Barack Obama – « Notre politique (sur Cuba) a été un échec »

22 02 2008

« Le peuple de Cuba mérite d’avoir une démocratie », affirme Mme Rodham Clinton tout en ajoutant que, si elle était élue présidente des États-Unis, elle ne rencontrerait les dirigeants cubains que s’ils s’engageaient en faveur d’un changement démocratique dont la libération des prisonniers politiques, la fin de la répression, la liberté de la presse et l’ouverture économique. Au contraire, Barack Obama croit que « les États-Unis ne doivent pas seulement parler avec leurs amis mais aussi avec leurs ennemis ». « Je soutiens une éventuelle normalisation et c’est absolument vrai que je pense que notre politique (sur Cuba) a été un échec », a-t-il répondu. « Notre objectif est la normalisation mais cela doit se faire par étapes ». Pour Hillary Clinton : « rencontrer les dirigeants cubains sans conditions préalables serait une erreur car cela minerait nos capacités à prendre des mesures à l’encontre de ces dirigeants ». Deux générations, deux visions. Hillary Clinton tente de convaincre l’électorat par son expérience tandis que le sénateur de l’Illinois cherche à séduire en promettant une « rupture » avec les mœurs politiques de Washington. C’est ce qui ressort à ce débat de jeudi soir, à Austin, Texas, entre Hillary Rodham Clinton et Barack Obama.

L’ancienne « First Lady » a perdu la « primaire » des Américains vivant à l’étranger. De l’Antarctique à la Zambie, en passant par la France, les démocrates, établis dans 164 pays, ont voté, entre le 5 et le 12 février, par internet ou en personne. Encore une fois, Barack Obama a enchaîné une 11ième victoire d’affilée en remportant 66 % des voix à l’étranger contre 33 % à Hillary Clinton. « Obama est tout simplement une rock star. D’ailleurs, les stations de radio hip-hop militent spontanément pour lui », constate Christopher Wallas, un étudiant en sciences politiques de 19 ans, cité par Libération, et qui habite chez une copine dans la banlieue sud de Washington. Dans la trentaine d’États qui ont déjà voté dans les primaires démocrates, le sénateur noir a remporté, selon un sondage de la chaîne CNN, en moyenne 42 % des voix jeunes contre 31 % pour Hillary Clinton. Cet engouement s’explique peut-être par l’explication qu’en donne, à nouveau, Christopher Wallas, cité par Libération : les deux livres du candidat (les Rêves de mon père et l’Audace de l’espoir) ont beaucoup contribué à le faire connaître auprès des étudiants. « On voit que c’est quelqu’un qui a eu la vie dure et qui a dû surmonter plein d’obstacles pour arriver à façonner sa personnalité. Et ça, c’est quelque chose qui le rend très proche de nous ».

Selon le site Internet indépendant RealClearPolitics, Barack Obama distance Hillary Clinton avec 1 342 délégués contre 1 265 pour son adversaire. 2 025 délégués sont nécessaires pour obtenir l’investiture démocrate. Hillary Clinton est condamnée à gagner les « prochaines primaires » du Texas et de l’Ohio, le 4 mars, si elle veut conserver une chance d’être la candidate démocrate à l’élection présidentielle de novembre.

Il faudra qu’Hillary Clinton verse plus d’une larme si elle veut rattraper le retard qui l’écarte dangereusement de son rival, Barack Obama. Elle devra monter au créneau et attaquer son adversaire. Après avoir accusé Obama de plagiat, mardi, l’avoir qualifié de « commandant en chef inexpérimenté dans un monde dangereux », mercredi, madame Clinton devra rivaliser d’imagination pour ébranler les assises de son rival. Selon le principal stratège d’Hillary Clinton, Mark Penn, elle serait la seule candidate dans cette campagne qui soit à la fois prête à devenir commandant en chef et désireuse de mettre fin à la guerre d’Irak en amorçant le retrait des troupes dans les soixante jours [après son élection], ce qui n’est le cas ni du sénateur Obama ni du sénateur McCain. Celui qui se décrivait encore récemment comme « le type maigre avec un drôle de nom » répond du tact au tact : « Aujourd’hui, la sénatrice Clinton nous a dit que cette campagne exigeait un choix, et je ne peux qu’abonder dans son sens. Mais contrairement à ce qu’elle soutient, il ne s’agit pas de choisir entre des discours et des solutions. Il s’agit de choisir entre plusieurs politiques, dont une, fondée sur la division et la diversion, n’a pas fonctionné en Caroline du Sud, n’a pas fonctionné dans le Wisconsin, et ne fonctionnera pas au Texas ». Et comme l’indiquait un observateur politique : « Barack Obama a autant d’expérience qu’en avait Abraham Lincoln quand il est devenu président ».

Dans le cas où Hillary Clinton terminerait avec une victoire sur Barack Obama, l’Amérique aura en présence deux candidats qui se battront pour revendiquer la meilleure expérience pour gouverner l’Amérique. McCain clame déjà tout haut : « Si je ne suis pas le plus jeune des candidats, je suis le plus expérimenté ». Hillary Clinton défend bec et ongles, également, son expérience : « Ce dont il s’agit, c’est de choisir un président qui compte pas seulement pour ses paroles, mais pour son action, pour son dur labeur ». Comme l’indique le Figaro : « Hillary Clinton serait la gestionnaire compétente ; Barack Obama serait le visionnaire dont les États-Unis ont besoin pour retrouver confiance en eux-mêmes et redonner un sens à leur mission dans le monde ».

Sauf que… Barack Obama a misé sur le changement. Et ce changement passe par une rupture de ton. « Il n’y a pas une Amérique de gauche et une Amérique conservatrice, il y a les États-Unis d’Amérique », se plaît-il à dire tout en poursuivant : « il n’y a pas une Amérique noire et une Amérique blanche et une Amérique latino ou asiatique, il y a les États-Unis d’Amérique… nous sommes un ». Rien à voir avec les messages éculés du passé. Rien à voir avec les politiques américaines passées. Ce changement, c’est la nouveauté, la jeunesse et cette volonté de tourner la page des années Bush. Or l’ancienne « First Lady » ne correspond pas tout à fait à ce concept du changement. L’âge, les années Clinton à la Maison Blanche et cette tendance qui veut que le tabou « anti-noir » n’ait plus l’importance et n’occupe plus une place prédominante dans l’imaginaire américain, sont des facteurs qui pourraient favoriser l’option du changement à celle de l’expérience.

Il reste que rien n’est acquis à Barack Obama. Un dérapage est vite arrivé. Pour preuve, cette remarque qui a été montée en épingle de Michèle Obama, l’épouse du candidat afro-américain : « Pour la première fois dans ma vie d’adulte, je suis vraiment fière de mon pays – et pas seulement parce que Barack s’est bien débrouillé, mais parce que je crois que les gens ont soif de changement – j’attendais désespérément que notre pays avance dans cette direction ». Cette remarque aurait pu laisser entendre, selon la droite qui n’a pas raté l’occasion de se saisir de ce faux pas, que la gauche n’aimerait pas les États-Unis.

Organisé par le ministère des Affaires étrangères du Qatar en coopération avec le « Saban Center for Middle East Policy », qui fait partie de la célèbre Brookings Institution, le Forum sur les relations entre les États-Unis et l’islam, qui s’est tenu à Doha, réunissait quelque 280 personnalités et universitaires de 32 pays, dont le président afghan Hamid Karzaï et le représentant des États-Unis à l’ONU, Zalmay Khalilzad. Le prédicateur islamiste, Amr Khaled, célèbre pour ses émissions télévisées, s’est adressé, devant cet auguste aréopage, en ces termes : « Je voudrais voir Obama devenir président des États-Unis, car il promet le changement et l’espoir, dont nous, les musulmans, avons besoin autant que les Américains ». Sénateur depuis 2005 – c’est le seul sénateur noir des États-Unis -, Barack Obama n’a pas eu à se prononcer sur la guerre en Irak, un atout face à Hillary Clinton. Il rappelle qu’il s’est opposé à cette guerre depuis son commencement et il demande le retrait des soldats américains. Cette réalité a peut-être guidé les participants du Forum de Doha à donner leur soutien au candidat afro-américain tout en les amenant à ne pas s’attendre à des changements majeurs dans la politique étrangère américaine. L’expert égyptien des groupes terroristes, Dhiya Rachouane, a rappelé que la politique américaine se voudra « une continuation de la politique actuelle mais d’une manière moins extrême que sous l’administration républicaine conservatrice » de Bush.

Le retrait de Fidel Castro de la présidence ne bouleverse, pour autant, l’échiquier politique américain. Barack Obama, « candidat du changement », s’est déclaré, ce jeudi soir, en faveur de discussions « sans préalable » avec le régime communiste. « Même si la sénatrice Clinton a raison de dire qu’il faut une préparation; il est très important qu’il y ait un ordre du jour et sur cet ordre du jour, il y aurait les droits de l’Homme, la libération de prisonniers politiques », soutient le candidat démocrate.

Invariablement, le candidat Barack Obama est revenu sur ce qui a constitué, au cours de cette dernière année, son mot d’ordre incontournable : le changement. « I’m going to do things different. We can have great plans, but if we don’t change how the politics is working in Washington, then neither of our plans are going to happen ». « Il y a des différences sur notre bilan et ce que nous avons accompli », a insisté la sénatrice Hillary Clinton. « J’avoue que j’ai été amusée l’autre soir quand on a demandé à un partisan de M. Obama de citer une des choses qu’avait accompli M. Obama et qu’il a été incapable de répondre », a dit Mme Clinton. M. Obama a répondu que si « on ne peut pas inspirer les Américains, si on ne peut pas les entraîner au-delà des divisions de races et de religions (…) alors nous continuerons à voir à Washington ces impasses et ces impuissances qui font souffrir tant de familles ». « Je suis candidat à la présidence pour commencer à faire quelque chose contre cette souffrance », a-t-il dit.

Un spectateur a repris, au cours d’une pause, cette phrase qui caractérise tant le candidat Obama : « Si se puede », version espagnole du slogan : « Yes we can ». Et pour terminer sur une note humoristique, l’Américain George Clooney, nommé aux Oscars pour le thriller « Michael Clayton » et en lice pour l’Oscar du meilleur acteur, dimanche à Hollywood, affirme n’avoir aucune chance face à l’Anglo-irlandais Daniel Day-Lewis et compare sa situation à celle de Hillary Clinton face à Barack Obama : « s’il n’y avait pas Barack Obama, ç’aurait été une très bonne année ».

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11 responses

22 02 2008
Gilles

J’espère que le changement promis par B. Obama portera sur les points suivants : les États-Unis adopteront une politique pacifiste et donneront l’exemple aux autres états en détruisant leurs armes nucléaires, ils deviendront moins protectionnistes (les Democrats ont toujours été plus protectionnistes que les Republicans), ils ne nieront plus (je parle de l’establishment industriel) les changements climatiques et agiront en conséquence, ils fermeront leur base de Guantánamo, et ils adopteront le système de poids et mesures international.
 
Non non, je ne suis pas ivre…

22 02 2008
Pierre Chantelois

Gilles

Je ne suis pas ivre, non plus. À cette heure-ci, nous tentons de garder intacte notre lucidité. Je n’ai aucune idée – qui pourrait prédire, d’ailleurs – de l’issue des prochaines présidentielles américaines. Encore moins les résultats d’une gestion en rupture sous Barack Obama. Mais les États-Unis peuvent-ils aller au plus bas dans les indices de satisfaction de l’opinion internationale? Tout comme vous, Gilles, je me plais à rêver.

Pierre R. Chantelois

22 02 2008
Gilles

En effet, je présupposais que B. Obama sera élu primo candidat à la présidence pour le parti démocrate, et secundo qu’il sera élu président. Il sera intéressant de voir qui il choisira comme colistier… Je ne sais pas si la cote d’amour des États-Unis peut encore baisser — je suppose qu’elle varie beaucoup selon les milieux, et les pays — mais mon intuition me dit que le poids des intérêts de toutes sortes est plus lourd que la volonté d’un homme (ou d’une femme) et que les États-Unis poursuivront dans la même voie en ce qui concerne : le désir d’hégémonie militaire (largement réalisé !), le soutien à Israël, la doctrine du containment de la Russie (c’est la raison pour laquelle ils ont reconnu l’indépendance du Kosovo et y construisent une base militaire et d’écoute des communications, en rapport avec l’oléoduc qui alimente l’Europe), et l’implantation au Proche-Orient (à cause du pétrole, of course).
 
Beau programme ! Il gardera les analyses heureux pendant 50 ans.

22 02 2008
Pierre Chantelois

Gilles

L’écrire c’est déjà y croire : « le poids des intérêts de toutes sortes est plus lourd que la volonté d’un homme (ou d’une femme) ». Il n’en demeure pas moins qu’espérer se veut un plaisir solitaire librement consenti et sans grandes conséquences sur notre santé. 🙂

Pierre R. Chantelois

22 02 2008
Françoise

I have a dream, moi aussi. Que les États-Unis s’occupent de leurs propres affaires (et ils en ont bien besoin), cessent de se mêler de celles des autres pays (surtout avec des « guerres préventives »).

« rencontrer les dirigeants cubains sans conditions préalables serait une erreur car cela minerait nos capacités à prendre des mesures à l’encontre de ces dirigeants »

D’après cette phrase, ce n’est certainement Mme Clinton, si elle est élue, qui fera se réaliser ce rêve …

22 02 2008
Pierre Chantelois

Françoise

En effet. Les États-Unis auront fort à faire pour redorer leur blason dans le pays et dans le monde. L’arrivée d’un jeune président, noir de surcroît, avec des idées neuves pourrait créer une période d’accalmie et susciter de nouveaux espoirs. Personne n’est dupe cependant. La réalité économique et les intérêts sociopolitiques rattraperont rapidement le futur président des États-Unis.

Pierre R. Chantelois

22 02 2008
Posuto

Quel bijou d’article encore. Quelle constance dans l’excellence. Quelle… (Pierre, ça va, vous êtes tout rouge tout à coup ! Ah, ces jeunes, trop émotifs !) 🙂
RV
Non, sérieusement Pierre vous êtes confondant de clarté !

22 02 2008
Pierre Chantelois

Hervé

Vous le savez bien. Vous ne devez pas dire ces choses… oui oui oui vous avez deviné… je suis tout rouge. Merci.

Pierre R. Chantelois

22 02 2008
LE PANDA

Pierre,

Je pense que nous allons vers des surprises qui seront de taille dans la décénie à venir.

Je pense que la politique des puissances partisannnes va être obligée de laisser sa place.

C’est un point de vue, que je pense réaliste, les U.S.A. nous ont depuis bien du temps habitués à des postions dont les Occidentaux ont fait par la suite une continuité de chemin.

Cette analyse je la posséde depuis les derniéres élections en France, simple à expliquer en ce qui me concerne: Il faut que chacun retrouve sa véritable place, dans le cas contraire tenant compte que l’Occident n’a plus de porte de sortie, nous allons sombrer.

L’image peut paraître pessimiste, à mon avis non…nous avons besoin d’une leçon de civisme et de culture internationale pour refaire une unité qui s’éffrite cela quel que soit le continent.

Attention à ne pas rougir car cela serait directement le petit livre rouge d’une révolution qui a vécue.

Quoi de plus?

Le Panda

Patrick Juan

23 02 2008
décembre

Snap out of it please !

Je regrette de devoir vous le dire mais vous rêvez.

C’est bon de rêver, ça détend, une sorte de masturbation mentale qui aide à passer des sentiments mais, prendre ses rêves pour des réalités c’est pas beau, une faute.

USA = Impérialisme….mondial

Ils ont 3XX bases militaires dans le monde. Ils maintiennent l’équilibre, un équilibre fragile que seule une grande puissance peut imposer au monde et pour ça elle paraît injuste et elle l’est, je dirais même qu’elle aime bien punir volontairement par une injustice flagrante pour en faire baver encore plus et écraser tout résistance. La police actuelle est comme ça et pensez-y bien, elle l’a toujours été, on ne rigole pas avec la loi représentée par un fou furieux avec un gun.

Non mais, croyez-vous un seul instant que l’orgueil, la fierté, l’agressivité qui ont porté le américains jusque là vont soudainement se résorber ?
Les américains vont consentir à ravaler selon vous, enlever leur drapeau devant leurs maisons, se saborder eux-mêmes ?

Seule une autre plus grande puissance pourrait prendre la place des USA, c’est pas pour demain, pas impossible, un scénario comme un autre mais moi, au fond de mon fond, je pense que le but ultime des puissants de la planète c’est un monde global ou les droits des pays n’existent plus, que ceux qui veulent s’isoler sont des dissidents qui payeront en étant mis au ban pour leur choix.

Il n’y aura plus UNE grande puissance qui domine d’autres plus faibles mais UN village global, une armée, une banque, une pharmacie, une université, une capitale et évidemment, un seul point de vue acceptable, l’intégration totale, les riches avec les riches, les pauvres avec les pauvres, comme maintenant, comme hier, comme avant hier, comme pour toujours, l’homme est un loup pour l’homme.

Il y aura donc l’apparence d’une grande paix mondiale et peut-être que les gens, rendus trop mous, accepterons le paradis artificiel ou tous sont fichés et transportent leur « chip » insérée dans leur corps, leur indiquant leur place, leur rang.

Mon rêve à moi, c’est un cauchemar dans lequel le genre humain vit comme vivent les fourmis.

Mais nous nous serons morts mes frèèèèèèèèèreees.

Quand à Pierre, je suis d’accord avec vos compliments. Il faut du courage, ou est-ce de l’inconscience, pour bloguer ici, oser écrire une pensée qu’on veut claire lorsque ses écrits nous inspirent.

Pour lui il faut aussi de l’audace pour accepter de publier certaines expressions et points de vue, même de leur répondre et pour ça, je te remercie Pierre. Bravo tous.

p.s. Décembre et Clusiau sont la même personne. Je m’étais pourtant inscrit avec « wordpress » comme étant Clusiau mais je viens de remarquer que lors d’un petit séjour au Costa Rica, lalalèèèère, ou j’ai utilisé mon ordi sur un différent réseau, Clusiau est disparu. Serait-ce parce qu’un cookie fut détruit, qu’on ne me reconnaît plus et devrais-je me ré-enregistrer ? Merci.

23 02 2008
décembre

Sois humble et modeste car même si tu crois que tu es éveillé, tu es peut-être en train de rêver, la vie est un songe – CALDERON

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