Le gouverneur de New York, Eliot Spitzer, dans de sales draps!

11 03 2008

Il s’était notamment rendu célèbre, lorsqu’il était ministre de la Justice de l’État de New York, en trainant en justice des responsables de deux réseaux de prostitution. La nouvelle vient de tomber. Eliot Spitzer, le gouverneur démocrate de l’État de New York, ancien pourfendeur des pratiques frauduleuses des grandes banques américaines dans les années quatre-vingt-dix, vient d’informer son entourage qu’il était impliqué dans un réseau de prostitution. La nouvelle est parue sur le site Internet du New York Times et viendrait d’une source anonyme des milieux policiers fédéraux. Le gouverneur démocrate n’a pas été mis en examen par la justice américaine et les procureurs de Manhattan n’ont fait pour le moment aucun commentaire.

Le réseau dans lequel serait impliqué le gouverneur Spitzer, est connu sous le nom de « Emperor’s Club V.I.P. ». Toutefois, rien ne permet de relier le gouverneur Spitzer à ce réseau précis. Toutefois, les déclarations de d’Eliot Spitzer coincident avec l’arrestation, par les autorités fédérales, de personnes œuvrant dans le réseau de prostitution « Emperor’s Club V.I.P. ». Selon le New York Times, ce réseau aurait des ramifications dans des villes comme New York, Washington, Miami, Londres et Paris. Les profits de ce réseau dépasseraient le million de dollars en blanchiment. Un rendez-vous coûterait entre 1.000 et 5.000 dollars l’heure. Les coûts pour un week-end complet, en compagnie d’une prostituée de luxe, pouvaient s’élever à 50.000 $. Le mode de paiement se faisait comptant, par carte de crédit ou transfert bancaire. Le chef du réseau, Mark Brener, 62 ans, du New Jersey, embauchait plus d’une cinquantaine de prostituées dans les villes de New York, Washington, Miami, Londres et Paris.

À la mi-février, le gouverneur Spitzer se trouvait à Washington. Il aurait fait appel à une prostituée dans la nuit du 13 février dernier, selon la déposition d’une des personnes en état d’arrestation pour prostitution. Pour l’instant, personne des autorités policières fédérales n’a voulu commenter l’affaire. Il a présenté lundi des excuses à sa famille et à ses administrés pour une « affaire privée » non précisée. « J’ai agi d’une manière contraire à mes devoirs envers ma famille et à mon sens du bien et du mal ». La chaîne de télévision Fox News avait annoncé, sur la foi de sources non identifiées, que le gouverneur pourrait quitter son poste.

Un responsable des forces de l’ordre s’exprimant sous couvert de l’anonymat a confié à l’Associated Press que des écoutes téléphoniques prouvent l’implication de Spitzer. Le gouverneur de New York aurait rencontré une femme à l’Hôtel Renaissance, de la chaîne Mayflower, à Washington le mois dernier, et celui-ci serait identifié comme le « Client 9 » occupant la chambre 871. Une des quatre personnes soupçonnées, Temeka Rachelle Lewis, a affirmé que « Client 9 » couvrait généralement toutes les dépenses des hôtesses, c’est à dire les billets de train, les notes de taxi, les frais d’hôtel, l’utilisation du minibar et du service d’étage. Selon le témoignage de cette intermédiaire, le gouverneur aurait payé en liquide ce service d’un montant de 4.300 dollars, soit environ 2.800 euros.

Élu en novembre 2006, Eliot Spitzer succédait ainsi à George Pataki. Docteur en droit, Spitzer a travaillé pour le juge Robert W. Sweet à Manhattan pour rejoindre par la suite le cabinet juridique Paul, Weiss, Rifkind, Wharton & Garrison. En 2006, soutenu notamment par deux anciens maires de New York, David Dinkins et Ed Koch et par l’homme d’affaires républicain Donald Trump, Eliot Spitzer est le candidat démocrate au poste de gouverneur. Le 7 novembre 2006, il est élu avec 69% des voix contre 29% au républicain John Faso et 1% au libertarien John Clifton.

En février dernier, le gouverneur démocrate accusait l’administration de Georges W. Bush d’avoir fermé les yeux sur l’endettement illégal de nombreuses familles dans le cadre du scandale des « subprimes ». Il avait dénoncé les banques pour des pratiques jugées déloyales, voire illégales, qui ont mené à la faillite de nombreuses familles américaines aux prises avec des taux hypothécaires qu’elles ne peuvent acquitter. Il avait alors qualifié la situation du crédit bancaire d’un « tsunami » sur le marché de la dette. Selon le gouverneur Spitzer, autant le président Bush que les autorités de régulation (SEC) ont démontré un laxisme en permettant aux banques des dérives en matière de crédit et en mettant pas en place des outils de contrôle.

Rien n’arrêtait Eliot Spitzer. Alors qu’il était procureur général de l’Etat de New-York, Eliot Spitzer, celui qui a fait trembler les grands noms de Wall Street pour leurs pratiques frauduleuses dans les années quatre-vingt dix, portait plainte, pour « escroquerie » et « manipulation de comptes », contre le numéro un mondial de l’assurance, AIG. Toujours dans le cadre de ses enquêtes sur les banques de Wall Street et le scandale des « mutual funds », la nouvelle « terreur » du capitalisme, comme il a été surnommé par les milieux financiers, Eliot Spitzer, obtient la tête de Jeffrey Greenberg, patron de Marsh & McLennan, le premier courtier américain, qui tombe sous le poids des charges qui lui sont reprochées, à savoir encaissement de commissions occultes et organisation d’enchères truquées .

C’est ce même Eliot Spitzer qui avait obtenu un accord de plusieurs millions de dollars la société Intermix Media, et son logiciel espion de collecte de données, d’affichage de pop-up et de redirection. Il avait également obtenu, à l’été de 2005, un dédommagement de 10 millions pour une série de pots de vin (payola) faits aux programmeurs de stations de radio (vacances, nuits d’hôtels, etc.) afin de les inciter à passer les titres du label. Il s’agissait déjà de SonyBmg.

Le magazine Time l’avait baptisé « Croisé de l’année » à l’époque.

L’opposition républicaine de l’État de New York a immédiatement réclamé la démission d’Eliot Spitzer après avoir pris connaissance des aveux de leur ennemi politique. « L’information du jour est qu’Eliot Spitzer est très propablement lié à un réseau de prostitution. Il a sali ses fonctions et l’Etat de New York », a ainsi dénoncé James Tedisco, haut responsable de l’antenne locale du Parti républicain.

Hillary Clinton a cependant refusé de commenter « l’affaire Eliot Spitzer », influent membre du parti démocrate. L’ex-First lady est la sénatrice du même État que monsieur Spitzer.

(Sources : Cyberpresse, Reuters, AFP, New-York Times, New York Post)

 

Video de la courte déclaration d’Eliot Spitzer

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Et cette autre vidéo, en des temps meilleurs, où Eliot Spitzer exerce ses talents d’acteur et de professeur.

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8 responses

11 03 2008
Evy

C’est le FBI qui menait l’enquête

Voici un cas qui m’apparaît aussi questionnable

Le paiement en question serait de 90 000 par an selon un communiqué du pm repris par Arcand

Pour Mario, ce serait 50 000

11 03 2008
Pierre Chantelois

Evy

En effet. J’avais lu cette information hier soir. D’autant plus que le parti libéral refuse d’indiquer les montants en cause.

Pierre R. Chantelois

11 03 2008
guy

ce grand pays est bien malade !

Comment faire encore confiance aux hommes…. ils passent leur temps à assouvir leurs désirs… confort.. perversions…

Les hommes politiques pourraient montrer le chemin? Non, pensez vous.

Bush ne vient il pas de mettre son veto contre une loi du congrès contre l’emploi du waterboarding, après avoir nié son utilisation par la CIA? Il est vrai que Bush … bof!

L’argent rend fou !

Le pouvoir rend fou !

Le bonjour à vous Pierre.

11 03 2008
Gilles

Les hommes politiques n’ont aucunement l’obligation d’être vertueux, ni même intelligents. Leur seul rôle est de nous représenter. Donc, il appartient aux électeurs de se renseigner sur les candidats avant de les élire. Tant que nous élirons des hommes et des femmes provenant du milieu des d’affaires (ceci est surtout valable aux États-Unis, je pense), nous aurons des représentants qui feront des affaires, puisqu’on ne chasse pas le naturel.
 

11 03 2008
guy

Un homme politique n’a pas d’obligation morale et personne n’évalue son QI je suis d’accord.

Ceci étant « le fait » d’être vertueux ou intelligent n’est pas incompatible avec la responsabilité politique…pourquoi le serait il ?

Je me retourne vers la 4 eme république en France et je trouve des personnages « présidents du conseil » ou « présidents de la république » qui le furent la liste est longue…

Sans être passéiste force est de reconnaître qu’ils appartiennent à d’autres générations.

La vertu ? … ce n’est plus dans l’air du temps !

11 03 2008
Pierre Chantelois

Guy

Imaginons maintenant les déceptions et les surprises que vit la population des États-Unis à qui les évangélistes répètent sans cesse les vertus de la chasteté! Surtout lorsqu’il s’agit de personnages politiques qui fondent leur campagne sur l’ordre et la justice.

Gilles

Force est de reconnaître que Eliot Spitzer a pourchassé les impies et les prostitués, et que maintenant, il croit qu’il suffit d’un simple : « excusez-moi » pour reprendre le combat! Spitzer n’est pas le dernier venu en politique. Sa carte du ciel, pourrait-on dire, en a fait un homme drapé dans la vertu avec une chape de plomb prête à s’écrouler, sur les magouilleurs de la finance américaine et les gens de basse extraction! Sans exiger de ces gens qu’ils soient surhumains, demandons-leur simplement de cesser de mentir sur une prétendue obligation de vertu, pur «  pharisianisme ».

Beaucoup d’hypocrisie au pays de l’Oncle Sam.

Pierre R. Chantelois

11 03 2008
LE PANDA

Il semble que pour que les générations de politiques, pour passer au stade de l’application des sentiments qu’ils défendent plusieurs générations seront utiles.

Eliot Spitzer, commet les mêmes « frasques  » pour ne pas aller plus loin que la majorité des hommes au pouvoir, devant de tels faits, je n’ai plus qu’à dire le contraire de ce que je pense, attendre un certain temps
« une presciption » et le chemin de Damas s’ouvre à nouveau pour une « puréfaction » faites ce que je dis mais pas ce que je fais, dans ce cas gare à la conscience.

Nous avons face à nous de plus en plus de faux états et de « véritables sectes » parfaitement organisées où la « corruption » se trouve à tous les étages sauf pour les bas de classe.
Il faut des sanctions majeures à la hauteur de la fonction, puisque les salaires et la puissance en découlent. Tant que cela ne fera pas partie d’une charte bien defénie nous resterons que de bien petits face à la pitance des fausses vierges de vertu.

Le Panda

Patrick Juan

11 03 2008
Pierre Chantelois

Bonsoir Patrick

Il semble que l’usure du pouvoir peut trahir celui qui l’exerce. Je vois derrière cette chute d’Eliot Spitzer un homme qui a cru que son destin ne le trahirait pas. Justicier reconnu dans l’État de New York et aux États-Unis, craint pour sa rigueur, sa sévérité, son sens de l’éthique et de l’engagement, Eliot Spitzer n’aura été victime que de sa propre concupiscence. Il était pressenti pour devenir un jour candidat aux présidentielles. J’ai la nette impression que la carrière politique d’Eliot Spitzer est maintenant derrière lui.

Il faut des sanctions majeures à la hauteur de la fonction

Cela est exact. Plusieurs démocrates le pressent maintenant de démissionner. Il est même question d’une mesure de destitution.

Pierre R. Chantelois

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