Alvaro Uribe, de Colombie, « en dictateur populiste », défie les lois de son pays

30 06 2008

La Cour suprême de Colombie vient de porter un dur coup au gouvernement d’Alvaro Uribe en demandant à la Cour constitutionnelle d’invalider l’amendement législatif qui modifiait la constitution pour permettre la réélection, en 2006, d’Alvaro Uribe, après la condamnation de la députée Yidis Medina. La réforme constitutionnelle a été obtenue de manière illégale.

Le candidat républicain à la présidentielle américaine et sénateur de l’Arizona (sud), John McCain, visitera cette semaine la Colombie, pour un séjour de deux jours, au cours duquel il rencontrera les dirigeants colombiens, dont le président Alvaro Uribe. La Colombie, c’est connu, est un pays éminemment fréquentable. Le président George W. Bush et son administration ont appelé à plusieurs reprises à l’approbation d’un projet d’accord de libre-échange, bloqué au Congrès par l’opposition des démocrates qui dominent la législature américaine.

« En Colombie, la manière forte ne sert à rien pour juguler l’augmentation des champs de coca », a constaté le 18 juin dernier l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (Unodc). En termes clairs, malgré une répression accrue financée par les Etats-Unis, la Colombie, premier producteur mondial de cocaïne, avec au moins 60% de l’offre mondiale, ne parvient pas à endiguer la culture de la cocaïne. « En Colombie, tout comme en Afghanistan, les régions où la plupart de la coca est cultivée sont sous le contrôle des insurgés », a signalé Antonio Maria Costa, directeur exécutif de l’ONUDC. Ces cultures ont augmenté de 27% en Colombie, de 5% en Bolivie et de 4% au Pérou. Près de la moitié de la production en cocaïne de la Colombie est imputable à seulement dix municipalités.

De l’ordre de 450 millions d’Euros en aide américaine, le gouvernement d’Alvaro Uribe ne parvient pas, selon le rapport de l’UNODC, à mettre en déroute la guérilla marxiste ou les milices d’extrême droite qui truffent de mines les nombreux champs de culture. A Washington, le Plan Colombie semble surtout apprécié pour ses résultats militaires contre la guérilla.

Les défis d’Alvaro Uribe sont légion. Au plan constitutionnel, la Cour suprême invalide la réforme qui avait permis au chef de l’Etat d’être élu pour un second mandat en 2006. La Constitution ne permet pas à un chef d’Etat d’assumer deux mandats successifs. Or il s’avère que cette réforme s’est exercée sur fond de scandale. Alvaro Uribe aurait corrompu une ancienne congressiste, Yidis Medina, pour qu’elle vote en faveur de la réforme. En 2005, le texte est approuvé de justesse, grâce au vote de l’ex-parlementaire, Yidis Medina, et à l’absence inexpliquée, au moment du scrutin, de l’un de ses collègues, Teodolindo Avendano. Tous deux avaient préalablement annoncé qu’ils s’opposeraient à la réforme constitutionnelle. Après avoir nié toute ingérence ou tentative de corruption par le gouvernement d’Alvaro Uribe, le dossier est classé.

En avril 2008, Yidis Medina fait volte-face. Madame Medina, elle-même soupçonnée d’être liée à certains secteurs mafieux, est furieuse du fait que le président Uribe n’ait pas tenu ses promesses ! Elle accuse donc le président Uribe de lui avoir promis des postes et des contrats pour s’assurer son vote. Elle met donc en cause plusieurs fonctionnaires gouvernementaux, dont un actuel ministre et le ministre de l’Intérieur de l’époque, Sabas Pretelt de la Vega, aujourd’hui ambassadeur en Italie.

Madame Medina, coupable de corruption passive, est condamnée à quarante-trois mois de prison. L’ex-parlementaire se dit menacée de mort. La Commission d’accusation du Parlement a ouvert en mai une enquête préliminaire pour corruption contre le président Alvaro Uribe, où il dispose d’une solide majorité. La Cour suprême considère que la condamnation de madame Medina entache d’illégalité la réforme constitutionnelle de 2004 et donc la réélection du président. La Cour suprême de Colombie décide d’intervenir et demande à la Cour constitutionnelle la révision du processus législatif qui a permis au président Uribe de se porter candidat pour un second mandat : « L’approbation de la réforme constitutionnelle fut l’expression d’une claire déviation de pouvoir, dans la mesure où l’appui d’une parlementaire à l’initiative d’amendement constitutionnel a été obtenu par des actions délictueuses ». Or les actions délictueuses en question « ne peuvent générer aucune sorte de légitimation constitutionnelle ou légale, raison pour laquelle la Cour ordonne de remettre copie de cette sentence au Tribunal constitutionnel et au parquet général ».

Demande qui a provoqué une virulente réaction du chef de l’Etat. D’autant plus qu’Uribe n’excluait pas une nouvelle modification de la constitution pour lui permettre de se présenter à un troisième mandat présidentiel. Les partisans du président recueillent depuis plusieurs semaines des dizaines de milliers de signatures pour forcer un nouvel amendement constitutionnel.

Alvaro Uribe contre-attaque. Il accuse les juges de la Cour suprême d’abus de pouvoir et demande au Congrès de donner son accord pour l’organisation d’un référendum pour déterminer s’il y a lieu ou non d’organiser à nouveau l’élection de 2006. Sur le ton de la colère, Uribe a déclaré : « si la Cour suprême de justice a des doutes sur mon élection, consultons le peuple pour voir ce qu’il en dit ». Et Alvaro Uribe, annonce en direct sur les radio et télévision nationales, aux alentours de minuit, jeudi dernier : « Je convoquerai le Congrès de la République pour qu’il engage avec la plus grande célérité un projet de loi pour un référendum ».

Sauf que, comme l’indique El Tiempo, la question est de savoir si le référendum permettra au président d’achever son mandat (mai 2010) ou ouvrira la voie à une troisième réélection. Alvaro Uribe a également porté jusqu’au paroxysme le conflit entre l’exécutif et un pouvoir judiciaire devenu protagoniste politique, accusant la Cour suprême de « s’être prêtée au piège tendu par le terrorisme agonisant ».

Uribe n’a pas hésité à accuser, à son tour, la Cour suprême colombienne d’infiltration par les milices d’extrême-droite tout en dénonçant son manque de « vigilance » à l’encontre des Farc. Déclaration reprise par le Haut commissaire pour la paix, Luis Carlos Restrepo, selon qui certains des magistrats de la Cour suprême avaient eu des liens avec des trafiquants de drogue. Ce que tait Luis Carlos Restrepo est le fait que ces mêmes juges de la Cour suprême ont déjà ordonné l’arrestation de quatorze députés et sénateurs, des proches d’Uribe. Ce qui fait dire à Carlo Gaviria, président du Pôle démocratique alternatif, parti d’opposition de gauche, que le chef de l’État oppose une réponse politique à une question judiciaire. Et monsieur Gaviria va plus loin : « Uribe utilise le peuple comme un dictateur utiliserait l’armée ou la police. Il inaugure une dictature populiste ». Et selon Carlo Gaviria : « Le président est irascible devant les critiques. Il pense, en s’appuyant sur sa popularité, que ses actes sont justifiables ».

En situation de crise, sur fond constitutionnel, chacun y va de son interprétation : le sénateur Gustavo Petro, du Pôle démocratique (opposition de gauche), déclare que cette crise « signifie que le président a acheté des congressistes pour servir ses propres intérêts (sa réelection) ». Et le sénateur poursuit : « Ce détournement du pouvoir se nomme en d’autres termes l’édification de la tyrannie. Généralement les tyrans recherchent des plébiscites pour légitimer leurs actes (…) ce que le président tente de faire avec ce référendum ».

François Hauter, du Figaro, dresse un excellent portrait d’Alvaro Uribe : « Alvaro Uribe est un homme froid, intelligent, un regard perçant, fin stratège, jouant un coup ou deux en avance sur ses adversaires. Un type à fleur de peau, tendu, colérique, dur. Un lutteur acharné, qui aime les risques. Une lame. Un combattant ». La force d’Uribe, poursuit François Hauter, aura été de redonner confiance aux Colombiens dans leur pays. Et de ce point de vue, ses 80 % de popularité ne sont pas volés. Et par ce référendum, Alvaro Uribe, lui, entend faire des Colombiens les arbitres de son bras de fer avec la Cour suprême.

(Sources : AFP, Cyberpresse, El Païs, Latin Reporters, Le Figaro, Le Monde, Presse canadienne)

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Seulement 57% des sondés sont opposés à la torture en toutes circonstances

29 06 2008

D’après une enquête de l’ONU, menée dans 19 pays à travers le monde, seulement 57% des sondés sont opposés à la torture en toutes circonstances.

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Amnesty International et des élus européens

appellent l’Union à plus de courage

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Selon le juge Richard Mosley,

de la

Cour fédérale canadienne,

il est important que l’opinion publique

soit informée

de la façon dont un citoyen canadien

risque d’être traité à l’étranger.

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Le juge Richard Mosley

a déclaré, dans son jugement,

que les Américains ont torturé Omar Khadr,

enfant-soldat de 15 ans,

emprisonné à Guantanamo,

afin de le « préparer » à l’interrogatoire

du représentant canadien.

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Le Canada savait mais il a nié les faits.

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Immigration clandestine ou non, l’Europe vieillit. L’Occident aussi.

28 06 2008

Le Québec est un petit pays, dans un grand pays, le Canada. Nous voudrions le Québec libre mais après deux référendums, la population a rejeté cette option. Vox populi, Vox Dei. Dans ce petit pays, sa population tente par dessus tout de vivre en harmonie. Entre les croyants et les incroyants. Entre les autochtones et les non-autochtones. Entre la population de souche et les groupes immigrants.

Le Québec vient de terminer une très longue consultation sur l’état des lieux : a-t-il une propension ou non au racisme? Est-il xénophobe?

Il est important de distinguer racisme et xénophobie. Michel Wieviorka, docteur d’État ès Lettres et Sciences Humaines, est directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales et directeur du Centre d’analyse et d’intervention sociologiques (CADIS). Il définit le racisme comme une « idéologie qui se traduit par des préjugés, des pratiques de discrimination, de ségrégation et de violence ». Les sociologues André Akoun et Pierre Ansart donnent au mot xénophobie le sens suivant : « hostilité contre les personnes désignées comme étrangères ».

Le professeur titulaire au département de sociologie et membre du Centre de recherche en droit public de l’Université de Montréal, monsieur Guy Rocher, a reproché à la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles « son insistance à parler de la majorité québécoise francophone comme d’une minorité ». Il y a là une véritable constante qui traverse tout le rapport. Que les Québécois francophones soient une minorité au Canada et dans le continent nord-américain est un fait évident. Mais insister là-dessus à ce point dans un tel rapport n’est pas sans conséquences. Ce sera, toujours selon le professeur Rocher, le grand défi du Québec du XXIe siècle que « d’établir des rapports interculturels harmonieux de la part d’une majorité francophone et qui a besoin de voir un nombre croissant de minoritaires non seulement apprendre sa langue, mais surtout s’identifier à sa culture » (Le Devoir, 12 juin 2008).

Riccardo Petrella est mondialement connu. Dans son livre « Pour une nouvelle narration du Monde », l’économiste et politicologue soutient que l’humanité vit une crise sans précédent où le sens est subordonné aux chiffres, où même le respect du vivant s’efface devant les règles économiques. En octobre 2005, Riccardo Petrella, en entrevue, à la Société Radio-Canada, dénonçait la logique d’exclusion du processus de mondialisation des 20 dernières années. « Nous assistons au retour de la grande pauvreté, non seulement dans les pays les plus pauvres, mais aussi dans nos villes », notait l’invité de Radio-Canada. De manière audacieuse, le politicologue recommandait rien de moins que de « déclarer illégale la pauvreté, au lieu de continuer à déclarer illégaux les pauvres ».

L’animateur de l’entrevue a posé cette question à Riccardo Petrella : quel lien faites-vous entre mondialisation, pauvreté et immigration clandestine ? En réponse, ce dernier a rappelé que « de plus en plus de gens ne sont pas capables de tenir le coup dans une économie qui, elle, au contraire devient beaucoup plus riche mais dont la redistribution de cette richesse est favorable à ceux qui possèdent déjà la richesse ». Et s’agissant de l’immigration, Riccardo Petrella ne pouvait que constater que la même chose s’est faite alors vis-à-vis des immigrés. « On immigre parce qu’on est pauvre. On n’immigre pas pour aller voler les biens des pays riches. Il n’y a que nous, les dominants, qui allons faire les prédateurs dans les pays pauvres. Les immigrés qui viennent chez nous ne viennent pas pour nous voler », notait monsieur Petrella.

Bien avant la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles, Riccardo Petrella en venait à la triste constatation que « même là où ils vont immigrer, les immigrés se trouvent perdants, parce qu’ils sont mal traités, mal considérés. Il suffit qu’ils soient un peu basanés, qu’ils soient noirs, qu’ils soient musulmans, d’autres religions… Ils sont maltraités par les gens du lieu où ils vont immigrer. Et ils sont mal vus par la population des pays qu’ils ont quittés, parce qu’ils sont considérés comme des gens qui n’ont pas voulu rester partager la destinée de leur peuple. Et ils sont mal vus lorsqu’ils arrivent dans les autres pays ».

En 2008, trois ans après l’entrevue de Riccardo Petrella, selon un rapport rédigé par des analystes des 16 agences de renseignement des États-Unis, la sécurité du pays serait menacée par le réchauffement climatique car le phénomène pourrait accroître l’immigration clandestine. Le rapport explique que le réchauffement risque de provoquer des sécheresses, des inondations, des conditions météorologiques extrêmes mais aussi des pénuries alimentaires. Ce qui augmenterait fortement l’immigration et les « conflits liés à l’eau ».

L’Afrique, une des régions les plus vulnérables du globe, elle pourrait, selon ce même rapport, voir le rendement des récoltes dépendantes de la pluie chuter jusqu’à 50% dans les 12 prochaines années en raison d’une sécheresse accrue. Dans une partie de l’Asie du Sud et de l’Est, les cultures sont vulnérables à la sécheresse et aux inondations, et les récoltes de riz et céréales pourraient baisser de 10%.

Le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, a lui aussi dénoncé la nouvelle législation européenne sur l’immigration et sa controversée « directive retour ». Près de 400.000 Brésiliens résidant illégalement en Europe pourraient être concernés. Lula da Silva a formulé son commentaire devant des hommes d’affaire : « La peur de voir disparaître le statu quo et l’emploi a conduit à la discrimination et aux préjugés à l’encontre des immigrés ». Selon ce dernier, le problème des clandestins ne sera pas résolu en empêchant les pauvres d’entrer en Europe. « Il se résout en aidant les pays pauvres à croître et se développer », a-t-il soutenu. Pourtant, reconnaissons-le, en plus d’une pauvreté extrême, « la coexistence entre les diverses races, composant la population brésilienne, se traduit, dans les faits, par une hiérarchisation sociale de celles-ci. Une réalité largement occultée ».

Que se passe-t-il de si intéressant en Europe pour que les émigrés clandestins, régulièrement humiliés par les forces de sécurité, s’obstinent à rester, s’interroge Rosnert Ludovic Alissoutin, consultant, docteur en droit, et chercheur à l’université Gaston Berger de Saint-Louis au Sénégal. L’attrait de l’Occident est quasi irrésistible. Il est si fort que l’argent n’est plus un obstacle à l’émigration, malgré un contexte de pauvreté généralisé ; seul le visa empêche les candidats de partir. Les familles, quel que soit leur niveau de pauvreté, se cotisent pour faire partir un membre de la famille, à charge pour ce dernier, une fois qu’il réussit, de retourner l’ascenseur.

En France notamment, il est courant, rappelle monsieur Alissoutin, de voir des Africains qui travaillent s’entasser dans des chambrettes d’immeubles insalubres. Mais que fait l’émigré africain de l’argent qu’il épargne ? La Banque africaine de développement (BAD) estime que la diaspora africaine envoie chaque année 17 milliards de dollars dans les pays d’origine. Ce montant dépasserait celui des investissements directs étrangers et celui de l’aide publique au développement. Cette somme est malheureusement presque totalement engloutie dans des dépenses de consommation.

Que veut l’Europe qui ne fait plus d’enfants ? D’ici 2050, l’âge moyen d’un européen devrait ainsi passer de 39 à 49 ans, avec 11,4% d’octogénaires. Avec la baisse prévisible du nombre d’actifs et l’augmentation du nombre de retraités, les équilibres sur le marché du travail, sur les systèmes de retraite et de santé, vont connaître des modifications profondes. Alors que le taux de fertilité nécessaire pour assurer le renouvellement des générations est estimé à 2,1 enfants par femme, le taux moyen constaté dans l’Europe des 25 (chiffres de 2005) est de 1,5 enfant par femme. Conséquence : la population européenne décline.

Le Commissaire européen Vladimir Špidla déclarait en octobre 2006 : « il y a, aujourd’hui, dans l’UE, quatre personnes en âge de travailler pour chaque personne de plus de 65 ans. En 2050, ce ratio passera à deux actifs pour chaque retraité ». Selon le Parlement européen, il existe trois pistes pour atténuer le déficit démographique de l’Union européenne. La première consiste à recourir à l’immigration. Une deuxième possibilité consisterait à augmenter la productivité des actifs, en allongeant l’âge du départ en retraite. Enfin, de nouvelles politiques natalistes sont envisageables, à la condition qu’elles ne remettent pas en cause les progrès accomplis (et ceux restants à accomplir) en matière d’égalité des genres. En d’autres termes, il s’agirait d’inciter les femmes à donner naissance à davantage de bébés, sans les renvoyer à la maison.

Mais voilà. S’agissant de l’immigration, selon un sondage Eurobaromètre, seuls 4 européens sur 10 estiment que les immigrés contribuent positivement à leur pays. L’intégration jugée insuffisante des migrants dans leur société d’accueil jette ainsi une ombre sur le phénomène d’immigration. Le problème de l’immigration clandestine semble pourtant occulter les bénéfices évidents d’une immigration bien gérée. Pour le député espagnol Javier Moreno Sanchez, auteur d’un rapport à ce sujet, il importe de ne pas traiter les immigrés illégaux venus de pays tiers comme des criminels : beaucoup d’entre eux ont risqué leur vie pour venir chercher en Europe leur liberté ou leurs moyens de subsistance.

Retour à la case départ. Le racisme comme une « idéologie qui se traduit par des préjugés, des pratiques de discrimination, de ségrégation et de violence ». La xénophobie se définit comme une : « hostilité contre les personnes désignées comme étrangères ».

« J’abhore le racisme. Je déteste la xénophobie. Je crois dans la force et la richesse de la diversité » (Nicolas Sarkozy).

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La Cour Suprême américaine confirme le droit individuel de posséder une arme à feu

27 06 2008

La Chine vient d’être tancée par les États-Unis pour ses ventes d’armes conventionnelles et pour « les affaires » qu’elle transige avec certains pays qui déplaisant à l’Oncle Sam, comme l’Iran, notamment. Pendant que le pays perse est sous le coup de trois résolutions du Conseil de sécurité assorties de sanctions pour son refus d’abandonner son programme nucléaire, la Chine contourne les règles et fournit des armes à l’Iran, axe du mal, qui à son tour , fournit des armes aux insurgés d’Irak, du Liban et de l’Afghanistan qui, à leur tour, tuent des Américains.

Nous nous retrouvons en plein cercle infernal. La Chine violerait ainsi, selon le secrétaire adjoint à la Défense pour les affaires de sécurité en Asie et dans le Pacifique, les règles de non-prolifération. Mais il y aurait pire, selon les Américains. Des entreprises chinoises ou des individus isolés « transfèrent toujours une grande variété de matériel et de technologies liés à l’armement dans le monde », incluant des pays comme la Birmanie, le Zimbabwe, Cuba, le Soudan et la Syrie.

Pendant ce temps-là, en Irak, les soldats américains viennent de recevoir de nouvelles consignes pour améliorer leur stratégie sur le terrain. Dans un document en 23 points, le général David Petraeus insiste notamment sur la nécessité d’« utiliser l’argent comme arme » et, sur le terrain, de séparer les « conciliants » et les « non conciliants », une formule pour désigner les Irakiens travaillant à l’unité du pays des insurgés sunnites, miliciens chiites et de leurs affiliés. « Nous devons nous efforcer de faire participer les conciliants à la solution et dans le même temps identifier, poursuivre, tuer, capturer et écarter les non conciliants », dit le général. La baisse relative de la violence a conduit les soldats américains à sortir plus souvent de leurs bases pour patrouiller dans les rues.

S’il est interdit d’armer les populations civiles d’Irak, qualifiées d’insurgées, dans certains cas, il en va tout autrement aux États-Unis même. Pour la première fois depuis 1939, la Cour suprême américaine, par 5 voix contre 4, confirme le droit de chaque citoyen de posséder une arme. Ce droit étant garanti par la Constitution, il ne saurait donc être question d’en limiter l’usage au nom de la sécurité publique.

L’amendement de 1791 stipule qu’une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d’un Etat libre, le droit du peuple à détenir et porter des armes ne doit pas être transgressé. Selon le juge Antonin Scalia, la Constitution américaine n’autorise pas la « prohibition absolue des armes détenues et utilisées pour l’autodéfense au domicile ». En conséquence, « le deuxième amendement protège un droit individuel de posséder une arme à feu sans rapport avec le service militaire, et le droit d’en faire usage dans un but légal, comme l’autodéfense chez soi », écrit le juge Antonin Scalia. Pour rassurant qu’il soit, la Cour suprême précise que l’arrêt de 157 pages ne remet pas en cause les lois adoptées de longue date interdisant la possession d’armes par des criminels ou des personnes souffrant de maladies mentales. Et voilà qui devrait rassurer la population bien armée : les armes, par ailleurs, restent prohibées « dans des endroits sensibles comme les écoles ou les bâtiments gouvernementaux », a ajouté le magistrat. Chicago et New York vont devoir réévaluer leur législation sur la question de la prohibition des armes sur leur territoire.

Le district de Columbia avait bien, depuis 1976, tenté de limiter la possession d’armes à feu en empêchant leur enregistrement : les fusils de chasse devaient être démontés à domicile autant que lors de leurs transports. Les armes de poing, achetées avant 1976, devaient être neutralisées par un verrou de sûreté.

Les candidats à la présidentielle américaine ont commenté favorablement, il va sans dire, cette décision qui renforce, comme l’indique Barack Obama, « l’idée que si nous agissons de manière responsable, nous pouvons à la fois protéger le droit constitutionnel à porter des armes et protéger nos quartiers et nos enfants avec des lois de bon sens ». Je ne pouvais m’empêcher de souligner ces trois derniers mots.

John McCain se montre plus exubérant : il applaudit « une victoire historique ». Avec une pointe lancée à son adversaire politique, le candidat républicain considère que, contrairement aux élitistes qui pensent que les Américains se raccrochent aux armes par amertume, « la décision d’aujourd’hui reconnaît que posséder une arme est un droit fondamental, sacré ».

Ce que devraient préciser, autant Obama que McCain, est le fait que ce jugement donne aux millions de membres de la puissante NRA, le puissant lobby des armes, une victoire absolue. Comme pour se dédouaner, le juge Scalia, au nom de la majorité, précise : « Sans aucun doute, certains pensent que le deuxième amendement est démodé (… mais) il est indiscutable qu’il ne revient pas à cette Cour de prononcer (son) décès ».

Alors que les attentats du 11 septembre 2001 ont fait près de 3 000 morts, 16 137 personnes ont été victimes de meurtre en 2004.

Il existerait, au total, aux États-Unis, plus de 40 000 lois fédérales contrôlant le port d’armes dont onze lois fédérales majeures ont été mises en fonction depuis 1927. Plus de 200 millions d’armes à feu circulent aux Etats-Unis. Comme le montre Éthique Info, « les armes à feu ont été utilisées avec une grande fréquence ces derniers temps aux Etats-Unis puisque, en 2005, ce chiffre s’est élevé à 17.000 suicides, 12.000 homicides et près de 800 accidents dus à ces instruments. Au moins la moitié de ces morts sont survenues sur une population composée essentiellement de jeunes gens au-dessous de 35 ans. Si l’on tient compte des blessures sans décès on arrive à un total de 70.000 dommages non mortels dus à des armes à feu parmi des femmes, des enfants tués ou seulement blessés en l’espace d’un an. Cette somme se traduit en une mort toutes les 17 minutes et un décès ou un accident non mortel toutes les 5 minutes. Ce résultat constitue un véritable problème de santé publique qui exige une réaction de la part des pouvoirs publics ».

En effet, selon le Brady Center, les armes coûtent 100 milliards de dollars à la société américaine chaque année en revenus perdus par les morts, les frais médicaux pour soigner les blessés, et les frais de justice et de détention pour punir les criminels. Il faut savoir que le « Gun Control Act » de 1968 interdit la vente de poing aux moins de 21 ans et celle de carabines ou de fusils de chasse aux moins de 18 ans. Seize États américains ont également adopté une loi rendant les adultes légalement responsables si des enfants ont accès à leurs armes et s’en servent.

Sur le contrôle des armes à feu, Éthique Info rappelle que « plusieurs études de grande envergure montrent que les mesures de contrôle sont inefficaces en matière de prévention. Gary Kleck, criminologue enseignant à l’Université Florida State, a déterminé que les armes à feu sont utilisées à titre défensif dans plus de 2 millions de cas par an aux États-Unis. Les statistiques officielles portent à croire qu’elles serviraient en revanche à perpétrer près d’un million de crimes ».

Le « Gun Control Act » interdit aux personnes jugées ou en cours de jugement encourant à une peine de plus d’un an, aux fugitifs, aux dealers de drogue et aux immigrés illégaux d’acheter ou de porter une arme à feu. La possession d’une arme illégalement convertie en arme automatique ou d’une pièce détachée destinée à la conversion est une offense fédérale punissable par 10 ans de prison et une amende de 10,000 dollars.

Comme l’indique le site France-Jeunes, depuis 1994, sous l’administration Clinton, il existe une loi – la loi Brady – exigeant que l’identité des acheteurs d’armes soit contrôlée. Dans un souci de compromis avec la puissante National Riffle Association, le gouvernement a promis que les données recueillies à l’aide du National Instant Criminal Background Check System ne seraient en aucun cas utilisées pour constituer un registre des armes à feu et de leurs propriétaires. Au départ, ces données étaient conservées pendant 180 jours pour être ensuite détruites. Sous les pressions de la NRA, ce délai a été raccourci récemment à 90 jours.

Sur le site du gouvernement américain, UsInfo, madame Rachel Stohl, analyste au Center for Defense Information (Centre d’information sur la défense) et présidente du Groupe de travail américain sur les armes légères, écrivait en 2001 : « Il importe plus que jamais que les États-Unis assument un rôle de premier plan dans la question des armes légères qui, dans le passé, n’a pas reçu de priorité élevée dans les milieux politiques américains. […]Les armes légères font peser une menace réelle sur la sécurité nationale des États-Unis du fait que leur prolifération perpétue les conflits et crée de nouveaux cycles de violence et d’activités criminelles. Qui plus est, la prolifération effrénée des armes légères met en danger les soldats américains qui participent aux opérations de maintien de la paix quand l’excès de ces armes déstabilise les zones de combat ou quand les arsenaux clandestins ne sont pas éliminés après un conflit. Les armes légères réduisent aussi les débouchés commerciaux des États-Unis, empêchent les organisations humanitaires et de secours de s’acquitter de leur tâche et diminuent les possibilités de développement durable ».

(Sources : AFP, Cyberpresse, Le Monde, Presse canadienne, US-Info)

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En Tunisie, les prisonniers politiques subissent l’un des plus longs calvaires de l’histoire récente

26 06 2008

La secrétaire d’État française aux droits de l’Homme, madame Rama Yade, avait, le 2 mai dernier, déclaré sur Europe 1 que, « lorsqu’un président fait une visite d’Etat, il n’est pas là pour insulter ceux qui l’invitent ». Elle faisait ainsi référence à la dernière visite du président Nicolas Sarkozy en Tunisie, en avril dernier. Le Chef de l’État français avait constaté que l’espace des libertés progressait dans ce pays. Madame Yade avait profité de l’occasion pour préciser qu’elle avait aussi rencontré les autorités tunisiennes avec qui elle avait pu discuter de tous les sujets sans aucun tabou, sans aucune limite : torture, censure, peine de mort. La France « a bien montré l’intérêt qu’elle porte aux libertés et qu’il reste des efforts importants à faire », avait déclaré la secrétaire d’État. Évidemment, aucune déclaration officielle ou communiqué n’a été diffusée par le Secrétariat d’État aux droits de l’Homme sur les résultats de ces rencontres bilatérales.

Madame Yade, dans un style diplomatique qui lui est propre, avait, par contre, constaté que tout n’était pas parfait bien sûr mais que des choses importantes avaient été accomplies sur certains aspects, comme le code de la femme. Et la ministre avait poursuivi son entretien avec cette réflexion particulière et difficile à saisir dans son sens réel ou attendu : « Maintenant, on va voir dans les faits. Je suis un responsable politique, on n’est pas dans une classe : on parle quand on a envie de parler, on ne parle pas quand on n’a pas envie de parler ».

Le Secrétariat d’État français n’a pas, pour l’occasion, soulevé le cas du journaliste Slim Boukhdir, arrêté en novembre 2007, qui continue de purger un an de prison dans des conditions très difficiles à la prison de Sfax. Lors de la 8ème session du conseil des droits de l’homme des Nations Unies organisée à Genève, le 9 juin dernier, le Groupe de l’IFEX chargé de la Surveillance de la Tunisie (TMG), une coalition de 18 organisations qui vise à promouvoir la liberté d’expression dans ce pays, a appelé les NU à renforcer leurs efforts pour pousser la Tunisie à respecter le pacte international relatif aux droits civils et politiques, notamment l’article 19. Selon le TGM, le blocage de sites Internet, le harcèlement de défenseurs des droits de l’homme, et les restrictions sur le journalisme indépendant ne se sont pas encore calmés.

« Les conditions de détention de Slim Boukhdir sont inadmissibles et n’ont d’autre but que de le priver de sa dignité. D’autres journalistes emprisonnés en Tunisie dans le passé ont connu le même sort. C’est cet aspect du régime tunisien que le président français Nicolas Sarkozy a malheureusement choisi d’occulter lors de sa dernière visite d’État. Féliciter le président Zine el-Abidine Ben Ali pour les progrès réalisés par le pays dans le domaine des droits de l’homme c’est fermer les yeux sur la souffrance de Slim Boukhdir et de tant d’autres prisonniers politiques », a déclaré en mai dernier le TGM.

L’avocat de Slim Boukhdir n’est plus autorisé à lui rendre visite. Me Abdelwahab Maatar a écrit à six reprises au juge d’exécution des peines pour demander à voir son client. En vain. De même, le 25 avril 2008, sa mère et son épouse n’ont pu le rencontrer. Seuls les deux enfants du journaliste, respectivement âgés de 2 et 6 ans, ont pu le voir.

Une coordination d’associations tunisiennes, maghrébines, arabes et internationales viennent de dénoncer ces conditions inqualifiables des prisons tunisiennes : « Les prisonniers politiques continuent de subir l’un des plus longs calvaires de l’histoire récente. Des dizaines de victimes croupissent toujours dans les geôles tristement célèbres des prisons tunisiennes. La détresse des ex prisonniers politiques élargies continu avec une volonté délibérée du régime tunisien de continuer son « œuvre » destructrice contre des corps exténués en phase finale de maladies graves et malignes auxquelles ils finissent par succomber ».

Le 20 juin, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), déplorait la violence croissante avec laquelle les autorités tunisiennes répriment toute personne qui promeut et défend les droits de l’Homme, et rappelle que conformément à l’article 1 de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, « chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international ».

Le 23 juin, Amnesty International dans un nouveau rapport, Au nom de la sécurité : atteintes aux droits humains en Tunisie, révèle que le gouvernement tunisien cherche à tromper le reste du monde en présentant une image positive de la situation des droits humains dans le pays tandis que ses forces de sécurité persistent à commettre des exactions qui restent impunies. « Le gouvernement tunisien a assuré à plusieurs reprises qu’il se conformait à ses obligations internationales en matière de droits humains. Mais cela est loin d’être vrai. Il est grand temps que les autorités cessent de rendre un hommage de pure forme aux droits humains et qu’elles prennent des mesures concrètes pour mettre fin aux atteintes commises », a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnistie Internationale.

« Résolues à empêcher la formation de ce qu’elles dénomment « cellules terroristes » sur le territoire tunisien, les autorités se sont rendues responsables d’arrestations et de placements en détention arbitraires qui enfreignent la loi tunisienne ; elles ont provoqué la disparition forcée de détenus, elles ont utilisé la torture et d’autres mauvais traitements, elles ont jugé, déclaré coupables et condamné des personnes à l’issue de procès inéquitables. De surcroît, elles ont déféré des civils devant des tribunaux militaires et n’ont produit que peu d’éléments susceptibles d’étayer les accusations portées contre eux », dénonce Amnistie Internationale.

« Les autorités tunisiennes sont dans l’obligation de protéger la population et de combattre le terrorisme, mais ce faisant elles doivent se conformer à leurs obligations en vertu du droit international relatif aux droits humains », déclare Amnistie Internationale. Et selon l’organisme international, un certain nombre de gouvernements de pays arabes et européens ainsi que le gouvernement des États-Unis ont renvoyé des personnes soupçonnées de participation à des actes terroristes en Tunisie, où ces personnes ont été arrêtées, placées en détention de façon arbitraire, soumises à la torture ou à d’autres mauvais traitements, et jugées de manière inéquitable.

La Tunisie a rejeté des accusations. « Amnesty International a publié son rapport sans prendre soin d’en vérifier la véracité, des allégations fallacieuses véhiculées par des entités et des individus connus pour leur partialité et pour leurs partis pris contre la Tunisie », a déclaré le gouvernement tunisien dans un communiqué laconique émis lundi. Selon ce dernier, la Tunisie, comme tous les pays du monde qui ont le devoir de se prémunir contre les dangers du terrorisme, a adopté en 2003 une loi visant à garantir la sécurité de ses citoyens et à contribuer à la lutte internationale contre cette grave menace. « Cette loi, qui est conforme aux standards internationaux, offre toutes les garanties aux accusés, y compris celles d’un procès équitable. Cette loi n’institue aucune zone de non-droit, n’établit pas de tribunaux d’exception, et n’autorise aucune prorogation abusive ou arbitraire des délais de garde à vue et de détention préventive », commente le communiqué tunisien.

Lors de la visite de Nicolas Sarkozy en Tunisie, en avril dernier, Mokhtar Trifi, président de la Ligue tunisienne des Droits de l’Homme (LTDH), se disait étonné de la déclaration du président français : « Si des garanties ont été données à monsieur Sarkozy pour que les libertés progressent, tant mieux ! C’est notre demande. Malheureusement, sur le terrain, nous n’avons pas remarqué de progrès notables, c’est peut-être même le contraire qui se passe en réalité aujourd’hui ».

Faut-il rappeler que, dans le cadre du lancement de l’Union pour la Méditerranée, alors qu’Alger n’a toujours confirmé sa présence les 13 et 14 juillet à Paris, l’Égypte semble déjà choisie pour occuper la vice-présidence, le Maroc serait pressenti pour le secrétariat et la Tunisie a été évoquée pour abriter le siège de l’UPM.

(Sources : AFP, Le Monde, Presse canadienne)

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Dieu se fatigue-t-il d’être associé aux pires exactions du monde ?

25 06 2008

« Je confesse à Dieu tout-puissant,
Je reconnais devant mes frères,
que j’ai péché
en pensée, en parole, par action et par omission ;
oui, j’ai vraiment péché
 ».

(Petit catéchisme catholique romain)

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Avertissement. Je n’ai plus la foi. Tenez cet exergue pour une citation, au même titre que serait une référence au vieux Churchill ou à Edmond Rostand. Pourquoi alors cette citation chrétienne ? Parce que trop sont ces monstres qui nous gouvernent et qui sont la cause de la déliquescence de l’humanité tout en se réclamant de Dieu pour asseoir leur règne.

Oswald Chambers est né en Écosse en 1874. Il fut enseignant et prédicateur pour un temps aux États-Unis et au Japon. Pourquoi Oswald Chambers ? Parce que, en 1911, il fonda et devint le principal enseignant du « Bible Training College », à Londres. Il y resta jusqu’à la fermeture du collège en 1915, « pour cause de Guerre Mondiale ». Il est mort en novembre 1917 des suites d’une intervention chirurgicale.

Ce 24 juin, dans le cadre de mes recherches pour documenter le thème de cette rubrique, je retrouve cette réflexion de ce prédicateur écossais : « En vous rendant compte de la réalité du péché, vous ne détruisez pas le fondement de vos rapports avec les autres, de vos affections, de vos amitiés. Mais d’un commun accord, vous et votre ami, vous reconnaissez que la vie est tragique. Jésus-Christ n’avait aucune confiance en la nature humaine, et pourtant jamais il ne fut sceptique, désabusé, soupçonneux, parce qu’il avait toute confiance dans l’œuvre qu’il pouvait accomplir pour l’humanité ». Est-ce parce que je n’ai plus la foi que je suis désabusé par ces dirigeants – pénibles dans leurs déclarations et dans leurs décisions – qui nous accablent de leur profession de foi ?

En raison de l’actualité qui nous rappelle – sans une seule pause salutaire – à ces morts et à ces assassinats dans le monde, il convient de mettre au sommet de cette liste morbide le généralissime Than Shwe de Birmanie. Il règne pour une raison divine : il se croit la réincarnation d’un roi du passé. Et à ce titre, il revendique le statut de « Bu Daw », titre emprunté aux anciens souverains. Il consulte sinon Dieu du moins les astres. Introverti et superstitieux, Dieu a eu pourtant, sur son généralissime birman, une bienveillance toute spéciale qu’il n’aurait pas eu sur son peuple. Comme le rapporte Christophe Ono-dit-Biot, du Point, la capitale, bunker du dictateur invisible Than Shwe, n’a pas été touchée par le cyclone. Parce qu’elle s’appelle Naypyidaw, « demeure des dieux » ? Ou parce que les astrologues du généralissime l’avaient prévu ?

Aux premiers jours de la tragédie, les généraux, selon ce que décrit Le Figaro, suggéraient aux victimes de « rentrer chez elles pour chasser les grenouilles » plutôt que d’« accepter les tablettes de chocolat » d’une communauté internationale accusée d’être « avare » de ses aides financières. Garnir les coffres de la junte était plus prioritaire que de garnir les garde-manger des victimes. Plus de 138 000 personnes ont péri ou restent portées disparues depuis le passage du cyclone Nargis, rapporte le vice-ministre des Affaires étrangères Kyaw Thu. Plus de 2,5 millions de personnes dans le besoin sont restées sans aucune aide en raison du refus des autorités birmanes de toute aide internationale durant trois semaines.

« Seul Dieu peut me retirer le pouvoir qu’il m’a donné, ni le MDC ni les Britanniques », a déclaré le président zimbabwéen Robert Mugabe, 84 ans dont 28 à la tête du pays. Et c’est pour cette raison que « jamais le Mouvement pour le changement démocratique ne sera jamais, au grand jamais, autorisé à diriger ce pays », a averti l’aimable président africain. Tout invoquant Dieu, pour se maintenir au pouvoir, le président Mugabe voit mal la remise en question de son programme de redistribution des terres : « le MDC ne doit pas nous pousser à reprendre les armes avec leurs promesses d’annulation de notre programme de redistribution des terres ».

Cet autre brave capitaine, seul maître à bord après Dieu, a fait de son pays un « havre de misère » où tout se démultiplie : le chômage touche 80 % de la population du Zimbabwe et le taux d’inflation dépasse les 100 000 %. C’est en 2000 que commence ce qu’on a appelé « l’invasion des fermes », ou ce que des observateurs, peu bienveillants à l’égard du timonier de 84 ans, ont appelé « l’occasion d’un hold-up des proches du pouvoir ».

Robert Mugabe, 84 ans, accuse, comme le généralissime Than Shwe, les grandes puissances, comme la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et leurs alliés, de mentir sur la situation de leur pays respectif pour justifier une intervention. La peur de l’invasion et de la perte matérielle de leurs richesses personnelles, pouvoir et argent compris.

Lorsqu’on ne vit pas dans la crainte de Dieu, on risque de vivre sous la crainte de nos despotes. Et ces despotes vivent leur propre dictature : la peur. Bernard Ilunga écrivait, sur Congo’n Line, un « Portrait psychologique d’un dictateur ». Voici quelques extraits de ses constatations :

« Le dictateur est fondamentalement un homme-qui-suspecte-tous-les-hommes. Même ses familiers. Le danger, se dit-il, peut venir de n’importe où, donc prudence. Et en vertu de cette prudence, il peut éliminer physiquement même ses propres enfants s’ils deviennent pour lui une menace contre son pouvoir. […] le dictateur ne peut guère s’accomplir en tant qu’homme, car l’homme s’accomplit dans le service… C’est ce manque ou cette impossibilité d’accomplissement personnel humain qui creuse en lui un vide… un vide qu’il cherchera à combler de mille manières. Car s’il est vrai que la nature ne tolère par le vide, l’homme non plus ne le supporte pas. […] Le dictateur a une faim insatiable de gloire. Regardez tous les titres dont ils se bardent : Père Fondateur, Guide illuminé… […] Et cette recherche pathologique de la gloire les rend très imperméable à la flatterie. Le dictateur aime à être flatté, encensé, louangé… Il verse en abondance ses grâces sur les thuriféraires : nomination au poste de ministre, don d’argent, etc. […] Le dictateur n’est comptable de son agir devant personne, pas même devant sa conscience. Tous ont des comptes à lui rendre, alors que lui n’a de comptes à rendre à personne. Sa conscience, il l’étouffe. La recherche effrénée de plaisirs participe à cet effort, souvent inconscient, de contraindre au silence sa propre conscience. Et même, il fuit le silence et la solitude où parle la conscience… Il a peur de la voix de sa conscience ».

Que reste-t-il à l’humanité face à ces dictateurs qui se réclament de droit divin ? En octobre 2005, le très sérieux The Guardian écrivait sur les sources dont s’inspirait Georges W. Bush pour prendre ses décisions éclairées. Au cœur d’une des plus grandes démocraties du monde, du point de vue américain, cela s’entend, le président prend ses ordres de Dieu : « And now, again, I feel God’s words coming to me, Go get the Palestinians their state and get the Israelis their security, and get peace in the Middle East ». En réponse à son créateur, Georges W. Bush a immédiatement répondu : « And, by God, I’m gonna do it  ».

Aujourd’hui, en 2008, Chuck Hagel, le sénateur républicain modéré du Nebraska, déclarait, devant le Center for American Progress : « Le monde ne veut pas d’une Amérique qui impose, qui dictate, qui sermonne, qui prêche, qui envahit, qui occupe »…

Pour paraphraser le sénateur républicain, se pourrait-il que le monde est fatigué de ces harangues qui invoquent Dieu à toutes occasions pour défendre des décisions qu’on sait contraires aux principes de charité chrétienne, une des trois vertus théologales ?

Selon le président Nicolas Sarkozy : « un homme qui croit, c’est un homme qui espère. Et l’intérêt de la République, c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent » (Basilique Saint-Jean de Latran, 20 juillet 2007). À Ryiad, le président a précisé sa pensée : il croit dans ce « Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le cœur de chaque homme, Dieu qui n’asservit pas l’homme, mais qui le libère ». Bien. Maintenant, selon Pascal de Sutter, professeur de psychologie politique à l’Université catholique de Louvain en Belgique, il semblerait que le président : « insultait facilement les gens, qu’il était soupe au lait, qu’il avait un côté un peu bagarreur. C’est probablement un aspect de sa personnalité assez stable. Ce qu’on appelle le tempérament. Qui ne change pas, quelles que soient les circonstances ».

C’est d’Henri Guaino, conseiller du président Nicolas Sarkozy, que vient cette déclaration étonnante reprise dans le quotidien Le Monde : « Qui peut nier l’évidence que la transcendance est une étape capitale de l’histoire humaine et l’immanence la mère de tous les totalitarismes ? ». Sur un ton plus humoristique, tant s’en faut, Denis Tillinac, écrivain, éditeur et journaliste français et « compagnon de route » de Jacques Chirac, considérait, dans le même quotidien, que le président Nicolas Sarkozy était fasciné par les religieux, imams, rabbins ou prêtres, parce qu’ils ont en eux « quelque chose de radical et de mystérieux ». Il l’est par tous ceux qui aspirent à un dépassement d’eux-mêmes. Sa « candeur de gamin » devant les champions et les stars fait sourire, mais « avec Dieu, il a le top du top, le champion des champions  ».

En Afghanistan, le très Honorable Premier ministre, Stephen Harper, haranguait ses valeureuses troupes : « En tant que Canadiennes et Canadiens, nous sommes extrêmement fiers de notre grand pays et des valeurs qu’il incarne. Chaque jour, vous défendez ici en Afghanistan ces valeurs et ces vertus. Vous êtes ici les bons voisins, des hommes et des femmes qui par compassion offrent leur labeur. À la fois guerriers courageux et amis loyaux, vous incarnez ce que le Canada a de mieux à offrir ». Et le Premier ministre de terminer en ces termes son allocution : « Dieu vous bénisse pendant les efforts à venir. Dieu bénisse vos familles et vos proches. Dieu bénisse le Canada ».

Dans son programme électoral, le parti conservateur affirme qu’un « gouvernement conservateur défendra les valeurs canadiennes fondamentales » que sont notamment la démocratie, les droits de la personne, le libre marché et la compassion pour les moins nantis sur la scène internationale. Et pourtant. Le gouvernement conservateur s’oppose à toute tentative de rapatrier Omar Khadr au Canada avant qu’il n’ait subi son procès pour meurtre devant un tribunal militaire américain. La raison en est fort simple : il serait pratiquement impossible, dans le cas d’une arrestation sur le champ de bataille, de tenir un procès criminel à partir des critères habituels en matière de preuve. Monsieur Stephen Harper reste insensible, trop occupé qu’il est de gérer les scandales qui entachent son gouvernement, à la lettre de 18 personnalités qui demandaient le rapatriement immédiat de l’enfant-soldat emprisonné à Guantanamo, ainsi qu’aux nombreuses demandes des avocats canadiens, dont les Avocats canadiens à l’étranger.

Pour revenir au Petit catéchisme, que ne nieraient pas nos chefs d’État, voici ce qu’il dit sur la création : « Dieu a produit le ciel et la terre, et tout ce qui s’y trouve, par sa parole, c’est-à-dire par sa volonté (Gn 1,1 et suivants). Il a aussi créé des êtres spirituels (les anges) et des être humains, constitués d’un esprit et d’un corps, et qui lui sont semblables : immortels, intelligents, volontaires et doués d’une conscience  ». Et je n’ai rien trouvé sur la peur de l’homme par l’homme (« Homo homini lupus »).

Dans le « Congrès international de la peur », cité par Alain Tanner, le brésilien Carlos Drummond de Andrade écrivait : « Provisoirement nous ne chanterons pas l’amour, qui s’est réfugié plus bas que les souterrains. Nous chanterons la peur, qui rend stériles les ambassades. Nous ne chanterons pas la haine, car elle n’existe pas. Seule existe la peur, notre mère et compagne, la grande peur des Sertoes, des mers, des déserts, la peur des soldats, des mères, des églises. Nous chanterons la peur des dictateurs, des démocrates. Nous chanterons la peur de la mort, et la peur d’après la mort, et puis nous mourrons de peur, et sur nos tombes pousseront des fleurs jaunes et craintives ».

(Sources : AFP, Congo On Line, Cyberpresse, La Nouvelle République, Le Figaro, Le Madawaska, Le Monde, Le Point, The Guardian)

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Gens du pays, c’est votre tour de vous laisser parler d’amour…

24 06 2008

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Fête nationale du Québec

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Historique

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Notre drapeau et son histoire

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ASSEMBLÉE NATIONALE DU QUÉBEC

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Notre hymne

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