« Le pétrole est la source de toutes les agressions dans le monde » (Hugo Chavez)

20 11 2007

Le roi Abdallah, d’Arabie saoudite, avait proposé un ordre du jour qui devait mettre en valeur l’effort du groupe de l’OPEP pour contrer l’impact écologique de l’industrie pétrolière. L’horaire a été particulièrement perturbé par le président vénézuélien Hugo Chavez. Dans son discours, lors du 3ième Sommet de l’OPEP, samedi, à Ryad, le président vénézuélien, dont son pays était l’hôte du 2ième Sommet du cartel en 2000, a soutenu que l’OPEP pouvait agir comme « un puissant acteur pour combattre l’injustice » et développer la paix. Le président Chavez a bousculé un peu tout le monde en défendant la politique selon laquelle le cartel pétrolier devrait jouer le rôle de « dirigeant » dans le tiers monde, en protégeant les pays en développement et en encourageant l’utilisation rationnelle du pétrole.

En bon provocateur qu’il est, faisant le signe de croix et invoquant le Christ au pays de l’islam, Hugo Chavez a, dans son discours, rappelé les 47 ans d’histoire de l’OPEP ainsi que les deux précédents sommets de l’organisation, tenus respectivement en Algérie en 1975 et au Venezuela en 2000. Le seul moyen pour réaliser la justice et la paix dans le système politique mondial, selon Chavez, est d’approfondir la coopération entre les États membres de l’OPEP. « Nous savons (…) que l’unique chemin de la paix, comme l’a dit le Christ, c’est la justice », a déclaré Hugo Chavez devant le roi Abdallah, dont le titre officiel est « Serviteur des Deux Saintes Mosquées ».

Bien évidemment, il fut largement question, à ce 3ième Sommet, de la faiblesse du dollar américain. Le vice président de la Banque Centrale chinoise, Xu Jian, n’a-t-il pas déclaré récemment que le dollar « perdait son statut de devise mondiale » ? La Banque d’Irak a rejoint le concert en annonçant qu’elle allait diversifier ses réserves et qu’elle ne compterait plus uniquement sur le dollar. Les prix mondiaux du pétrole sont libellés en dollars dont la baisse continue diminue d’autant les revenus des pays producteurs. Elle contribue aussi à la flambée du pétrole qui devient une valeur refuge pour les spéculateurs.

Chavez, fort de cette conjoncture, a souligné qu’une responsabilité accrue des États pétroliers, dans le contexte d’une hausse massive du prix du brut, pourrait être une manière de compenser la faiblesse du dollar. Il a invité ses homologues à envisager l’hypothèse, pour protéger l’économie mondiale de la faiblesse du dollar US, que les transactions pétrolières internationales ne soient plus facturées dans cette monnaie, proposition qui contraindrait les États-Unis à assumer seuls le coût de leur économie de guerre et qui aurait pour conséquence de provoquer leur faillite totale en quelques heures. En formulant cette proposition, il s’appuyait sur trois exportateurs majeurs de pétrole, la Russie, le Venezuela et l’Iran qui demandent des paiements en euros à la place du dollar. En deux ans, le billet américain a perdu 25 % de sa valeur face à l’euro et cette baisse affecte les revenus des pays producteurs de pétrole. Le président équatorien, Rafael Correa, a soutenu, plus tard, s’appuyant sur la lancée d’Hugo Chavez, qu’il « convenait mieux aux pays producteurs de faire des transactions pétrolières en monnaie forte ».

L’Arabie saoudite s’y oppose, bien évidemment, car elle craint « des conséquences négatives » sur ses revenus. « Nous ne voulons pas que le dollar s’effondre », s’est défendu le chef de la diplomatie saoudienne, Saoud Al-Fayçal, appuyé par quelques autres membres du cartel qui ont adopté une position similaire à celle de l’Arabie saoudite.

M. Chavez a terminé son allocution, qui a excédé de beaucoup la durée prévue par le programme, par une salve contre son ennemi privilégié, les États-Unis, en déclarant qu’ils sont à l’origine de tout ce qui se passe dans le monde, plaidant que « le pétrole est la source de toutes les agressions dans le monde ». Tout en développant cette hypothèse, Chavez a proposé la création d’une banque de l’OPEP. Les raisons en seraient que : « nous pouvons mettre toutes les ressources dans cette banque » pour que le cartel puisse chercher de nouvelles ressources et renforcer la coopération dans la réduction des changements climatiques.

L’OPEP comprend les 12 pays exportateurs de pétrole: l’Algérie, l’Angola, l’Indonésie, l’Iran, l’Irak, le Koweït, la Libye, le Nigeria, le Qatar, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Venezuela. L’Équateur est devenu officiellement samedi le 13ième membre de l’OPEP au cours du sommet de l’Organisation à Ryad. L’OPEP contribue à 40% de la production de pétrole du monde entier et contrôle 80% des réserves pétrolières globales. Les 12 pays produisent actuellement environ 32 millions de barils de pétrole par jour. L’Équateur produit environ 500.000 barils de pétrole par jour, très loin derrière l’Arabie saoudite, qui en produit environ 9 millions. Le Venezuela pour sa part en produit quelque 2,4 millions de barils de pétrole par jour.

Si l’Iran, qui vend déjà son pétrole essentiellement en euros pour faire face aux sanctions imposées par les États-Unis, n’a pu obtenir des autres pays de l’OPEP que mention soit faite de « la dépréciation continue du dollar » dans la déclaration finale du sommet, cette dernière demande toutefois « aux ministres de l’Énergie et des Finances d’étudier les manières d’améliorer la coopération financière entre membres de l’OPEP, y compris les propositions de certains chefs d’État ». Ces derniers examineront aussi la possibilité de créer un panier de devises pour remplacer le dollar.

« Un panier de devises assure une plus grande stabilité qu’une seule monnaie, mais au sein de l’Organisation, ce qui ferait plaisir à l’un ne ferait pas plaisir à l’autre. Ce n’est pas évident sur le plan technique et il y a forcément un signal politique que certains membres de l’OPEP ne veulent pas donner », a commenté Saif Nachet, du Forum international de l’Énergie. Coter le pétrole dans une autre devise que le dollar n’est pas la solution. « Si demain vous valorisez la valeur du pétrole en euros, ça veut dire que les acheteurs de pétrole devront se procurer des euros en vendant des dollars pour se procurer le pétrole », a souligné Saif Nachet à AFP. « Que ferait-on alors si dans deux ans l’euro revient à son niveau de lancement (1,16 dollar environ)? Rappelez-vous, il y a trois ans, on disait que l’euro était trop faible », avance-t-il.

Pour sa part, Hugo Chavez n’était pas mécontent de cette déclaration : « Le plus important est que nous ayons obtenu que les ministres des Finances étudient la proposition. Parce que le dollar est en chute libre […] Il faut que l’impérialisme du dollar se termine », a commenté le président vénézuélien Hugo Chavez.

Les prix du pétrole ont augmenté d’environ 70 % depuis un an, le prix du baril frôlant des « niveaux quasi records » à 100 $US. Les membres de l’OPEP attribuent essentiellement ces prix à la spéculation financière. Ils ont indiqué ces derniers jours qu’il ne fallait pas s’attendre à une augmentation de leur production, en dépit du haut niveau des cours.

Le ministre algérien du pétrole, Chakib Khelil, a déclaré au quotidien Le Monde que : « Il y a assez de pétrole sur le marché, d’autant qu’on assiste à un fléchissement de la demande ». Il juge peu probable que le baril crève rapidement le plafond des 100 dollars, même s’il ne voit pas de recul des cours avant le 2e trimestre 2008. Le cartel n’a guère de raisons de répondre aux pays consommateurs qui lui demandent de produire plus. M. Khelil, qui deviendra président de l’OPEP début 2008, rappelle que la hausse de production de 500 000 barils par jour au 1er novembre n’a eu aucun effet sur les cours. « A quoi sert de pomper plus si personne n’est là pour acheter », dit-il, soulignant « le manque de capacité de raffinage » dans les pays industrialisés.

Une question fut également débattue, soulevée à nouveau par Hugo Chavez : « L’OPEP peut-elle devenir un acteur politique et géopolitique »? À partir de cette hypothèse, Hugo Chavez a lancé – sur un ton de la provocation, comme cela lui sied dans les circonstances – cette menace directe : « Si les États-Unis commettent la folie d’envahir l’Iran ou d’agresser à nouveau le Venezuela, alors le prix du pétrole n’atteindra pas 100 dollars, mais 200 dollars ». Le roi Abdallah d’Arabie saoudite a estimé pour sa part que le pétrole ne devait « pas se transformer en outil de conflit ». Selon lui, l’OPEP a « deux objectifs principaux : la protection des pays membres et de l’économie mondiale » et s’oppose aux « perturbations inopinées des prix du pétrole ». Le souverain saoudien a également annoncé la création d’un fonds doté de 300 millions de dollars pour la protection de l’environnement, financé par l’Arabie saoudite.

Sur un autre plan, depuis quelques années, l’Iran et le Venezuela développent une intense coopération et s’opposent, sur la scène internationale, à la politique étrangère de Washington. Hugo Chavez a quitté Riyad pour se rendre à Téhéran, accompagné de cinq ministres (Affaires étrangères, Pétrole, Industrie, Télécommunications et Intérieur) et du maire de Caracas, afin d’aborder une série de dossiers bilatéraux, régionaux et internationaux avec son homologue iranien Mahmoud Ahmadinejad. Parmi ces dossiers figure la mise au ban des banques iraniennes. Puisque la plupart des banques européennes et américaines ne font plus affaire avec la République islamique, les deux pays se sont aussi entendus pour créer une banque irano-vénézuélienne. M. Chavez a dit qu’il espérait que « d’autres pays se joignent ». Les deux présidents ont discuté la création d’un fond commun d’investissement pour la promotion de la coopération industrielle dans les secteurs de l’ingénierie et de la pétrochime. Profitant de l’occasion, Hugo Chavez, comme à son habitude, a déclaré considérer l’Iran comme sa deuxième maison.

Renaud Girard, du quotidien Le Figaro, a publié un article de fond consacré à Hugo Chavez au moment même où ce dernier est attendu en France pour informer le président Sarkozy sur l’état de la situation d’Ingrid Betancourt. Renaud Girard constate que les américains n’ont vraiment pas de chance. Ils en avaient presque fini, pour cause de maladie, avec Castro, et voilà que, dans les mêmes Caraïbes, un autre leader charismatique a repris le flambeau de la « lutte anti-impérialiste ». Le journaliste français décrit en ces termes Hugo Chavez, l’orateur : « L’incontinence verbale de Chavez ne ressemble pas à celle des discours fleuves de Castro, structurés par la vulgate marxiste. Plus doué que le meilleur des télévangélistes américains, Chavez offre toujours un grand show, nourri de digressions, savantes ou non, d’anecdotes, d’imprécations, de blagues ». « Chavez n’a que faire de l’opinion qu’ont de lui les intellectuels de son pays, car il sait que son éloquence fantasque plaît dans les barrios. Chavez est perçu comme un père protecteur et nourricier, venu du peuple et proche du peuple. L’argent étatique du pétrole y fait des merveilles », poursuit le journaliste.

Des intellectuels français, dans le cadre de cette visite et au regard du nouvel opportunisme humanitaire de Chávez, ont signé, dans Libération, une lettre dénonçant le fait que « le nouveau texte constitutionnel, que soumet Hugo Chavez au référendum de décembre 2007, propose la réélection indéfinie du président et entend supprimer tout contrôle des pouvoirs de l’État sur les actions de l’exécutif. Il constitue une véritable entorse aux principes fondamentaux de la démocratie et de l’État de droit. La tenue d’un référendum ne garantira pas l’expression d’un suffrage impartial car, depuis des années déjà, le Conseil national électoral, instance chargée de superviser les processus électoraux au Venezuela, est placé sous la coupe du gouvernement et de ses partisans. Quant au vote électronique, instauré dans le pays depuis 2004, il se prête à toutes les manipulations ».

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19 responses

20 11 2007
Françoise

Comme je l’ai déjà dit, je ne sais à quoi m’en tenir sur Mr Chavez. Mais lorsqu’il dit « Le pétrole est la source de toutes les agressions dans le monde », peut-on dire le contraire ?

20 11 2007
pierrechantelois

Françoise

Le cas Chavez : si le président Chavez se comportait en grand démocrate, il n’aurait pas tenté de ligoter le parlement et de modifier la constitution en sa faveur. Ce seul aspect me pue au nez. Mais il faut bien lui reconnaître qu’il dit parfois très haut – de manière très gênante et peu élégante – ce que beaucoup pense tout bas. Sur le pétrole, il a su asséner quelques vérités particulièrement délicates, comme la hausse du prix et le rôle de l’OPEP. Son rapprochement avec l’Iran en cette période trouble saura-t-il lui apporter les dividendes escomptés ? Il faudra suivre l’actualité. Son rôle auprès des FARC – sera-t-il le libérateur d’Ingrid Betancourt ? Imaginez la posture que cela lui donnerait au plan international ?

Pierre R. Chantelois

20 11 2007
Françoise

Son rôle auprès des FARC – sera-t-il le libérateur d’Ingrid Betancourt ? Imaginez la posture que cela lui donnerait au plan international ? »

Pierre,

Je ne sais pas ce que sera sa posture, mais j’avoue que j’aimerai qu’il y arrive. D’abord pour Mme Betancourt, bien sûr, mais aussi (et là j’avoue que je ne suis pas charitable du tout) j’imagine « la posture » de Mr Sarkozy… J’en ris d’avance.

20 11 2007
vince

Même si je n’apprécie pas trop Chavez, je dois avouer qu’il a tout à fait raison quand il dit que « le pétrole est la source de toutes les agressions dans le monde » !
Il n’y a pas vraiment de secret, les deux plus grosses capitalisations boursières du monde sont… Petro China et Exxon Mobil… partout où il y a du pétrole, il y a conflits d’intérêts, corruption, magouilles au plus haut niveau, et parfois guerres… ce sont toujours les mêmes qui s’en mettent plein les poches, et les toujours les mêmes qui souffrent. Ce ne sont pas les tchadiens qui diront le contraire.

20 11 2007
guy racine

Pour ceux que celà interresse il y a un débat sur radio-canada ou j’ai écrit un l’extrait suivant « il dérange beaucoup de monde Hugo Chavez mais il fait reconnaitre qu’il posséde un bilan spectaculaire; n’a t’il pas refondé la nation vénézuélienne sur une base neuve,légitimée par une nouvelle Constitution qui garantit l’implication populaire.A l’occasion on peut visiter le site « Le monde » et lire un compte rendu détaillé signé Ignacio Ramonet en 08/2007 qui concluait ainsi je cite « devant de tels succés (et il y en a ..),faut il s’étonner qu’il soit devenu pour les maitres du monde et leurs affidés un homme à abattre ». en fait le bilan de Chavez est considérable pour le peuple en tout cas.

Le lien : Le Monde diplomatique

Trés trés interressant.

Bonne journée

20 11 2007
pierrechantelois

Françoise

Il faut que Chavez réussisse à libérer Ingrid Bétancourt. Nous sommes d’accord. Et sur le reste aussi 🙂

Vince : Chavez a simplement dit ce que beaucoup de gens pensent tout bas et n’osent dire. Pleinement d’accord avec vous.

Guy

Merci de votre visite et de votre commentaire. Je vous invite à lire l’article de Renaud Girard, du quotidien Le Figaro, dont vous trouverez le lien au trois-quart de l’article. Merci également pour le lien.

Pierre R. Chantelois

20 11 2007
décembre

Risibles ces déclarations à l’emporte-pièce comme ; Je ne veux pas que le dollar s’effondre !!! hahaha

Non mais il faudrait leur dire. Le $ est une fraude. Sa valeur n’est basée sur rien depuis longtemps. Il ne vaut rien, absolument rien et nous ne savons même pas si l’or qui autrefois garantissait sa valeur est encore aux USA.

Toute cette comédie tient parce que le silence prévaut dans le monde des banques comme celui de la puissante FED qui n’a jamais déposé de bilan exhaustif de ses opérations qui, si ça devait-être son obligation, n’aiderait pas à redonner confiance au peuple américain selon Clinton qui s’est opposé à une telle mesure de transparence proposé par un élu !

On le comprend. Le peuple se révolterait s’il fallait que la vérité soit mise à nue. Les américains sont ruinés mais la fraude perdure comme s’ils étaient riches. Elle a été savamment programmée et seul les initiés peuvent prédire ou elle s’en va et quel est son but.

En anttendant, on vit dans la fantaisie en s’imaginant que ce qui n’est qu’un jeu est vrai, que le complot mondial bancaire n’existe pas. Salut.

p.s. Quand à Chavez, que ceux qui pensent qu’ils feraient mieux s’essaient.
Ils auront ben des croûtes à manger avant d’être élu 3 fois !
Chavez n’est pas moins dictateur ni protecteurs de ses alliés que Bush ou tous ses enfants de la démocratie à gogo pour gagas actuelle partout dans le monde qui dirigent des « dictocraties » qu’ils nomment honteusement des démocraties.
Au moins Chavez redonne un peu aux pauvres alors qu’en Amérique les pauvres, ils augmentent à vue d’oeil pendant que la classe moyenne s’appauvrit et les rejoindra sous peu.
LA DÉMOCRATIE N’EXISTE PAS.

21 11 2007
pierrechantelois

Décembre

Une question me vient à l’esprit : accepteriez-vous que le président de la République modifie la constitution pour s’auto-proclamer président à vie ? Pour ma part, je réagirais bien mal, je crois, si dans mon pays, le Premier ministre du Canada, de sa propre initiative, modifiait la constitution pour faire du Canada un régime présidentiel à vie.

Pierre R. Chantelois

21 11 2007
Fares

En quoi est ce que le fait de faire un signe de croix et invoquer le Christ pourrait-il être perçu comme un acte de provocation ? D’où est ce que vous sortez un truc pareil ?

Et par ailleurs : Chavez a modifié la constitution pour s’auto-proclamer président à vie ?? Là encore, où est ce que vous avez vu cela ? On est entrain de parler du Venezuela : un pays dans lequel le présdient de la République doit faire face à un référendum de révocation à mi-mandat.

Pour les leçons de démocratie et notamment d’indépendance des médias, on ferait sans doute bien mieux de commencer par balayer devant notre porte !

Voir le blog souk-fares sur cette question.

21 11 2007
pierrechantelois

Fares

Merci de nous avoir proposé votre point de vue. J’ai consulté le lien que vous avez inscrit dans le cadre de votre commentaire. Vous avez raison sur un point : « il vaudrait sans doute bien mieux de commencer par balayer devant notre porte ! »

Pierre R. Chantelois

21 11 2007
guy racine

Mouais m.Fares vous parlez de balayer …devant quelle porte ?.
vous n’etes pas serieux de proposer de balayer devant sa porte à un Québecois car si il y a bien un pays ou la démocratie politique s’éxerce ….c’est bien au Canada Français.
Au Québec s’il vous plait ne pas confondre …Le Québec et le Canada.
Vive le Québec…j’arrete , pierre, excusez moi celà m’a échappé.
En dehors de « balayer devant la porte » j’ai déja écrit ce que je pensais de Chavez.
Beaucoup de bien.
A bientot

22 11 2007
décembre

….accepteriez-vous que le président de la République modifie la constitution pour s’auto-proclamer président à vie ?….PC

Mais mon cher Chantelois, vous et moi avons accepté tellement de fraudes des démocrates dans le système fumiste démocratique actuel que nous pouvons franchement rires devant ces menaces de Chavez.
Entre ses paroles et les crimes des démocrates, je choisis Chavez, sans même sourciller une seconde.

Il fait comme toutl’monde f’rait à sa place. Il aide ses amis, ses alliés, sa famille, à tort selon la morale des bien-pensants. Seulement les bien-pensants, on sait vous et moi qu’ils sont aussi hypocrites que les autres. On a donc la morale qu’on est capable d’avoir et le milieu dans lequel nous nous trouvons dicte les règles.

Les hommes politiques ne sont pas des anges et Chavez est conforme à la règle. Cessez de le démoniser parce qu’il veut devenir éternel ou l’autre en Iran qui veut détruire Israël. Ni l’un ni l’autre non le pouvoir de leurs idées ni ne sont passés à l’acte. Ils ne sont coupables que de crimes d’intention et les Présidents américains ou d’Israël le sont aussi.

Chavez a pas mal moins de sang sur les mains que Bush, Blair ou Karzaï, moins que Harper peut-être !

Il faut de la poigne pour retenir la fébrélité des gens comme les Vénézuéliens qui ont été si longtemps exploités, qui entrevoient enfin une porte de sortie. Ils vivent dans la corruption et la violence depuis leur naissance, ce fut leur école et cet enseignement leur colle à la peau, comme nous.

Transformer ces gens-là en démocrates, en vrais démocrates j’veux dire, cela prendra tout de même quelques générations, sans trop d’anicroches, ce qui est peu probable.

D’ailleurs, regardez-nous. Nous ne sommes pas encore au niveau de l’idéal démocrate dont nous rêvons même après des années de démocratie active !!!

Parlant de balayer sa propre porte, voilà combien de générations que règne un seul Parti au Canada puisque Rouge ou Bleu c’est du pareil au même, un bluff pour nous inventer une quelconque bataille, un quelconque choix, car les deux servent la même banque frauduleuse qui imprime l’argent et s’enrichie à nos dépens ?

Vous appelez ça la démocratie Pierre ? Ces jeux politiques, ces entourlouppettes, tout cet argent qui échappe aux taxés pour faire vivre les riches et puissants, vous pensez que c’est ça la « démocratie » ?

Est-ce parce que les gens ont le « droit de vote » que vous vous imaginez que la démocratie existe ?
Le vote est en vente aux enchères depuis son invention mon cher.
Puisqu’ensuite ils font ce qu’ils veulent une fois élu, tiens, je l’affirme ici sans gêne ; politiciens, je suis à vendre.
La meilleure offre recevra mon vote ! Trust me…..comme y disent !

Je vous mets au défi M. Chantelois de me prouver que la démocratie existe sur terre ailleurs que sur papier ou dans nos cerveaux torturés.

C’est le Messie des non-juifs la démocratie, un rêve, l’espoir du paradis qu’on prend pour une réalité. Elle n’est pas encore arrivée la démocratie et si on se fie à l’histoire, elle ne viendra pas, pas plus que le jugement dernier. Au plaisir.

22 11 2007
pierrechantelois

Décembre

Je ne suis pas antipathique à Hugo Chavez. Au départ, j’aimais son ton désinvolte, ses audaces, ses écarts de langage, l’absence de langue de bois etc. Lorsqu’il s’est agi de la tentative de putsch, Hugo Chavez a bénéficié d’un capital de sympathie extraordinaire dans le monde. Personne ne peut être contre un discours engagé pour rendre au peuple la gestion de ses ressources naturelles.

Puis vint le rapprochement de Chavez avec Fidel Castro. Un choix. Au Canada, nous n’avons pas Fidel Castro en aversion puisque le Canada a été l’un des premiers pays – sous Pierre Elliot-Trudeau – à rétablir des liens diplomatiques avec Cuba. Au même titre que le Canada a été l’un des premiers pays à reconnaître la Chine et à rétablir des liens diplomatiques, économiques et commerciaux avec ce continent. Toujours sous la gouverne de Pierre Elliot-Trudeau.

J’ai suivi avec beaucoup d’intérêt la volonté d’indépendance des pays du Mercosur face à la Banque mondiale et face au Front monétaire international. Au même titre, le projet de créer une Banque Del Sur est intéressant et prometteur.

Tout cela étant dit, je n’entends pas déborder vers une débat universel sur les bienfaits ou non de la démocratie. Là n’est pas mon but. Ma préoccupation est simple : pourquoi changer la constitution en incluant un droit de présidence à vie pour un seul homme ? Hugo Chavez a perdu, à partir du moment où il réprime brutalement sa classe étudiante, beaucoup de lustre à mes yeux. Il adopte dès lors un comportement de despote. Ce que je n’apprécie pas du tout. Une fois cela dit, si Hugo Chavez réussit à abaisser le taux de pauvreté dans son pays, à accroître la propriété au sein des classes les moins bien nanties, à redonner au peuple l’usufruit de ses ressources naturelles, personne ne disconviendra qu’il agit en bon chef d’État.

Le Venezuela n’est pas les États-Unis et le Canada n’est pas le Venezuela. Restons dans le cadre des comparables. « l faut de la poigne pour retenir la fébrélité des gens comme les Vénézuéliens qui ont été si longtemps exploités, qui entrevoient enfin une porte de sortie ». Ma réponse est simple : il faut pas remplacer une dictature par une autre. Point.

Pierre R. Chantelois

22 11 2007
guy racine

@pierre
rectifiez si je me trompe !
la démocratie est quant meme bien en place au Québec tout de meme !
je vous assure monieur Décembre il faut le voir pour le croire.!
Des débats !!! « comme s’il en pleuvait »;des retournements de situation des embrouilles des envolées des relans de liberté et encore et encore….
Parfois tres difficile à suivre mais des débats et de la démocratie OUI
celà éxiste…. (mais pas parfaits bien sur car il s’agit d’hommes et de femmes) …
Au Canada Français
Respect svp en souvenir de la plaque justement  » je me souviens » et de ce qu’elle signifie…
J’en pleurerai presque c’est pas malin

22 11 2007
décembre

….Ma réponse est simple : il faut pas remplacer une dictature par une autre. Point…..PC

Tout à fait d’accord. Mais c’est ce qui est toujours arrivé, l’histoire nous le prouve, un clou pousse l’autre ! Vous pouvez toujours vous y opposer.

La dictature de Chavez à date est supérieure, selon moi, à la démocratie de Harper ou de Chrétien. Elle basculera peut-être dans la torture, tout est possible. Nous, nous sommes en train de faire disparaître l’Habeas Corpus comme aux USA.

Il a fallu à Chavez une grande force pour extirper de son intérieur la puissance qu’il dégage et que les autres respectent et dont certains ont peur au point de vouloir le tuer. Il a fallu faire peur pour s’élever dans le milieu d’ou il est issu. Il doit l’être pour rester.

Cette puissance, si elle passe à la vitesse 2 peut, en effet, lui monter à la tête et faire un bourreau de l’homme qu’il est devenu car vous savez comme moi qu’il n’est plus le Chavez de l’an 2000.
Je le condamnerai si le malheur arrive mais je ne lui ferai pas de procès d’intention.
À date, il n’est coupable de rien sinon de parler fort et d’interrompre la discussion des puissants qui de toute façon parlent pour parler, pour s’écouter, pour engourdir le peuple.
Chavez quand il parle, il parle. Un peu trop long je l’admets mais c’est pas un bullshitter et moi, je dis bien moi, j’aime ça.

M. Racine,
Il y a toujours eu un débat d’idées au Québec ne serait-ce que nos obstinations avec les anglophones et avec ceux qui les aiment plus que leurs frères francophones.

Mais la démocratie ce n’est pas seulement d’avoir le droit de discuter mais le « pouvoir » de pouvoir mettre ces idées en place, d’en faire des faits pour le peuple. Les grands médias sont muets sur nombre de nouvelles importantes et appui par exemple l’armée sans discernement.

Se prêter au jeu du capitalisme sauvage, endetter les gens, aller chercher ses directives à New-York, emprunter de l’argent à des banques privées qui nous assaillent avec des intérêts mirobolants, pour nous faire accroire ensuite que notre vote compte, que la démocratie règne, c’est du pur délire.

Si la démocratie c’est cette richesse sans borne et des millions de pauvres dont la moitié est au travail, moi j’en veux pas de cette « démocratie pour riches seulement ».
Les disparités dans les richesses au Canada prouvent hors de tout doute qu’il n’y a pas de démocratie mais une lutte de classes, comme au temps des rois, comme depuis toujours depuis la civilisation car les primitifs n’étaient pas à mon avis infectés par ce virus.

Quand on sait que la richesse de notre futur dépend du talent des jeunes et de son développement et que notre société archi-riche refuse de les nourrir adéquatement, de les instruire et les éduquer tous gratuitement, comme s’ils devaient payer leur droit de vivre puisque vivre dans cette maudite société c’est travailler pour payer ses dettes, je pense que cette société là, si elle est démocratique, m’écoeure au plus haut point.

Inventons aut’ chose que la démocratie si son application est aussi laide, ne servant les intérêts que de quelques uns.
Croyons-nous sincèrement avoir tout inventé avec la démocratie ?
Si c’est ça la finale, ça fait pitié monsieur.
Les débats sur la démocratie OUI, ça existe bien dites-vous, MAIS, quossé ça donn’ ? Salut.

22 11 2007
pierrechantelois

Décembre

Échanges fort intéressants. Comme l’écrivait Michaël Prazan, écrivain et documentariste, dans Libération, « depuis les élections législatives de 2005, Chávez a placé des hommes à lui dans toutes les institutions du pays, s’accaparant les pouvoirs judiciaire, électoral, législatif, et en grande partie économique. Il a expulsé de la vie publique ses plus farouches opposants, fermé RCTV, la plus ancienne, la plus populaire (et la plus critique) chaîne de télévision du pays. Cependant, corruption, népotisme et clientélisme ont fait le lit du régime. Le Fonden (Fonds de développement national), créé pour détourner les dividendes pétroliers, dépend du seul Président (accessoirement de son ministre des Finances), et, en mai, Asdrubal Chávez, le cousin du dirigeant, a été promu à la tête de l’entreprise publique Petroleos de Venezuela (PDVSA). D’autres membres de la famille Chávez ont été placés à des postes clés du pouvoir. Par ailleurs, en dépit des microcrédits, de la mise en place du réseau de distribution alimentaire Mercal, destiné initialement aux plus pauvres (en réalité, il ne s’agit que d’une chaîne de supermarchés dont les recettes alimentent les finances de l’Etat), des 20 000 médecins cubains envoyés dans les barrios, la misère n’a pas reculé et le niveau de vie des plus défavorisés ne s’est en rien amélioré ».

Au pays d’Hugo Chavez, tout n’est pas que réforme. Comme l’indique l’Université Laval, de Québec, le système actuel ne répond pas aux besoins des autochtones, parce que ce sont des programmes nationaux qui n’intègrent aucun élément de la culture indigène. Les enseignants sont régis par des programmes urbains et traditionnels élaborés à Caracas, loin des populations indigènes vivant dans l’arrière-pays. Dans toutes les écoles, toute spécificité ou toute référence à la réalité indigène reste encore totalement absente. Les professeurs n’ont jamais été formés pour apprendre aux enfants comment préserver leur culture et leur langue, mais pour apprendre une autre langue et adopter une autre culture. La fameuse éducation transculturelle n’a jamais existé, car elle est à sens unique. Les autochtones sont obligés de recevoir une éducation bilingue et de développer des habiletés de bilinguisme, alors que les Mestizos s’en tiennent à la seule langue espagnole.

La moitié seulement des enseignants est d’origine indigène, et les manuels adaptés en langue indigène font cruellement défaut. Il existerait quelques rares manuels dans une trentaine de langues, mais seulement cinq langues sont utilisées dans les écoles: le wayúu, le pemón, le pumé, le yekuana et le warao. Tous les autres enfants ne disposent que de manuels écrits en espagnol. Il n’existe pas de manuels bilingues, ni encore de programme d’études interculturel bilingue. Le régime interculturel n’a pas été implanté comme il devait l’être et comme le prévoyait la Constitution. Bref, le diagnostic est sombre. Il semblerait que les seuls établissements d’enseignement qui fonctionnent à peu près selon les dispositions constitutionnelles prévues sont ceux que dirigent les missions catholiques salésiennes dans le Haut-Orinoco (dans le Delta Amacuro: partie extrême-nord de la côte est). Autrement dit, le Venezuela n’a pas les moyens d’appliquer sa politique à l’égard des indigènes.

Les statistiques gouvernementales sont par ailleurs accablantes. Selon le recensement de 1992 (le seul disponible), quelque 40,5 % des autochtones de plus de 10 ans sont analphabètes, alors que 55,6 % des indigènes âgés de 5 et 24 ans ne fréquentent aucun établissement scolaire. Quelque 45,7 % des enfants de plus de cinq ans ont déclaré avoir suivi au moins un an d’école primaire et 40 % n’ont pas atteint le niveau d’éducation attendu. Il est aussi établi que 80 % des enfants de plus de cinq ans parlent leur langue. Dans ce pourcentage, 75 % sont bilingues et 24,1 % parlent seulement leur propre langue. Enfin, 19,9 % des plus de cinq ans parlent seulement l’espagnol. Il ne semble pas qu’une décennie plus tard ces résultats se soient améliorés, au contraire. Il faudrait certainement redoubler d’efforts pour renforcer le régime d’enseignement bilingue, de telle sorte qu’il desserve l’ensemble de la population autochtone, dont 40 % reste illettrée, et pour empêcher la destruction de ce patrimoine culturel.

En ce qui a trait à l’éducation, la santé et les communications, un rapport de l’Onu signale que 65,16 % des communautés indigènes ne possèdent pas d’école, 86,8 % ne comptent pas de dispensaire ou de soins de santé, 95,8 % n’ont pas de radio; finalement, 63,8 % des communautés ne disposent d’aucun de ces trois services de base.

Pierre R. Chantelois

24 11 2007
guy racine

Décembre

Vous allez trop loin pour faire état de la lutte des classes au Québec !!

Bien trop loin,

Le Québec est un des rares pays à offrir un tel niveau d’offre de travail. De bons job croyez moi. Le chaumage est trés faible. Les énérgies peu couteuses (elec; eau; essence) depuis peu leur monnaie « le huard » est vigoureuse. Il y a un débat ; des éléctions aussi; le peuple vote. Les gens s’expriment; la télévision ne fait pas de compromis, se permet de parler de coup de pied au c.. » qui se perde en parlant de Bush…

Qu’est ce que voulez la révolution ; l’anarchie ?

Il faut savoir reconnaitre les différences allez faire un tour sur RDI regardez comment l’actualité internationale est traitée; regardes ce qu’ecrivent les « carnettiers ».

Vous comprendrez mieux ; bien sur ce n’est pas un monde pafait il s’agit d’hommes et de femmes et Quebec n’aura que 400 ans l’année prochaine.

Bonne journée

24 11 2007
pierrechantelois

Bonjour Guy

Vous écrivez : Il faut savoir reconnaitre les différences. Entièrement d’accord.

Pierre R. Chantelois

24 11 2007
guy racine

Ah Pierre
Qu’est ce que le Québec me manque bon sang.!
C’est ma drogue pourtant c’est pas un pays ….c’est l’hiver….
Je hurle :touche pas mon Québec !
bonne fin de semaine

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