Votre enfant est-il prédisposé à être agressif ou violent?

26 02 2008

« Les enfants qui ont des amis socialement agressifs semblent adopter ce comportement même quand ils n’ont aucune prédisposition génétique à l’agressivité sociale », voilà le constat auquel en arrive une étude qui regroupe des chercheurs de l’Université Concordia, de l’Université Laval et de l’Université de Montréal, et qui a été financée par des subventions des gouvernements fédéral et québécois. « L’influence d’amis et d’adultes peut amener même le plus doux des enfants à se livrer à du harcèlement psychologique auprès de ses camarades », révèle de plus l’étude. Selon la chercheuse, Mara Brendgen, l’agression sociale peut se décrire comme « un comportement blessant, mais sans contact physique, ce qui inclut le harcèlement et des stratégies moins directes comme la propagation de rumeurs et l’exclusion sociale ».

L’étude, qui paraît ce mois-ci dans la publication « Child Development», indique aussi que les enfants adoptent facilement des comportements d’agressivité sociale parce qu’ils passent souvent inaperçus auprès des adultes. Selon Mara Brendgen, les parents ne punissent pas leurs enfants aussi sévèrement pour les agressions psychologiques que dans le cas d’agressions physiques. Mme Brendgen constate alors que : « plusieurs adultes ne les voient pas toujours, et s’ils s’en aperçoivent, ils ne croient pas que ce soit sérieux ». Selon la spécialiste : « Les répercussions de telles agressions peuvent être aussi dommageables que les contusions consécutives à une bousculade de cour d’école. Cela est aussi douloureux », assure Mme Brendgen, qui enseigne en psychologie à l’Université du Québec à Montréal. « Parfois, pour les filles, cela peut même être plus grave qu’une agression physique, parce qu’elles disent qu’une fois que leur réputation est détruite, c’est très difficile de la reconstruire », fait observer Mme Brendgen.

L’agressivité des enfants ne s’explique qu’à moitié par l’éducation. Les gènes sont aussi coupables, dans une proportion de 50 %, indique Le Journal de l’UQÀM.

Des observations effectuées auprès de 406 paires de jumeaux âgés de sept ans, de la région de Montréal, indiquent que des facteurs liés au milieu dans lequel se trouvent les enfants sont l’élément moteur d’agressions qui, sans être physiques, sont néanmoins psychologiquement perturbantes.

« J’étudie ces enfants depuis qu’ils sont à la maternelle », raconte la chercheuse. « Nous questionnons non seulement les jumeaux, mais également leurs amis et leurs professeurs. Nous tentons d’évaluer si les membres de la cohorte font preuve ou non de comportements agressifs. Si oui, nous cherchons à savoir de quelle nature et à quelle fréquence se produisent ces comportements. Nous nous intéressons à la fois à la violence physique et à la violence psychologique. Le dénigrement d’autrui, par exemple ».

Les jumeaux ont été formés en trois groupes (cohorte). Le premier « groupe », le plus vieux, recense des jumeaux de quatrième année (selon les échelons scolaires du Québec). Ceux du deuxième groupe sont inscrits en troisième année, et ceux du troisième groupe, en deuxième année. Cette répartition a été réalisée par le Groupe de recherche sur l’inadaptation psychosociale chez l’enfant (GRIP), un regroupement basé à l’Université de Montréal et dont fait partie Mme Brendgen.

L’étude de Mara Brendgen montre que les membres du groupe, dont le jumeau ou la jumelle monozygote (bagage génétique identique) adopte des comportements physiquement agressifs, ont de plus fortes chances que la moyenne d’être lui-même violent physiquement. Cette association n’a pas été montrée avec la même intensité chez les jumeaux dizygotes (bagage génétique différent). « En analysant statistiquement les données, nous avons constaté que les gènes et l’environnement intervenaient dans une proportion de 50-50 ». Les constats diffèrent lorsqu’on regarde du côté de la violence psychologique qui, chez les jeunes écoliers, est généralement la tactique privilégiée par les filles. « Seulement 20 % de ces comportements s’explique par les gènes », explique Mara Brendgen. Autrement dit, comme l’indique Dominique Forget dans Le Journal de l’UQÀM : « on apprend à être mesquin et à raconter des ragots, plus qu’on apprend à sortir les poings ».

Un autre volet de cette étude, menée cette fois par Michel Boivin, de l’École de psychologie de l’Université Laval, montre que les conditions, pour qu’un enfant arrive bien préparé à sa première année scolaire, « dépendent davantage de facteurs liés au milieu dans lequel il a grandi que de facteurs héréditaires ». Les chercheurs ont soumis 840 jumeaux de cinq ans à une série de tests standards servant à mesurer leur degré de préparation à l’école. Ces tests comportaient des questions sur les couleurs et les formes, la description d’images, le positionnement d’objets dans l’espace, les lettres et les nombres. « Les résultats à ces tests prédisent de façon surprenante le rendement scolaire dans les premières années du primaire », a souligné Michel Boivin.

Les analyses ont révélé que les facteurs liés à l’environnement commun des jumeaux – à titre d’exemple le niveau socioéconomique des parents, l’attitude et les comportements de ceux-ci vis-à-vis l’éducation ou encore le milieu de garde commun des deux enfants – expliquaient 54 % des différences observées dans les habiletés générales qui sous-tendent la préparation et le succès à l’école. Les facteurs génétiques seraient quant à eux responsables de 29 % des différences observées. Le 17 % restant proviendrait de facteurs environnementaux spécifiques à chaque enfant.

Le fait que 350 enfants étaient des jumeaux monozygotes — ces « vrais » jumeaux qui partageant 100 % de leurs gènes, alors que les autres étaient de « faux » jumeaux qui partagent en moyenne 50 % de leur bagage génétique — a permis aux chercheurs de quantifier la part des gènes et celle de l’environnement dans les résultats obtenus aux différents tests.

« Nos résultats font ressortir le rôle prépondérant des facteurs liés à l’environnement du jeune enfant dans son degré de préparation à l’école », résume Michel Boivin. « Ils démontrent clairement la pertinence de mettre en place des programmes d’intervention destinés aux jeunes enfants provenant de familles à risque en vue d’améliorer leur degré de préparation à l’école », conclut le chercheur.

L’importance des facteurs environnementaux dans la préparation des petits pour l’école est en soi une bonne nouvelle. « Cela justifie les efforts d’intervention auprès des familles vivant dans des milieux défavorisés », souligne M. Boivin. « Le développement du langage est un des meilleurs « prédicteurs » de la performance scolaire », poursuit-il.

Lire des histoires aux enfants, l’heure du conte dans les bibliothèques, la fréquentation d’un CPE (centre de la petite enfance) de qualité, sont autant de moyens pour bien préparer un enfant à son entrée scolaire, selon Michel Boivin.

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26 02 2008
Tietie007

Natural Sarko born !

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