Californie – La définition du mariage comme une union « entre un homme et une femme » est anticonstitutionnelle

16 05 2008

La Californie vient d’asséner une gifle assez dure à la droite conservatrice et ultra-religieuse des États-Unis. « Restreindre la définition du mariage comme une union entre un homme et une femme est anticonstitutionnel! », vient de déclarer la Cour suprême de Californie. L’article du code civil, adopté par référendum en 2000, est donc caduc. Il convient de rappeler une certaine similitude historique : 31 états interdisaient le mariage entre « negroes » et « whites », en vertu d’une loi adopté en 1940. En 1959, la Californie abolit cette loi et autorise le mariage interracial. La Caroline du Sud et l’Alabama n’ont supprimé cette interdiction qu’en 1998 et 2000.

Et c’est dans l’État de Californie que, dans un avis adopté par quatre voix contre trois, les juges de la plus haute instance judiciaire ont donné raison à plusieurs plaignants, dont la ville de San Francisco, qui avaient fait valoir que la définition du mariage, par le code civil, comme une union entre un homme et une femme, était discriminatoire. « Nous concluons que les dispositions statutaires en vigueur en Californie qui limitent le mariage aux couples hétérosexuels sont inconstitutionnelles », ont décidé les magistrats californiens. « Restreindre la définition du mariage comme une union « entre un homme et une femme » est anticonstitutionnel et doit être retiré du code civil de l’État », a écrit Ron George, président de la cour siégeant à San Francisco dans un texte qui enjoint les autorités locales de faciliter les mariages entre personnes du même sexe. Ce verdict « garantit aux couples homosexuels les droits constitutionnels reconnus aux couples hétérosexuels de choisir un partenaire pour la vie et de s’engager avec cette personne dans une relation familiale officiellement reconnue et protégée ».

Après le Massachusetts, qui reste le seul autre État où le mariage homosexuel est autorisé, l a cour suprême de Californie est depuis longtemps considérée comme l’une de celles qui montrent le chemin. Elle vient de lancer un message clair aux trois candidats américains à la présidentielle de 2008 : Barack Obama, Hillary Clinton et John McCain s’opposent à la reconnaissance du mariage homosexuel. L’union civile privée des garanties légales du mariage est reconnue dans le Connecticut, le New Hampshire, le New Jersey et le Vermont. Arnold Schwarzenegger, le gouverneur vedette de l’État, opposé dans le passé au mariage homosexuel, respectera la décision des magistrats. Il a indiqué qu’il ne soutiendrait pas un amendement à la Constitution destiné à annuler la décision de la cour suprême.

La Californie est un État où vivent 37 millions de personnes. En d’autres mots, elle abrite environ un huitième de la population du pays. En 2004, le maire de San Francisco, Gavin Newsom, avait bravé loi et préjugés sociaux et commencé à célébrer des mariages entre personnes du même sexe, procédure ensuite invalidée par la justice. Force est de constater que cette décision judiciaire pourrait avoir des répercussions importantes aux États-Unis.

Il ne faisait aucun doute qu’un nombre croissant de couples homosexuels souhaitait connaître les joies de la paternité. L’agence américaine de « maternité de substitution », « Circle Surrogacy », est une agence située dans le Massachussetts (nord, est). Que fait donc cette agence? Elle demande 100 000 $ pour obtenir « le bébé de ses rêves » : 25 000 $ pour la mère porteuse, entre 4 000 et 10 000 $ pour la femme qui vend son ovule ; le reste servant à payer l’agence et les frais médicaux et légaux. Nous sommes en plein « gay baby boom ». Selon l’Académie américaine de pédiatrie, entre 1 et 9 millions d’enfants mineurs vivent avec des parents de même sexe.

Certains observateurs n’hésitent pas à conclure que la procréation par recours à des mères porteuses est en train de révolutionner la famille traditionnelle aux États-Unis, et permet à un nombre croissant d’homosexuels de devenir pères. Un couple homosexuel fait appel à l’agence américaine « Circle Surrogacy », située en Ohio, une mère porteuse est choisie et, pour faciliter la naissance de l’enfant, elle se rend généralement à Los Angeles (Californie, ouest), où la législation sur l’état-civil est plus permissive.

Aux États-Unis, tout succès se mesure à l’aune de la réussite financière. « En 12 ans notre croissance a été de 6.000% (… et) nous comptons doubler nos profits dans les deux années et demi à venir », déclare le président de « Circle Surrogacy ». Au départ, l’agence avait 10% de clients homosexuels et en compte maintenant 80%, provenant de 29 pays.

En France, le recours aux mères porteuses (gestation pour autrui) est interdit.

En 1977, le Québec devenait la première province canadienne à inclure dans sa Charte des droits et libertés une clause interdisant la discrimination vis-à-vis l’orientation sexuelle. En 2000, la Chambre des communes du Canada reconnaît l’égalité des droits entre les conjoints de fait homosexuels et hétérosexuels. En 2005, le gouvernement libéral du Canada dépose un projet de loi sur le mariage civil aux Communes. Ce texte donnera lieu à une polémique qui s’étirera sur plusieurs mois, principalement à cause des conservateurs, qui souhaitaient que le mariage conserve sa définition « traditionnelle ». En 2004, décision importante de la Cour suprême du Canada qui rend une décision décisive : « Notre Constitution est un arbre vivant qui, grâce à une interprétation progressiste, s’adapte et répond aux réalités de la vie moderne », écrit la Cour dans son avis fort attendu. « Interprété de façon libérale, le mot « mariage » (…) n’exclut pas le mariage entre personnes du même sexe ». En juillet 2005, la mesure devient officiellement loi dans tout le Canada. La loi a été approuvée par le Sénat canadien puis a obtenu la sanction royale. Le Canada devenait le quatrième pays, après les Pays-Bas, la Belgique et l’Espagne, à officialiser le mariage civil des homosexuels.

Aux Pays-Bas, le mariage homosexuel est autorisé depuis 2001. Pour un Français qui décide de s’y marier, les conséquences peuvent être imprévisibles. Frédéric Minvielle est français, il s’est marié avec un néerlandais. La France ne reconnaît pas le mariage homosexuel. Installé aux Pays-Bas depuis 2002, Frédéric Minvielle, 37 ans, a perdu sa nationalité en 2007. Il avait acquis la nationalité néerlandaise mais se croyait toujours Français. Au Consulat français d’Amsterdam, Frédéric Minvielle a été prié de rendre son passeport et sa carte d’identité. Il lui a aussi confirmé sa radiation des listes électorales en application d’une clause de la Convention de Strasbourg de 1963.

La France, les Pays-Bas et certains autres pays ont signé une convention en vertu de laquelle un citoyen qui demande la nationalité d’un autre pays signataire perd sa nationalité d’origine. Il y a une exception dans cette convention : le mariage. Une personne qui obtient une deuxième nationalité par mariage peut, si elle en une demande, conserver sa nationalité d’origine. Puisque selon le droit français, deux personnes du même sexe ne peuvent prétendre au mariage, la France conclut que Frédéric Minvielle, Français de 37 ans, a acquis la nationalité néerlandaise au détriment de sa nationalité française. D’où sa déchéance. Le ministère de l’Immigration, un temps saisi, s’est défaussé en renvoyant la balle au ministère des Affaires étrangères. Le gouvernement, embarrassé, entendrait dénoncer la Convention pour se sortir de ce mauvais pas.

« SOS homophobie » s’est déclaré « scandalisée par cette décision particulièrement humiliante et symboliquement inexcusable. Nous demandons au gouvernement de réintégrer immédiatement cet homme dans la nationalité française ». L’Association s’est également interrogée : « Fichés, déchus de leur nationalité, quelle est la prochaine étape pour les homosexuels français? »

Entre temps, des fonctionnaires du ministère des affaires étrangères ont invité Frédéric Minvielle à formuler une demande de réintégration à partir de mars 2009. Comme nous venons de le mentionner, c’est à cette échéance que sera effective la dénonciation par Paris d’une partie de la Convention de Strasbourg régissant la double nationalité relative au mariage. Frédéric Minvielle veut plaider devant la Cour européenne des droits de l’homme pour obtenir le droit d’avoir la double nationalité à l’instar des hétérosexuels français ayant épousé un ou une Néerlandaise.

Jean-Louis Roumégas, porte-parole des Verts, n’a pas hésité à dénoncer cette décision de l’administration française qu’il qualifie de « clairement homophobe et humiliante ».

L’affaire Minvielle a précédé une autre « affaire » particulièrement embarrassante pour la France des libertés individuelles : la police nationale est en train de remplacer son ancien système de gestion des procédures par un tout nouveau, nommé Ardoise. La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), la Haute autorité de lutte contre les discriminations (HALDE), et le collectif de lutte contre l’homophobie s’inquiètent du potentiel du logiciel et demandent des précisions au gouvernement.

Ardoise est connecté au STIC (Système de traitement des infractions constatées), qui, lui aussi, fait polémique : y sont mentionnées toutes les personnes, mis en cause, témoin ou victime, concernées par des affaires pénales. Ardoise va plus loin : il contient une rubrique « État de la personne », où sont précisés certains caractères. « Homosexuel », « transsexuel », « handicapé », « sans domicile fixe », « personne se livrant à la prostitution », « travesti », « relation habituelle avec personne prostituée », « personne atteinte de troubles psychologiques », « usager de stupéfiants », « permanent syndical » figurent parmi les critères à documenter. Ce logiciel est mutualisé : tous les policiers, partout en France, peuvent avoir accès aux données saisies avec Ardoise.

La ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a décidé finalement de suspendre l’expérimentation du logiciel. La ministre a souhaité réfléchir à la pertinence des critères retenus au regard des besoins d’enquêtes. Le logiciel incriminé « ne doit pas remettre en cause les droits fondamentaux des personnes » et « mettre en porte-à-faux les policiers », avait écrit le syndicat. La Ligue des droits de l’Homme a noté avec intérêt cette décision de la ministre. Cependant, au-delà de cette mesure, toutefois provisoire, la Ligue considère qu’il importe d’expurger cet outil informatique de tout contenu contraire à l’égalité devant la loi.

Dire que le 17 mai sera célébrée la Journée mondiale contre l’homophobie.

(Sources : AFP, Cyberpress, Canoë, Le Monde, Politico, Presse canadienne)

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24 responses

16 05 2008
Gilles

[…] dans un avis adopté par quatre voix contre trois, les juges de la plus haute instance judiciaire ont donné raison à plusieurs plaignants […] qui avaient fait valoir que la définition du mariage […] comme une union entre un homme et une femme, était discriminatoire

Et si l’union entre un homme et une seule femme (ou l’union entre une femme et un seul homme) était discriminatoire ? J’y pense, l’islam a la polygamie (mais pas la polyandrie)… Et si l’âge légal du mariage (16 ans au Québec, avec le consentement des parents, sinon 18 ans ; 18 ans en France depuis 2006, il était de 15 ans avant cette date ; entre 14 et 18 ans selon les États, aux États-Unis) était discriminatoire ? Je redoute qu’à vouloir abolir toute forme de discrimination, on finira par tout permettre.

Bref, cette décision (à 4 juges contre 3, ce qui ne ressemble pas à une belle unanimité) me dérange sans que je puisse identifier la raison. Plus, je sens quelques sentiments homophobes s’éveiller dans mon esprit, non pas contre tel ou tel individu homosexuel (j’admirais Cocteau et Jean Marais* et je le dis souvent), mais contre le groupe. J’ai le même sentiment contre tout groupe qui exige que les lois s’adaptent à ses valeurs particulières, en fait.

* Ils n’ont jamais exigé de pouvoir se marier, eux.

16 05 2008
Gilles

Afin de ne pas faire de discrimination, puisque je n’ai nommé que deux hommes, Cocteau et Marais, dans mon commentaire qui précède, je vous annonce que j’admire aussi Gertrude Stein [romancière, poète, mécène, conférencière ; c’est elle qui a forgé l’expression The Lost Generation pour désigner James Joyce, Hemingway et F. Scott Fitzgerald] et Alice B. Toklas (son amie et biographe).
 
Elles non plus n’ont jamais exigé de se marier !
 

16 05 2008
Françoise

« la cour suprême de Californie est depuis longtemps considérée comme l’une de celles qui montrent le chemin »

Bien (encore qu’on pourrait se demander où va « le chemin »). Alors au nom de la non-discrimination on peut tout exiger ? À quand le mariage des zoophiles avec leur petit (ou grand) compagnon ? Et celui des pédophiles avec des petites filles ou des petits garçons ? Etc.

Je force le trait (peut-être) mais si on peut tout revendiquer au nom de la non-discrimination, où est la limite ?

16 05 2008
Pierre Chantelois

Françoise
Gilles

Nous sommes ici dans un débat qui s’est fait au Québec depuis l’adoption de la Charte des droits de la personne. Un droit particulier peut-il prévaloir sur un droit collectif? Nous sommes face à des droits revendiqués par des minorités. Les personnes à mobilité restreinte demandent des droits d’accès équivalents à ceux des personnes bien portantes. Nous sommes également confrontés aux logements adaptés pour des petites personnes, des personnes non voyantes (lettres en braille dans les ascenseurs).

La Cour suprême du Canada accorde une grande importance, au point de placer le respect des minorités parmi les quatre principes constitutionnels directeurs fondamentaux du Canada, avec le fédéralisme, la démocratie et la primauté du droit : « Le souci de nos tribunaux et de nos gouvernements de protéger les minorités a été notoire ces dernières années, surtout depuis l’adoption de la Charte. Il ne fait aucun doute que la protection des minorités a été un des facteurs clés qui ont motivé l’adoption de la Charte et le processus de contrôle judiciaire constitutionnel qui en découle ».

Les débats qui ont cours au Canada au sujet de l’apparente opposition entre droits individuels et droits collectifs existent également à l’échelle internationale. La conception moderne des droits de l’homme trouve son origine dans les traditions philosophiques occidentales axée sur les droits et de l’autonomie individuels. Les libertés individuelles ne sont toutefois pas absolues. Comme nous vivons en société, il peut parfois être nécessaire de restreindre les droits individuels. L’article 1 de la Charte reconnaît ce principe et précise que nos « droits et libertés ne peuvent être restreints que par une règle de droit, dans des limites qui soient raisonnables et dont la justification puisse se démontrer dans le cadre d’une société libre et démocratique ».

Au vingtième siècle, la lutte pour les droits de la personne s’est intensifiée à mesure que le principe des droits individuels gagnait en popularité et s’introduisait dans le droit international. Au Canada, la Charte canadienne des droits et libertés prévoit que les personnes dont les droits ont été enfreints peuvent prendre des mesures. Ces mesures sont appelées « réparation ». En vertu du premier recours prévu par la Charte, une personne peut s’adresser au tribunal pour obtenir une réparation que le tribunal estime « convenable et juste eu égard aux circonstances ».

Michel Robert, juge en chef à la Cour d’appel du Québec distingue trois types de conflits de droits : « le conflit entre deux droits individuels, le conflit entre les droits collectifs d’un groupe vis-à-vis les droits d’un autre groupe, le conflit entre les droits d’un individu versus les droits d’une communauté. Ce n’est pas de nature à simplifier la tâche des juges ». Les juges s’interdisent de hiérarchiser les droits. Maître Robert ajoutait : les juges s’entendent pour dire que le juge est « un acteur social », un « produit de la culture » et un être humain qui fait appel « aux deux facultés qui guident nos décisions : la raison et la conscience ».

L’Assemblée nationale du Québec a adopté à l’unanimité en 2002 une loi modifiant radicalement cette autre institution généalogique qu’est la filiation, offrant ainsi à deux hommes ou à deux femmes la possibilité d’être reconnus légalement comme les pères ou les mères d’un enfant, à la suite d’une adoption ou d’une procréation assistée dans le cas de lesbiennes, écrivait maître Renée Joyal, professeure de droit de l’enfance et de la famille. Au Canada, c’est sur le droit à l’égalité reconnu par la Charte canadienne des droits et libertés que s’appuient les partisans du mariage des conjoints de même sexe et le projet de loi fédéral. Plusieurs tribunaux de première instance et d’appel ont d’ailleurs interprété ce droit à l’égalité comme incompatible avec la définition actuelle du mariage qui limite celui-ci à l’union d’un homme et d’une femme. Il s’agit d’une interprétation du droit à l’égalité, que certains approuvent et que d’autres critiquent.

Nous faisons face à une question complexe qui fait appel aux consciences individuelles.

Pierre R. Chantelois

16 05 2008
clusiau

Si les homosexuels veulent se marier, en quoi ça nous regarde ?

Moi j’ai toujours perçu les homos comme des gens affirmant leur différence et ça plaisait à l’anarchiste que je suis. Mais les ceussent qui veulent se marier sont en fait des straights qui s’ignorent……je les trouve kétaine. Le mariage sert surtout à faire des photos cheaps.

Les homos et lesbos auront donc eux aussi droit au divorce, une pandémie au Canada mais qui fait vivre la Justice donc, un mal pour un bien ? J’sais pu.

16 05 2008
Pierre Chantelois

Clusiau

Le mariage sert surtout à faire des photos cheaps.

S’il y a mariage, il peut aussi y avoir divorce. Le tout avec un humour assez féroce!

Merci 🙂

Pierre R.

16 05 2008
Gilles

Malgré les apparences, Clusiau et moi sommes d’accord. Un exemple négatif de ce qui me dérange : les gens qui ne veulent pas fumer essaient d’interdire à tout le monde de fumer ; et un exemple positif : les homosexuels tentent d’imiter les hétérosexuels (par le moyen du mariage et de l’adoption des enfants, en particulier). Les premiers invoquent la santé et les seconds l’égalité, mais ce sont des rationalisations (Pierre explique très bien les détours de raisonnement que font nos juges dans sa réponse). À mon avis, les anti-fumeurs suivent tout simplement l’instinct de domination et les groupes homosexuels l’instinct d’imitation. Deux instincts immatures.

17 05 2008
clusiau

Right on Gilles.

17 05 2008
Pierre Chantelois

Gilles
Clusiau

Merci.

Pierre R.

17 05 2008
Dominique Hasselmann

Pour l’instant (je parle de ce qui existe en France), la pédophilie et la zoophilie tombant sous le coup de la loi, le mariage à ce niveau-là n’est pas encore une revendication possible…

Plus sérieusement : je trouve normal, comme le souligne Pierre Chantelois (notre fin connaisseur législatif !), que les homosexuels puissent se marier et adopter des enfants s’ils en ont envie comme des couples « normaux ».

Par la même occasion, si ça fait marcher l’industrie des photographes professionnels du samedi dans les parcs et jardins, tant mieux, même si les appareils photos numériques inidividuels ont tendance, désormais, à sérieusement concurrencer cette profession.

On voit bien ici, chez nous, que la discrimination qui se proclame « positive » – quand il s’agit d’afficher médiatiquement quelques figures de secrétaires d’Etat style Rama Yade – est toujours vivante.

Comme les bons vieux préjugés sur lesquels s’appuie le gouvernement de droite dirigé par Fillon, sous les fourches caudines de Sarkozy (« droit d’accueil » pour les enfants en cas de grève des enseignants, « immigration choisie », etc.).

Californie, San Francisco : la SF n’est pas encore arrivée en France !

17 05 2008
Gilles

[…] la pédophilie et la zoophilie tombant sous le coup de la loi, le mariage à ce niveau-là n’est pas encore une revendication possible…

Les lois ne sont pas intangibles et fondées sur la raison comme le croyait Montesquieu ; le sens des mots change car les esprits changent. Ce que les penseurs du XVIIIe siècle entendaient par « égalité » (l’égalité devant les juges, essentiellement) est devenu quelque chose comme « Je dois avoir tout ce que les autres ont ». Autrement dit, le règne du désir.
 

17 05 2008
Pierre Chantelois

Dominique

Lorsqu’il est question de pédophilie, une société dot faire preuve de la tolérance zéro. Un couple hétérosexuel peut, sous le couvert de son hétérosexualité, commettre les pires crimes qu’on puisse imaginer. En 2004, Dominique Strauss-Kahn écrivait, sur son blogue : « même s’il est difficile de trancher de façon définitive, nous devons sortir d’une insupportable hypocrisie. Aujourd’hui en France, un célibataire de plus de 28 ans peut adopter un enfant s’il remplit par ailleurs les conditions de base des procédures d’adoption. Personne ne s’enquiert de savoir si cette personne est homosexuelle et à l’intention de vivre avec une personne du même sexe, si ce n’est déjà le cas. On estime à plusieurs milliers le nombre d’enfants qui vivent dans des couples composés de deux personnes du même sexe. Cela est dû à l’existence de familles recomposées, à la procréation médicale assistée (interdite en France pour les homosexuels mais pratiquée dans des pays étrangers voisins comme les Pays-Bas) et à l’adoption par des célibataires. Dans ces conditions, la possibilité donnée à un couple homosexuel d’adopter un enfant ne fait que mettre le droit en conformité avec la pratique, sauf à vouloir revenir sur l’adoption par les célibataires, ce que personne ne propose.

Cette citation est destinée à rejoindre le commentaire de Gilles qui citait, pour sa part, qui écrit : « Ce que les penseurs du XVIIIe siècle entendaient par « égalité » (l’égalité devant les juges, essentiellement) est devenu quelque chose comme « Je dois avoir tout ce que les autres ont.

Le Code civil français est muet sur la question de l’homoparentalité. Pour refuser un agrément aux homosexuels, les autorités invoquent souvent « l’absence de référent paternel », ce qu’elles ne font pas pour les femmes célibataires hétérosexuelles. Un argument qui pourrait devenir caduc avec la décision européenne. Neuf pays européens admettent déjà l’adoption par un couple homosexuel (Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, Islande, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède).

Permettez-moi de revenir à Strauss-Kahn : « l’institution du mariage et la procréation est aujourd’hui rompu. Une petite moitié des naissances se fait désormais hors mariage en France, et la tendance est à la hausse. A l’inverse, de nombreux couples mariés n’ont, volontairement, pas d’enfants. Bien entendu, les couples stériles ne sont pas interdits de mariage ». Loïc Le Meur répondait à Strauss-Kahn : « La nature nous a conçus pour que ce soit un homme et une femme qui fassent des enfants, pas un homme seul, pas une femme seule, ni deux hommes, ni deux femmes. Je ne vois pas pourquoi le fait que « c’est la tendance de toutes façons, il y en a de plus en plus » justifierait de considérer que tout devient normal, officiel et légal. Autant je peux comprendre le mariage homosexuel, pourquoi pas, autant je ne conçois pas comment on peut imaginer d’imposer à un enfant de ne pas avoir de mère ou de père, c’est juste totalement contre nature et injuste pour lui, non ? ». Quatre ans plus tard, en 2008, l’Association des parents gays et lesbiens estime à 200.000 le nombre d’enfants ayant un parent homosexuel en France.

En quoi les désirs des uns nuisent-ils aux désirs des autres? Par exemple, que dire des choix de ces couples qui décident de vivre sans enfants pour se consacrer entièrement à leur carrière au sein de leur société : Yuppies (Young Urban Professional) ?

Personnellement, le hasard a fait en sorte que les propriétaires de mon logement étaient un couple homosexuel. Sans enfant. Ils étaient dans la trentaine. Ils vivaient en couple, je crois, depuis près de dix ans. Je n’ai senti de leur part aucun préjugé du fait que j’étais hétérosexuel. 🙂

Amicalement

Pierre R.

17 05 2008
Gilles

Pierre a écrit :
Je n’ai senti de leur part aucun préjugé du fait que j’étais hétérosexuel.

Mais est-ce que tu fumes ?
 

18 05 2008
Pierre Chantelois

Gilles

Nul besoin de fumer pour rater une blague, semble-t-il.

Pierre R.

18 05 2008
Gilles

Pierre,
 
Elle n’est pas ratée, elle est même subtile ! Je voulais simplement ajouter que certains propriétaires ne vont pas discriminer quelqu’un parce qu’il est homosexuel, mais il vont bientôt avoir le droit de refuser un logis à un fumeur… de tabac. Si le locataire prend de la cocaïne, c’est pas prévu.
 

18 05 2008
Pierre Chantelois

Gilles

Je suis enfumé 🙂

Vraiment je n’avais fait aucune allusion à cette actualité sur le droit de fumer dans les logements. Bravo mon ami. Je suis rattrapé par l’actualité. Pour le lecteur qui voudrait en connaître plus : On lui interdit le droit de fumer.

Pierre R.

18 05 2008
Gilles

Well… Je ne suis pas certain de savoir ce que tu as compris, ou d’avoir écrit ce que je voulais écrire… La blague qui n’est pas ratée est la tienne, vu que ma remarque n’était pas une blague. La langue française est trop subtile pour moi, sur le soir !
 
Pour résumer, Danton disait : Les libertés vont tuer la Liberté.
 
 
Dernière heure. Tu as vu les conclusions du rapport Bouchard-Taylor coulées à The Gazette ? En un mot, ce serait aux Canadiens-Français (ainsi qu’aime nous nommer Bouchard) à s’adapter aux nouveaux arrivants ; comme masochisme et aveuglement volontaire, on ne fait pas mieux. Je n’ose le croire, ni le président de la SSJB d’ailleurs, qui a noté avec sagesse que The Gazette a sans doute choisi des extraits provocateurs.
 

18 05 2008
guy

De passage ici et pour vous saluer Pierre et les autres,

J’ajoute juste un point de vue.

Le mariage entre homo ??? Une belle connerie si effectivement il s’agit de faire un album de photos,
si ces gens veulent partager leur vie OK… pour le reste… Doit-on pour autant permettre l’adoption à ces personnes ???

Ouf…. alors je pose la question des leçons d’éducation ou d’éveil à la sexualité de ces enfants adoptés… !

Si j’étais un enfant, si je pense de nouveau à mon enfance, j’aime l’idée d’avoir eu cette chance… une mère pour m’aimer et un père pour me guider… et m’aimer aussi, deux personnes à qui je dois la vie.

L’idée d’avoir eu dans ma petite vie d’enfant deux pères, ou deux mères…!

Non franchement, non, ça ne me dit rien.

J’ajoute que je suis d’accord avec Françoise, dont le trait n’est pas si gros comme elle le souligne…

Sur ce mes sincères salutations à tous..

18 05 2008
Dominique Hasselmann

Sincèrement, je ne comprends pas le sens de votre réponse : vous semblez croire que je serais opposé au mariage des homosexuel(le)s, alors que j’ai écrit l’inverse, et que le reste est à prendre (pédophilie, zoophilie) au deuxième degré, sachant que je respecte notamment les lois destinées à protéger les enfants.

La prochaine fois, je préciserai les passages humoristiques ou ironiques.

18 05 2008
Pierre Chantelois

Gilles

L’écriture mène à beaucoup de quiproquos. Merci de ramener les pendules à l’heure. Je comprends le sens de votre commentaire avec cette citation de Danton. Relativement à la Commission Bouchard-Taylor, j’ai parcouru les articles de The Gazette. C’est très inquiétant la tendance qu’entendent prendre les auteurs. Il semble vouloir privilégier une vision manichéenne qui ne leur fera certes pas honneur. Beaucoup de discussions en perspectives.

Guy

Heureux retour. Votre position est évidemment celle d’une grande majorité de citoyens. Vos craintes ne sont pas uniques. Elles sont exprimées par un nombre important de la population. Je n’entends pas défendre la cause du mariage homosexuel. J’essaie simplement d’apporter un point de vue différent.

Puis-je vous rappeler qu’en novembre 2007, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, décidait d’ouvrir le don de sang aux homosexuels. Plusieurs personnalités avaient demandé la levée de l’interdiction de principe du don de sang aux homosexuels, en application de la circulaire de 1983. La ministre avait qualifié cette circulaire de « démarche discriminatoire qui n’est pas tolérable« .

L’Association Psychologique Américaine et l’Association Psychiatrique Américaine ont, selon le site spécialisé Homoparentalité, supprimé l’homosexualité du Manuel Diagnostique et Statistique de Désordres mentaux. Les enfants de parents gais et lesbiens mènent des vies aussi saines et productives que les enfants d’individus et de couples hétérosexuels. Les études ont également prouvé que les gais et les lesbiennes possèdent des compétences parentales égales et qu’ils fournissent un environnement sain et aimant pour leurs enfants. Vu leur expérience de discrimination, les parents gais et lesbiens peuvent même faire preuve de plus d’ouverture au sein de leur famille.

Convenons qu’en présence de familles éclatées, la cellule familiale telle que nous la connaissions il y a quelques années est particulièrement bousculée. Les familles interethniques ont également fait leur apparition. Les familles monoparentales aussi. Les enfants grandissent dans des familles qui peuvent être petites ou nombreuses. Il y a des familles monoparentales, des familles avec deux parents et d’autres dirigées par des grands-parents. Il y a des familles d’accueil, des familles recomposées, les familles de naissance et les familles de fait. Il y a des familles avec un enfant, des familles avec dix enfants, des familles sans parents et des familles éclatées à cause de l’activité des membres de la famille. Les familles sont interraciales, multiraciales, intergénérationnelles, homoparentales et hétéroparentales. La réalité d’aujourd’hui est que la définition traditionnelle du couple marié hétérosexuel avec 1.5 enfants est seulement une forme de famille parmi beaucoup d’autres dans lesquelles les enfants grandissent et prospèrent. Dire que le couple marié est la seule structure familiale acceptable pour les enfants est une marque de mépris à l’égard de toutes les familles qui ne ressemblent pas à ce schéma. Nous pensons que la famille « acceptable » pour un enfant est celle dans laquelle il existe amour, solidarité et soutien entre les membres de la famille. Il n’y a aucune preuve que nos enfants aient à faire face à plus de difficultés dans leur socialisation à l’école que les enfants des parents hétérosexuels. (Golombok et al. 1983, Vert, R., 1978, 1986.)

Dominique

Si mon propos a semblé remettre en cause votre commentaire, ce n’était pas mon intention et je m’en excuse. Mes remarques entendaient l’appuyer.

Pierre R.

18 05 2008
guy

Vous avez bien raison Pierre,

J’apprécie votre réponse à sa juste valeur, détaillée, et riche…

Vous voyez comme en « s’éloignant« , c’est mon cas et en prenant trop de recul sur un sujet, on revient parfois un peu vite à des idées toutes faites ou « d’arrière garde » j’en suis bien conscient.

Voilà qui permet de mettre l’église au milieux du village et la famille chahutée au cœur du débat c’est évident.

Nous devons tous évoluer dans nos mentalités mais cette évolution nous coûte…

Souhaitons que le monde, mais surtout les enfants, soit « plus heureux » ou « pas plus malheureux » des conséquences d’une telle évolution de nos mœurs…

Mais je crains, au fond, que le « meilleur des mondes » dont nous parlait Aldous Huxley frappe à notre porte… un jour ou l’autre.

Bonne fin de journée

19 05 2008
Pierre Chantelois

Guy

Je me souviens un jour que vous avez utilisé le mot : polyphonie. Nous sommes aujourd’hui devant une certaine polyphonie. Comme vous le dites si bien, personne ne renierait son désir d’avoir accès au meilleur des mondes. C’est peut-être la route à parcourir qui peut être plus difficile. Je ne m’attends pas à une belle unanimité sur des sujets aussi sensibles. Mais j’apprécie aussi la qualité des échanges. Nous nous enrichissons. Un pas vers le meilleur de ces mondes.

Pierre R.

19 05 2008
clusiau

On est là à parler de l’enfance mais il y a à peine cent ans l’enfant n’existait pas ni les pédiatres, ni le Ritalin.

J’aime mieux considérer l’enfant comme une « petite personne ».

Et pour en revenir aux homos avec enfant, il y a une masse énorme de parents « normaux » qui ne respectent aucune « petite personne ».

Lorsqu’un enfant est maltraité, l’important n’est pas d’essayer de faire une thérapie aux parents mais bien de lui trouver d’autres personnes aimantes et prêtes à l’accueillir.

Habituellement, le jeune retrouve son bien-être et il oublie ses « parents ». Les rejetons n’appartiennent à personne, surtout pas aux parents ce que nombre de parents encore aujourd’hui n’acceptent pas. Bon lundi.

20 05 2008
Catherine

« Les libertés vont tuer la liberté »…
J’ai reçu ceci d’une amie il y a quelques jours.

This week, the UK removed The Holocaust from its school curriculum because it ‘offended’ the Muslim population which claims it never occurred.

It is a matter of history that when Supreme Commander of the Allied Forces, General Dwight Eisenhower, found the victims of the death camps, he ordered all possible photographs to be taken, and for the German people from surrounding villages to be ushered through the camps and even made to bury the dead. He did this because he said in words to this effect: ‘Get it all on record now – get the films – get the witnesses – because somewhere down the track of history some b*stard will get up and say that this never happened’
‘All that is necessary for the triumph of evil is for good men to do nothing’
Edmund Burke

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