Les sondages et le quotidien espagnol El Païs attaquent durement Nicolas Sarkozy

24 02 2008

Le quotidien El Païs attaque durement le président de la France, Nicolas Sarkozy. Et ces sondages qui ne cessent de dégringoler : dix neuf points séparent les cotes de popularité de Nicolas Sarkozy et de François Fillon dans le baromètre mensuel Ifop pour le Journal du Dimanche, annonce Reuters. Le chef de l’État ne réunit plus que 38% d’opinions favorables contre 57% pour le Premier ministre. Cela représente une baisse de neuf points en un mois pour le premier, une hausse de sept pour le second. Au total, neuf mois après son élection, 62% des Français se déclarent plutôt ou très mécontents de l’action de Nicolas Sarkozy à la tête de l’État soit une progression de dix points – la plus forte hausse mensuelle depuis mai dernier. Quatre sondés sur dix se disent mécontents du travail de François Fillon contre 46% il y a un mois. En mai, les cotes des deux têtes de l’exécutif étaient quasiment égales: 65% d’opinions favorables pour Nicolas Sarkozy, 62% pour François Fillon. L’enquête a été réalisée du 14 au 22 février au téléphone ou au domicile de 1.879 personnes. Que dire enfin de ce petit incident au Salon de l’Agriculture où le président a lancé des mots fleuris à un citoyen qui refusait de lui serrer la main, comme l’a enregistré la vidéo du Parisien ?

Dans son édition de cette semaine, comme si tout cela ne suffisait pas, le Courrier International reproduit trois autres articles, signés de journalistes européens, qui critiquent tout aussi férocement le style et la démarche du Chef de l’État français. Le Courrier International s’est retrouvé au milieu d’une nouvelle polémique qui bouscule l’actualité française.

Les faits

La Régie autonome des Transports parisiens (RATP) ne publie sur son portail aucun communiqué pour expliquer la décision qu’elle a prise d’interdire une affiche du dernier numéro de Courrier international, où figure le titre « Vue de Madrid : Sarkozy, ce grand malade ». La raison invoquée pour justifier cette décision : un devoir de neutralité lié à sa mission de service public. « Nous avons des règles spécifiques liées à notre mission de service public. En tant que tel nous devons respecter une stricte neutralité sous peine de poursuites, et nous sommes soumis à une certaine prudence », explique son président, Gérard Unger. Tout en ajoutant cependant : « On peut afficher des sujets politiques avec des opinions quand cela ne suscite pas la controverse. Mais traiter le président de la République de « grand malade », cela dépasse ce que l’on peut afficher dans le métro sans risque de polémique ».

Que disait donc cette affiche ? L’affiche proposée reproduisait la une du numéro de l’hebdomadaire, Le Courrier international, publié jeudi. Comme le montre bien ce lien vers Rue89, qui a mis au jour l’affaire, le titre, en haut à droite n’est qu’une traduction d’un titre du journal espagnol, El Pais. « On est dans l’ordre de la censure politique si on ne peut plus critiquer le gouvernement », déplore le directeur du magazine, Philippe Thureau-Dangin. Rue89 n’en ajoute pas moins : « Le groupe Lagardère a réussi à faire encore plus fort que Métrobus, la régie publicitaire de la RATP : dans des boutiques Relay de tout le pays, les employés ont dû plier le haut de l’affiche pour que ce titre sacrilège n’apparaisse pas : « Vu de Madrid, Sarkozy ce grand malade ». Quand le ridicule se joint à la censure… »

Selon Rue89 : « la Société des journalistes de l’hebdo s’inquiète de ces deux cas de censure successifs. Celui de Lagardère tombe d’autant plus mal que le groupe, dont le président Arnaud Lagardère s’est un jour qualifié de « frère » de Nicolas Sarkozy, vient de présenter un projet de montée dans le capital du groupe Le Monde, qui édite Courrier international. « Un tel acte augure mal de l’indépendance rédactionnelle des titres de notre groupe s’il y devenait majoritaire », écrivent les journalistes.

Cette affaire de censure n’est pas banale, comme l’explique le directeur du Courrier international. M. Thureau-Dangin précise qu’il a proposé « des changements » après avoir essuyé un premier refus, proposant notamment de remplacer « grand malade » par « malade de l’ego ». « Il y a eu un blocage total, parce que, visiblement, tout le monde était prévenu à Métrobus. Métrobus estimait qu’en tant qu’afficheur, il risquait d’être accusé de diffamation », a expliqué le directeur de Courrier International.

Dans son édition datée du jeudi 21 février, le Courrier International reproduit quatre articles signés par des journalistes européens, très critiques à l’égard du président Nicolas Sarkozy. L’un d’eux, titré « Sarkozy, c’est fini » (en français dans le texte), décrit un chef de l’ « État » « malade » : « L’infirmité dont souffre Sarkozy n’a pas la gravité du cancer de la prostate de Mitterrand, mais elle affecte cet organe vital qu’est l’ego, et qui souffre d’une hypertrophie probablement irréversible ».

Critique lapidaire contre le style du président français

Voici la version française, qu’en offre le Courrier International, de l’article du directeur adjoint d’El País, Lluís Bassets.

Les Français ont un problème. Ils croyaient avoir un superprésident, un hyper­dirigeant capable de les sortir de la dépression et de la décadence, et voilà qu’ils ont écopé d’un président comme ils en ont déjà connu beaucoup d’autres : à savoir malade, limité, qu’il faut dorloter et protéger tout en s’organisant pour que la France tourne et que le gouvernement et les institutions fassent leur devoir. La situation n’a rien d’inédit : Pompidou et Mitterrand étaient déjà des présidents malades et diminués. Le premier est même mort avant la fin de son mandat. Quant à Chirac, il fut un obstacle paralysant pendant une bonne partie de sa présidence. La maladie dont souffre Sarkozy n’a pas la gravité du cancer de la prostate de Mitterrand, mais elle touche un organe vital s’il en est : l’ego. Celui du président est d’évidence atteint d’une hypertrophie probablement incurable.

Plus on s’approche du 9 mars, date du premier tour des élections municipales, plus la nervosité des candidats du parti présidentiel augmente et plus on redoute les interventions de Sarkozy, susceptibles de faire perdre des voix à l’UMP. Le parti du chef de l’État est divisé à cause de tensions qu’il a lui-même créées. Le traitement qu’il a infligé en public aux uns et aux autres, y compris à certains de ses collaborateurs les plus proches, est digne du comportement d’un monarque bilieux et capricieux avec ses laquais. Même son actuelle impopularité est extravagante : elle ne s’explique pas par un train de réformes puisque ces dernières sont encore largement inappliquées. Elle s’explique uniquement par son comportement public.

Un triomphe de sultan, seigneur en son sérail

Le trône qu’occupe Nicolas Sarkozy a été imaginé par de Gaulle pour lui permettre d’être le troisième larron d’un monde bipolaire. Le président français voulait être un fier contrepoids occidental dans l’affrontement entre Washington et Moscou. Or Sarkozy, arrière-petit-fils libéral et proaméricain de De Gaulle (après le petit-fils, Chirac, et le fils, Pompidou), s’est installé sur le trône élyséen porté par son ambition personnelle et sa conception égotique de la présidence : il a par le fait encore accru les pouvoirs de la présidence. Et, une fois parvenu à ses fins, il s’est consacré à lui-même, comme un ado narcissique obnubilé par ses sentiments et ses plaisirs. Certes, le pouvoir peut en apporter beaucoup, mais la prudence conseille de ne pas trop en faire étalage. Sarkozy le téméraire fait tout le contraire et se vautre dans l’exhibitionnisme.

C’est sur trois points précis qu’est venu se briser le personnage : l’économie, qui n’a pas enregistré la moindre amélioration depuis son arrivée ; son idéologie plus néocons, voire “théocons”, que gaulliste – en témoignent des prises de position sur la laïcité contraires à la culture de la République ; et sa vie privée, étalée dans les médias. En monarque thaumaturge qui par une simple imposition des mains devait augmenter le pouvoir d’achat, il a échoué au point de prononcer la formule maudite qui rompt les sortilèges : “Qu’est-ce que vous attendez de moi ? Que je vide des caisses qui sont déjà vides ?” En monarque philosophe, il a manifesté les plus fortes réserves vis-à-vis des traditions républicaines, en exprimant avec désinvolture son affinité intellectuelle avec le pape. Il n’a pleinement triomphé que dans le rôle de sultan, seigneur en son sérail, paré des atours qui passionnent un certain public – et manifestement aussi ses pairs. Le voilà fasciné par son propre pouvoir de séduction, son goût exquis et sa désinvolture. Mais ce triomphe-là a le don de déprimer beaucoup de Français car il rabaisse la République au niveau de la principauté de Monaco.

Un deuxième article, signé cette fois-ci de William Pfaff, de l’International Herald Tribune, soutient que la France sort diminuée de la manifestation des caprices du président Nicolas Sarkozy.

L’effondrement de la cote de popularité de Nicolas Sarkozy n’est pas irréversible. Mais cette chute n’en témoigne pas moins, et à plus d’un titre, de l’image qu’ont les Français de leur propre pays. En surface, le problème de Sarkozy semble être que son hyperactivité n’a pas produit grand-chose. Soyons justes, il a tout de même réussi à désamorcer d’importants conflits sociaux qui avaient anéanti la volonté réformatrice du dernier mandat de Jacques Chirac.

Mais le président français est aussi coutumier des annonces tonitruantes et des promesses à l’emporte-pièce que ses ministres sont ensuite chargés d’analyser pour les trouver au bout du compte inappropriées ou inapplicables. Et l’imbroglio Cécilia-Carla n’a rien fait pour arranger les choses, au contraire.

Personne ne lui reproche que son couple ait été en crise, ni même qu’il se soit remarié, mais l’étalage de tout cela dans les journaux du monde entier, dans un tourbillon de “pipolisation”, comme on dit bizarrement en bon franglais, s’est révélé faire très mauvais effet. Car la France reste un pays très attaché à la bienséance. Un endroit où les nobles usages et la politesse permettent de marquer au quotidien une distance bien utile, tout en favorisant une courtoisie aussi indispensable qu’apaisante. La concierge et la boulangère sont systématiquement gratifiées d’un chère Madame* et des nouvelles de leur santé leur sont rituellement demandées. Les échanges de courrier avec le Trésor public ou un quelconque client se concluent toujours par une formule de politesse et de déférence dont les gradations et le bon usage sont expliquées à tout étranger (et à toutes les secrétaires). Nicolas Sarkozy a renoncé à être Monsieur le Président de la République*, sauf lorsque cette noble appellation se révèle opportunément intimidante ; dans les autres cas, il veut simplement être le type qui a un boulot à accomplir, à savoir tapoter les électeurs sur l’épaule, un dirigeant qui a gagné sa place au mérite, tout ça pour finir à la une des magazines people avec sa dernière – somptueuse – conquête.

Tout cela ne colle pas, et les Français ont le sentiment que leur pays en sort diminué. Car la France est un pays éminemment sérieux. Or les grandes décisions de politique étrangère – l’Afghanistan, l’Iran, les rapports de la France et des États-Unis, l’OTAN, Israël, les Palestiniens, ou encore le nom du futur président de l’Union européenne ou celui du prochain maire de Neuilly – sont toutes prises par Sarkozy sur le mode du caprice, sans préalable ni débat public. La situation actuelle est de celles que le président français semble avoir lui-même anticipées, voire redoutées : conquérir le pouvoir est une chose, en faire bon usage en est une autre. Au lendemain de son élection, il avait déclaré à la dramaturge Yasmina Reza : “J’ai rêvé d’être là où je suis maintenant. J’y suis. Et ça ne m’excite pas. C’est dur. Ça y est, je suis président. Je ne suis plus dans l’avant.” Nicolas Sarkozy se retrouve donc dans le “maintenant”. C’est peut-être là tout le problème, et un problème pour lequel il ne trouve pas de réponse satisfaisante.

Pour prendre connaissance des deux autres articles, avant qu’un ordre malheureux ne vienne les retirer du site de l’hebdomadaire, sur « Le président, la reine et le cadeau de mariage » et sur « Carla Bruni au banc d’essai de la critique américaine », le lecteur pourra consulter le Courrier International en ligne qui les reproduit dans leur intégralité.

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21 responses

24 02 2008
Gilles

Après une altercation avec un marin-pêcheur le 6 Novembre dernier dans un port breton, Sarkozy s’abaisse jusqu’à échanger des insultes avec un citoyen, au salon de l’Agriculture, hier.
 
Cela me rappelle le comportement de l’ancien premier ministre Chrétien, qui avait pris à la gorge un citoyen qui protestait contre des modifications au programme d’assurance-chômage (en 1996).
 
Bien sûr, c’est moins grave que de faire tirer dans la foule.
 

24 02 2008
Gilles

Désolé, j’ai oublié de dire que mon commentaire plus haut était à propos de la remarque de William Pfaff : Car la France reste un pays très attaché à la bienséance, en rapport avec les sondages défavorables.

24 02 2008
Pierre Chantelois

Gilles

J’ai eu la même idée en lisant cette information et en visionnant la vidéo sur l’incident. Il n’en demeure que de tels incidents ne peuvent que nuire à l’image du président, déjà mal en point.

Je me souviens d’un certaine France où il existait un decorum entre la présidence et le peuple. Parfois, à vouloir faire trop familier, cela engendre le mépris, dit-on généralement. C’est peut-être à cela que pense William Pfaff.

Pierre R. Chantelois

24 02 2008
Gilles

Pierre,
 
Tu dis : « nuire à l’image du président » et c’est bien vrai. J’ai un ami qui est habituellement très critique vis-à-vis la France, mais il m’a fait une remarque intéressante ; il m’a dit « Sarkozy n’est pas la France que je connais ». J’en conclus — et les articles dans El País et le International Herald Tribune me semblent aller dans ce sens — que les étrangers font la distinction entre la France que nous aimons et la personnalité troublée du président actuel. Je veux dire que le discrédit de l’un ne rejaillit pas sur l’autre.

24 02 2008
Pierre Chantelois

Gilles

Nous convenons bien tous les deux que ce serait une erreur de juger le peuple français à son président. Une chose est intéressante : le peuple français n’a mis que huit ou neuf mois pour réaliser l’ampleur de la situation désastreuse dans laquelle s’est mise le président. Il a fallu plus de quatre ans avant que le peuple américain réalise la même chose. Je n’irai pas plus loin dans cette comparaison. Je crains plus pour le président que pour le peuple français. Les réactions de Nicolas Sarkozy sont imprévisibles. L’exemple éloquent une fois de plus au Salon de l’agriculture est révélateur du malaise que traverse très certainement Nicolas Sarkozy.

Pierre R Chantelois

24 02 2008
Françoise

Pierre et Gilles,

Cela me réconforte beaucoup de savoir que l’on ne met pas la France et Mr Sarkozy « dans le même panier ». Mais si on ne lui accorde plus aucun crédit sur la scène internationale, les conséquences pour la France et les Français risquent d’être bien dommageables.

« Les réactions de Nicolas Sarkozy sont imprévisibles. »

Et là est bien tout le danger. Si le « barreur » perd ses nerfs où va aller le bateau ?

24 02 2008
guy

Et bien Chrétien ne faisait pas dans la dentelle…

Curieux cette idée de vouloir que le « président » incarne un pays… est il élu pour cela ? Je ne suis pas de cet avis.

Dans ce pays, coupé politiquement en deux depuis des lustres, aucun président n’a, selon moi, « incarné » le pays sauf De Gaulle peut être à la libération jusqu’à mai 68.

Le président incarne surtout une ligne politique voulue par une courte majorité d’électeurs à un instant T.

(Madame Jean incarne-t-elle le canada ? ou S.Harper ? et Berlusconi l’Italie ?

En Espagne c’est le Roi qui incarne le pays et il avait copieusement apostrophé H.Chavez : shut up !)

Désormais, pour « la droite », l’important c’est Fillion… beaucoup de Français le disent, et ils se rendent bien compte du malaise de Sarko.

24 02 2008
Françoise

Guy,

Bien sûr Mr Sarkozy « n’incarne » pas la France. Mais il en est le premier représentant à l’étranger. Un peu de dignité ne nuirait pas il me semble.

24 02 2008
guy

La dignité selon moi, si l’on est Français, c’est de serrer la main du président si ce dernier lui tend. Lorsque Chirac se faisait insulter et traiter de c.. (cela lui est arrivé plus d’une fois) il répondait à l’invective par : enchanté moi c’est J.Chirac !

Il avait un certain humour !

Bon dimanche à tous

24 02 2008
Posuto

J’attends avec impatience le compte tendu de la réception avec la reine d’Angleterre. Savoir que Carla va emmener sa guitare pour y chanter un petit quelque chose me procure un ravissement enfantin, un peu comme devant un nouvel épisode de Pollux

Kiki 🙂

PS, Guy, donc personne n’est digne dans cette algarade, ni le quidam ni le Président. (mais j’attends plus d’un président que d’un quidam pour ma part)

24 02 2008
LE PANDA

Bonjour,

Il y a bien plus dangereux que cela, un président ne peut représenter toute une nation c’est un « fait ». Néanmoins, il éclabousse de ses propos celles et ceux qui ne peuvent avoir « le luxe » de l’audimat.

La République est en danger, non parce que la chute de la cote de popularité de N.Sarkozy est en chute libre, mais bien plus simplement, à mon avis « modeste », c’est sa fête ce jour 24 février, il y a une cause bien plus grave.

Jamais depuis que la Viéme République existe en France un président n’avait simplement « osé » aller à l’encontre de la Constitution. Je l’ai écrit dans un des articles précédent ici, nous sommes à un tournant de civilisation et de position multiculturelle.

Vouloir toucher même avec des mots lorsque l’on est le Garant des Institutions de la République cela représente un vrai DANGER.

Quand à l’Espagne. tout comme l’Anglettere et à un degré supérieur les U.S.A.. ils devraient balayer devant leurs portes avant de donner des leçons de civisme aux peuples des hommes « libres ». Ils trainent bien trop de casseroles pour avoir le « sans vergogne » de s’exprimer de la sorte.

Lorsque l’on est malade on se soigne, il serait temps que le président de la France cesse de vouloir se prendre pour Napoléon ou Louis XIV, la majorité de ses prises de positions sont indéfendables pour tous les citoyens qui prônent la liberté.

Pour répondre à Pusoto, si je puis me le permettre, tout quidam avec raison peut-être président. Dans le cas contraire, pourquoi être en démocratie, ou alors chacun vient au monde un portefeuille dans ses poches?

Le Panda

Patrick Juan

24 02 2008
Posuto

Le Panda ? En l’occurrence l’un est élu et l’autre pas. Je n’attends pas de dignité particulière d’un citoyen, à la limite, de sa part, un comportement citoyen me convient parfaitement (et ce n’est pas toujours le cas). Par contre, du chef de l’État, j’attends autre chose que des injures de place de parking ! Et j’espère que le prochain « quidam » élu saura se tenir en public.

24 02 2008
LE PANDA

Posuto ? Puisque vous souhaitez m’interpeller ainsi, sourires.

En ce qui me concerne, j’attends de la dignité et du respect de tous les citoyens libres et responsables sans exception.

Effectivement, il ne faut pas rêver, ni croire au petit jésus soviétique….

Le ou la prochaine élu (e) est en ce moment un citoyen en poste ou pas, nul ne le sait.

Mais il faut reconnaitre que les français sont parfois « ingouvernables ». La grande cause vient aussi des médias, une élection n’est pas encore vécue que l’on projette les uns et les autres dix ans plus loin.

Les injures devraient avoir les mêmes sanctions quelle que soit la position de celui qui ouvre le « feu »

Le Panda citoyen du monde et je veux le rester.

Patrick Juan

24 02 2008
Pierre Chantelois

Bonjour à toutes, bonjour à tous

Quelle contribution! Quels commentaires. Je vous remercie sincèrement.

Françoise, vous avez raison. Et nous en avons une illustration. Dans le monde politique, un pays est jugé à sa gouverne. Il est difficile de désincarner la présidence du peuple français. Mais dans l’ensemble, les critiques étrangères évitent ces amalgames qui seraient très fâcheux et injustes. Le Canada a vécu un de ses pires scandales : les commandites. Est-ce que cela fait pour autant tous les canadiens des « ripoux »? Je ne crois pas. Il est impératif de distinguer – encore une fois – la gouverne du peuple.

Françoise et Guy

J’ai aimé cet exemple de Chirac qui répondait par l’humour à une insulte. La question est la suivante : un président de la République doit-il se mettre au diapason de ses détracteurs, des casseurs, des voyous lorsqu’il s’adresse à eux ou lorsqu’il est interpellé? Jean Chrétien – dans ce geste à l’égard d’un bénéficiaire de l’aide sociale – n’est pas sorti ennobli par sa réponse. Loin de là. La polémique a été violente sur ce geste. Serions-nous de la vieille école lorsque nous exigeons de nos élus et élues une conduite irréprochable? L’autre fait est la répétition des événements. Ce n’est pas la première fois, il me semble, que monsieur Sarkozy interpelle d’une telle manière des concitoyens ou concitoyennes. Cela ne ressemble-t-il pas à des conversations de pub ou de bars, à trois heures du mat ?

Kiki

Un épisode à suivre. Imaginons que madame Carla Bruni ait été une artiste du Cirque du Soleil ? Voire même une trapéziste de réputation internationale? Je vois d’ici la scène. Sur la place du président en situation publique, je vous rejoins.

Patrick

Une chose est claire. Chassez le naturel et il reviendra au galop. Vous rappelez-vous ce cri de Nicolas Sarkozy avant les élections? J’ai changé! Je m’interrogerais à savoir si c’est pour le mieux ou pour le pire. Est-ce que le peuple, intrinsèquement, vote pour une personnalité au style d’un quidam ou pour une personnalité qui transcende les lieux communs ? Il me semble que le petit geste de Bayrou sur la joue d’un gamin – parce qu’il croyait que ce dernier lui faisait les poches – a marqué les esprits? N’y a-t-il pas eu débat sur ce geste pour les uns inoffensif et pour d’autres injuste ?

Je ne peux souhaiter que le prochain élu ou la prochaine élue soit une personnalité qui transcende les tavernes, les pubs, les bars, les voyous, ces éternels voyous que dénonce avec acharnement l’actuel président et qu’il (ou qu’elle) puisse mieux gérer le stress des rencontres publiques, même au plus bas des sondages.

Pierre R. Chantelois

24 02 2008
mosan

Kiki…

Et si, à son habitude, il lui met des claques dans le dos ou il lui fait la bise (comme à Angéla MERKEL)…

En dehors de tout ce que je lui reproche sur le plan politique, en dehors de toutes les réformes qu’il met en marche et qui sont lapidaires pour nos droits sociaux et peut être parfois (à voir dans le temps) pour nos libertés… Si vous saviez, si vous saviez comme j’ai honte !

24 02 2008
Pierre Chantelois

Mosan

Comme Atlas, il ne vous sera jamais possible de porter le poids des erreurs de l’humanité sur votre dos. Le message le plus clair de la population à l’égard de son insatisfaction face au comportement de son président, reste bien évidemment les sondages. Ils sont éloquents. Et les prochaines élections.

Pierre R. Chantelois

24 02 2008
LE PANDA

Pierre,

J’ai le même sentiment que mosan, je ne sais qui il est, mais ses écrits sonnent justes.

Je dirai que lorsque l’honneur est atteint, pas même la mort ne vient à « boue » de cette tache.

La France est salie, à voir l’article en cours où le président français refusait de serrer les mains de ceux qui ne reconnaissaient pas l’Etat d’Israël, nous avons constatés la véracité de ses propos.

Il ne leur a pas serré la main, il les a embrassé…..

Puis dire que l’Instruction Civique va retrouver sa place à l’école de la République, il serait souhaitable alors peut-être que le président prenne des cours particuliers.

La question qui me semble de bon aloi, serait de demander à la valeur Constitutionnelle de l’Etat Français si un président peut « insulter » ouvertement au Karcher et au verbal, les gens qui ne l’approuvent pas?

La loi n’est pas la même pour tout un chacun?

Douce France, doux pays de mon enfance…..Il était ce qu’il était, comme bien d’autres…mais à su véhiculer la Mer avec SA voix, pendant que d’autres véhiculent « la C » sans limites….

Le Panda révolté et honteux de voir notre pays sale….

Patrick Juan

24 02 2008
Pierre Chantelois

Patrick

Je peux comprendre ce sentiment. Je l’ai éprouvé à plus d’une reprise sur les défaillances de notre système canadien à l’égard des droits de la personne, que j’ai largement traitées ici même, sur ce blogue. J’ai préféré la France de Dominique de Villepin devant les Nations Unies à la France d’aujourd’hui. Il reste encore en France des personnalités lucides. Robert Badinter est pour moi une très grande personnalité et il reste des intellectuels que la seule la France peut proposer. Edgar Morin est un de ceux-là. Et il y a la musique, il y a la littérature, il y a la recherche et le développement. Ne désespérons pas et voyons dans la France ce qu’elle a de plus noble, pour nous faire oublier momentanément ce qu’il y a de plus vilain en elle. Je crois que les deux journalistes, pour sévères qu’ils sont à l’égard de la France, montrent bien à quel point il reste une petite part d’admiration pour ce qu’elle a été, pour ce qu’elle est encore, et pour ce qu’elle sera toujours.

Pierre R. Chantelois

24 02 2008
LE PANDA

Pierre,

Merci, les cultures ne connaissent point de frontiàre.

Oui Robert Badinter est un grand homme, il laissera son nom à la fameuse Loi Badinter « Abolition de la peine de mort » sous la présidence de François Mitterrand. Alors qu’il fut l’avocat de ce qui fut l’un des crimes les plus horribles sur un « enfant ». Chaque système possède ses défaillances, ce n’est point une raison pour concourir en ce domaine. Autant de nations autant de sensibilités, lorsque l’on porte les valeurs des droits de l’homme sur la patrie des Francs il y a des limites à ne pas franchir.

Heureusement que la France compte encore des personnes lucides, je me pose juste une toute petite question, en faisons-nous partie? Lorsque l’on se pose en défenseur de « langue de Molière » on l’est je pense. C’est ce que j’ai ressenti à la lecture d’un article sur ce blog. Je pense que la musique est née dans les pays et nations les plus opprimés à un moment de leur parcours.

Pour mon sentiment Aïda et Les choeurs de Nabucco de Verdi seront toujours un modèle dans le genre. Interprété pour la première fois en Égypte, à sa naissance : l’opéra du maestro trouva sa diva mondiale.

Le Canada 18 fois la France avec ses zones polaires m’a toujours enthousiasmé. Une démonstration de la grandeur des peuples à la chaleur humaine.

Edgar Morin, oui je partage cette position, le point le plus ouvert reste – c’est indéniable – celui de la recherche et des découvertes mais chaque pays contribue avec ses moyens, dans la lutte des libertés et la correction, non?

Et que rajouter à cette réponse que j’apprécie, et qui correspond avec le fil de ce billet – donc je termine mon intervention par le mot de départ – Merci.

Le Panda

Patrick Juan

24 02 2008
Pierre Chantelois

Patrick

Sans donner dans le jovialisme bien connu chez nous au Québec, nous avons su trouver des points qui nous unissent dans l’optimisme pour délaisser momentanément le pessimisme. Pour ce qui concerne le grand « Ritorna Vincitor » de Verdi,
« Ritorna vincitor! … E dal mio labbro
Usci l’empia parola! Vincitor
Del padre mio … di lui che impugna l’armi
Per me … per ridonarmi
 »
nul doute, nous nous rejoignons.

Il en va ainsi de ce « Va, pensiero, sull’ali dorate » du Choeur des juifs :
« Allez, pensées, sur de brillantes ailes,
Allez, posez-vous sur les montagnes, sur les collines
Où passe libre et molle
La douce brise du sol natal.
Saluez la rive du Jourdain,
Les tours abattues de Sion.
Oh! ma patrie si belle est perdue! …
Oh! souvenir à la fois cher et fatal…
Harpe d’or des anciens prophètes,
Pourquoi pends-tu muette aux branches des saules?
Ranime dans le cœur
La mémoire du temps qui n’est plus.
Oh! redis en gémissant les destins de Solimé.
Que le ciel t’inspire une harmonie
Qui nous donne la force de souffrir
 ».

Pierre R. Chantelois

25 02 2008
Adrien Soissons, militant pour la transformation sociale » Sarkozy et le syndrôme Panafieu

[…] vraiment rien d’exceptionnel, si ce n’est que Courrier International est interdit de pub dans les gares RATP pour avoir qualifié Sarkozy de “Grand Malade”. Filled under: Podcast video, Prises de […]

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