Le Washington Post décerne à madame Hillary Clinton quatre « pinocchios »!

27 03 2008

La semaine dernière, Hillary Clinton a évoqué les circonstances d’un voyage en Bosnie en 1996, dans des entretiens à plusieurs médias de Pennsylvanie (est). Madame Clinton a fait état de tirs de snipers à son arrivée à Tuzla. Bref, la candidate démocrate avait risqué sa vie en Bosnie lors d’un voyage officiel. La Première dame aurait elle-même été dépêchée dans les Balkans car la situation était « trop dangereuse » pour que le président Clinton s’y rende. « Je me souviens de l’atterrissage sous les tirs de snipers. Il devait y avoir une sorte de cérémonie de bienvenue à l’aéroport mais en fait, nous avons couru tête baissée jusqu’aux véhicules pour nous rendre à notre base », avait soutenu madame Clinton devant la presse. La sénatrice avait également ajouté « On m’avait dit que l’on devait atterrir d’une certaine manière et porter nos gilets pare-balles en raison de la menace de tirs de snipers » dans un entretien au quotidien Philadelphia Daily News.

Comme le prouve bien la vidéo ici-bas, des images de télévision de l’époque la montrent plutôt, en compagnie de sa fille Chelsea, de la chanteuse Sheryl Crow et du comédien Sinbad, en train d’être accueillie par des responsables souriants, écoutant une fillette de 8 ans lui lire un poème. Selon le Washington Post, après avoir contacté des journalistes présents sur les lieux, Tuzla était sous contrôle américain et loin d’être menacée par d’éventuelles attaques. Et CBS a remis à la disposition du public les reportages qui ont entouré cet événement en Bosnie.

Il n’en fallait pas plus pour que l’entourage de M. Barack Obama cherche, depuis plusieurs jours, à convaincre l’opinion publique américaine que Mme Clinton n’inspire « pas vraiment confiance » en recourant ainsi à des approximations avec la vérité.

Cet aveu d’inexactitude intervient également alors que le rival de Mme Clinton, Barack Obama, exploite sans pitié cette gaffe de l’ex-Première dame : « Quand vous faites une fausse déclaration qui est dans un discours préparé, ce n’est pas « mal s’exprimer », c’est induire en erreur les gens », soutiennent les membres du camp adverse. « Mme Clinton a constamment fait des calculs politiques pour délibérément induire en erreur les Américains, et les électeurs l’ont remarqué ». Réplique cinglante de madame Clinton : « Nous n’avons pas le choix en ce qui concerne nos familles, mais nous avons le choix quand il s’agit du pasteur et de l’église que nous fréquentons ». Pour glisser de manière bien sentie : « A en juger par tout ce qu’on a vu et entendu, (le pasteur Jeremiah Wright) n’aurait pas été mon pasteur ».

Cette bévue de madame Clinton arrive en plus à un bien mauvais moment puisque déjà 53% des Américains trouvent qu’elle n’est pas « honnête et digne de confiance » (contre 44% qui pensent qu’elle l’est). Madame Clinton a, tant bien que mal, tenté de réparer ce nouvel incident de parcours dans sa campagne : « Je me suis mal exprimée l’autre jour. La campagne a été très longue, de temps en temps je suis un être humain comme tout le monde. Les militaires se sont très bien occupés de nous, cela les inquiétait d’emmener une Première dame dans une zone de guerre, ils ont pris énormément de précautions et s’inquiétaient de toutes sortes de choses ».

Un autre petit mensonge vient hanter madame Clinton. La candidate démocrate vante ses « 35 ans d’expérience internationale » comme argument majeur de sa campagne présidentielle. La semaine dernière, les Archives nationales américaines ont mis en ligne plus de 11.000 pages de son agenda officiel du temps où elle était Première dame, entre 1993 et 2001. Or, The Guardian, après avoir analysé ces documents, montre qu’elle n’a pas joué un rôle majeur dans les décisions de politique étrangère de Bill Clinton. Au contraire, l’ex-première dame était souvent absente lors des moments clés de la présidence de son mari. Les archives montrent ainsi qu’elle a consacré l’essentiel de son temps en 1993-94 à superviser la réflexion sur un plan de réforme du système de santé, dont l’échec contribua à faire perdre le contrôle du Congrès aux démocrates. La candidate qui revendique une « expérience de 35 ans dans la vie publique », ainsi qu’un « rôle pivot dans le retour de la paix en Irlande du nord » ou pour « résoudre la crise des otages au Kosovo»… ne trouve, hélas, aucun réconfort dans le document exhumé en début de semaine à la demande de l’association conservatrice Judicial Watch, comme l’indiquait VSD. « Il est temps d’inspirer profondément et d’être honnête. Clinton ne peut pas gagner. Passons à autre chose », écrit le blogueur démocrate Joe Sudbay et observateur à Washington pour France24.

Le Washington Post a décerné à madame Hillary Clinton quatre « pinocchios », soit un beau long nez d’honneur.

Video

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21 responses

27 03 2008
Françoise

Pierre,

Y a-t-il une seule femme, un seul homme politique au monde qui n’ait « un long-long nez » ? 🙂

27 03 2008
guy

C’est tout de même incroyable le nombre de mensonges dont H.Clinton semble capable. C’est chronique chez elle parait il …!

En tout cas les américains ne semblent pas dupes c’est déjà ça. En plus B.Obama l’emporte sur trois items :

S’intéresse aux problèmes des gens comme vous : +12% sur H.C

Partage vos valeurs +6% sur H.C

Comprend les problèmes auxquels les Américains sont confrontés dans leur quotidien +9% sur H.C.

S’il y avait une justice il serait élu ! Mais comme chacun sait … En tout cas son nez me semble moins long que les autres. Bah ! il faut bien sourire, il sera bien temps de s’alarmer le moment venu.

Bonne journée à tous .

27 03 2008
Pierre Chantelois

Françoise

Qui n’a pas son long nez dans la vie? Sauf qu’en politique, il faut qu’il y ait apparence de vérité… n’est-ce pas? J’ai l’impression que le sort de madame Clinton semble de plus en plus réglé :

La cote de popularité de Hillary Clinton, candidate à l’investiture démocrate à l’élection présidentielle de novembre, est au plus bas. Selon un sondage NBC/Wall Street Journal diffusé mercredi, elle a perdu 8 points en deux semaines pour atteindre seulement 37%. Le taux d’opinions négatives à l’encontre de la sénatrice de New York s’établit à 48%. Son rival, Barack Obama, voit sa cote baisser légèrement, à 49% contre 51%. Dans les primaires, Obama et Clinton sont donnés ex aequo à 45%. En cas d’élection présidentielle, Obama est crédité de deux points d’avance sur le républicain John McCain (44% contre 42%) alors que McCain devance Clinton de la même marge (46%-44%). Sur la question de savoir qui pourrait le mieux rassembler le pays en cas de victoire le 4 novembre, c’est le nom d’Obama qui apparaît à 60%, devant McCain (58%) et Clinton (46%).

Source : SDA-ATS News Service

Guy

S’il y avait une justice il serait élu ! On pourrait dire les choses de cette manière. Il est parti de loin. De très loin, même. Il mérite tout à fait cette première chance. Il marquerait son entrée dans l’Histoire d’une bien belle façon. Très honorablement, en tous les cas.

Pierre R. Chantelois

27 03 2008
Françoise

« J’ai l’impression que le sort de madame Clinton semble de plus en plus réglé »

Il faut dire qu’elle y met du sien. 🙂

Je n’ai jamais apprécié cette femme, que je trouve beaucoup trop politicienne et arrogante. Il semble que l’élection présidentielle aux États-Unis va se jouer dans « un dé à coudre ». Espérons que les machines à voter seront « honnêtes »…

Qu’attendre de la prochaine présidence ? L’Amérique me fait penser à un bateau qui file sur son erre, droit sur les écueils. Je ne sais pas si le prochain capitaine sera capable d’en changer la direction.

27 03 2008
guy

Pierre bien d’accord avec vous,

J’ai l’impression d’écouter et de voir en B.Obama un honnête homme,

pourtant ma devise en politique comme dans la vie c’est « chat échaudé craint l’eau froide » (lol)…

Françoise a bien raison, je ne vois aussi qu’arrogance dans la posture d’H.C; pas l’envie de vaincre de l’arrogance et un grand manque de modestie.

B.O c’est tout le contraire il semble dégager un fort charisme.

(Je suis un benêt car j’ai adoré son clip « yes we can »…il dégage tant d’éspoirs)

Ces points de vue sont ils si innocents ? Je ne croie pas: les gens sont souvent ce qu’ils « dégagent » non ?

Je me demande si l’Amérique n’est pas déjà un grand navire échoué…
(Commenter sur un blog c’est aussi utiliser des formules toutes faites je ne déroge pas à la règle, je n’ai rien inventé hélas !).

27 03 2008
Pierre Chantelois

Guy

Personne ne déroge à la règle. Innover c’est accepter volontiers le changement. Dans la mesure où il répond à une majorité et qu’il est mené en fonction du bien commun.

Pierre R. Chantelois

27 03 2008
guy

je dois être bouché aujourd’hui !

Je ne comprends pas sur « acccepter le changement » :

 » Dans la mesure où il répond à une majorité et qu’il est mené en fonction du bien commun », dans quel sens Pierre ? « politique » ou quotidien ? les deux ?

Merci

27 03 2008
Pierre Chantelois

Guy

Ce que je voulais indiquer est qu’il peut y avoir deux types de changement : un qui est imposé de force et l’autre qui est accepté volontiers. En entreprises, trop souvent on voit des changements dans l’organisation du travail qui sont imposés sans consultations. Cela n’est pas de l’innovation. Ce qui se cache souvent derrière ces changements imposés est une volonté de rationalisation des emplois (compressions de postes à des fins budgétaires). Alors que des changements acceptés, réfléchis et assimilés dans l’organisation du travail sont des occasions d’enrichissement individuel et collectif. Cela s’applique aussi au secteur politique. Des compressions de postes dans la Fonction publique, par exemple, au nom d’un rééquilibrage budgétaire, si elles sont imposées sans réflexion préalable, laisseront des des impressions négatives et démobiliseront toute une organisation du travail. Il en va également du pouvoir d’achat. À quel prix les Français sont-ils prêts à consentir pour élever leur pouvoir d’achat? L’abaissement des retraites? La hausse des impôts? La diminution des services publics? Ce sont des choix éclairés qu’il faut, non pas des diktats politiques qui s’abattent sur le petit monde comme une chape de plomb.

Pierre R. Chantelois

27 03 2008
chantal serriere

Telle est prise qui croyait prendre…

27 03 2008
Pierre Chantelois

Chantal

Je crois que tout cela est bien triste pour cette femme qui rêvait à de si hautes fonctions, qui aurait marqué l’histoire de son pays et dont les moyens pour y parvenir ne constituaient en rien un obstacle.

Pierre R. Chantelois

27 03 2008
Evy

La candidate peut oublier tout autant que you tube qui ne rend plus disponible le second vidéo; encore une machination?

27 03 2008
guy

Evy

Vous avez parfaitement raison !

« youtube » comme « dailymotion » exercent une censure bien au delà des droits à l’image ou droits d’auteurs… il y a bien un « politiquement correct » …

Sont immédiatement bloquées toutes vidéos portant par exemple sur le « 11 Septembre » et qui proposeraient de commenter la question : est il normal qu’il y ait autant de morts en Palestine ou en Irak à cause des événements du 11 Septembre ? (J’en ai la preuve).

Une machination ?

Ne faut il pas plutôt croire à une censure ?.

27 03 2008
Pierre Chantelois

Evy

Les puissants ont toujours droit de cité. Leur image est parfois plus importante que la vérité.

Guy

J’incline bien évidemment à croire qu’il s’agit là d’une censure.

Pierre R. Chantelois

27 03 2008
guy

Je reviens vers vous Pierre

« À quel prix les Français sont-ils prêts à consentir pour élever leur pouvoir d’achat? L’abaissement des retraites? La hausse des impôts? La diminution des services publics »…

c’est la quadrature du cercle !

Ma boule de cristal est bien poussiéreuse…

Parfois je me dis que ce qui compte ce sont les questions et pas les réponses… ça m’arrange (lol)

Merci pour vos éxplications.

27 03 2008
Pierre Chantelois

Guy

Mon vieux professeur disait toujours à ses élèves : ce ne sont pas les questions qui sont compromettantes, ce sont les réponses 🙂

Pierre R. Chantelois

27 03 2008
Gilles

N’oubliez pas que les candidats à la présidence sont élus par les Grands Électeurs, ce qu’on appelle le suffrage universel indirect ; Mme Clinton a encore toutes ses chances. Par exemple, le président Bush avait obtenu moins de votes populaires que Al Gore (50,400,000 contre 51,000,000 environ) mais il a été élu par les Grands Électeurs (271 voix contre 266).
 
Il y a un système semblable dans le parti Démocrate, les votes des délégués élisent le candidat à la présidence, pas les votes exprimés lors des primaires, caucus ou conventions locales (la campagne que la télé nous montre depuis quelques semaines). Et il y a toujours des négociations de dernière minute.

27 03 2008
guy

Pierre

Oui bien sur !

Ah nos vieux profs …comme ils pouvaient êtres braves !

Quelques années après la fin de mes études, poussé par la nostalgie, je repasse un soir dans la rue de mon collège à Paris, c’était la sortie des cours et j’apperçois mon ancien prof de techno. J’arrete, descends, il me reconnaît, se souvient de moi et du fait que je n’étais pas son meilleur élève, (je l’ai vu à son regard), il me dit : tu sais, de ton temps vous n’étiez pas très bon mais maintenant ils sont franchement mauvais….

Quelle gentillesse non ?

27 03 2008
Gilles

Afin de clarifier, je précise qu’un délégué Clinton peut toujours voter pour Obama, ou un délégué Obama voter pour Clinton, lors de la convention nationale qui désigne le candidat du parti Démocrate qui fera la campagne électorale pour la présidence proprement dite, contre le candidat du parti Républicain.
 
Bien entendu le vote populaire est une bonne indication, autant pour la désignation du candidat de chaque parti à l’élection présidentielle, d’abord, que pour l’élection du président ensuite, mais ce n’est pas une garantie.

27 03 2008
Pierre Chantelois

Guy

Anecdote touchante. Vieux fond de sagesse, je crois.

Gilles

Exact. Le jeu des votes des délégués sera déterminant. Essayons d’imaginer un groupe de délégués qui doivent voter Clinton tourner leur veste et se diriger vers Obama. Bon, il y aura bien sûr les urnes. Faudra suivre cela de près.

Pierre R. Chantelois

28 03 2008
Gilles

Complément.
 
J’apprends ce soir au bulletin de 22 heures (à la SRC) que 20% des partisans de Clinton voteraient McCain, si leur candidate était battue, et que les partisans d’Obama voteraient aussi McCain… plutôt que Clinton ! N’est-ce pas un peu auto-destructeur de la part des Démocrates ?
 

28 03 2008
Olivier SC

Je viens le lendemain et, déjà, la seconde vidéo n’est plus disponible. Elle était si terrible que ça ? …

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