Les 100 jours de Sarkozy : « la France est sous hypnose »

24 08 2007

Nicolas Sarkozy fait tout pour plaire. Il démontre une obsession de l’ubiquité. Il semble éprouver un intérêt pour les faits divers. Un grand intérêt même. La question toutefois reste importante : le peuple attend-t-il de son président qu’il soit présent dans tous les faits divers de l’actualité française et, s’il en était capable, de l’actualité européenne ?

Comme l’indique Ghislaine Ottenheimer, (Challenges), le président reçoit les dirigeants syndicaux, cajole les chefs de l’opposition, consulte les représentants des associations, visite des usines, inspecte des écoles, inaugure des tramways, reçoit les parents des victimes. Il bouge tout le temps. S’exprime sur tout. On dirait qu’il n’y a pas un Nicolas Sarkozy, mais cinq, dix… Les Français sont médusés. A force d’injonctions verbales, de gestes symboliques, de transgressions politiques, Nicolas Sarkozy a su capter leur attention et leur suggérer, que voilà, ça y est, la France était en train de changer, qu’elle allait bientôt aller mieux, qu’elle avait à nouveau un avenir.

Il ouvre une plage de son horaire au père et au grand-père d’Enis, ce petit garçon kidnappé par un pédophile récidiviste. Le président s’est pourfendu, à cette occasion, dans une déclaration qui a laissé plus d’un pantois. Dans la même semaine, il se rend dans le Finistère aux obsèques du marin-pêcheur, Bernard Jobard, décédé par suite d’une collision de son bateau avec un cargo battant pavillon des îles Kiribati. M. Sarkozy a également rencontré la famille du journaliste franco-canadien, Guy-André Kieffer, disparu en Côte d’Ivoire en 2004 et que la famille n’hésite pas à qualifier d’affaire d’État.

Chouaib Lusikama, victime de propos racistes de la part de son professeur de mathématiques, vient d’être reçu par le président. Pendant des mois, Chouaib Lusikama a subi jour après jour des remarques racistes de la part de son professeur de mathématiques. Il se voyait ainsi traité devant toute la classe de « Bamboula » et autres sobriquets. L’enseignant a été condamné à un mois de prison avec sursis par le tribunal d’Épinal. Nicolas Sarkozy aurait expliqué au père et à Chouaib qu’il est président de tous les Français et de la République et que ces propos ou discriminations ne doivent jamais exister dans la République.

Patrick Vieira, capitaine de l’équipe de France de football, a également eu le privilège d’être reçu à l’Élysée. Il compte sur le soutien de Nicolas Sarkozy pour développer un projet éducatif en Afrique. Patrick Vieira était accompagné de deux ex-footballeurs, Bernard Lama (ancien gardien de but notamment du Paris SG), et Jimmy Adjovi Boco, franco-béninois et ancien défenseur de Lens. Le capitaine de l’équipe de France a affirmé que la France apporterait « un soutien financier » au projet. De quel ordre ? « On n’en est pas encore là », a-t-il répondu.

Vendredi, M. Sarkozy se rend au Pays basque et à Arcachon (Gironde) pour un déplacement sur les thèmes de la lutte antiterroriste, de la pêche et du tourisme. Et « l’hyperprésident » a bien intention de poursuivre au même rythme la semaine prochaine et les suivantes. « Je confirme que la rentrée sera animée, et au-delà des 100 prochains jours », a déclaré le porte-parole de l’Élysée, David Martinon.

Comme le rapportent Les Échos, en Europe, les faits et gestes du président français ne passent pas inaperçus. « Sarkozy va obliger les pédophiles à choisir : la castration ou la prison à vie », titre le quotidien espagnol « El Mundo » (droite) après l’annonce des mesures sur le suivi des délinquants sexuels. Un peu plus nuancé, « El Pais » (gauche) retient que l’objectif de Nicolas Sarkozy est « d’isoler » les pédophiles et de durcir les peines pour les récidivistes. L’Italie aussi suit ce débat. Le « Corriere della Sera » donne la parole à l’ancien ministre des Réformes institutionnelles, Roberto Calderoli. Ce dirigeant de la Ligue du Nord (extrême droite) « jubile » devant la réponse « sérieuse et concrète » de Nicolas Sarkozy et rappelle qu’il fut attaqué « comme un criminel » lorsqu’il avait proposé, il y a trois ans, « la castration chimique » pour les pédophiles.

« Il Sole 24 Ore » préfère, selon Les Échos, approfondir un autre sujet qui a tenu en haleine les gazettes cet été. Il dresse le portrait très complet de « l’ami italien » de Nicolas Sarkozy, ou plutôt de « l’ami italo-américain » du président français. Car, précise le journal, Roberto Agostinelli, qui vient d’accueillir la famille Sarkozy dans une propriété de rêve du New Hampshire, louée 44.000 dollars, est à cheval entre les deux pays. Républicain affiché, Roberto Agostinelli soutient dans la course à la Maison-Blanche Rudolph Giuliani. Si l’ancien maire républicain de New York devient président des États-Unis, conclut « Il Sole », « Agostinelli espère pouvoir établir un fil direct entre l’Élysée et la Maison-Blanche ».

Ghislaine Ottenheimer, (Challenges), constate que la « France est sous hypnose ». Avec 65% d’opinion favorables dans le sondage LH2 paru le 22 août dans Libération, Nicolas Sarkozy résiste à tout. Au temps, au style, aux polémiques, aux attaques. Rien n’y fait. Ni les indignations sur le comportement de son épouse, ni les interrogations sur les contrats d’armement en Libye, ni les critiques sur ses vacances payées par des amis milliardaires, ni l’annonce d’une franchise médicale, ni la croissance menacée, ni les nuages qui pointent à l’horizon sur fond de crise financière : rien n’a entamé la bonne opinion qu’ont les Français de leur nouveau président.

Ghislaine Ottenheimer avance deux explications à cette situation. La première explication est politicienne : en pratiquant l’ouverture, Nicolas Sarkozy obtient un relativement bon score chez les sympathisants de gauche. Ils sont 43% à lui faire confiance! La deuxième est plus psychologique. Les Français ont le sentiment qu’il y a enfin un pilote dans l’avion. Le nouveau président de la République se donne bien du mal pour obtenir des résultats. Il légifère, réagit, bouscule. Il n’hésite même pas à s’attribuer certaines réussites : mini-traité européen et la libération des infirmières bulgares.

Une surprise de taille vient de bousculer la stratégie de Nicolas Sarkozy. Moscou joue les mauvais garnements, cette fois-ci au détriment du président français. Le ministère des Finances russe a annoncé qu’Alexeï Mojine, représentant de la Russie au conseil d’administration du FMI, désirait voir le Tchèque Josef Tosovsky en devenir le prochain directeur. La belle unanimité autour de Strauss-Kahn s’effondre. Prague n’appuie pas le Tchèque Josef Tosovsky mais se tourne vers le candidat de la France. La rapidité avec laquelle le nouveau président français, Nicolas Sarkozy, a imposé la candidature de M. Strauss-Kahn lui assurait une longueur d’avance est venu brouiller les cartes (Vremia Novostieï ). Le Galloping President indispose plus qu’il ne dispose, dans ce cas-ci.

Il semblerait, selon le Courrier International, que Berlin n’apprécie pas certaines des initiatives politiques du président français, en particulier la tournure protectionniste de sa politique industrielle. La chancelière allemande s’est donc déplacée à Londres le 22 août. Son objectif : renforcer ses liens personnels et politiques avec son homologue britannique afin de sortir du face-à-face avec le président français, explique le Financial Times.

Marcel Gauchet, philosophe, est présenté, par l’Express, comme un des analystes les plus pertinents de la vie politique. Le philosophe constate que la fonction classique d’analyse, de mise en forme des différentes options du débat disparaît. Les hommes politiques dépendent de plus en plus des médias, puisqu’ils n’ont que ce relais pour s’adresser aux populations, à la suite de l’effondrement des partis. Par conséquent, ils se sont calqués sur les mœurs des médias, dont ils ont désormais une science exacte. Du coup, les médias ne peuvent qu’accompagner des candidats aussi parfaits dans leurs opérations de marketing. Et la boucle est bouclée.

La France populaire ne peut se contenter de sourire à ces pirouettes médiatiques. Des questions plus graves l’attendent. Certains indicateurs économiques fléchissent : croissance molle, commerce extérieur déficitaire. Des économistes s’impatientent : il est nécessaire de mener des réformes structurelles, avant de prendre des mesures pour améliorer le pouvoir d’achat, comme le fait M. Sarkozy. Les Français et Françaises ont-ils bien perçu le message du Premier ministre qui a indiqué que des « réformes structurelles » pour « améliorer la compétitivité » de l’économie française seraient amorcées à la rentrée ? Il annonce par exemple une réforme radicale du crédit d’impôt recherche pour que 100% des dépenses de recherche soient prises en compte, mesure qui s’ajoute à quelques autres : franchises de santé, fusion ANPE-Unedic, réforme des retraites, autant de chantiers « désormais en phase active », selon le chef du gouvernement. Il est compréhensible que le président veuille éviter une rentrée sociale chaude. Les mauvaises nouvelles économiques sont un motif suffisant pour qu’un débat sur les orientations du gouvernement Fillion soit tenu à l’Assemblée nationale et que le peuple soit consulté. Les observateurs politiques surveilleront très certainement de près les mesures qui seront proposées par la commission Attali sur les freins à la croissance en France. En général, les commissions à caractère économique proposent souvent des mesures qui prennent l’allure d’électrochocs heurtant de plein fouet le peuple.

D’autre part, la confirmation par le ministre de l’Éducation nationale, Xavier Darcos, que quelque 11.200 fonctionnaires de l’Éducation nationale partant à la retraite ne seront pas remplacés, en 2008, (le chiffre de 11.200 suppressions de postes se répartit entre le public (9.800) et le privé (1.400)), provoque déjà l’émoi des syndicats. « La suppression d’emplois dans la fonction publique sans qu’il y ait de débat sur les objectifs, les missions de la fonction publique, ne me semble pas la bonne méthode », a déclaré le secrétaire général de la CFDT. « Personne ne peut raisonnablement défendre qu’une telle ponction ne peut être sans conséquence sur l’offre de formation », indique le Snes.

Une telle réduction des ressources pédagogiques aura-t-elle un impact sur l’enseignement ? Un rapport du Haut conseil de l’Education (HCE) montrerait qu’environ 15% des élèves du primaire ont de grandes difficultés dans l’apprentissage des fondamentaux, dont la lecture. Créé par la loi Fillon sur l’Ecole, le HCE, composé de neuf membres de toutes tendances, rend des avis et un rapport annuel. « La vérité, c’est que pour 60% des élèves, ça se passe très bien, pour 15% très mal et, entre les deux, il en reste 25%, une population intermédiaire qui n’est pas en situation de faire des études au collège dans de bonnes conditions », a expliqué une source anonyme à l’AFP. Qui débattra de ces questions sinon les parlementaires ? La population jugera peut-être un jour que ces problématiques nationales ne sont plus des faits divers.

Nicolas Sarkozy souffle le chaud et le froid. Il rassure et inquiète. Depuis son élection, les sondages montrent une forte progression de l’optimisme chez les chefs d’entreprises, un regain d’espoir chez les salariés, surtout chez les jeunes, mais aussi une forte inquiétude. L’Union syndicale des magistrats (USM) est sans appel. Le syndicat n’apprécie pas les mesures annoncées par le président de la République. « Comme à chaque fois, on légifère sous le coup de l’émotion et on fait des mauvaises lois », a ainsi déclaré son porte-parole, avant d’ajouter : « Il n’y a rien de nouveau dans les mesures qui sont annoncées. Soit on re-réforme des choses qui ont été modifiées au cours des deux dernières années, soit on réinvente des choses qui existent déjà ».

La majorité présidentielle à l’Assemblée nationale ne semble pas inquiète et ne voit aucune dérive dans les récentes déclarations du président Sarkozy. Au contraire. « Le président de la République a réaffirmé, comme il le fait depuis septembre 2005 et sans avoir peur des mots, qu’un délinquant sexuel ne doit sortir de prison sans avoir été soigné, qu’il le veuille ou non », ont ainsi souligné les porte-parole de l’UMP, Nadine Morano et Yves Jego. Sauf que ces porte-paroles n’indiquent pas à quel moment le délinquant sexuel doit être traité : pendant son séjour en prison ou au moment de sa libération. L’ancien ministre de la Justice, Pascal Clément, est plus sceptique : « La question posée par la proposition du président, c’est de savoir si l’on peut distinguer le criminel sexuel des autres », a expliqué Pascal Clément. Et de conclure : « Je souhaite bien du courage à la Chancellerie pour la mise en place juridique des solutions. Ce n’est pas fait ! »

Patrick Devedjian déclarait, dans une entrevue au Figaro, que le style et l’action de Nicolas Sarkozy contribuent beaucoup, c’est vrai, à moderniser nos institutions et à les rendre plus simples et plus transparentes. « Il fait descendre l’État de son piédestal et le rapproche des préoccupations des citoyens ». C’est la fin d’une exception française, qui était d’ailleurs une hypocrisie, selon laquelle le président élu ne gouvernerait pas. Le porteur de la légitimité est celui qui décide. Selon monsieur Devedjian, le président a le droit d’avoir des amis qui l’invitent, et même des amis riches.

A ce rythme, il est possible qu’un jour, fatigué de telles extravagances et des galipettes quotidiennes, le peuple invite le président à descendre de son piedestal et à rendre compte de sa gestion. Plus brutalement et plus rapidement que monsieur Devedjian ne le croit.

Il faut voir, sur une échelle restreinte, comment réagissent les lecteurs du quotidien Le Monde sur les 100 jours de Nicolas Sarkozy. On peut y lire quelques vérités intéressantes dont celle-ci : « Trop de “show” à l’américaine pour chaque mouvement de ce président. Plus de modestie siérait aux finances de l’état ! »

 

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10 responses

24 08 2007
filaplomb

Je note au passage que notre Néo-Président a oublié en route de recevoir les parents du petit Ivan tombé du balcon pendant que la police tentait de fracturer sa porte.
Sûr qu’il va bientôt rectifier ça ! :-)))

24 08 2007
pierrechantelois

Filaplomb

Remarque très pertinente.

Pierre R. Chantelois

24 08 2007
Françoise

Pierre,

La France ne sourit pas. Elle n’est pas sous hypnose. Nous ne sommes pas « sous le charme ». Je pense que nous sommes au moins 47% de Français (ceux qui n’ont pas voté pour Mr Sarkozy) à ne pas apprécier, pas du tout. Et ces 47% n’englobent pas les Français qui se sont abstenus et ceux qui ont voté blanc. 53% de votes ne signifient pas 53% des Français.

De plus il ne faut pas faire confiance aux sondages, vous le savez. Ils peuvent être manipulés, n’est-ce pas ?

Mr Sarkosy en fait trop, et il le fait de mauvaise manière. Je suis accablée par l’image que nous donnons. Il insupporte de plus en plus à l’étranger (sauf aux États-Unis semblent-il, et ce n’est pas pour rassurer).

Nous allons vivre des moments difficiles à n’en pas douter. Parce que la politique mise en œuvre dans tous les domaines se fait au détriment de la majorité des Français. Je ne crois pas que nous le supporterons longtemps sans réaction.

24 08 2007
pierrechantelois

Françoise

Les 100 derniers jours, assez mouvementés du président, permettent de définir les contours de ce que sera le style de l’homme dans les prochains mois à venir. Il est également possible de dessiner la manière et l’approche qu’entend privilégier le président dans son rôle.

Un élément qui sera intéressant d’observer est la relation qui s’établira entre l’Élysée et les journalistes. Il sera instructif de voir évoluer la presse autour de la présidence. L’Élysée pourra-t-elle profiter encore longtemps d’une certaine lune de miel et d’une bienveillante observation des faits et gestes du président ? La presse n’a pas, jusqu’à ce jour, adopté un ton agressif ou par trop négatif à l’égard de Nicolas Sarkozy. Je prédis qu’elle déliera un peu plus les critiques dès une première crise politique ou sociale ou une baisse notable de la popularité du président dans les sondages.

Il est particulièrement fascinant de constater à quel point les stratèges en communication qui conseillent l’Élysée ne parviennent pas à imposer un frein au président sur les dangers d’une réelle surexposition dans les médias. Les populations, de partout dans le monde, ont une tendance, après une période d’euphorie, de vouloir déboulonner rapidement ceux qui étaient, hier, des héros ou des gens adulés. L’exercice du pouvoir s’use bien vite dans l’esprit des populations qui, au final, ne trouvent pas ce qu’elles cherchent ou cherchent encore ce qu’elles n’ont pas trouvé.

Pierre R. Chantelois

24 08 2007
Françoise

« L’Élysée pourra-t-elle profiter encore longtemps d’une certaine lune de miel et d’une bienveillante observation des faits et gestes du président ? La presse n’a pas, jusqu’à ce jour, adopté un ton agressif ou par trop négatif à l’égard de Nicolas Sarkozy. »

Pierre,

Il ne faut pas vous leurrer. Notre presse, notre télévision, nos radios sont « aux ordres »(et « Le Monde » n’y échappe pas). Aux ordres de ceux qui les possèdent. Et ceux qui possèdent les journaux sont nombreux à être des « amis » du président. Je suis atterrée par certains articles dithyrambiques sur les faits et gestes, la politique suivie, etc.

Ce que l’avenir réserve à Mr Sarkosy, nul ne le sait. Mais il n’est guère plus populaire à l’étranger déjà, et je crains bien que ce ne soit qu’un début. C’est un « hyper-actif », il est persuadé d’avoir raison en tout, d’être le seul à pourvoir tout gérer. Nous sommes en face d’un homme qui veut gouverner seul. Et c’est bien dangereux.

24 08 2007
Posuto

Votre billet est complet et clairvoyant. Comme quoi, vivre de l’autre côté de l’Océan n’altère en rien votre vue !
En ce qui concerne l’attitude des médias, il me semble entendre de légers grincements. Les revues de presse radiophoniques sont de plus en plus critiques. C’est presque comme un moteur que l’on ferait ronfler pour qu’il soit chaud au démarrage. Et le démarrage approche…
Kiki

24 08 2007
pierrechantelois

@ Françoise

Je comprends parfaitement votre sentiment. Pour toute personne un tant soit au fait de la politique, il est bouleversant de constater que des élus (élues) politiques n’ont d’yeux que pour leur personne en propre. Et lorsque nous sommes heurtés dans nos convictions profondes, il en va de pis en pis. Nous vivons de ce côté-ci de l’Amérique une situation similaire, la surmédiatisation en moins. Un premier ministre qui n’écoute plus et qui n’en fait qu’à sa tête crée des drames – que j’ai traités ici même – dont nous nous serions passés. Mais je persiste à croire que le peuple – en général moins amorphe qu’on serait porté à le croire – manifestera rapidement une certaine fatigue et qu’il n’hésitera pas à faire des appels du pied pour que le gouverne gère des résultats et non plus la seule image de la présidence.

Pierre R. Chantelois

24 08 2007
Françoise

Pierre,

Je ne sais pas s’il suffira de faire des « appels du pied ». En France, comme au Canada, comme aux États-Unis. J’ai l’impression que nos dirigeants vivent tellement « à part » malgré leur populisme affiché, qu’il faudra des actions beaucoup plus « persuasives » pour qu’ils descendent leur Olympe.

24 08 2007
Gerard

Je ne devrais pas, après avoir dénoncé les sondages lors de la campagne interne au PS, m’appuyer aujourd’hui sur l’un d’entre eux… Mais je vais être incohérent un instant avec moi-même pour citer celui que vient de publier France2 et qui fait état d’une baisse de cinq points en août de la cote de monsieur Sarkozy. (http://info.france2.fr/france/33326503-fr.php)
Il est aux affaires, comme il était en campagne et, au risque de donner dans la psychologie de comptoir, je ne parlerais pas d’un Ego surdimensionné mais plutôt d’une incapacité qu’il a à exister autrement que par l’image qu’il donne… C’est le réflexe du paon qui lui sert, je le crains, de vie intérieure.

Il est aux affaires comme il était en campagne mais autant son comportement de zappeur omniprésent pouvait payer en campagne, autant son omniprésence sur le champ du people et du fait divers indispose.
Ce qui donne le sentiment d’une lune de miel avec les Français pour ces cent jours relève pour une petite part à l’ambiance de la période des congés bien entendu mais relève surtout de l’incapacité aujourd’hui dont fait preuve la gauche de se mettre en cohérence pour proposer et décliner une alternative.

Je vois, pour ma part, dans le débat lancé par Yves Cochet sur un « sabordage » souhaitable des « Verts » en tant que formation politique, ou dans celui que lance Olivier Besancenot sur un « sabordage » nécessaire de la LCR au profit de la construction d’une gauche large et créative, les prémisses d’une reconstruction, au sens fort du terme, d’une alternative au chiraco-sarkozisme.
Le parti socialiste a, aujourd’hui, une responsabilité très forte et doit se mettre en position de contribuer très significativement à cette construction… Il peut en être le leader mais les conflits de personnes et de courants le rendent inaudible…
Sarkozy l’a bien compris qui destine une part de ses gesticulations à maintenir et enfoncer le coin posé entre les socialistes.

24 08 2007
pierrechantelois

Monsieur Silighini

Force est de convenir, comme vous l’indiquez très justement, que le contrepoids du pouvoir repose entre les mains du Parti socialiste, opposition à l’Assemblée nationale. Je n’ai pas vocation à donner des leçons mais vous avez ciblé l’objectif que devrait faire sienne l’opposition : assumer une responsabilité très forte et se mettre en position de contribuer très significativement à cette construction. S’agissant des commentaires qui concernent plus directement le président, vous indiquez qu’autant son comportement de zappeur omniprésent pouvait payer en campagne, autant son omniprésence sur le champ du people et du fait divers indispose. Les tendances qui se dégagent des rapports de presse le démontrent clairement. La question de l’heure : combien de temps va durer, entre le président et la population française, cette lune de miel, ce haut du pavé dans les sondages ?

Je profite de l’occasion pour vous souhaiter une bonne rentrée parlementaire.

Pierre R. Chantelois

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