Le rapport de John Manley, sur le rôle du Canada en Afghanistan, est-il crédible ? NON !

23 01 2008

Sur la question de l’Afghanistan, il n’est plus possible pour le gouvernement minoritaire de Stephen Harper de nier les faits : « Un groupe de défense des droits humains a rendu publics lundi des documents qui démontrent que le gouvernement fédéral savait que les prisonniers remis aux autorités afghanes étaient soumis à la torture ». « Ottawa ne peut plus nier l’existence de la torture en Afghanistan et le premier ministre Stephen Harper devra maintenant en tenir compte », a déclaré le président de l’association, Jason Gratl.

Pendant ce temps, dans la capitale canadienne, le groupe de travail indépendant sur l’Afghanistan, présidé par John Manley, recommande au Canada de prolonger sa mission militaire en Afghanistan après février 2009, à condition d’obtenir des renforts dans la région de Kandahar ainsi que l’accès à des hélicoptères de transport et des drones pour appuyer les troupes au sol.

Dans son rapport d’une centaine de pages, l’ancien vice-Premier ministre libéral John Manley et son groupe estiment que le Canada doit mettre plus l’accent « sur les questions de diplomatie et de reconstruction ». Pour permettre au Canada d’aller au-delà de son échéance actuelle, fixée en février 2009, le groupe de travail indépendant sur l’Afghanistan formule deux conditions. La première condition réside dans l’engagement des partenaires du Canada, au sein de la Force d’assistance à la sécurité (Isaf), de déployer un nouveau groupement tactique d’environ un millier de soldats dans la province de Kandahar « afin de permettre aux Forces canadiennes d’accélérer la formation de l’Armée nationale afghane ». La seconde est que le gouvernement mette à la disposition des Forces canadiennes au plus tard en février 2009 de nouveaux hélicoptères de transport de moyen tonnage ainsi que des drones (véhicules aériens sans pilote) à haute performance pour des opérations de renseignement, de surveillance et de reconnaissance.

S’agissant de cette dernière condition, les experts jugent aussi que les militaires canadiens devront « progressivement délaisser les missions de combat pour se concentrer davantage sur la formation des forces nationales de sécurité ». Oui, il faut équiper davantage nos soldats en Afghanistan pour le combat et oui, nos soldats doivent délaisser le combat pour la formation. Et ces mêmes experts affirment que si ces conditions ne sont pas respectées, le gouvernement devra faire savoir aux autorités afghanes et aux pays alliés qu’il entend transférer la responsabilité de la sécurité à Kandahar. En d’autres termes, le gouvernement canadien devrait signaler à l’OTAN son intention de se retirer en février 2009.

Dans un esprit tourné à l’optimisme, le rapport Manley vise, rien de moins, que la réalisation de cet ultime objectif : « Contribuer à bâtir un Afghanistan plus stable, mieux gouverné et plus fort sur le plan économique nous apparaît comme un objectif réalisable pour le Canada. Mais l’issue demeure incertaine. La guerre qui se déroule en Afghanistan est complexe. L’avenir est parsemé de dangers, qui peuvent faire échec aux plans les mieux élaborés et aux prévisions les plus sûres ».

Le temps a cruellement manqué au chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, pour lire le rapport. Il n’a pu que répéter que l’intervention dans son état actuel doit se terminer en février 2009.

Plus chanceux, le chef du Bloc québécois a pu prendre connaissance et commenter le rapport. Gilles Duceppe accuse le comité Manley d’avoir donné un chèque en blanc au gouvernement Harper en recommandant une prolongation de la mission canadienne sans fixer de date limite. Pour monsieur Duceppe, il faudrait voter aux communes sur cette question avant la prochaine rencontre des pays membres de l’Otan sur la question afghane, qui aura lieu le 2 avril en Roumanie. Le Bloc se dit prêt à assumer les conséquences de son vote si jamais celui-ci était considéré comme une question de confiance et qu’il menait à la chute du gouvernement minoritaire.

Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jack Layton, qui a pu lui aussi prendre connaissance et commenter le rapport, a réaffirmé sa position exigeant un retrait des Forces canadiennes de l’Afghanistan, car, selon lui, cette mission est un échec. Il a rappelé que le gouvernement Harper est en déphasage avec les Canadiens qui, comme le suggèrent les sondages, sont contre la présence canadienne en Afghanistan. Jack Layton est loin de pratiquer l’optimisme du comité Manley : « Nous sommes contre un prolongement indéfini de la mission […]. Cette mission est non seulement mauvaise pour le Canada, mais elle est aussi mauvaise pour l’Afghanistan, car la situation est pire que ce qu’elle était il y a plusieurs années », a déclaré le chef néo-démocrate.

La Société Radio-Canada a interrogé deux experts. Le lieutenant-colonel à la retraite, Gilles Paradis, estime que plusieurs recommandations du rapport Manley « sont périmées ». Il a cité comme exemple « l’effort accru de réformer l’armée afghane », une tâche à laquelle, a-t-il rappelé, le général Laroche s’est attelé depuis son arrivée l’été dernier en Afghanistan. D’autres éléments du rapport sont aussi dépassés, aux yeux de Gilles Paradis, comme la proposition d’envoyer 1000 soldats supplémentaires de l’OTAN à Kandahar. Il fait remarquer que les Américains ont déjà annoncé l’envoi de 3200 militaires dans la région et que les Britanniques ont transféré des soldats de l’Irak en Afghanistan.

Raymond Legault, du Collectif « Échec à la guerre », a indiqué, à Radio-Canada, que le groupe d’experts mené par M. Manley « n’est pas indépendant ». Il a souligné que « ses membres sont liés au milieu d’affaires canadien, en particulier les entreprises des secteurs militaire et pétrolier, qui ont des enjeux stratégiques ». Pour monsieur Legault, la présence canadienne en Afghanistan, depuis l’automne 2001, répond à des motifs qui n’ont rien à voir avec la protection des libertés individuelles et des droits de la personne, notamment ceux de la femme. « La guerre en Afghanistan n’est autre que l’expression du désir des Américains d’avoir une présence militaire permanente des deux côtés de l’Iran, car c’est le prochain pays dans leur mire », a déclaré le militant du Collectif « Échec à la guerre ».

Les cinq membres du comité, présidé par l’ex-ministre libéral John Manley, siègent aux conseils d’administration de grandes corporations canadiennes, notamment des secteurs militaire et pétrolier. Le Collectif « Échec à la guerre » affirme que tous les membres du groupe sont d’abord des experts du partenariat stratégique avec les Etats-Unis. M.Manley était entouré, pour ses travaux, de Derek Burney, Pamela Wallin, Paul Tellier et Jake Epp.

Le directeur du département de science politique au Collège militaire royal du Canada, à Kingston, en Ontario, Houchang Hassan-Yari, n’est pas surpris que la mission afghane doive se poursuivre au-delà de février 2009. Selon lui, les pays alliés devront « rester en Afghanistan durant les 10 ou 20 prochaines années » si on veut que le pays se remette de décennies de problèmes. Le professeur Hassan-Yari estime que cela ne signifie nullement que c’est le Canada qui doit rester en sol afghan pendant toute cette période.

Est-ce que le gouvernement minoritaire de Stephen Harper sera battu sur cette question de la présence militaire en Afghanistan ou sur l’aide aux secteurs forestier et manufacturier conditionnelle à l’adoption du budget ? S’il n’en tient qu’à Stéphane Dion, « le fruit n’est pas mûr pour une élection printanière ». Préoccupé par sa « personne », le chef du Parti libéral du Canada voit bien que les sondages confirment tous que le Parti libéral, à l’heure actuelle, ne pourrait former un gouvernement majoritaire. Voilà le message qu’auraient reçu parlementaires de l’opposition libérale.

Comme l’indique Raymond Giroux, du Soleil, « les libéraux ne parlent plus de faire tomber le gouvernement sur un vote de confiance quelconque ». La directive libérale est maintenant de : « concentrer leur tir contre ce qu’ils appellent l’insensibilité et l’incompétence du gouvernement conservateur », commente monsieur Giroux. Les conservateurs, poursuit l’éditorialiste, « ne croient pas, selon Stéphane Dion, au gouvernement et n’aiment pas la fonction publique, contrairement aux libéraux qui, eux, aiment tout le monde ».

Malgré la situation catastrophique des secteurs forestiers et manufacturiers, malgré l’insatisfaction de la population canadienne à l’égard de la présence militaire en Afghanistan, Stéphane Dion, qui craint que sa personne ne soit défaite aux prochaines élections, place son intérêt propre bien au-dessus des contingences économiques que subissent des milliers de personnes au chômage. Toutefois, il promet : « il établira un fonds de 1 milliard de dollars pour aider l’industrie manufacturière, si son parti est porté au pouvoir ». Toute la question est là. Quand occupera-t-il ce pouvoir tant convoité. Au rythme de ses hésitations, tout le champ libre est laissé par le chef libéral à son adversaire, le chef conservateur qui n’en fait plus qu’à sa guise.

Dans une entrevue qu’il accordait à Gilles Toupin, de la Presse, Stéphane Dion se lançait tout azimut dans des solutions pour redresser l’économie, s’il était au pouvoir. Voilà toute la question. « Nous verrons le budget, commente Stéphane Dion, et nous évaluerons la situation sur la base de ce budget. On ne peut écarter la possibilité que nous votions contre le budget. Le contexte a changé par rapport à l’automne dernier. Je ne veux pas dire qu’il doit y avoir nécessairement des élections. Je veux dire, même s’ils ne veulent pas d’élections, que les gens s’attendent davantage à ce qu’il y en ait. De plus, nous pensons que nos chances de victoire sont plus grandes maintenant parce que les gens sont déjà à l’écoute », a déclaré Stéphane Dion.

Et combien de soldats vont périr encore en Afghanistan en attendant que monsieur Dion retrouve le sommet des sondages et qu’il se décide à laisser, à l’électorat, le soin de juger son propre rendement au sein de cette opposition libérale totalement inefficace et impuissante ?

(Sources : la Presse, Le Soleil, Presse canadienne, Radio-Canada)

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7 responses

23 01 2008
guy

Bonjour Pierre

Alors M.Dion serait bien inspiré de lire ce rapport, son éclairage manque un peu. Lui qui se disait vouloir ètre le « Cyrano de la démocratie » il est bien attendu sur le sujet !!

Bon sinon il reste vraiment peu de « politiques » dans l’opposition au gouvernement Harper à penser que les troupes Canadiennes devraient rester aprés 2009. Et tant mieux aprés ce qui à été dit aux états unis sur l’éfficacité des troupes Canadiennes en Afghanistan. Honteux. C’est triste pour ces les braves soldats qui pensent participer à la reconstruction.

Je n’ai pas noté la réaction de P.Marois. elle est dicrète …

23 01 2008
Pierre Chantelois

Guy

Comme je l’indiquais, les sondages sont la règle de tout. Au point de reléguer à l’arrière-plan des principes qu’on voudrait annnoncer comme fondamentaux. Le Parti libéral du Québec est à ce point mal en point avec son chef, Stéphane Dion, qu’il ne sait plus vraiment à quelle stratégie se vouer. Pour un parti qui a contribué depuis plus de cent ans à bâtir le Canada, c’est triste. Profondément triste. Je crois également qu’il y a une crainte profonde : que serait un Canada géré par un gouvernement Dion majoritaire ?

Relativement à madame Marois, chaque déclaration – pour positionner un Québec indépendant – mène plutôt à la catastrophe.

Demain je traiterai en profondeur la stratégie du chef souverainiste, au fédéral, Gilles Duceppe. À suivre, donc, pour la petite histoire de ce côté-ci de l’Amérique.

Pierre R. Chantelois

23 01 2008
guy

Oui ces sondages assassins et simplificateurs…!!!

Stéphane Dion avait dit qu’il voulait faire du Québec une sté distincte celà à t’il un sens politique sérieux ?

Ceci étant gràce à vos carnets il est possible de mieux comprendre les enjeux politiques aux Québec et au Canada,avec cette situation très particuliere d’un gouvernement minoritaire chahuté;et une pespective d’éléctions … tendues !

Il est bien certain que Le Québec passionne plus d’un Français du vieux continent…

A venir donc « le bloc Québécois »…

Bonsoir

23 01 2008
Pierre Chantelois

Guy

Je ne vous ai pas gâté depuis deux jours. Deux fois un retard à vous répondre. Je verrai à corriger cela. Stéphane Dion a toujours eu beaucoup difficulté à reconnaître la Société distincte du Québec. C’est plutôt son adversaire à la chefferie, Michael Ignatieff, qui avait soulevé cette reconnaissance. Monsieur Dion subit aujourd’hui les contrecoups, au Québec, de son mépris à l’égard de sa province natale. Il a beaucoup de difficultés à se faire reconnaître et apprécier. C’est ce même individu qui, lorsqu’il était ministre sous Jean Chrétien, a fait voter une loi pour fixer à 60 % le droit – par referendum – au Québec de devenir indépendant. Cela étant contraire aux droits démocratiques de toute nation devenir indépendante par la volonté majoritaire de son peuple.

Oui des élections sont dans l’air. Vous verrez lorsque j’aborderai la stratégie de Gilles Duceppe vendredi à quel point les enjeux sont de taille.

En terminant, je ne suis pas objectif. Stéphane Dion pour moi est profondément nul et n’aurait jamais dû se retrouver à la tête d’un parti politique comme le Parti libéral du Canada.

Pierre R. Chantelois

24 01 2008
clusiau

Bonjour,

On devrait torturer Harper. Ça nous soulagerait.

Gilles Duceppe est un matamore de salon, un opportuniste de la pire espèce qui couche avec les B’nai Brit et autres bandits du monde politique.

Que des gens votent pour des nuls comme ça me renverse.

3 03 2008
Normand Beaudet

La mission militaire en Afghanistan, pour les nuls.

Pourquoi le Canada est-il en Afghanistan?
Le Canada est en Afghanistan pour compenser son refus de participer à la mission américaine en Irak.

Pourquoi les États-Unis sont-ils en Afghanistan?
L’Afghanistan est en Asie Centrale, à proximité de la Russie, de la Chine et de l’Inde. A proximité de trois pays du BRIC, qui sont le centre de la croissance économique mondiale pour les prochaines décennies.

Pourquoi spécifiquement l’Afghanistan?
C’est la frontière Est de l’ennemi numéro 1 des américains depuis les trente dernières années, l’Iran. C’est le passage obligé pour les ressources gazières et pétrolières de la mer Caspienne, vers la Chine et l’Inde. La Russie, la Chine et surtout l’Iran ne doivent pas prendre le contrôle de cette région.

Mais nous aidons tout de même le peuple Afghan…
Rien à voir avec le peuple. Nous aidons à mettre en place un régime politique qui sera sympathique aux intérêts économiques de nos grandes entreprises. Depuis quand le Canada dépense-t-il 100 millions de dollars par mois pour aider un peuple? Comment une occupation militaire, qui dure depuis 5 ans maintenant et durera encore longtemps, pourrait-elle aider une population qui souffre de la guerre depuis des décennies?

C’est tout de même une mission multinationale???
En fait, c’est une mission militaire américaine, soutenu par l’OTAN, une Alliance militaire qui oblige les pays membres à assister un autre pays membre attaqué. Le commandant suprême des opérations militaires de cette Alliance, depuis sa création à la fin de la Seconde guerre mondiale, a toujours été un général américain. Les États-Unis ont affirmés être attaqués le 11 septembre 2001.

Voyons, le 11 septembre 2001, les États-Unis ont véritablement été attaqués!
Oui, mais pas par un autre État. Al-Qaida est une organisation terroriste qui avait déjà ciblé les États-Unis à plusieurs reprises auparavant, par des attentats à l’explosif en mer et en territoire africain. La différence c’est que là, ils l’ont fait en territoire américain.

Les États-Unis devaient donc se défendre…
Le rapport du Congrès publié cet été sur les événements nous éclaire à ce sujet. Les services secrets savaient que les terroristes allaient frapper aux Etats-Unis, on apprends que certains terroristes impliqués étaient connus et suivis. La CIA aurait curieusement cafouillée… Les services de renseignements militaires savaient aussi qu’un attentat se préparait, mais ils auraient, eux aussi, étrangement, minimisé la menace. Les États-Unis voulaient eux, depuis longtemps, en découdre avec le régime Taliban. On sait maintenant que ce monstrueux désastre a été très utile pour forcer l’ONU à légitimer le renversement du régime Taliban. La légitime défense d’un État membre. Aussi, il a aidé à forcer les pays de l’OTAN à s’impliquer, l’assistance à un allié agressé. Il ne restait qu’à imposer le gouvernement Karsaï.

Ils ont fait exprès???
Non! Pas pour que les tours jumelles tombent. Ils s’attendaient vraisemblablement à pouvoir contrôler un scénario à l’explosif similaire aux attentats du passé. Ils n’avaient pas porté attention au scénario de détournement d’avions de ligne. Ils ont été éberlués, pris par surprise par la créativité morbide des terroristes et par le fait de n’avoir eu aucune indication sur l’ampleur du désastre qui se préparait. Le rapport dit vrai, les bonnes informations n’ont pas été considérées et la menace a été minimisée. Ce qu’on ne dit pas, c’est qu’un attentat, d’une ampleur raisonnable, faisait l’affaire de certains. On parlerait ainsi d’un catastrophique aveuglement tactic, quelque peu volontaire.

Les alliés participent tout de même à la mission.
Disons, diplomatiquement, que les pays européens se sentent plutôt coincés. Le colonialisme n’a pas bonne presse en Europe. Envoyer des soldats se battre outre-mer, sous les ordres d’un général américain est très mal vu. Comme on peut le constater, on ne se bouscule pas pour aller combattre dans le Sud. Il semble que tout cela ne soit une qu’entreprise bien anglo-saxonne, comme le sont les puissances qui contrôlent la distribution pétrolière et gazière mondiales.

On ne peut tout de même pas abandonner la population Afghane.
La seule voie responsable est d’exiger, comme c’est la tradition canadienne, que les militaires soient envoyés dans un cadre international comme Casques bleus. Mais ni la Chine, ni la Russie qui siègent au Conseil de sécurité, ne vont accepter. Lors d’un retrait immédiat, la population afghane ne sera pas abandonnée à son sort. L’Iran, la Russie, la Chine, l’Inde et surtout le Pakistan veulent tous jouer un rôle de premier plan dans le futur de ce pays d’une importance capitale pour l’avenir économique de l’Asie Centrale. Ils devront faire des compromis.

Former l’Armée Nationale Afghane n’est-elle pas, en définitive, la vraie solution?
Former et armer à coups de milliards une armée composée d’ethnies minoritaires, face à l’ethnie pachtoune majoritaire dans la région peut difficilement être une solution. Nous jouons aux «apprentis sorciers». Comment croire que les pachtounes joindront en masse cette armée, prétendument multiethnique, qui lutte contre ses propres séminaristes religieux, les talibans? Cela ressemble à une sinistre blague. Une sélection des combattants sur la langue parlée ne prouve quant à leur l’ethnie, le pachtou était obligatoire lors du régime taliban. C’est une recette pour les massacres et la guerre perpétuelle.

Qu’y a-t-il de mauvais à vouloir positionner nos intérêts économique dans cette région?
Il n’y a plus rien de démocratique et d’humanitaire dans l’exercice. Tout l’exercice devient un cynique, et sinistre jeu de pouvoir. Dans un contexte de réchauffement de la planète, nous aidons les Grandes pétrolières qui nous exploitent à ne pas perdre leur monopole sur les énergies fossiles. Nos soldats meurent en participant à une guerre et une occupation militaire pour des intérêts privés. Cette politique étrangère nous est imposée en utilisant une alliance militaire qui se veut exclusivement défensive, l’OTAN. L’assistance à la population ne devient qu’un accessoire pour masquer les vrais objectifs. Ceci explique la lenteur des développements, la croissance de la corruption et de l’économie des drogues. Si c’est cela le nouveau rôle du Canada dans le monde, nous perdons toute crédibilité international. Affirmons cette nouvelle réalité, et cessons de raconter n’importe quoi aux jeunes militaires qui s’enrôlent.

Quelles sont les véritables conséquences de tout ça?
Les puissances de l’Asie Centrale : la Russie, l’Inde, la Chine, le Pakistan et l’Iran, ainsi que plusieurs petits pays de la région, travaillent présentement à créer une nouvelle alliance militaire contre notre occupation. Son nom : l’Organisation de Coopération de Shangaï. Nous contribuons activement à créer une nouvelle guerre froide et à relancer une nouvelle course aux armements avec l’Asie.

Qui profite de tout cela?
Les grandes pétrolières, les marchands d’armes et les partis de droite qui agissent comme services de marketing pour ces grandes manœuvres.

Qui sont les victimes?
En premier lieu la population afghane qui subit une autre guerre. Puis, il y a nos militaires et leurs familles, qui devraient à mon avis poursuivre le gouvernement pour fausse représentation ayant causé la mort. Et, finalement, il y a la destruction de l’idéal canadien. De pays démocratique, dévoué au service de la communauté internationale et leader des actions de maintien de la paix; nous devenons un servile défenseur de la domination pétrolière mondiale par sociétés privées qui contribuent à l’enrichissement économique de pays occidentaux, particulièrement les États-Unis et l’Angleterre..

3 03 2008
Pierre Chantelois

Monsieur Beaudet

Merci d’avoir porté à la connaissance des lecteurs cet exposé. Chacun pourra le lire et en tirer les conclusions qui lui conviennent.

Pierre R. Chantelois

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