Angélica est libre.

31 07 2007

Une grande joie traverse ma pensée qui va tout droit à Angélica, 11 ans, et à sa maman. Toutes deux sont libres :  » Le tribunal de première instance de Bruxelles a ordonné ce lundi après-midi qu’Angelica et Ana Cajamarca, qui devaient être expulsées ce soir vers l’Equateur, soient libérées immédiatement sous peine d’astreintes « .

La justice belge a estimé que la détention d’Angelica en centre fermé avait violé la Convention européenne des Droits de l’Homme. Evoquant des « plaies » et des « douleurs », l’avocate d’Angelica, Selma Ben Khalifa, assure que des violences ont été exercées durant cette détention sur Angelica et sa mère.

Toutefois, cette demande de libération immédiate ne signifie pas qu’Angelica et Ana Cajamarca pourront demeurer en Belgique. En effet, l’Office belge des étrangers compte faire appel de la décision du tribunal, car rappelle-t-il, « l’ordonnance ne change rien à la situation irrégulière » d’Ana et Angelica.

Pendant que nous sommes parmi les hommes, pratiquons l’humanité.

(Sénèque)

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Referme ton Coran. Pense et regarde librement le ciel et la terre (Omar Khayyâm).

30 07 2007

Brigitte Brault, correspondante de RFI en Afghanistan, écrit, relativement à l’enlèvement des 22 Sud-Coréens que le temps n’est pas à la tolérance en Afghanistan, ni pour le droit des femmes, ni pour la liberté de pensée religieuse. Les 22 Sud-Coréens en sont les victimes. Pour la plupart des Afghans il est intolérable de penser que des chrétiens sont venus parler de leur religion dans un pays musulman.

Les Sud-Coréens étaient toutes et tous des membres de l’Église presbytérienne Saem-Mul. Ils sont pour la plupart âgés entre 20 et 35 ans. Ils ont été enlevés le 19 juillet alors qu’ils circulaient à bord d’un autocar privé sur l’axe Kaboul-Kandahar (sud), dans des zones sous contrôle des insurgés. Le président Hamid Karzai a critiqué cet enlèvement qu’il a jugé contraire à la culture afghane et musulmane. « Cela apportera la honte sur la dignité du peuple afghan ».

Selon un porte-parole à Ghazni, qui dit représenter les taliban, Shari Hanaf, dix-sept sud-coréennes sur les 22 sont malades et pourront avoir accès aux médicaments transmis par des anciens. Au départ, ils étaient 23. Bae Hyung-kyu, un pasteur de 42 ans, a été retrouvé, mercredi 25 juillet, dans le désert, près de Qarabagh, criblé de balles. « Nous avons tué un Sud-coréen parce que le gouvernement (afghan) n`est pas honnête dans ses négociations ». Un avertissement des taliban : « Nous demandons au gouvernement de la Corée du Sud, à son Parlement et à son peuple de faire pression sur le gouvernement afghan pour qu’il accepte nos demandes ou nous allons tuer d’autres otages », a déclaré leur porte-parole, Qari Yousef Ahmadi.

Les ravisseurs exigent la libération de huit militants détenus dans les geôles afghanes dont les noms ont été transmis à Kaboul. Ils ne réclameraient aucune rançon, contrairement à ce qu’ont affirmé des responsables afghans. Le gouvernement sud-coréen a délégué, à Kaboul Baek Jong-Chun, représentant de la présidence pour la sécurité et la diplomatie.

Il faut ajouter aux 22 Sud-Coréens, actuellement prisonniers des taliban, deux ingénieurs allemands et quatre de ses collègues afghans, enlevés le 18 juillet dans la province de Wardak (100 km au sud de Kaboul), pour lesquels ils exigent aussi un échange de prisonniers : « Pour leur libération, nous voulons que le gouvernement (afghan) relâche dix prisonniers talibans, ou nous allons les tuer ». Le corps d’un des Allemands a été découvert et présentait des blessures par balles, mais les causes de la mort ne sont toujours pas officiellement connues.

Dans un communiqué officiel, émis dimanche, le président afghan Hamid Karzaï a souligné que son gouvernement n’épargnerait aucun effort pour obtenir la libération des 22 otages Sud-Coréens. Le communiqué ne dit pas si les efforts du président viseront également la libération de l’ingénieur allemand et de ses collègues afghans. La publication de ce communiqué coïncide avec la rencontre du président afghan et Baek Jong-chun, émissaire du président sud-coréen Roh Moo-hyun.

Les taliban semblent peu préoccupés par l’avis du Conseil rassemblant les principaux responsables religieux du pays selon lequel le prophète Mahomet, fondateur de l’Islam, enseignait que personne n’avait le droit de tuer des femmes, des enfants ou des anciens. Les autorités afghanes réclament d’abord la libération sans condition des 16 femmes otages avant de négocier. Les taliban ont proposé d’échanger huit Sud-Coréens contre le même nombre des leurs prisonniers avant d’entamer de nouvelles négociations sur le sort des autres otages.

Pour compliquer davantage la situation, les taliban auraient dispersé les otages par petits groupes à différents endroits, selon les autorités afghanes. Le chef de la police de Ghazni, Alishah Ahmadzai, ne prévoyait pas de lancer une opération pour tenter de secourir par la force les otages et « mettre ainsi leur vie en danger ». Le gouverneur de Ghazni, Mirajuddin Pathan, a également déclaré que le gouvernement ne souhaitait pas recourir à la force pour libérer les otages. Pourtant, samedi, Munir Mangal, vice-ministre afghan de l’Intérieur, affirmait à Reuters qu’en cas d’échec du dialogue, les autorités auraient recours à « d’autres moyens », laissant entendre qu’un recours à la force était envisagé.

Pour Qari Mohammad Yousuf, porte-parole des taliban, « d’autres discussions sont inutiles. Nous avons donné au gouvernement une liste de prisonniers taliban qui devraient être relâchés et c’est notre principale revendication ». Le pape Benoit XVI a, à l’occasion, dimanche, de la prière de l’Angelus à Castel Gandolfo, appelé les taliban à « relâcher leurs victimes indemnes ». Youssouf Ahmadi a aussitôt répondu : « Pourquoi le pape ne condamne-t-il pas les pertes infligées aux civils par les troupes étrangères ? Elles bombardent des innocents ».

Que dire de plus. Que faire de plus. Prier, pour ceux qui croient. Réfléchir, pour ceux qui ne croient pas. Méditer, pour ceux qui élèvent leur esprit, sinon leur cœur. Antoine de Saint-Just, (1767-1794) écrivait dans L’esprit de la révolution : « Un peuple est libre quand il ne peut être opprimé ni conquis, égal quand il est souverain, juste quand il est réglé par des lois ».

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Nicolas Sarkozy serait « mécontentement » de la Bulgarie, et l’aurait fait savoir !

29 07 2007

La Libye n’est pas heureuse du geste du président de la Bulgarie de gracier, après huit ans d’internement, les cinq infirmières et le médecin. Cela, nous le savions : « Les détenus devaient être remis dès leur arrivée à un établissement pénitencier et non pas libérés de manière illégale », a déclaré le chef de la diplomatie libyenne, Abdelrahman Chalgham, lors d’une conférence de presse à Tripoli. La libération des six praticiens constitue aux yeux de la Libye une « violation » de l’accord d’extradition liant cette dernière à la Bulgarie qui, selon elle, ne prévoit pas une telle mesure. Pour Sofia, qui rejette ces protestations, il n’existe « aucun obstacle » juridique à la clémence du président.

Idriss Lagha, porte-parole des familles des enfants contaminés, également présent à la conférence de presse, invite le gouvernement libyen à saisir Interpol pour que les six praticiens soient de nouveau arrêtés et à rompre ses relations diplomatiques avec la Bulgarie en raison de ce qu’il qualifie de « mépris du président bulgare à l’égard du droit international et du sang des enfants ».

Cette libération ne cesse de créer des remous. Nicolas Sarkozy, confronté aux questions de la presse, avait affirmé que « ni l’Europe ni la France » n’avaient « versé la moindre contribution financière à la Libye » en échange de la libération des Bulgares. Ses amis libyens le soutiennent à souhait : « le Premier ministre de la Libye répond que les compensations ont été payées par des pays européens, dont la Bulgarie, la Slovaquie et la République tchèque, ainsi que par le Qatar dont la « médiation » avait été saluée par la Libye, la France et la Commission européenne. Paris a promis d’équiper l’hôpital de Benghazi et de fournir du personnel qualifié pendant cinq ans. La France formera une cinquantaine de médecins libyens ». Bref, pour la Libye, c’est bien l’Union européenne et la France qui ont couvert les sommes versées aux familles par le Fonds Benghazi.

Le Monde précise que : « le Fonds international Benghazi a accordé un million de dollars aux familles de chacun des enfants contaminés dans le cadre d’un accord aux termes duquel elles ont accepté que la peine de mort à laquelle cinq infirmières et un médecin bulgares avaient été condamnés soit commuée en détention à perpétuité. L’argent a été dégagé grâce à un prêt libyen de 460 millions de dollars, remboursable lorsque les fonds des donateurs seront disponibles. Le fonds financera aussi le traitement médical des enfants et des améliorations du système de santé libyen ».

Alexandre Buccianti, de Radio-France Internationale, rappelle que : « cette conférence de presse, destinée à dénoncer la Bulgarie, est aussi une manière, pour la Libye, de répondre au Front national du salut libyen qui, de son exil, accuse le régime de Tripoli d’avoir manipulé et menti aux familles des victimes en prétendant avoir reçu des dédommagements ». Voilà pourquoi le Premier ministre insiste tellement sur le fait que « Tripoli n’avait pas déboursé un dinar dans le dédommagement des familles des enfants victimes du virus du sida ».

La question nucléaire a également refait surface et provoqué beaucoup de remous.

La Libye est-elle un partenaire réconcilié, comme le laisse entendre le président de la France ?

Là où se corse davantage cette saga de la libération des praticiens bulgares, c’est lorsque le Premier ministre libyen affirme, le plus sérieusement du monde, que : « le président français Nicolas Sarkozy, qui s’est beaucoup impliqué avec son épouse Cécilia dans le dénouement de cette affaire, a lui aussi exprimé son « mécontentement » face à la méthode avec laquelle ont été libérés les six praticiens ».

Il faudra bien que le président de la France confirme ou infirme cette révélation très embarrassante de la Libye. Si cela est avéré, toute la démarche entreprise par la France pour libérer les soignants bulgares et tous les élans de sincérité qu’a bien voulu laissé entendre le président Sarkozy, ne seraient que pure manœuvre tactique pour ouvrir un territoire de négociations commerciales et devancer ainsi les autres pays d’Europe, avides du pétrole de la Libye. Où iront les intérêts de la France dans ce litige ? Vers la Bulgarie ou vers la Libye ?

Cette révélation supposerait également que madame Cecilia Sarkozy s’est prêtée à des opérations diplomatiques qui n’avaient d’humanitaires que ce que voulait bien en dire le président de la République. Interrogé sur le rôle concret joué par son épouse Cécilia et l’éventuelle mise en œuvre d’une nouvelle forme de diplomatie, le président avait répondu que, peu importait les personnes impliquées, « ces infirmières, elles étaient Françaises (…) il fallait les faire sortir, on les a fait sortir ».

De Sofia, Arnaud De La Grange, du Figaro, précisait que : « Au début de l’affaire, les autorités bulgares ont été critiquées pour leur mollesse et leur inefficacité. Il y a deux jours encore, la fille de l’infirmière Valia Tcherveniachka demandait que les dirigeants bulgares répondent devant la justice de leur « inaction ». En comparaison, l’activisme de la France faisait en Bulgarie l’unanimité. « On avait été aussi étonnés qu’heureux d’apprendre que Nicolas Sarkozy avait parlé des infirmières dès le soir de son élection, confie une commerçante, Jana Kotcheva. On est bluffés de voir aujourd’hui que ce n’était pas seulement des mots. » Nicolas et Cécilia Sarkozy, ainsi que Benita Ferrero-Waldner ont été faits citoyens d’honneur de Sofia ».

La question est donc d’actualité :

  • le président Sarkozy partage-t-il l’avis du président Gueorgui Parvanov qui déclarait, selon Le Figaro : « Les tribunaux libyens n’ont pas tenu compte des preuves indiscutables, scientifiques et juridiques, de l’innocence des praticiens » ?
  • le président Sarkozy a-t-il notifié à Sofia son « mécontentement » pour la décision du président bulgare Gueorgui Parvanov de gracier, dès leur arrivée en sol bulgare, les praticiens détenus en Libye ?
  • le président Sarkozy considère-t-il que les praticiens bulgares doivent encore faire l’objet, après tant d’années de souffrance, d’un mandat d’arrêt international déposé auprès d’Interpol ?

 

Comme l’indiquait Arnaud De La Grange, du Figaro : « C’est dommage que nous n’ayons pas entendu Cécilia Sarkozy, mais on nous a expliqué que le protocole autorisait seul le secrétaire général de l’Élysée à parler », commentait un journaliste bulgare. Le secrétaire général de l’Élysée, Claude Guéant, qui a fait les deux voyages de Tripoli avec Cécilia Sarkozy, a résumé l’aventure libyenne par un « mission accomplie ».

Mission qui suscite encore certaines interrogations. Beaucoup de déclarations ont été faites à Tripoli, engageant directement la responsabilité de la France. Mais qui parlera au nom de la France pour rétablir les faits ?

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À lire impérativement, l’analyse de Gilles Paris, dans le quotidien Le Monde

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Belgique : dix enfants en attente d’expulsion !

28 07 2007

Je suis incapable de prendre congé ce week-end. Colère et chagrin feront de ce congé hebdomadaire un week-end noir. Il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine… mais pour l’univers, je n’ai pas de certitude absolue. Albert Einstein.

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Un rédacteur d’Agoravox a souligné vendredi le cas d’Angelica Cardina Loyan CAJAMARCA, 11 ans, menacée d’expulsion avec sa mère, madame Anna Elisabeth CAJAMARCA Arigoso. Je ne pouvais croire qu’une pareille situation d’immigration se répèterait en Belgique. Car c’est bien en Belgique que cela se passe ! Je dis bien : « se répéterait » car nous avons vécu, au Canada, une situation similaire.

Oumou Toure, 24 ans, avait reçu un avis d’expulsion du gouvernement du Canada. Retour obligatoire vers la Guinée pour cette jeune mère. La Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada avait refusé sa demande d’asile. Oumou Toure a donné naissance à une jeune fille, maintenant âgée de deux ans et demi. Comme un malheur ne vient jamais seul, Oumou Toure était hantée à l’idée de devoir laisser sa jeune fille ici, au Québec, et de retourner seule en Guinée. Sa fille est née au Canada. Elle est donc citoyenne canadienne. L’enfant aurait pu faire face à la mutilation génitale si elle avait été envoyée dans ce pays d’Afrique. Mme Toure, elle-même victime de cette pratique, se désolait et envisageait même l’abandon de sa fille du fait qu’elle ne pourrait pas la protéger de cette odieuse mutilation. Immigration Canada, devant la levée de boucliers, a donné asile à la mère et à sa fille.

Revenons au cas d’Angelica Cardina Loyan CAJAMARCA, 11 ans, et de sa mère, Anna Elisabeth. Elles sont équatoriennes, habitent depuis bientôt 4 ans en Belgique et n’ont jamais fait de demande de régularisation. Elles n’ont pas d’avocats. Elles vivaient à St Josse où la petite allait à l’école. La maman est militante pour la défense des sans-papiers. Elles sont maintenant enfermées depuis le 30 juin dernier au centre 127 bis à Steenokkerzeel, lieu où sont incarcérés des immigrés clandestins en attente d’expulsion. Angelica et sa mère attendent depuis le 30 juin 2007 d’être expulsées. Selon RTL, Angelica décrit ses conditions de détention dans le centre fermé soulignant qu’ «on ne sort qu’une minute par jour. Sinon, on ne fait que manger, puis dormir. Il y a un professeur qui vient. Mais c’est pour les tout-petits. Il y en a dix ici ». Évoquant son souhait de rester en Belgique, Angelica affirme qu’elle a bien l’intention de reprendre les cours en septembre. « Ma maman avait d’ailleurs décidé à la rentrée de m’inscrire dans une école néerlandophone pour faire de moi une vraie Belge », dit encore la fillette.

L’Office des étrangers a indiqué vendredi, en fin d’après-midi, que les deux Équatoriennes doivent être rapatriées lundi soir, entre 18h00 et 19h00, à bord d’un vol Bruxelles-Quito via Amsterdam.

Le 17 juillet dernier, Rafael Correa, chef de l’État équatorien, s’est rendu en personne au « 127 bis » de Steenokkerzeel. Lui-même ancien étudiant de l’université de Louvain et marié à une Belge, il a rencontré Ana Elizabeth Cajamarca Arizaga, militante pour la défense des sans-papiers, et sa fille Angelica, 11 ans. Ému, il aurait longuement serré la maman et sa fille dans ses bras avant de dénoncer « l’atteinte aux droits de l’homme », que représenterait, selon lui, l’incarcération de l’enfant.

Le quotidien Le Monde rapporte qu’un journaliste du journal Le Soir, ébranlé par l’histoire d’Angélica, aurait déclaré : « Nous avons envie de pleurer aussi. De rage. Et de honte pour un système qui oblige une fillette à passer ses vacances à l’ombre ».

Freddy Roosemont est le patron de l’Office des étrangers de Belgique. L’appel du président équatorien, Rafael Correa, relayé par diverses personnalités belges, dont le délégué général aux droits de l’enfant, n’a pas ému ce fonctionnaire : « Nous ne nous laissons pas influencer par l’avis d’un chef d’État étranger ». Le ministère des affaires étrangères, sollicité par l’ambassadeur d’Équateur, s’est quant à lui déclaré incompétent. Il n’a jamais si bien dit. Pourtant, un juge avait ordonné, il y a une semaine, la libération de la fillette et de sa mère. Le parquet avait fait appel mais le dossier n’a pu être traité par le tribunal compétent. La compétence est encore une fois en cause ici.

Comme le souligne Le Monde : « La détention de mineurs a été à plusieurs reprises jugée illégale, mais une dizaine d’autres enfants qu’Angelica sont pourtant sous les verrous à Steenokkerzeel ».

Le père, également en situation illégale mais laissé libre, a écrit au roi Albert II et au premier ministre Guy Verhofstadt ainsi qu’au leader du parti démocrate-chrétien flamand, Yves Leterme, chargé de former le prochain gouvernement, pour plaider la cause de sa fille. Le Soir a réservé sa Une à un entretien avec la jeune fille, intitulé « Angelica : je veux être une vraie Belge », avec en sous-titre « Je suis triste » sanglote la petite Équatorienne ».

« Les enfants des centres sont frappés de voir leurs parents ne plus être capables d’assumer leur rôle », a déclaré la députée fédérale Ecolo Zoé Genot après s’être rendue au centre 127 bis à Steenokkerzeel. La délégation a rencontré deux autres enfants kosovars. Actuellement, dix enfants seraient enfermés au centre 127bis. L’Université catholique de Louvain-la-Neuve a, à son tour, interpellé le Formateur Yves Leterme. Elle demande au futur gouvernement de ne plus placer des familles avec mineurs dans des centres fermés mais de prévoir des espaces ouverts respectueux des droits humains.

Tout le monde veut la vertu mais personne n’a les pouvoirs de l’acquérir : « Je ne suis pas le ministre de l’Intérieur », a indiqué Yves Leterme, soulignant qu’il y avait un gouvernement en place et insistant sur le respect des institutions et des législations. « Cela m’émeut en tout cas », a conclu Yves Leterme. « On verra pendant les négociations comment répondre à ces drames humains », a-t-il ajouté. Le délégué général aux droits de l’Enfant, Claude Lelièvre, a appelé vendredi le ministre de l’Intérieur à surseoir à l’expulsion d’Ana Cajamarca et de sa fille Angelica : « avant de prendre une mesure d’expulsion, il faut tenir compte du contexte familial d’Angelica, qui a plus d’attaches en Belgique qu’en Équateur. Or, ces conditions ne sont pas connues de l’Office de l’étrangers », a rappelé le délégué général. Il cite le fait qu’Angelica a un oncle et une tante qui vivent légalement en Belgique. Sa mère vit avec un Belge et son père est toujours en Belgique, même s’il est en séjour illégal (RTL).

Geert De Vulder, porte-parole de l’Office des étrangers, le confirme : « Angelica et sa mère seront expulsées lundi soir, entre 18h00 et 19h00, à bord d’un vol Bruxelles-Quito via Amsterdam ». Parole de fonctionnaire !

Dix autres enfants attendent ce châtiment infâme de la Belgique.

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En France, une femme meurt tous les trois jours de violence conjugale

27 07 2007

« Partout dans le monde, des femmes subissent des actes ou des menaces de violence. C’est une épreuve partagée, au-delà des frontières, de la fortune, de la race ou de la culture. A la maison et dans le milieu où elles vivent, en temps de guerre comme en temps de paix, des femmes sont battues, violées, mutilées en toute impunité » (Amnesty International, 2004)

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En France, plus 1.5 million de femmes sont ou ont été victimes de violence conjugale, une femme meurt tous les trois jours de cette violence, selon le centre d’appel national pour les femmes battues, mis en place il y a quatre mois par le gouvernement, et qui traite 80 appels en moyenne par jour. En 2006, 168 personnes (dont 137 femmes) sont décédées en France sous les coups de leur compagnon ou compagne.

Selon Wikipedia, qui cite une étude du ministère de l’intérieur, (Étude nationale sur les décès au sein du couple – bilan des neuf premiers mois de 2006), en France, depuis les années 2000, plusieurs enquêtes nationales ont tenté de dresser un bilan statistique des violences conjugales. Les résultats de ces enquêtes sont terrifiants et ne sont que la partie visible de l’iceberg :

 

  • En France métropolitaine, 1 femme sur dix est victime de violences conjugales [enquête ENVEFF menée sur des femmes de 20 à 59 ans, victimes au cours de l’année 1999] ;

  • En France, en moyenne, une femme meurt tous les trois jours des suites de violences au sein du couple ;

  • En France, en moyenne, 2 enfants meurent chaque jour des suites de violence ;

  • Un homme meurt tous les quatorze jours. Dans plus de la moitié des cas, la femme auteur de l’acte subissait des violences de sa part ;

  • 13% de toutes les morts violentes recensées en France et dans lesquelles l’auteur a été identifié ont eu lieu dans le cadre du couple;

  • 41% des crimes conjugaux sont liés à la séparation (commission par des « ex » ou séparation en cours) ;

  • 23% des auteurs d’homicides se sont suicidés après leur acte (97% d’hommes) ;

  • 10 enfants ont été victimes d’homicide en même temps que l’un de leur parent.

Les écoutantes de « Violence conjugale Info », organisme de la fédération nationale solidarité femmes, ont reçu au total 7.446 appels, soit en moyenne 80 appels par jour, selon les chiffres du ministère du Travail et de la Solidarité.

S’il n’existe aucune étude harmonisée sur les violences conjugales, en Europe, Arte propose toutefois quelques données saisissantes sur la question :

 

  • Dans l’ensemble des pays de l’UE, 1 femme sur 5 au moins subit au cours de sa vie des violences infligées par son mari ou par son compagnon ;

  • En Europe chaque semaine, une femme est tuée par son conjoint (commission européenne pour l’égalité des chances- Conseil de l’Europe- juillet 2002) ;

  • Pour les femmes de 14 à 45 ans, la violence familiale est la première cause de mortalité ;

  • 1 seul cas sur 20 est signalé à la police (Enquête Eurobaromètre – 1999).

Au Canada, sept pour cent (7 %) des Canadiennes et 6 % des Canadiens déclarent avoir été victimes de violence physique et/ou sexuelle infligée par un partenaire actuel ou ancien entre 1999 et 2004. Pour la même période 18 % des femmes et 17 % des hommes ont signalé avoir été victimes de violence psychologique. Selon l’Enquête sociale générale, 44 % des femmes et 19 % des hommes victimes de violence conjugale entre 1999 et 2004 ont été blessés pendant un incident violent. Treize pour cent (13 %) des victimes féminines et 2 % des victimes masculines ont eu besoin de soins médicaux. Parmi les victimes canadiennes de violence conjugale, plus de femmes que d’hommes disent ressentir de la crainte en raison de la violence (30 % contre 5 %), être déprimées et souffrir d’accès d’anxiété (21 % contre 9 %), avoir des troubles de sommeil (15 % contre 4 %), ressentir de la honte et de la culpabilité (12 % contre 3 %) et craindre pour la sécurité de leurs enfants (9 % contre 2 %).

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Il est important d’établir une remarque liminaire à ces résultats. Comme le déclarait brillamment Elizabeth Badinter : « De tous ces chiffres fastidieux mais nécessaires, il ressort qu’on ne devrait pas parler de « violence de genre », mais de « droit du plus fort ». Un seul crime est indiscutablement plus propre aux hommes qu’aux femmes, c’est le viol, aujourd’hui puni en France aussi sévèrement que le meurtre. Reste qu’hommes et femmes, lorsqu’ils sont en position de domination, peuvent déraper dans la violence ».

Selon le ministère de la Justice du Canada, il est difficile d’obtenir une image complète de l’étendue globale de la violence conjugale, car elle reste souvent cachée. La victime peut supporter la violence pendant longtemps avant de solliciter de l’aide. Certaines victimes n’en parlent jamais à personne. La victime peut se montrer réticente – ou incapable – de parler ou de signaler la violence pour plusieurs raisons différentes.

Au Québec, le site Educaloi définit en ces termes la « violence conjugale » : « La violence conjugale se caractérise par une série d’actes répétitifs qui se produisent généralement selon une courbe ascendante appelée escalade de la violence. L’agresseur suit un cycle défini par des phases successives marquées par la montée, la tension, l’agression, la déresponsabilisation, la rémission et la réconciliation. À ces phases correspondent chez la victime la peur, la colère, le sentiment qu’elle est responsable de la violence et, enfin, l’espoir que la situation va s’améliorer. Toutes les phases ne sont pas toujours présentes et ne se succèdent pas toujours dans cet ordre ». […] « La violence conjugale comprend les agressions psychologiques, verbales, physiques et sexuelles ainsi que les actes de domination sur le plan économique. Elle ne résulte pas d’une perte de contrôle mais constitue, au contraire, un moyen choisi pour dominer l’autre personne et affirmer son pouvoir sur elle. Elle peut être vécue dans une relation maritale, extra-maritale ou amoureuse à tous les âges de la vie ».

Le psychologue américain, Michael P. Johnson (2000) différencie deux types de violences conjugales : le « terrorisme conjugal » et la « violence situationnelle ». La violence grave s’effectue dans un « contexte de terrorisme conjugal » et se manifeste par la volonté d’annihiler le conjoint, de toutes les manières, psychologiquement et physiquement. La « violence situationnelle » renvoie pour sa part soit à l’autodéfense de la femme, soit à la violence réciproque, soit à la lutte pour le pouvoir des deux conjoints. Ces distinctions importantes sont reprises dans l’analyse des données statistiques canadiennes et québécoises et dans la formulation des résultats qui en découlent. Nul ne doit ignorer le fait que la violence conjugale n’est pas le seul fait de l’homme. Il arrive aux femmes d’exercer une violence lorsqu’elles sont en position de domination physique ou psychique.

Selon une Enquête sociale générale sur la victimisation [ESG], 1999, du ministère de la Justice du Canada, qui a interrogé presque 26 000 femmes et hommes au Canada sur leur expérience de la violence, y compris leur expérience de la violence et de l’agression psychologique dans leurs mariages actuels ou passés ou dans leur relation de droit commun, les femmes et les hommes vivent des taux similaires de violence et de violence psychologique dans leurs relations. Toutefois, la violence vécue par les femmes tend à être plus sévère – et plus souvent répétée – que la violence dont les hommes font l’objet.

L’Enquête montre que, comparées aux hommes, les femmes ont :

  • six fois plus de chances de signaler avoir été agressées sexuellement;
  • cinq fois plus de chances de signaler avoir été étouffées;
  • cinq fois plus de chances d’avoir besoin de soins médicaux, suite à une agression;
  • trois fois plus de chances de souffrir de blessures physiques suite à une agression;
  • plus de deux fois plus de chances de signaler avoir été battues;
  • presque deux fois plus de chances de signaler avoir été menacées d’une arme ou d’un couteau;
  • beaucoup plus de chances de craindre pour leur vie, ou de craindre pour leurs enfants par suite de l’agression;
  • plus de chances de souffrir de problèmes de sommeil, de dépression et de crises d’anxiété, ou d’avoir une estime de soi diminuée à la suite de l’agression;
  • plus de chances de signaler une victimisation répétée.

Les statistiques récentes montrent qu’il existe un nombre de facteurs qui, seuls ou en combinaison, sont associés à un risque accru de violence. Par exemple, voici certains facteurs de risque pour les femmes et les hommes :

  • être jeune;
  • vivre dans une union de fait;
  • avoir un partenaire qui boit beaucoup périodiquement;
  • violence psychologique dans la relation (moyen important de prédiction de violence physique);
  • séparation conjugale (le risque d’être tuée est plus grand pour la femme après la séparation).

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Il est de plus en plus admis que la vulnérabilité d’une personne à la violence peut être exacerbée par des facteurs comme le déplacement, la colonisation, le racisme, l’homophobie, l’infirmité, la pauvreté et l’isolement. Les femmes autochtones par exemple ont plus de chances de signaler avoir été agressées sexuellement par le conjoint. L’absence d’accès aux services et soutien communautaires, et au système de justice pénale, peuvent augmenter la vulnérabilité d’une personne à la violence – ou combiner les effets de la violence.

Étudier la violence conjugale parmi les populations immigrantes est plus complexe. Le Canada n’est pas insensible à cette question. Comme le note le Conseil canadien de développement social : « La violence conjugale existe dans toutes les sociétés et cultures. Répondre à ce problème, qui affecte les communautés immigrantes et des minorités visibles, c’est aussi reconnaître qu’elles représentent un segment croissant de la population canadienne. […] Au Canada, près d’une femme sur trois est victime de violence à son propre domicile. Selon une enquête de Statistique Canada en 1999, les taux victimisation parmi les femmes immigrantes et des minorités visibles étaient un peu plus bas que les taux pour les autres femmes (10,5% des femmes immigrantes et des minorités visibles étaient victimes de violence émotionnelle ou financière, par rapport à 14% des autres femmes; 4,2% indiquaient une violence physique ou sexuelle, par rapport à 6,2% des autres femmes). Cependant, l’étude fait remarquer, qu’étant donné que l’enquête n’a été menée exclusivement qu’en anglais ou en français, elle n’était pas représentative des femmes qui ne parlaient couramment aucune de ces langues officielles ».

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Elizabeth Badinter (déjà citée) en venait à la conclusion suivante : « … On devrait s’interroger sur notre incapacité de plus en plus grande à supporter les frustrations et à maîtriser notre agressivité. C’est notre éducation qui est en cause, et non nos principes. C’est elle qu’il faut changer. Depuis une trentaine d’années, l’épanouissement individuel et la satisfaction de nos désirs ont pris le pas sur le respect de l’autre et de la loi commune. Cela concerne tant les hommes que les femmes et n’a rien à voir avec ce qui se passe dans d’autres régions du monde où, à l’opposé, la loi est un carcan et où l’épanouissement individuel n’a tout simplement pas de sens. En vérité, nos sociétés ont autant besoin de réapprendre la notion de devoir que les autres, de réclamer leurs droits. En voulant à tout prix confondre les deux contextes, on se condamne non seulement à l’impuissance, mais aussi à l’injustice ».

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