Le moDem agonise. La gauche et la droite se réorganisent!

29 03 2008

Le MoDem agonise. La gauche et la droite se réorganisent. Si l’électorat centriste se manifeste encore au grand jour, il apparaît clairement que le MoDem n’est plus son choix et que le parti, fondé par François Bayrou, n’en tire plus les bénéfices auxquels il aurait pu s’attendre. Les élections municipales auront montré que le centre préfère les alliances davantage avec la droite qu’avec la gauche. Pour Chantal Cutajar, leader strasbourgeoise du parti centriste, « nous étions partis avec la volonté d’être la troisième force politique en présence. Très clairement, c’est un échec. C’est presque un miracle que nous ayons dépassé les 5 % dans la région », a-t-elle confié à 20 Minutes. « Aujourd’hui, nous avons besoin d’un peu de recul et de voir ce que François Bayrou va décider au niveau national », conclut Chantal Cutajar. En décembre dernier, la question s’était posé : François Bayrou – Présidentiable ? Oui. Président ? Non ! Nul doute qu’au sein de l’électorat français, depuis les dernières élections municipales, la question se pose davantage et qu’elle ne cessera d’être posée jusqu’aux prochains scrutins de 2012.

Les critiques postélectorales sont sévères. Le parti de François Bayrou est plus égocentré que fondé sur une stratégie nationale. A force de vouloir être partout à la fois, le MoDem est nulle part, ont commenté Emmanuelli et Hamon. Pour JP, chroniqueur, « l’objectif d’éliminer un courant démocrate indépendant en général, et Bayrou en particulier, de la scène politique est un fait, personne ne peut le nier, mêmes les partisans de cette voie le revendique. Pourquoi ? Parce que nous menaçons les boutiquiers du PS et de l’UMP, le régime des 2 partis. Surtout, cette voie correspond à la vision de la politique des Français. Ceux-ci ne croient plus en une « gauche historiquement nécessaire » ou une « droite miraculeuse ». Ils savent parfaitement que c’est une illusion réductrice, ils sont lassés par les intérêts des boutiques PS et UMP, intérêts qui passent avant ceux des Français, de la France. Pour autant, nous, Démocrates, savons tout cela, mais les résultats aux élections ne suivent pas cette quête ».

La chute des sondages n’est plus le seul fait du président de la République. François Bayrou est aussi rattrapé par la désaffection de l’électorat français (-9 points à 56% selon Ifop Paris-Match). Le chef du MoDem a reconnu une difficulté de communication sur les alliances au cas par cas conclus avec l’UMP et le PS selon la doctrine qu’un centre indépendant peut parler avec les deux acteurs politiques principaux. Cette posture est-elle compatible avec la règle, préconisée par Philippe Nogrix, qui veut que « le centre c’est être social, européen et libéral modéré et qu’il faut garder cette trilogie » ? Et comment mettre en marche, pour les prochaines élections européennes de 2009, un parti qui soit créatif, durable et humaniste, selon les termes mêmes de son président?

Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné aux dernières élections municipales? À quoi faut-il attribuer les pertes et les dérapages? Il suffit de consulter des réactions exprimées sur des forums pour comprendre le dysfonctionnement imputé au MoDem. Par exemple, sur Agoravox, des commentateurs reprochent au MoDem ce va et vient entre la gauche et la droite : « comment être crédible lorsque l’on s’allie un coup avec la gauche et un coup avec la droite, voilà pour moi un parfait exemple d’opportunisme politique », commente un citoyen. Pour un autre citoyen : « dans tous les pays démocratiques du monde il n’y a de place que pour deux grands partis, pas trois ». En réaction à ce dernier commentaire, réponse d’un commentateur : « Si le binarisme vous satisfait, sachez qu’il ne satisfait aucunement tout le monde. Laissez ceux qui souhaitent autre chose essayer de faire autre chose ». Enfin, cette remarque intéressante d’une citoyenne : « J’ai entendu l’autre jour un journaliste dire que Bayrou était un leader sans parti et le PS un parti sans leader… Pas tout à fait faux ! »

Laure Leforestier, sur son blog éponyme, fait son bilan et, après mûres réflexions, dresse un constat d’échec : « Ma décision est ferme et mûrement réfléchie. […] Je considère simplement que nous sommes loin de la feuille de route ébauchée en mai dernier, que les histoires de patience (attendons Seignosse, puis attendons le congrès, puis attendons les élections au conseil national, puis maintenant allons jusqu’aux élections des fédérations) ont eu raison de la mienne de patience, et surtout je crois que la donne est faussée depuis le départ, ce qui explique ce retard à l’allumage que je ne vois pas s’arranger dans les semaines et les mois qui viennent. Et puis comme il est beaucoup question de foi, moi, là, Bayrou président en 2012, je n’y crois plus ». Madame Leforestier conclut en ces termes : « Merci à vous tous qui êtes venus ici me témoigner votre amitié et votre sympathie. On ne se perd pas de vue mais j’espère que vous aurez compris que pour moi, le Modem, qui fut une belle aventure humaine, c’est fini ». En réaction à la décision de madame Leforestier, un lecteur écrit : « […] je continue. Le chemin sera difficile, mais il en vaut la peine. Je ne veux pas laisser un vide abyssal face au projet de société de Sarkozy. Quant à la gauche, je suis plus pessimiste que toi sur le prochain Congrès du PS. Trop d’invidualités sont en lice pour que ce parti devienne une alternative crédible avec un projet rassembleur et réaliste ! »

Sur son blog, Réservoir d’idées, Sébastien Dugauguez remet en question le fonctionnement erratique du MoDem au cours de la dernière campagne électorale municipale : « Sans aucune réunion de la Fédération de Paris depuis un an, avec un vote au Conseil National qui rassemble moins de votant que du temps de l’UDF et dans une désorganisation savamment entretenue, nous avons fait fuir la majorité des nouveaux adhérents. Nous avons surtout fait fuir, par notre exemple déplorable d’actes en désaccord avec nos valeurs, une grande partie de nos électeurs. Nous devons maintenant revenir à la pureté de nos convictions : la démocratie et la transparence pour faire de la politique autrement ».

La feuille de route que retient François Bayrou pour les mois à venir est la « priorité au projet et à l’organisation ». Si François Bayrou est convaincu du besoin d’un centre « fort et indépendant » en France, en est-il de même de l’électorat français? Bayrou doit se douter qu’on ne gagne pas des élections avec, pour seul programme, des convictions personnelles. Les candidats et élus du MoDem aux municipales se réuniront le 26 avril à Paris. Plus tard, le 14 mai, un conseil national ratifiera un plan d’organisation des mouvements départementaux. Ces rencontres, qui n’ont pas convaincu de patience Laure Leforestier, donneront-elles les résultats espérés? Rien n’est moins sûr.

Conseiller municipal du Mouvement Démocrate à Issy-les-Moulineaux, Christophe Ginisty n’abandonne pas comme il le montre bien sur son blog éponyme : « Si François Bayrou réussit son pari, il aura mis presque 40 ans pour y parvenir. Qui sommes-nous, nous les primo adhérents d’un MoDem en genèse pour exiger d’aboutir en quelques petits mois dérisoires à bouleverser 60 ans d’habitudes politiques ? Qui sommes-nous pour ne pas supporter d’avoir immédiatement la place à laquelle nous rêvons dans une démocratie parfaite ? Qui sommes-nous pour ne pas tolérer les imperfections inévitables d’un parti en train de s’inventer lui-même ? »

Beaucoup de commentateurs sur les blogs supputent sur les conditions que doit réunir le MoDem pour survivre à moyen et long termes. Sur le Blog du démocrate, Jean Chardon écrit : « le Modem ne sortira de l’impasse où les municipales l’ont placé que par une séparation franche et nette entre les militants qui ont la fibre sociale et ceux qui privilégient le libéralisme économique. Les premiers se regrouperont au sein d’une formation qu’on pourra baptiser ”Centre Social” et qui s’alliera aux autres partis de gauche. Les seconds iront compléter les rangs du Nouveau Centre déjà allié à l’UMP. Chercher une autre issue est illusoire ».

Christelle Carcone est de la jeune génération qui s’engage volontiers dans la politique. Elle était candidate à Chennevières sur Marne et elle croit toujours possible une réorganisation du MoDem : « A présent, que les lamentations quelque peu nombrilistes de certains adhérents (déçus, impatients?) cessent pour se mettre effectivement au boulot et proposer des mesures concrètes et réalistes pour une complète efficacité du Modem. La critique est totalement possible lorsqu’elle est constructive, elle nous fera avancer vers un choix politique indépendant, durable, centriste et central que nous voulons pour notre pays ».

Quentin Thevenon, issu également de cette nouvelle génération, tient un forum éponyme exemplaire où les échanges sont constructifs tout étant critiques. Il a gardé la foi : « je crois plus que jamais à la nécessite d’un centre intelligent, capable de travailler aussi bien avec les modérés du PS qu’avec ceux de l’UMP. Mon seul souhait est que la machine à faire perdre qu’est le Mouvement Démocrate aujourd’hui se transforme en une machine à gagner en défendant une ligne modérée, claire et ferme ».

Son message sera-t-il entendu? « Nous n’avons pas d’excuses pour ne pas être indépendant aux européennes et au premier tour des régionales pour peser sur la scène politique. Nous n’avons pas d’excuses non plus pour ne pas nous rapprocher de ceux qui sont partis et que je n’ai eu de cesse de démolir sur ce blog pas plus que nous n’en avons aussi pour nous ouvrir réellement aux personnalités issues du centre gauche comme ceux des listes de Gérard Collomb à Lyon, qu’ils soient issus du Mouvement Démocrate ou non ».

Malgré ces bonnes volontés, le MoDem pourra-t-il parvenir, aux élections de 2009, à surmonter une certaine désaffection de l’électorat et à retrouver le rôle que d’aucuns souhaitent lui voir jouer au sein de la société française?

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17 responses

29 03 2008
Françoise

La valse hésitation est une danse à risque. Un coup à droite, un coup à gauche, un coup au milieu… Cela donne le tournis. Les alliances de circonstance aux municipales ont décrédibilisé le Modem.

La Droite se réorganise sous l’autorité du chef suprême, rien de nouveau donc à attendre de ce côté. Quant à la Gauche elle n’a gagné ces municipales que « par défaut » mais ne semble pas trop en tenir compte.

Le paysage politique n’a guère changé, les Partis mènent la danse sans se soucier des citoyens et de ce qu’ils voudraient.

29 03 2008
Pierre Chantelois

Françoise

Vous avez sans aucun doute raison. Mais quel est votre sentiment sur le MoDem? A-t-il un avenir selon vous? Sinon, les centristes n’auront plus aucun parti pour s’ancrer lors des prochaines élections.

Pierre R. Chantelois

29 03 2008
Françoise

Pierre,

Un avenir pour le Modem ? Franchement je n’en sais rien.

J’avais vu sa création avec plaisir comme une « troisième force » possible en contre-poids des deux partis dominants UMP et PS. Bien que n’étant pas d’accord avec les positions trop libérales (au sens français du mot) à mon goût, de Mr Bayrou (autant pour la France que pour la politique européenne, je pensais que ce parti pouvait réussir en acquérant sa « personnalité » propre.

Malheureusement en voulant ménager la chèvre et le chou, en virant de droite et de gauche, mais surtout de droite, je pense que ce parti a perdu la confiance de beaucoup de ses militants et électeurs.

Il serait sans doute possible d’avoir un parti du Centre, qui revendique et défende les principes républicains et sociaux auxquels beaucoup de Français sont attachés. Mais sans compromission avec les autres partis.

29 03 2008
Pierre Chantelois

Françoise

Dans mes lectures et recherches, c’est le profond sentiment que j’ai eu. S’il reste encore des gens qui s’accrochent à cet espoir de voir dominer un jour le MoDem, combien sont désabusés par une certaine absence de démocratie dans son fonctionnement. J’ai été particulièrement surpris par les commentaires critiques sur l’absence de consultation et de concertation avec la base. Sera-t-il possible à François Bayrou de rebondir? C’est à suivre.

Pierre R. Chantelois

29 03 2008
Françoise

À suivre en effet. Mr Bayrou a gardé ce vilain défaut de critiquer justement, mais de ne pas concrétiser sa critique. Bien des fois, quand son parti était encore l’UDF, il aurait pu voter contre des lois qu’il jugeait et disait mauvaises, et mettre ainsi le gouvernement au pied du mur, il ne l’a pratiquement jamais fait à ma connaissance. Quelques abstentions parfois…

Il y a là un grand manque de « suite dans les idées ».

29 03 2008
guy

Bonjour tout le monde,

Je n’ai rien à ajouter de plus et ça tombe bien, sur cette passerelle de discussion je suis complètement d’accord avec les commentaires de Françoise.

Pierre je ne suis pas étonné par cet effondrement du MoDem.

C’est une question de posture, comment voulez vous regarder en face quelqu’un qui brusquement vous tourne le dos ?

On reproche à Stéphane Dion de ne pas avoir de colonne vertébrale mais nous avons les nôtres ici aussi…

Je ne suis pas étonné, mon sentiment sur ce monsieur n’a pas varié depuis votre note sur lui il y a quelques temps.

Politiquement se poser en rassembleur est risqué dans un pays ou globalement le bipartisme est séculaire, mais il y a la place pour un parti au centre, comme depuis longtemps, mais dans ce cas on ne ratisse pas chez le voisin au contraire il faut alors s’armer de patience proposer une vision différente, s’y tenir bec et ongle et faire preuve de charisme. Respecter les membres de son parti et éviter de s’affaiblir en diabolisant les autres aussi.

Bayrou n’a jamais tenu la même ligne jamais!

Il lui faudra un sacré moment pour retrouver de la crédibilité et c’est dommage pour la population respectable qui croyais en lui ou iront-ils ces gens là je n’en sais rien. En principe ni à gauche ni à droite.

Pas simple ! Il faudrait que le MoDem élise un B.Obama mais nous en manquons par ici actuellement (lol…)

29 03 2008
Pierre Chantelois

Guy

Je trouve que très souvent vous êtes en harmonie avec Françoise. 🙂

Nous avons donc un point en commun au Canada et en France : vivement un Barack Obama.

Lorsque vous indiquez le bipartisme, séculaire, considériez-vous une gauche plurielle comme un tout, et une droite plurielle comme un autre tout ? Ces deux entités s’opposant à un parti centriste, le MoDem?

Comme vous l’indiquez fort bien, les reproches adressés au MoDem touchent ce jeu du va et bien entre la gauche et la droite et ces alliances entre l’une et l’autre des tendances. Cela confirme mes lectures et les nombreux témoignages lus dans les forums et les blogs.

Pierre R. Chantelois

29 03 2008
LE PANDA

Pierre,

merci pour cette mise au point sur le Modem. Dans la majorité des positions je rejoins Françoise mais pas complétement.

François Bayrou a voulu ce que V.G.E. avait fait en créant l’U.D.F. l’histoire nous apprend que l’on ne peut gouverner aucune nation au Centre à moyen ou long terme.

Je veux bien avoir des exemples ou un seul de poids. Bayrou a offert à Nicolas Sarkozy une puissance de plus dont il n’avait pas besoin par son manque de convictions et de suivre une seule et même ligne il est vrai de penser que la France avait placé beaucoup d’espoir en un pouvoir au Centre.

Tant que nous ne sortirons pas du clivage des Partis en France nous n’aurons pas d’unité pas plus nationales qu’européenne. Il ne faut surtout pas perdre de vue que l’unité des 27 veut équilibrer le G7 et cela en l’instant et les décennies à venir « impossible ».

Nous ne manquons pas, comme le laisse penser Guy, d’hommes ou de femmes de qualités, mais ce n’est pas pour rien que le président de la République a envoyé deux de ses « fidèles » via l’U.M.P. il se méfie y compris de son ombre.

Le clivage droite gauche, la France ne veut pratiquement plus en entendre parler. À mon sens, il manque un leader ou plusieurs qui sachent se faire entendre mais dans le consortium européen pour faire valoir l’identité de 400 millions de personnes.

Le Modem est « mort » par manque de convictions de ses propres dirigeants et, de cela, j’en ai traces des courriers échangés avec Bayrou lui-même qui n’a plus respecté sa ligne à partir du moment où il pensait que les sondages lui laissaient augurer sa présence au second tour des présidentielles.

Ensuite les ententes qu’il a faites de gauche et de droite ont fait tomber l’édifice que la blogosphère lui avait apportée, nous ne pouvons le nier.

Comment cela se ressent du côté du Canada?

Il faudrait non pas un parti, mais une Assemblée de travail productive d’idées constructives et non aléatoires, le fond du problème me semble être là et ne pas chercher à trop analyser la chute de quelqu’un qui a tout perdu par manque de coordinations, tout pouvoir peut tourner la tête ce fut le cas.

Patrick Juan

Le Panda

29 03 2008
Pierre Chantelois

Patrick

Je ne crois pas que François Bayrou jouit d’une grande notoriété dans le Canada français. Il faut vraiment être spécialiste de la France pour saisir toute la démarche électorale présidentielle puis celle des municipales. Votre système est complexe, ne l’oublions. Au Canada, les élections se déroulent selon un mode uninominal à un tour dans un système parlementaire britannique.

Pourrions-nous, Patrick, faire disparaître le clivage des partis politiques pour parvenir à une Assemblée de travail productive d’idées constructives et non aléatoires ? Idéal bien sûr mais très souvent les besoins créent la nécessité.

Encore une fois, les municipales ont, en termes d’impact, eu peu d’échos au Québec. En comparaison des élections présidentielles.

Pierre R. Chantelois

29 03 2008
LE PANDA

Pierre,

Je pensais donc à tort que François Bayrou avait franchi, au moins pendant un moment, les autres continents francophones.

Être citoyen français, pas forcement spécialiste, peut, à celles et ceux qui le veulent, faire saisir la démarche des élections de tous ordres françaises.

Pourquoi? Car elles se ressemblent toutes sans exception présidentielles, municipales, cantonales, législatives etc.

Effectivement le système Français est excessivement complexe et se trouve dans une garde réservée. Le système uninominal est largement plus clair et précis, avez-vous la même conception?

Que les besoins créent la nécessité, là il me semble que personne ne le conteste, mais que le pouvoir des Partis tombe, cela ne changerait rien dans le fond sur la forme, oui.

Tous les déficits que nous subissons sont les votes de crédits pour des commissions ou parachutages dorés dont les bienfaits sont l’œuf d’un nombre restreint de privilégiés autant à gauche qu’à droite et surtout pour le pouvoir centralisateur.

Il faudrait que, lorsque la différence des votes dans nos ASSEMBLÉES, dont une des deux ne sert absolument rien!!, lorsque le résultat ne soit pas supérieur au 1/3 des inscrits, les Lois soient soumises tous les ans au Peuple souverain qui pourrait ainsi ne s’en prendre qu’à lui-même en cas d’échecs.

Je reste persuadé et je veux y croire que c’est vers cette position que nous nous orienterions ou les conséquences de ce que nous constatons de nos jours sera une sacr révolte trop c’est trop dans tous les sens.

Pensez-vous que cela serait applicable de bon aloi en d’autres pays dignes démocratiquement?

Patrick Juan

Le Panda

29 03 2008
Pierre Chantelois

Patrick

J’ai un peu de difficultés à suivre l’idée de l’Assemblée supérieure au tiers des inscrits. Il m’est difficile de vous donner une opinion. Un système qui a de l’effet, ce sont les consultations populaires suisses par mode référendaire. Sauf qu’en démocratie, l’élection d’un gouvernement est destinée à servir le peuple et qu’il devrait bénéficier de toute la marge nécessaire pour cela. Au Canada, le peuple a décidé d’écrire, avec quatre partis, un gouvernement minoritaire qui doit compter sur des alliances stratégiques pour trouver la majorité nécessaire dans le cas de l’adoption des lois. Et la tâche est ardue. Autrement, un gouvernement majoritaire a toute latitude pour mettre en place son programme électoral pour lequel il aurait été élu. Le mode uninominal à un tour est-il plus démocratie. Rien n’est moins sûr. Mais beaucoup plus simple.

Pierre R. Chantelois

29 03 2008
LE PANDA

Pierre,

Précisions cela va de soit: l’Assemblée Nationale française compte 577 députés. Les lois sont votés à la moitié des voix plus 1, c’est à dire 577 n’étant pas divible par 2 cela fait 288,5 à la louche.

Mon propos était de dire les 1/3 de 577 soit 192,33 donc pour que la Loi prenne effet il faudrait instaurer le double c’est à dire 384,66, là nous serions dans une décision à la majorité des représentants du peuple.

Il existe aussi chez nous l’article 49.3 ou le gouvernement fait adopter la loi sans la soumettre aux votes et cela ne marche jamais et provoque des gréves multiples et diverses tous corps de métiers et tous âges dans les rues.

N’ayant pas compris sur place ce qui est expliqué ci-dessus en termes clairs, les politiques ne nous facilitent pas du tout le sens de la démocratie.

Je suis pour la disparition des partis complétement et le retour à ce que Périclés constitua en une Assemblée de sages qui sauf erreur de ma part comptait 5000 personnes et de conflits dans ce cas là comment en avoir?

La tache des Canadiens n’est pas plus simple que celle des modestes français ce qui peut expliquer le peu de participation parfois par le manque de clarté.

Car dans bien des cas tout le monde promet tout et personne n’est responsable de quoi que ce soit.

C’est pas dans la simplicité que l’on trouve la solution?

Merci de ces explications, j »espére que dans les miennes j’aurai éclairci un coin « obsur » je l’admets. Ou alors refusons la Constitution des Continents…Quels problémes en perpectives?……..Mais si la solution st bout pourquoi pas, qu’en pensez-vous?

Le Panda

Patrick Juan.

29 03 2008
Pierre Chantelois

Patrick

Je saisis mieux votre propos. Il reste un principe qui est indéfendable, je crois, c’est celui de la majorité simple. 50% + 1. Dans le cas du parlement canadien, le gouvernement minoritaire doit créer des alliances pour parvenir à cette majorité simple. Aucune loi ne peut être appliquée si elle n’a, au préalable, été votée à la majorité simple par le parlement, qu’il soit fédéral ou provincial. Il y a une exception pour l’application de cette majorité : la loi sur la clarté référendaire qui fixe, dans le cas de l’indépendance du Québec, à 60%. Nous devons ce cadeau à Stéphane Dion qui se voit montrer, aujourd’hui, la porte par ses troupes. Juste retour du pendule.

Pierre R. Chantelois

29 03 2008
guy

Pierre

La loi sur la « clarté référendaire » ……

Pierre ,

Ah oui… ce mauvais souvenir du précédent et dernier référendum au Québec. Tout de même, créer une loi au détour du fait que la question posée au peuple sur l’indépendance n’était pas lisible et mettre la barre à 60% pour valider le vote futur, c’est innique !

Le clivage gauche/droite en France existe sous d’autres noms : Républicains/Démocrates, en Amérique; Parti libéral/Parti/Conservateur, au Canada.

Des petits partis existent également, tout le monde peut choisir le sien; reste ici comme ailleurs un vrai problème de leur représentation à la chambre.

Et puis in fine… autre anomalie, celle de ne pas se rendre aux urnes, ne serait-ce que pour déposer un bulletin blanc. Geste citoyen d’attente !

29 03 2008
Pierre Chantelois

Guy

Vous avez parfaitement raison. La gauche et la droite existent partout sous des appellations différentes. La droite conservatrice de Stephen Harper ressemble beaucoup à l’UMP. Les libéraux sont plus au centre-gauche. Au Québec, le parti québécois se situait, un temps, dans la ligne des socio-démocrates. Et les libéraux du Québec sont plus à droite en raison de la présence de Jean Charest, issu des rangs des conservateurs fédéraux. Tout est en mouvance. Rien n’est vraiment coulé dans le béton.

Et la représentation des petits en Chambre pose problème, vous avez encore raison. Sauf que, lorsqu’il y a un parti minoritaire qui occupe le pouvoir, ces petits partis qui se partagent la balance du pouvoir peuvent être plus nuisibles à la bonne marche du Parlement.

L’abstention de voter est parfois interprétée comme une lassitude ou une protestation. Mais souvent il s’agit – privilège des démocraties – d’une paresse pure et simple.

Pierre R. Chantelois

30 03 2008
LE PANDA

Pierre,

Merci de ces explications. Mais j’ignorais que la barre avait été mise aussi haute mais pour le moins que l’on puisse écrire c’est que le Québec a justement gagné à 60% ou plus?

Que la gauche et la droite existent de partout cela ne me choque point. Ce qui me surprend le plus c’est la masse financière que drainent les Partis et les campagnes politiques au détriment par ailleurs des moins nantis et à cela j’ose l’écrire haut et fort c’est NON de ma part.

En dehors de cela, nous possédons en France deux Chambres dont indiscutablement l’une sert de refuge à ceux qui ont rendu des services à un camp ou l’autre. C’est la dilapidation des deniers publics pour des fins de prestance qui me dérange.

Je serais pour l’obligation du vote, afin d’avoir le droit de circuler librement car quel que soit le pays dans lequel on puisse vivre on partage ses avantages et inconvénients ou on le quitte pour une terre de son choix.

Existe t-il une personne censée qui soit lassée des joies de la vie, à mon avis aucune, je suis partisan et c’est dans ce sens que tous mes combats ont pris un sens l’égalité avec les mêmes obligations mais les mêmes droits aussi.

Je sais que je peux être un peu « fou » que de penser cela, mais à ne rien faire on ne risque aucune critique et critiquer pour le plaisir de ne rien proposer en échange c’est pas de mon sens non plus.

Je reste persuadé que dans la mesure où toutes les lois votées seraient soumises à l’objectivité du miroir de l’expérience de la vie de chacun bien des choses ne verraient pas le jour.

Il serait trop long de toutes les citer, mais indiscutablement lorsque la raison se doit d’avoir une décision d’État le peuple se doit d’être consulté, dans le cas contraire on tombe dans un pouvoir totalitaire non?

A ce niveau comme dans bien d’autres la politique de conivence prend une place trop importante dont les partis s’arrogent le monopole à une voix proche et cela n’est pas le sens que j’ai de la liberté citoyenne.

Le lien était parlant et explicite, merci.

Le Panda

Patrick Juan.

30 03 2008
Pierre Chantelois

Patrick

Désolé pour le retard. Nous avons également un parlement bicaméral : la chambre basse et la chambre haute. La chambre basse [Chambre des communes au Canada, au Royaume-Uni; Chambre des représentants aux États-Unis, en Australie; Assemblée nationale en France; Chambre des députés en Italie], elle constitue la plus importante des deux chambres dans la plupart des parlements.

Évidemment, le système des partis au sein de la chambre basse entraîne une solidarité de parti qui fait obstacle, souvent, aux problèmes de conscience des membres qui les composent. Voter des lois contre sa conscience pour satisfaire une politique de son parti est un acte peu glorieux. J’en conviens. En révolté que j’ai été, je n’ai jamais brigué les suffrages pour être député. Il m’aurait horripilé de devoir voter contre ma conscience.

Les parlements sont ainsi faits. D’hommes et de femmes qui se croient investis de grandes missions. Et qui dans le feu de l’action tombent bien bas. Les idéaux sont relégués dans la cour arrière et seuls comptent la discipline et l’alignement politique des partis présents dans les parlements. À moins de parvenir à se faire sous aucune bannière et de siéger à titre de député indépendant. Cela existe, et nous en avons à Ottawa.

Pierre R. Chantelois

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