Israël au coeur des présidentielles américaines

27 04 2008

Israël est-elle au centre de toutes les dérives verbales et de tous les dérapages dans la présente campagne présidentielle et dans la politique extérieure des États-Unis?

La chose est entendue : nous devrons vivre avec le choix du peuple américain pour son prochain président. Ce qui, par contre, est irritant est le fait que les choix de ces présidents élus en matière de stratégie géopolitique, dans le monde, peuvent nous entraîner dans des engagements qui nous sont totalement étrangers. Il faut savoir, comme le Canada et la France l’ont fait, dire un NON retentissant aux « invasions barbares » de l’Amérique.

Qui a dit qu’il n’y avait que les républicains pour tenir un discours belliqueux? Des voix s’étaient élevées pour ralentir les ardeurs de Georges W. Bush au plus fort de la crise nucléaire irano-américaine. Georges W. Bush n’avait pas apprécié l’amiral Fallon, qui a démissionné, le 11 mars dernier, après que ce haut gradé militaire ait émis des critiques, dans la revue Esquire, contre l’attitude de l’administration américaine à l’égard de Téhéran. Georges W. Bush avait de manière on ne peut plus cavalière jeté aux poubelles le rapport Bakker-Hamilton qui proposait aux États-Unis une ouverture des négociations sur le Moyen-Orient avec l’Iran, la Syrie et certains États arabes. Il est inutile de répéter toute la litanie des manquements graves à la logique diplomatique de Georges W. Bush. Le mal est fait. Et regrettables sont les décisions des deux gouvernements de droite du Canada et de la France de s’aligner, a posteriori, sur ce moribond en fin de règne.

Le général David Petraeus remplace le général Fallon et à nouveau le « roulement des tambours » se fera entendre jusqu’au départ de Georges W. Bush. Pendant ce temps-là, Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller du président Carter qui prêche dans le désert, écrivait, le 30 mars dernier, dans le Washington Post : « si on avait demandé au peuple américain il y a cinq ans si l’obsession de Bush pour le renversement de Saddam Hussein valait 4000 vies américaines, près de 30 000 blessés et plusieurs milliards de dollars – sans parler des dommages non mesurables infligés à la crédibilité, à la légitimité et au statut moral des USA dans le monde entier – presque certainement la réponse à cette question aurait été un « non » sans équivoque ».

La Corée du Nord a aidé la Syrie à construire secrètement un réacteur nucléaire qui aurait permis de produire du plutonium à des fins militaires. Ce réacteur été détruit en septembre 2007 par Israël, dans le plus grand secret militaire, avec l’accord de Washington. Répétant le scénario sur l’Irak, les États-Unis ont présenté des documents prouvant, selon eux, que la Corée du Nord a aidé la Syrie à construire un réacteur nucléaire présumé, qui a été bombardé par des avions de guerre israéliens en septembre. En réplique, le représentant permanent de la Syrie aux Nations unies, Bachar Ja’afari, a déclaré : « Le principal objectif des allégations de la CIA américaine contre la Syrie est de justifier l’attaque israélienne contre le site syrien ».

Un nouveau front vient de s’ouvrir : l’axe Syrie et Corée du Nord sur fond de crise nucléaire. Mohamed ElBaradeï, de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a critiqué les États-Unis pour avoir tardé à communiquer leurs informations à l’AIEA alors que, selon eux, le projet syrien a été lancé en 2001, et Israël pour avoir mené le raid aérien, soulignant que les inspecteurs de l’AIEA auraient pu vérifier si des activités nucléaires non déclarées se déroulaient dans les installations. « À la lumière de ceci, je considère que le recours unilatéral à la force par Israël a sapé le processus de vérification qui est au cœur du régime de non-prolifération », a déclaré ElBaradeï. Ce que ne peut préciser Mohamed ElBaradeï sur les raisons qui font que cette information ne sort que très tardivement, d’autres n’hésitent pas à le faire : selon des politologues, l’administration Bush n’a pas voulu dévoiler ces renseignements plus tôt parce qu’elle craignait des représailles de la Syrie contre Israël.

John McCain n’en souhaitait pas mieux pour se remettre au premier plan de l’actualité. Il vient d’imposer un « jab » à son adversaire Barak Obama qui avait déjà déclaré qu’il accepterait de « rencontrer séparément, sans précondition », pendant sa première année de gouvernement, « à Washington ou ailleurs, les dirigeants de l’Iran, de la Syrie, du Venezuela, de Cuba et de la Corée du Nord ». Selon le candidat républicain : « Ils devraient expliquer au peuple américain comment parler sans condition à des dictateurs comme Kim Jong Il, à la lumière des récentes révélations, va servir les intérêts américains ». Le clan McCain ne fait pas dans la nuance. Rien à rivaliser avec la Maison Blanche. Selon Steve Schmidt, conseiller du candidat républicain, si le Hamas souhaite l’élection de Barak Obama, ce n’est qu’en raison de sa seule politique. « Hamas has said they want Barack Obama to win. The reason for that is his policy. He wants to negotiate with the terrorist-funding, nuclear-aspiring, holocaust-denying, Israel-threatening dictator of Iran ».

Comme l’indique avec justesse Richard Hétu, du quotidien La Presse, McCain fait retirer une publicité liant Obama à son ancien pasteur. Par contre il établit lui-même un rapport douteux entre le Hamas et Obama. Et la question que pose le correspondant de la Presse à New York est la suivante : « Aurait-il tout simplement décidé de ne pas parler de Jeremiah Wright pour que ses critiques oublient John Hagee, le pasteur anti-catholique qui lui a donné son soutien? » Il faut se rappeler que John Hagee, de la puissante église Cornerstone de Dallas, avait accordé son soutien au candidat républicain pour les raisons suivantes : « Ce que le sénateur McCain devrait faire, je crois, pour attirer les évangéliques dans son camp, c’est montrer très clairement qu’il est un ardent défenseur d’Israël et qu’il est fort de 24 années de lutte pro-vie [anti-avortement]. Et je pense que sur ces deux points ils se retrouveront sur le même terrain, et auront une compréhension commune ».

Force est de constater qu’Israël est au centre de toutes les attentions.

Et Hillary Rodham Clinton? Selon madame Clinton, elle a ressenti le don de Dieu et elle prend ses décisions sur les questions morales, comme l’avortement et le traitement réservé aux terroristes présumés, après avoir prié, médité et étudié. Hillary Clinton a déclaré sur CNN qu’elle a toujours senti la présence de Dieu dans sa vie. Elle a fait cette déclaration à l’occasion d’un débat sur « la foi et les valeurs » au Messiah College en Pennsylvanie. La religion joue un rôle considérable dans la vie politique américaine et une majorité écrasante d’électeurs avouent qu’ils ne voteraient jamais pour un athée.

Politique oblige. Hillary Clinton a déploré que le chrétien Barack Obama ne respecte pas les gens qui cherchent du réconfort dans la religion. Madame Clinton est revenue sur les propos aigres-doux sur les « cols bleus » tenus par Barack Obama. Mme Clinton a estimé qu’il avait fait une déclaration « élitiste, hors de propos et franchement condescendante ».

En Pennsylvanie, au cours d’un discours formulé à la veille de ces primaires, Hillary Clinton a appelé au soutien des Juifs de cet État, en affirmant que « si l’Iran attaque Israël avec l’arme nucléaire, les États-Unis auront la possibilité de détruire l’Iran complètement ». La menace est claire et limpide : « si elle était élue à la Maison Blanche en novembre, madame Clinton menace de « rayer de la carte » (we would be able to totally obliterate them) l’Iran au cas où ce pays lancerait une attaque nucléaire sur Israël ». Et madame Clinton d’ajouter : « Au cours des dix prochaines années, pendant lesquelles ils (les Iraniens) pourraient inconsidérément envisager de lancer une attaque sur Israël, nous serions capables de les rayer totalement de la carte ». Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, avait affirmé, en 2005, que l’État d’Israël devait être « rayé de la carte ».

Barak Obama a menacé également l’Iran : « les Iraniens peuvent être certains que je répondrai avec force, et qu’il est absolument inacceptable qu’ils attaquent Israël, ou aucun autre de nos alliés dans la région, avec des armes conventionnelles ou nucléaires ». Il a ajouté : « employer des mots comme « rayer de la carte » ne pouvait pas vraiment donner de bons résultats ».

Se disant en inspiration et en réconfort avec la religion, madame Hillary Rodham Clinton mesure-t-elle le sens de cette menace? Rayer un pays de la carte, c’est faire disparaître son peuple, son histoire, son existence même. Au pays de la démocratie et de la morale religieuse, facteur dominant dans les résultats pour l’élection d’un président ou d’une présidente, un tel discours a de quoi surprendre. Encore une fois, de telles menaces, formulées en pareils termes, s’inscrivent bien mal, en temps de paix, dans une logique diplomatique mondiale. Non seulement les États-Unis refusent toutes négociations avec l’Iran et la Syrie, non seulement les États-Unis sèment la guerre et la désolation en Irak, non seulement les États-Unis maintiennent dans l’indignité et la pauvreté la plus extrême le peuple palestinien, voilà que la candidate aux présidentielles 2008 utilise un discours proche du casus belli pour défendre un pays allié.

Si madame Clinton a l’expérience pour occuper le poste de Commandante en chef des armées, vient-elle de démontrer qu’elle en possède également le discernement et la clairvoyance d’un John F. Kennedy? Madame Clinton a-t-elle soupesé les conséquences d’une telle déclaration sur des pays voisins de l’Iran comme la Chine et la Russie? Comme l’indique Dedefensa : « le propos d’Hillary vaut le “Bomb, bomb, bomb Iran” de McCain et la différence entre les deux candidats laisse à peine la place à un papier de cigarette ». Lord Mark Malloch-Brown, ministre britannique, a jugé ces propos imprudents. « While it is reasonable to warn Iran of the consequence of it continuing to develop nuclear weapons and what those real consequences bring to its security, it is not probably prudent… in today’s world to threaten to obliterate any other country and in many cases civilians resident in such a country ».

Et la première chose qu’aurait dû savoir madame Hillary Clinton, en bonne politicienne qu’elle se prétend être, est qu’il est hasardeux et téméraire de répondre – en assemblée publique – à une question hypothétique. Et la deuxième chose que madame Hillary Clinton aurait également dû prendre en compte : l’Iran ne compte pas que des ennemis dans la région. Une tentative d’éradication de l’Iran de la carte ne serait pas sans conséquences. Madame Clinton n’a résolument pas la clairvoyance d’un John F. Kennedy.

N.B. Mes remerciements à Gilles pour ses précieuses informations.

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16 responses

27 04 2008
Françoise

« une majorité écrasante d’électeurs avouent qu’ils ne voteraient jamais pour un athée. »

Je me demande si des candidats athées (s’il en existe) seraient aussi dangereux que les candidats croyants.

Quand Mme Clinton dit « I want the Iranians to know that if I’m the president, we will attack Iran« , il semble qu’elle ne laisse pas place au doute. Si je ne me trompe pas « we will attack Iran » se traduit par « nous attaquerons l’Iran ».

J’avoue ne pas comprendre comment les citoyens américains peuvent confier l’avenir de leur pays — et de la planète — à de telles personnes.

27 04 2008
Pierre Chantelois

Françoise

La déclaration de madame Clinton est surprenante. Il faut bien comprendre que la menace est formulée non pas si l’Iran attaquait directement les États-Unis mais dans le cas précis où ce dernier attaque un pays tiers, soit Israël. I want the Iranians to know that if I’m the president, we will attack Iran, » Clinton said. « In the next 10 years, during which they might foolishly consider launching an attack on Israel, we would be able to totally obliterate them (Si je suis présidente, je veux que les Iraniens sachent que nous attaquerons l’Iran, a déclaré madame Clinton. Dans les dix prochaines années, s’il leur venait l’idée folle de vouloir attaquer Israël, nous pourrions les rayer de la carte).

La sénatrice de New York qui a voté pour la guerre en Irak – et qui tente de s’en défendre aujourd’hui – est de la même idéologie, à mes yeux, que Georges W. Bush. Elle vient de le démontrer très piètrement.

Pierre R.

27 04 2008
Françoise

Pierre,
 
Y a-t-il un seul des candidats qui a  — peut avoir et exprimer — vraiment une idéologie différente ?

L’emprise du complexe militaro-industriel sur la classe politique américaine laisse-t-il le choix ?

L’influence des religieux et d’Israël trouve-t-elle quelques opposants de poids ?

Les USA sont devenus la pire menace pour la paix dans le Monde.

27 04 2008
Pierre Chantelois

Françoise

Tout n’est qu’affairisme au pays de l’Oncle Sam. Lobby religieux, lobby militaire, lobby médiatique, tout se monnaie tout se négocie, le chéquier en main. Hélas.

En dernière heure, malgré les 70.000 soldats étrangers présents en Afghanistan, Kaboul vient d’être attaquée à la roquette par les talibans. Hamid Karzaï, des ambassadeurs étrangers, un haut représentant de l’ONU et d’autres dignitaires sont sortis indemnes d’une attaque à la roquette des talibans contre un défilé militaire à Kaboul. Une personne a été tuée et 11 autres ont été blessées. Deux ou trois parlementaires ont été blessés. Les membres du gouvernement, les ambassadeurs étrangers notamment américain et britannique, le numéro deux de l’ONU en Afghanistan et les dizaines de parlementaires et responsables militaires qui assistaient au défilé se sont jetés au sol ou se sont enfuis, et sont tous indemnes. Le ministre de la Défense, le général Mohammad Zahir Azimi, a indiqué à l’AFP que les autorités tentaient de comprendre ce qui s’est passé.

Les forces françaises engagées en Afghanistan doivent rester concentrer sur Kaboul, où la situation est « extrêmement fragile« , avait déclaré Michèle Alliot-Marie au plus fort du débat sur l’Afghanistan. « Il n’est pas question que nous puissions ôter une partie de nos forces de Kaboul pour les mettre dans le sud de l’Afghanistan« , avait-elle dit sur Radio France Internationale (RFI). La France est responsable de l’ensemble du secteur de Kaboul. « Nous avons accepté cette responsabilité, nous assurons le commandement, nous avons pour cela renforcé nos moyens il y a quelques mois quand nous avons pris ce commandement« , avait fait valoir la ministre.

Pierre R.

27 04 2008
Françoise

Pierre,

Je suis affolée par la « contagion » des idées américaines en France. Autant au plan économique et social, que pour la politique étrangère et la politique « sécuritaire ».

Alors que l’on voit l’échec patent depuis (au moins) le 9/11 de toutes ces guerres, la menace qu’elles font peser sur la région et le monde entier, l’argent dépensé pour ça, et la catastrophe économique et sociale qu’engendrent les spéculations irresponsables…

Où allons nous ?

27 04 2008
Gilles

[…] vient-elle de démontrer qu’elle en possède également le discernement et la clairvoyance d’un John F. Kennedy?
 
Le clan Kennedy soutient Barack Obama, mais je ne sais vraiment pas si c’est important. Quant à la clairvoyance de JFK, elle n’était pas constante (je pense à l’opération de la Baie des Cochons, en particulier) et si Krouchtchev n’avait pas retiré les missiles soviétiques de Cuba, Kennedy était prêt à « appuyer sur le bouton » nucléaire. On sait moins qu’en échange du retrait soviétique, Kennedy a levé la quarantaine (Novembre 1962) contre Cuba, puis démantelé les missiles Américains de Turquie (en 1963).
 
Chose curieuse, Kennedy a été assassiné (Novembre 1963) et Krouchtchev limogé (Octobre 1964) à onze mois d’intervalle ; le monde a changé, ensuite. Bref, nous sommes passé à deux doigts de la guerre nucléaire.
 

27 04 2008
Annie

Gilles me prend mon idée de la bouche : j’ai été très surprise que tu écrives « le discernement et la clairvoyance d’un JFK » la baie des Cochons comme je l’ai signalé su Facebook dans le groupe de soutien à Obama qui serait comparé à celui-ci, et… la guerre du Vietnam : les premiers fonds ont été engagés par lui, Johnson n’a fait que poursuivre.

Deux mots sur Israël. En Asie, j’ai croisé des Israéliens. Ils sont très difficiles d’abord même quand ils se disent démocrates ou socialistes. Ils se comportent, dirait-on en pays conquis partout. D’autre part très très très délicat de parler d’Israél, ils sont fermes, ou plutôt, rigides sur cette question. On pourrait aussi parler de paranoïa, car ils vivent dans la peur en fait, mais ne se l’avoue pas.
J’ai eu l’occasion d’avoir une longue conversation en anglais (langue avec laquelle je manque de la nuanciation que j’ai en français) à laquelle participait un Hollandais. Nous essâmes, sans nous être concertés auparavent, d’expliquer qu’Israël ne pourrait plus compter sur le soutien des pays Européens car nous avons à faire face à notre immigration (suite des colonisations).
Les EU, va-t-en guerre, donc même pour la suite, le savent-ils ?
Et d’accord : la religion est toujours dangereuse en politique, peu importe quel quel soit (Islam, Chrétien, Israëlite)

27 04 2008
Annie

excuse pour les fautes, je suis dysléxique…je les vois après

28 04 2008
Pierre Chantelois

Gilles

Je n’ai aucune adminiration pour John F. Kennedy. Il a eu sa part de zone d’ombre. Mais il avait le mérite, à l’époque, de reconnaître ses erreurs. Kennedy a fini par négocier avec Kroutchev. Reagan a fini par négocier avec Gorbatchev. Ce que j’attends toujours de Georges W. Bush : qu’il reconnaisse ses erreurs et qu’il accepte la négociation à l’affrontement stérile et puéril. J’attends toujours.

S’agissant de la Baie des Cochons, Gilles, il faut se rappeler que l’administration Eisenhower avait décidé en effet de renverser Fidel Castro à l’aide d’une armée de cubains exilés, entraînés au Guatemala. Le projet fut conçu par Eisenhower, décidé dans son principe le 13 janvier 1960, avec Allen Dulles. À son arrivé au pouvoir, en 1961, J.F. Kennedy s’oppose à l’opération pour finalement l’autoriser, mais sans soutien militaire direct. En refusant de donner l’ordre, au second jour de l’attaque – le 17 avril – d’une seconde frappe aérienne, Kennedy a bloqué la possibilité de progression des troupes au sol. Il n’aurait pas compris alors qu’il ne faillait pas compter sur le renfort d’un soulèvement populaire anticastriste à l’annonce du débarquement des forces alliées.

L’échec désastreux de l’invasion de la Baie des Cochons à Cuba, et de plusieurs projets d’assassinat (dont la majorité utilise la mafia et des Cubains anti-castristes comme recrues) de Fidel Castro (Opération Mongoose), et les régimes pro-américains de l’Iran et du Guatemala, qui étaient largement vus comme brutaux et corrompus, minèrent la crédibilité de la CIA. Kennedy menace Allen Dulles, chef de la CIA, pour lui avoir menti sur la situation cubaine. Kennedy assume personnellement la responsabilité de l’échec. Dulles est finalement renvoyé par Kennedy pour sa participation à la préparation de l’audacieux document « Opération Northwoods ».

D’autre part, selon Robert McNamara (In Retrospect. The Tragedy and Lessons of Vietnam, 1995. (Seuil, 1996), dont les relations étaient difficiles avec Kennedy, la crise des missiles de Cuba qui éclate en octobre 1962 constitue dans la politique de ce dernier une césure. Le président des États-Unis a fait reculer l’Union soviétique et, conséquence indirecte, ouvert la voie à l’entente entre les deux Grands. Comme l’écrit Robert McNamara : « Chacun sait aujourd’hui que les actes de l’Union soviétique, de Cuba et des États-Unis en octobre 1962 ont conduit ces trois pays au bord de la guerre. Mais ce que l’on n’a pas su à l’époque, c’est combien le monde est passé près de l’abîme du cataclysme nucléaire« . Finalement, le 28 octobre 1962, Khrouchtchev accepte de démanteler les bases, puis de retirer les missiles de Cuba en échange de la non-invasion de l’île et du retrait des missiles Jupiter américains installés en Turquie.

Jean-Yves Haine écrit : « A la lecture des retranscriptions de l’ExComm, on peut ainsi estimer que le président Kennedy fut le plus courageux, L. Thompson le plus pertinent, R. McNamara le plus prudent, G. Ball le plus pragmatique et M. Bundy le plus hésitant. Mais avant d’interpréter, il faut comprendre. L’essentiel reste de recréer les conditions subjectives vécues par le décideur, avec ses préjugés, ses incertitudes et ses responsabilités. Telle est la tâche de l’analyste car là réside l’essence même de la décision ».

Époque où la menace était réelle et qui ne reposait pas sur des effets de mythe du style que nous impose aujourd’hui Georges W. Bush et auxquels cède trop volontiers, à mon goût, Hillary Rodham Clinton.

À revoir pour les images du temps Radio-Canada sur : c’est arrivé le 16 octobre 1962. Et je vous recommande cette passionnante lecture qui retrace la crise des missiles en six volets.

Pierre R.

28 04 2008
Pierre Chantelois

Annie

Merci de votre commentaire. Ma réponse à Gilles a été rédigée en croisement avec votre commentaire. Lorsque vous écrivez : Ils se comportent, dirait-on en pays conquis partout. D’autre part très très très délicat de parler d’Israél, ils sont fermes, ou plutôt, rigides sur cette question, vous avez parfaitement raison. Ici au Canada, et plus précisément au Québec, un avis public sur Israël risque de vous attirer les foudres du Congrès juif du Canada ou du B’nai Brith Canada.

Religion et politique font en général très mauvais ménage.

Pierre R.

28 04 2008
Gilles

Époque où la menace était réelle et qui ne reposait pas sur des effets de mythe […]
 
Entièrement d’accord. J’ajouterai que les hommes au pouvoir à cette époque étaient aussi plus « réels » que ceux d’aujourd’hui. Je n’admire pas Kennedy, mais je lui aurais fait plus confiance (quoique pas entièrement) ainsi qu’à Krouchtchev, qu’à Mme Clinton ou même à Mr Obama, parce qu’ils décidaient par eux-mêmes dans une grande mesure, et non entièrement en fonction de ce qui « passe bien » dans les médias.
 

28 04 2008
Gilles

Annie,
 
[…] car ils vivent dans la peur en fait, mais ne se l’avouent pas.
 
C’est très vrai, et la peur est mauvaise conseillère. Mais sans être aveuglément pro-israélien ou pro-palestinien, il faut reconnaître que les deux camps gagneraient beaucoup à… disons à faire comme les cardinaux en conclave : se réunir dans une pièce et ne pas en sortir tant qu’ils ne se seraient pas tout dit. Alors ils verraient qu’ils ont en commun le trait le plus important, l’humanité. Ensuite, ils pourraient se consacrer aux arts et aux lettres, et aux sciences, activités dans lesquelles ces deux peuples excellent !
 
Bien… Je sais que la situation n’est pas aussi simple (je veux dire : ne se réglera pas aussi simplement), car chaque camp est soumis à ses alliés, qui poussent à la guerre et non à la paix.
 

28 04 2008
décembre

Ou allez-vous chercher que les Juifs ont peur ?
Est-ce parce que vous ne savez pas interpréter autrement leur manque de respect envers les autres ?

Et pourquoi les USA se sentent-ils obligés de péter une bombe nucléaire sur l’Iran si d’aventure il attaquerait Israël ? Qu’y a-t-il en Israël qui soit susceptible d’être protéger ? Pas de pétrole, ni or, ni diamant, rien dans cet État religieux et raciste qui mérite d’être sauvé ou protégé.

Bien sûr, les rennes de la destinée de l’Amérique sont aux mains des juifs et ce serait la seule raison qui motiverait une attaque contre l’Iran.

C’est une légende urbaine cette supposée peur que ressentirait les israéliens.
Quand on a peur, on ne fesse pas impunément sur les plus faibles. C’est quand on est inconscient, niais, épais, vil et con qu’on se permet de telles sottises que de regarder les autres de haut avec dédain et de les mépriser d’même.
Plus le temps passe, plus je supporte Hamas et comme bien des analystes je deviens convaincu qu’Israël est foutu.

28 04 2008
Annie

décembre :
calmos. Ils ont des raisons, as-tu oublié leur Histoire depuis 2000 ans ?
La faute en est à l’Europe qui a mis les pays Arabes dans l’obligation de régler le problème Juif…que nous n’avons pas réglé nous-mêmes.
La vie et la politique sont NUANCES, rien de noir et blanc, que des contradictions à gérer.

28 04 2008
clusiau

@Annie
Ils ont des raisons ?

Ils AVAIENT des raisons. Faut pas vivre dans l’passé.

Allez voir la vidéo posté ici sur le problème de l’eau en Palestine et vous comprendrez que ce sont, ICI MAINTENANT, les Palestiniens qui ont des problèmes,

En quoi ais-je à régler le problème juif ? C’est leur problème pas le mien ni le vôtre. De toute façon comme pour vous, ils ne m’écoutent pas, n’écoutent qu’eux-mêmes.

C’est pas le problème ni du Canada ni des USA ce qui se passe en Israël car s’il fallait vivre dans le passé, c’est d’abord la Grande Albion qu’il faudrait blâmer pour ce merdier.

Voilà quelques NUANCES comme vous dites…Salut.

29 04 2008
clusiau

@Annie

Une courte vidéo très intéressante qui démontre le racisme de l’autorité juive en l’endroit des leurs :

Une preuve comme quoi le culte de la supériorité raciale était bien vivant chez les juifs même après l’épouvantable holocauste.

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