à M. Hu Jintao et à M. Wen Jiabao les dirigeants du Parti communiste.

Gao Zhisheng écrit, dans sa troisième lettre : « M. Hu Jintao et M. Wen Jiabao permettez-moi de dire avec respect que nous devons avoir le courage et la moralité d’admettre que la machine politique, qui a brutalement torturé notre nation pendant un demi-siècle, est entachée du sang et des larmes de personnes innocentes et que la piteuse destinée du peuple chinois, du fait de la coercition et l’oppression de milliers d’années de tyrannie, n’a pas encore pris fin. Nous devons reconnaître que notre nation, notre peuple, ont le droit de vouloir la démocratie, la liberté, un état de droit et des droits de l’homme et que ce désir n’a jamais été aussi fervent qu’aujourd’hui. Toute tentative actuelle d’obstruer la quête des droits susmentionnés s’avèrera vaine. Je vous prie de pardonner ma franchise mais toutes les dettes de sang se sont gravées dans les yeux, l’expérience et les souvenirs salis des gens. Messieurs, ce n’est que lorsqu’on a au cœur la sécurité des personnes souffrantes qu’on peut trouver une vraie sécurité. De même, c’est seulement lorsque vous vous soucierez du futur de notre nation que vous aurez aussi un bel avenir ! »(Le 12 décembre 2005).

Il va sans dire que les chinois de la campagne, les ruraux, sont les premières victimes des autorités aveuglées par le communisme et l’argent : trafic foncier, corruption, magouilles et répressions par l’intimidation, exploitation des plus pauvres. L’écart entre pauvres et riches s’élargit.

Chantre de l’ « harmonie sociale », avec le président Hu Jintao, le premier ministre Wen Jiabao a, lors de la dernière session parlementaire annuelle chinoise, affirmé vouloir répondre, par des mesures budgétaires, aux problèmes sociaux les plus aigus, en particulier dans les campagnes, qui concernent l’accès au logement, la couverture sociale et médicale, le coût des soins et des études. « On veillera à préserver l’égalité et la justice au sein de la société, de manière à ce que toute la population partage les fruits de la réforme et du développement », a souligné M. Wen. « Force est de constater que, dans bon nombre de pouvoirs publics locaux, de départements et d’institutions, on n’hésite pas à faire étalage du faste, à manifester un goût marqué pour le luxe et à gérer les fonds publics avec prodigalité », a-t-il déclaré.

Entre la parole et l’action, il y a un monde.

Selon un reportage publié par le journal « China Audit » de la Commission Nationale des comptes (CNC), l’ « effet Matthew » existe, selon son président, Li Jinhua, en Chine à un certain degré et que les riches s’enrichissent alors que les pauvres s’appauvrissent. Selon Jinhua, le problème d’une société duale et inéquitable est un facteur important qui porte préjudice à la stabilité sociale. La Chine est de plus en plus confrontée au phénomène d’une société à deux vitesses dans laquelle existent deux populations, l’une à hauts revenus et à forte productivité et l’autre à revenus et à productivité faibles. « Tout cela, souligne le président de CNC, est incompatible avec l’édification d’une société harmonieuse et commence à susciter le doute et la préoccupation de tout le monde ». Li Jinhua insiste sur l’importance de l’opinion publique pour qu’elle puisse pleinement jouer son rôle de contrôle et de surveillance, ainsi que de toutes autres formes de contrôle et de divulgation, telles que la télévision et la radiodiffusion, pour faire connaître au public toutes activités illégales et non réglementaires, car la préoccupation par les masses populaires des problèmes sociaux constitue une puissante et vigoureuse force de contrôle ».

Jouer un rôle de contrôle et de surveillance, peut-être mais pas à n’importe quel prix.

Selon Catherine Baber, directrice adjointe pour l’Asie-Pacifique à Amnesty International : « Ce qu’on appelle le «miracle» économique chinois existe au prix d’un coût humain terrible – les travailleurs ruraux qui migrent dans les villes sont victimes de la pire exploitation au travail. « Ils sont contraints de faire de nombreuses heures supplémentaires, n’ont souvent pas droit à des congés maladie et travaillent dans des conditions dangereuses pour des salaires de misère. En plus d’être exploitées par leurs employeurs, les familles de migrants se heurtent à des règlements discriminatoires mis en place par le gouvernement dans tous les domaines du quotidien. Ils n’ont pas droit à une allocation logement ni à l’assurance santé dont peuvent bénéficier les résidents urbains permanents et leurs enfants se retrouvent, de fait, exclus du système scolaire ».

Il y a entre 150 et 200 millions de travailleurs ruraux ayant migré vers les villes à la recherche d’un travail en Chine et leur nombre risque de croître dans les dix années à venir. Dans certaines villes, ils constituent la majorité de la population. Les migrants internes sont tenus de se faire enregistrer comme résidents temporaires auprès des autorités locales dans le cadre du système d’enregistrement des ménages (hukou). Des millions d’enfants de travailleurs migrants sont aussi touchés et luttent pour avoir le droit d’aller à l’école. Dans de nombreux endroits, ils sont effectivement exclus du système scolaire ; en l’absence de hukou, les parents doivent s’acquitter de frais d’inscription demandés uniquement aux migrants ou payer des frais d’inscription très élevés.

Du pain et des jeux ? Des voix s’élèvent et d’autres se taisent

2008. L’année des jeux olympiques qui auront lieu en Chine. Le CIO est préoccupé. En visite à Pékin, Hein Verbruggen, le président de la commission de coordination du Comité international olympique (CIO), a demandé aux organisateurs des Jeux de 2008 que les plans d’urgence en matière de lutte contre la pollution puissent entrer en vigueur dès cette année. Selon le département de la circulation de la ville, la capitale chinoise et ses plus de 13 millions d’habitants dépassait les 2,99 millions de véhicules, dont 2,18 millions de voitures individuelles. « Ces plans d’urgence, et leurs effets, doivent être évalués dès cette année afin que nous sachions s’ils garantiront une qualité de l’air qui puisse autoriser les athlètes à atteindre le niveau de performances espéré aux Jeux », a déclaré Hein Verbruggen.

Le comité d’organisation des Jeux de la XXIXe Olympiade à Pékin (BOCOG) a choisi PricewaterhouseCoopers en Chine pour être fournisseur officiel de conseil des Jeux Olympiques de Pékin. « Être choisi comme conseil des Jeux Olympiques de Pékin 2008 est un honneur non seulement pour nos 8 000 collaborateurs en Chine mais aussi pour les 140 000 collaborateurs des 149 pays dans lesquels PricewaterhouseCoopers est présent » explique Mr Silas Yang, président de PricewaterhouseCoopers en Chine.

En associant le terme «olympiques du génocide» avec le nom de la ville de Pékin, Mia Farrow, dans une lettre publiée dans le Wall Street Journal du 28 mars 2007, dénonce les liens unissant la Chine et le Soudan. La lettre, intitulée The « Genocide Olympics », suggère que le génocide ayant lieu au Darfour, téléguidé par le gouvernement soudanais, est en grande partie rendu possible grâce à l’aide économique et militaire du géant chinois. Mme Farrow a interpellé le réalisateur Steven Spielberg qui a été engagé par Pékin pour monter la cérémonie d’ouverture des Jeux de 2008 : « Est-ce que Mr Spielberg veut vraiment finir comme la Leni Riefenstahl des Jeux de Pékin? Comment celui qui est derrière la Liste de Schindler, ardent critique du nazisme et de l’Holocauste, peut-il relier son nom à un gouvernement qui participe indirectement à un autre génocide ? » M. Spielberg, suite à ces associations nuisibles à sa propre intégrité, aurait écrit personnellement au dirigeant chinois, Hu Jintao. « J’ajoute ma voix à celles qui demandent à la Chine de modifier sa politique vis-à-vis du Soudan et de faire pression sur le gouvernement soudanais pour accepter la présence de forces de maintien de la paix de l’ONU afin de protéger les victimes de génocide au Darfour », a plaidé Spielberg, en demandant une audience à M. Hu pour évoquer la question.

Hu Jintao aurait dépêché au Soudan un émissaire pour sonder la situation. Après l’intervention de Mia Farrow, une centaine de parlementaires américains ont récemment vigoureusement interpellé le président chinois Hu Jintao, pour lui demander de prendre des mesures immédiates visant à mettre fin au conflit du Darfour. « Nous ne voulons pas que ces olympiades deviennent dans les livres d’histoire les olympiades du génocide », a dit Tom Lantos, président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants.

Le même Hein Verbruggen, président de la commission de coordination du Comité international olympique (CIO), plaide contre le boycott des JO en resituant le débat sur les bienfaits potentiels d’une olympiade : « Au CIO, on ne veut pas s’immiscer dans les questions politiques, ce n’est pas notre rôle (…) Nous sommes ici pour organiser les jeux. La question que tout le monde devrait se poser est de savoir si la situation serait meilleure en Chine si nous ne venions pas y organiser les Jeux, et je pense que la réponse serait certainement non ».

Le 16 mai dernier, M. Nicolas Sarkozy déclarait : « Je ferai de la défense des droits de l’Homme et de la lutte contre le réchauffement climatique les priorités de l’action diplomatique de la France dans le monde. La tâche sera difficile et elle devra s’inscrire dans la durée ». Pourtant, quelques temps auparavant, l’idée d’un boycott des Jeux Olympiques avait été catégoriquement refusée, voire dénoncée, par Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle, après que Ségolène Royal eût clairement mis en cause l’attitude de Pékin. En tant que président de la République française, quelle sera sa position maintenant ?

Le président Hu Jintao a, au cours d’une récente conversation téléphonique avec le président de la République française, salué en Nicolas Sarkozy un vieil ami respecté du peuple chinois, qui a toujours veillé au rapprochement entre la France et la Chine, a rapporté M. Martinon, porte-parole de l’Élysée. En retour, le président Sarkozy a remercié le président chinois qu’il avait rencontré en janvier 2004 à Pékin et lui a affirmé : « La France ne reconnaît qu’une seule Chine ». « J’admire la Chine et je veux avoir avec les dirigeants chinois un contact confiant, régulier et amical », a dit le président français à son homologue chinois. Le bien-être et les droits de la personne étaient évidemment absents de cette conversation bilatérale.

Quelle attitude adoptera le transfuge Bernard Kouchner, co-fondateur de Médecins sans frontières puis de Médecins du monde, face aux violations et aux atteintes des droits de la personne en Chine ? Il est révélateur de lire la mise au point de Médecins sans frontières sur ses relations avec Bernard Kouchner : « Depuis près de 30 ans, Médecins sans frontières et M. Kouchner se sont opposés sur leur vision de l’action humanitaire : M. Kouchner est favorable à un humanitaire d’État qui trouve notamment sa traduction dans le « droit d’ingérence humanitaire » ; au contraire, Médecins sans frontières défend et met en œuvre une action humanitaire impartiale et indépendante de tout pouvoir politique, économique et religieux ».

Le président américain George W. Bush, lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche a, la semaine dernière, qualifié le Dialogue économique stratégique Chine-États-Unis qui vient de se conclure d’ « important », soulignant que des progrès avaient été réalisés. Le président Bush a rencontré le vice-Premier ministre chinois Mme Wu Yi au bureau oval de la Maison Blanche. Durant ces négociations de deux jours à huis-clos à Washington, de hauts officiels économiques des deux pays dont de nombreux ministres ont discuté de sujets allant des services aux investissements en passant par la transparence, l’énergie, l’environnement, la balance des paiements et l’innovation. Le président américain a indiqué que, lors de ses discussions avec Mme Wu, il avait également abordé les questions de la protection des droits de propriété intellectuelle et des importations de viande de bœuf américaine en Chine. M. Bush a aussi salué les progrès effectués lors des discussions dans le domaine du développement du trafic aérien entre les deux pays.

Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, affirme qu’il continuera de défendre les droits de la personne en Chine, en dépit des avertissements d’un fonctionnaire chinois à l’effet que cela pourrait affecter les relations commerciales du Canada avec ce pays. Le premier ministre a affirmé qu’il serait irresponsable de faire des concessions à ce niveau simplement dans l’espoir de vendre davantage de biens en Chine, et que le gouvernement se devait de continuer de défendre les intérêts des citoyens canadiens lorsque cela s’avère nécessaire. Quelle sera l’attitude du Canada en 2008 sur sa participation aux Jeux olympiques de Pékin ?

Le bien-être et les droits de la personne étaient évidemment absents de ces rencontres bilatérales.

Non au Darfour, non aux atteintes aux droits humains en Chine !

Il se trouve que deux avocats ont pris le parti de dénoncer les abus faits au peuple chinois, lui-même. Non au Darfour, non aux atteintes aux droits humains en Chine ! Deux avocats canadiens David Matas, spécialiste des droits de l’homme, et David Kilgour, ex-secrétaire d’État canadien pour la région Asie-Pacifique et membre du Parlement 1979-2006, ont adressé une lettre ouverte au président du Comité international olympique, Jacques Rogge : « Le but des Jeux olympiques est de placer le sport partout au service du développement harmonieux de l’homme, en vue d’encourager l’établissement d’une société pacifique soucieuse de la préservation de la dignité humaine. […] Quelle dignité le gouvernement chinois a-t-il accordée au peuple de Chine quand on voit que les violations contre des innocents se poursuivent, même après l’obtention des Jeux? Aujourd’hui, les graves violations des droits de l’homme se produisant en Chine quotidiennement sont ignorées. Nous, David Matas, avocat canadien spécialiste des droits de l’homme, et David Kilgour, ex-membre du Parlement et ex-secrétaire d’État pour l’Asie et le Pacifique au sein du gouvernement canadien, avons publié un rapport d’enquête, lequel déclare, en partie :

« Regrettablement, il confirme nos conclusions précédentes, que le gouvernement de la Chine et ses agences dans de nombreuses régions du pays, en particulier dans les hôpitaux mais aussi dans les centres de détention et les “cours du peuple” ont mis à mort un grand nombre, bien qu’encore inconnu, de prisonniers de conscience du Falun Gong, et ce, depuis 1999. Leurs organes vitaux, y compris le cœur, les reins, le foie et les cornées ont été pratiquement et simultanément saisis contre leur volonté pour être vendus à prix fort, parfois à des étrangers qui normalement doivent attendre longtemps pour des dons bénévoles de tels organes dans leurs propres pays ».

« Nous déplorons également, écrivent les deux auteurs, l’incarcération et la réduction au silence de l’avocat des droits de l’homme en Chine, Me Gao Zhisheng, à qui, sur les ordres du gouvernement chinois, on a interdit de s’adresser aux médias jusqu’à la fin des Jeux olympiques de 2008 ».

« La peur engendre la méfiance, elle anéantit notre appartenance commune à l’humanité, écrit Irene Khan, la secrétaire générale d’Amnesty. Lorsque nous considérons les autres comme une menace lorsque nous sommes prêts à compromettre leurs droits pour garantir notre sécurité, personne n’est gagnant ».

Amnesty International constate pour sa part que de nombreuses réformes sont bloquées : « Le CIO ne saurait accepter des JO gâchés par des atteintes aux droits humains, qu’il s’agisse de familles expulsées de force de leurs domiciles pour céder la place à des arènes sportives, ou du nombre croissant de militants pacifiques assignés à résidence pour les empêcher d’attirer l’attention sur la question des droits humains ». « Si les autorités chinoises et le CIO veulent réellement que ces jeux laissent un héritage durable à la Chine, ils doivent s’inquiéter de voir ces jeux utilisés comme prétexte pour renforcer et prolonger des formes de détention que la Chine prévoit de réformer depuis de nombreuses années ».

Comment les athlètes du monde entier pourront-ils célébrer dans un pays qui bafoue les droits humains et qui réduit sa population au silence ?

 

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Comme l’écrivait Jacques Attali, dans son livre La voie humain : « la démocratie en Occident n’est plus, pour beaucoup, la grande affaire pour laquelle tant de générations se sont battues ».

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3 responses

28 05 2007
Yves

Il est important de parler de ces choses car contrairement à ce que l’on pense, le bafouement des droits des personnes dans un pays fait en sorte que les néo-libéralistes et autres apôtres de la mondialisation profitent de ces situations pour faire baisser même dans les pays occidentaux les droits sociaux et du travail des classes moyennes et populaires

Bravo

28 05 2007
pierrechantelois

Bonjour Yves

Merci pour ce commentaire qui incite l’auteur à poursuivre sa quête.

Pierre R.

31 05 2007
Charles Liu

The Falun Gong propaganda David Kilgour’s promoting has been discredited by multiple undercover investigations.

US government and Chinese dissident investigations:

1) http://www.usembassy.it/pdf/other/RL33437.pdf (section CRS-7)

http://usinfo.state.gov/xarchives/display.html?p=washfile-english&y=2006&m=April&x=20060416141157uhyggep0.5443231&t=livefeeds/wf-latest.html

2) http://www.zonaeuropa.com/20060806_1.htm

http://www.cicus.org/news/newsdetail.php?id=6492

3) http://crc.gov.my/clinicalTrial/documents/Proposal/TCM_Stroke%20TrialProtocol%20synopsis.pdf (page 3)

As you can see, the hospital Falun Gong accused is partly owned by a Malaysian health care company and is subject to oversight beyond Chinese authority.

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