Bush menace : le plan de sauvetage ou la réduction des retraites !!

25 09 2008

Les huit années de règne républicain à la tête du pays sont désastreuses. Les républicains en sont conscients. Le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, et le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, ont défendu le plan lors d’une réunion, à huis clos, avec les républicains de la chambre des représentants. Le plan de sauvetage, qui a des relents d’une intervention de nature socialiste, n’est pas de nature à plaire aux élus républicains pour qui toute économie doit obligatoirement passée par la dérégulation et le néo-libéralisme, et qui restent profondément têtus sur le non-interventionnisme de l’État et sur la limitation des impôts. Ces mêmes élus ont exprimé leurs doutes et expliqué que leurs électeurs étaient largement opposés au projet. Le sauvetage heurte leurs convictions conservatrices profondément ancrées. Tout projet d’injection massive d’argent public dans l’économie privée est contraire à leur philosophie.

Les démocrates soutiennent le plan de sauvetage l’administration républicaine (44 % pour, 36 % contre) ; du côté républicain, les soutiens de John McCain hésitent face à l’administration Bush (44 % pour, mais 42 % contre) (« Le Monde »).

John McCain croit qu’il lui faut être au Sénat pour participer personnellement aux négociations entre le gouvernement américain et le Congrès au sujet du plan de sauvetage de l’administration de George W. Bush. Il met en veilleuse sa campagne pour se rendre d’urgence à Washington. Le sénateur républicain a demandé à Barack Obama de suspendre également le débat qui doit avoir lieu vendredi entre les deux candidats.

Barack Obama croit au contraire que le débat doit avoir lieu et que la campagne doit se poursuivre, car les Américains doivent entendre la personne qui, dans une quarantaine de jours, devra affronter cette crise. Relativement à la proposition que le Sénat doit entendre sur le redressement de la situation à Wall Street, Barack Obama a indiqué qu’il continuerait de travailler dans un esprit non partisan et de faire tout le nécessaire pour trouver une solution, tout en affirmant qu’il est en contact quotidien avec les dirigeants du Congrès et avec le secrétaire au Trésor, Henry Paulson, et qu’il ne juge pas nécessaire sa présence dans l’immédiat.

John McCain a mis en garde la population et les élus de Washington contre les graves conséquences d’une indécision du Congrès, même si la Chambre des représentants du Sénat tente de trouver un accord sur le projet de sauvetage de l’administration Bush.

Les deux candidats sont toutefois parvenus à émettre, mercredi soir, un communiqué commun sur cette crise financière : « Les Américains font face à un moment de crise économique. Quelle que soit la façon dont cette crise a commencé, nous avons tous la responsabilité de travailler pour la résoudre et restaurer la confiance dans notre économie », indique ce texte. L’emploi, l’épargne et la prospérité des Américains sont en jeu. Il est temps d’être ensemble, démocrates et républicains dans un esprit de coopération pour le bien des Américains. Le plan qui a été soumis au Congrès par l’administration Bush est imparfait mais les efforts pour protéger l’économie américaine ne doivent pas échouer ».

Est-ce que ce communiqué suffira à calmer le jeu ? « Les Américains sont furieux que l’on demande au Congrès de débloquer quelque 700 milliards $ US pour enrayer cette crise économique ». Cette déclaration vient de la bouche même de John Boehner, chef de file des républicains à la chambre des représentants. La part des Américains considérant que l’économie est en récession ou en dépression est passée de 45 % en janvier 2008 à 61 % en septembre selon une récente enquête Gallup.

Le Congrès n’apprécie guère de devoir mettre les bouchées doubles pour adopter ce plan de sauvetage sans que lui soit donné le temps de l’étudier à fond. « Ce n’est pas parce que Dieu a créé le monde en sept jours que nous devons adopter ce texte en sept jours », a répliqué Joe Barton, un représentant républicain du Texas.

Le président de la commission des services financiers de la Chambre, le démocrate Barney Frank, mène de vives discussions avec Henry Paulson sur cette disposition du plan de sauvetage qui vise à racheter aux banques leurs créances douteuses liées aux crédits immobiliers à risques. Le Congrès n’exige rien de moins qu’un contrôle plus rigoureux et plus direct sur le plan. D’autre part, le gouvernement devra s’engager à renégocier les nombreux crédits immobiliers, rachetés aux institutions bancaires, pour éviter aux propriétaires en difficulté de voir leur maison saisie.

Dans son allocution à la Nation, Georges W. Bush a relégué sa rhétorique lénifiante habituelle au placard : « Nous sommes au milieu d’une crise financière grave », a-t-il déclaré. « Toute notre économie est en danger  »». Voilà un républicain qui a tenté de convaincre la population du bien-fondé du plan de sauvetage de l’économie américaine. Il a réitéré son crédo dans la libre entreprise. En temps normal, les entrepreneurs et les investisseurs devraient faire les frais de leurs erreurs. Toutefois la situation économique actuelle est exceptionnelle et justifie l’intervention du gouvernement. « Si le Congrès ne peut s’entendre sur ce plan de sauvetage dans les prochains jours, les conséquences pourraient être catastrophiques pour l’ensemble de l’économie. Le pays pourrait se trouver embourbé dans une « longue et douloureuse récession », a répété Georges W. Bush.

Il lui faudra surtout convaincre les élus de son camp, le GOP, de procéder avec diligence. Les poches de résistance majeure au plan viennent de son clan. « Cet effort de sauvetage ne vise pas à préserver les sociétés ou les industries de certains individus. Il vise à préserver l’économie américaine en général », a déclaré Georges Bush, voulant se montrer rassurant. Comme nous a habitué Georges W. Bush, il a également menacé : « Davantage de banques pourraient faire faillite, la Bourse pourrait chuter encore plus, ce qui réduirait la valeur de vos retraites, plus d’entreprises pourraient fermer leurs portes et des millions d’Américains perdre leurs emplois (…) et finalement, notre pays pourrait vivre une récession longue et douloureuse ». Pas l’ombre d’un regret.

Il existe toutefois un point commun entre démocrates et républicains : tous deux souhaitent l’établissement d’un plafond pour limiter les indemnisations que toucheront les dirigeants des entreprises qui bénéficieront du plan. Le démocrate Max Baucus, président de la commission des finances du Sénat, veut imposer des pénalités fiscales sur les indemnités versées aux dirigeants d’entreprise qui gagnent plus que le président des États-Unis, et il entend taxer lourdement les parachutes dorés. Henry Paulson, le secrétaire au Trésor, a décidé de limiter le montant de ces primes qui exaspèrent régulièrement les contribuables. Les démocrates voudraient de plus réduire le montant total du plan de sauvetage et ne lui consacrer que 150 à 200 milliards de dollars, du moins dans un premier temps.

Après son discours à la Nation, George W. Bush a, de son côté, invité à la Maison Blanche les candidats John McCain et Barack Obama, ainsi que des élus influents, à venir débattre du plan de sauvetage.

Au Canada, rappelons-le, le chef conservateur, Stephen Harper, rejette tout scénario catastrophe. Certains analystes canadiens redoutent de voir se propager au Canada la crise qui s’abat sur les familles à faible revenu qui ne seront plus en mesure de payer leurs hypothèques. Deux économistes, de l’agence de courtage Merrill Lynch, affirment, dans une étude, que les ménages canadiens vivent au-dessus de leurs moyens financiers, bien plus que les ménages américains ou britanniques. Selon David Wolf et de Carolyn Kwan, tous les ingrédients d’une crise sont réunis et une chute du marché de l’habitation et de celui du crédit n’est qu’une question de temps. Stephen Harper rugit : « Je n’accepte pas cette conclusion, pas du tout. Nous avons vu […] un marché de construction beaucoup plus fort au Canada qu’aux États-Unis. Nous n’avons pas du tout la même situation avec les hypothèques ». Des économistes se rangent derrière le Premier ministre : « Nous ne croyons pas qu’il y aura un effondrement semblable à celui que l’on peut observer aux États-Unis », déclare James Marple, économiste à la Banque Toronto Dominion.

En France, il faudra surveiller de près le discours du président Nicolas Sarkozy, dont le silence est particulièrement troublant depuis une semaine, qu’il prononcera à Toulon. D’ici là, le brave homme réfléchit.

Sources : AFP, Le Monde, Presse canadienne, Radio-Canada)

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8 responses

25 09 2008
Françoise

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles… Rien de plus simple pour pour boucher un trou : il suffit de le remplir avec la terre de celui qu’on creuse à côté…

Je ne sais pas ce que dira Mr Sarkozy à Toulon, peut-être que tout va bien, que de toutes façons la seule solution est de continuer et terminer les « excellentes réformes » le plus rapidement possible, et que la France est à l’abri de tout cela grâce à sa politique.

Je vous conseille la lecture de ce petit article sur Contre Info : Quand Nicolas Sarkozy voulait créer des subprimes.

25 09 2008
clusiau

Bush donne aux américains 2 choix. S’endetter plus pour continuer à survivre ou ne pas s’endetter et perdre tout ce qu’ils ont acquis de peine et d’misère.

Pas un mot sur comment le gouvernement pourrait faire des économies et réduire ses dépenses en ces temps difficiles, même pas l’ombre d’un plan.

Et pendant c’temps-là la Chine finance la guerre américaine en Irak, des milliard$ à chaque semaine qui s’ajoutent à l’endettement général.

On dirait le scénario de l’apocalypse biblique en marche.

25 09 2008
Pierre Chantelois

Françoise

Quelle trouvaille. Dire que c’est le président Nicolas Sarkozy qui prêche une morale du capitalisme qui propose : « si le recours à l’hypothèque était plus facile, les banques se focaliseraient moins sur la capacité personnelle de remboursement de l’emprunteur et plus sur la valeur du bien hypothéqué ».

Clusiau

Et derrière tout cela, les républicains qui s’opposent à toute intervention de l’État, notamment au plan de sauvetage. L’Amérique est confrontée à ses vieux démons. Jamais une décennie ne l’aura fait descendre aussi bas dans l’opinion mondiale et n’aura autant remis en cause la suprématie du capitalisme telle qu’elle entend l’implanter ailleurs dans le monde.

Pierre R.

25 09 2008
Françoise

Pierre,

N’était-ce pas là un raisonnement imparable… On voit le résultat de ce genre de politique.

25 09 2008
Pierre Chantelois

Françoise

Je vois surtout une grande similitude de pensée avec une certaine droite républicaine qui a mené le pays dans un enfer économique. Les résultats sont là pour attester de l’efficacité de cette droite qui s’inspire en droite ligne des préceptes divins.

Pierre R.

26 09 2008
Gilles

Le plus paradoxal est que le président Bush propose une mesure socialiste, une nationalisation, mais une nationalisation qui n’ose pas dire son nom.
 

26 09 2008
Pierre Chantelois

Gilles

Des commentateurs constataient aujourd’hui, à Radio-Canada, que le drame de Bush était justement de se présenter devant le peuple pour annoncer des mesures… socialistes. Quelle honte. Il semblerait même qu’il se soit fait tirer l’oreille pour se présenter devant le peuple et défendre ce plan de sauvetage. Quelle ironie du sort !

Pierre R.

28 09 2008
le bâillon pamphlétaire » Bush menace !

[…] Bush menace : le plan de sauvetage ou la réduction des retraites !! […]

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