McCain a besoin de gants de boxe et non de gants blancs pour gagner

5 10 2008

Le 4 novembre prochain, les Américains éliront leur nouveau président. Entre temps, le sénateur de l’Illinois est crédité d’une avance d’environ six points sur le républicain John McCain (49,2% contre 43,4%) au niveau national. Depuis 1960, aucun candidat n’a été élu à la Maison Blanche sans remporter au moins deux des États suivants : la Floride, l’Ohio et la Pennsylvanie. Pour l’heure, c’est Obama qui mène (49 % contre 42 %, selon le Pew Research Center). Selon un sondage Yahoo News, M. Obama pourrait bénéficier de six points de plus sans l’existence de préjugés racistes parmi l’électorat blanc. Un clip, diffusé par un groupe indépendant proche des républicains, suggère que Barack Obama est en faveur de l’infanticide pour avoir voté à quatre reprises contre une loi autorisant le droit à la vie pour les bébés nés lors d’un avortement raté. C’est parti.

Dans les États importants suivants, Iowa, Nouveau Mexique, Colorado, Nevada, Virginie, Floride, Caroline du Nord, Ohio, Missouri et Indiana, McCain chute, Obama progresse. Dans le Michigan, McCain abandonne la partie, confirme le Detroit Free Press. Obama triomphe avec un écart de 13 points sur son rival républicain. À moins de 30 jours de la présidentielle, l’électorat américain paraît peu enclin à porter au pouvoir le ticket McCain-Palin. Le clan McCain, dont les fonds sont de plus en plus limités, se consacrera surtout sur la Floride, la Caroline du Nord, la Virginie, l’Ohio, le Missouri et l’Indiana. Une victoire dans ces États pourrait permettre à ce dernier de devenir le 44ième président des États-Unis. M. McCain, 72 ans, deviendrait le président américain le plus âgé en début de mandat. Les « fiefs » républicains comme le Nouveau-Mexique, le Colorado, le Nevada risquent déjà de basculer dans le camp démocrate.

70 millions d’Américains ont regardé la confrontation jeudi soir entre le sénateur démocrate et la gouverneure républicaine. Plus de 45% des foyers dans les 55 plus grandes zones métropolitaines des États-Unis ont suivi le débat. Selon CBS, 46 % des électeurs encore indécis ont jugé Biden plus convaincant contre seulement 21 % qui ont été séduits par Palin. Les formules « Joe Six-Pack » et « Hockey moms » ne semblent pas avoir eu les effets escomptés. Les références du genre « Les Talibanis en Irak » n’ont pas semblé émouvoir la population américaine outre mesure sur les connaissances réelles de madame Palin en matière de politique étrangère. Si Sarah Palin a obtenu une note de passage lors de son débat, tant les attentes étaient peu élevées, elle n’a pas réussi au point de relancer la campagne de McCain. Selon l’étude du Pew, 51% des Américains estiment que la gouverneure de l’Alaska n’est pas qualifiée pour devenir présidente des États-Unis le cas échéant. Début septembre, 52% des personnes interrogées pensaient le contraire. Pour « Time Magazine », les femmes ont basculé en faveur de Barack Obama (55 % contre 38 % pour John McCain).

Le président du parti républicain du Tennessee, Robin Smith a affirmé que les électeurs républicains voulaient « voir un gladiateur » affronter M. Obama. Le Denver Post rapporte qu’un partisan de McCain lui a posé la question suivante : « When are you going to take the gloves off ? » (Quand allez-vous enlever vos gants blancs avec Obama ?) Réponse de John McCain : « que diriez-vous de mardi soir ? » (How about Tuesday night ?). Mardi soir prochain étant bien évidemment le soir du deuxième débat des candidats à la présidence.

Ce débat se déroulera dans un contexte bien lourd : le ministère du Travail américain annonçait que l’économie du pays supprimait encore 159.000 emplois. Obama martèle que son rival républicain est déconnecté des préoccupations économiques quotidiennes des Américains, et qu’il ne comprend pas que rien n’est plus essentiel qu’un emploi. Dans le Michigan, un « swing state » qui détient la palme du plus fort taux de chômage du pays depuis 2006, Obama déclarait : « l’autre semaine, John McCain nous disait que l’économie est solide. Je ne sais pas quelle unité de mesure utilise le sénateur, mais d’où je viens, il n’y a rien qui compte plus qu’un emploi ». Depuis, en effet, McCain a modifié son message : « L’économie de notre pays est sur la fausse voie ».

À Denver, McCain avait, la semaine dernière, déclaré que l’emploi faisait la différence entre les deux programmes. « Le ticket Obama-Biden va détruire les emplois en augmentant les impôts, et l’équipe McCain-Palin va tailler dans l’impôt sur les entreprises, le 2e plus lourd au monde, et créer plus de jobs ». McCain entend prendre la situation bien en main : « Notre économie a encore mal, très mal. Il faut prendre d’autres mesures, et notre pays ne devrait pas avoir besoin d’une crise pour en venir à agir ». Le candidat républicain ne manque pas de critiquer Obama en l’accusant de vouloir « des impôts plus élevés et des dépenses plus lourdes ». Barack Obama réplique : « Au lieu du plan du sénateur McCain qui vise à accorder des réductions d’impôts aux PDG et aux entreprises qui expatrient les emplois, je vais reconstruire la classe moyenne et créer des millions de nouveaux emplois en investissant dans les domaines d’infrastructures et d’énergies renouvelables qui réduiront notre dépendance en matière de pétrole du Moyen-Orient ».

« Les gesticulations à haut risque du candidat républicain, qui espérait ainsi bousculer la campagne, se sont retournées contre lui », selon E.J. Dionne, un commentateur politique réputé de Washington dont les propos étaient rapportés par Cyberpresse. « John McCain, le candidat de l’expérience, doit maintenant lutter contre l’idée qu’il est synonyme de risque, qu’il est un homme susceptible de prendre des décisions précipitées en situation de crise », soutient monsieur Dionne.

Une majorité d’Américains pensent que John McCain prolongera pour l’essentiel les politiques de Bush qui ont mené le pays à la faillite, en dépit des efforts du candidat pour se distancer du chef de l’État. Dans le dernier sondage Gallup, George W.Bush a rejoint la semaine dernière Richard Nixon et Harry Truman dans le trio de tête des présidents les plus impopulaires de l’histoire moderne des États-Unis, avec seulement 27 % d’opinions favorables. Selon Matthew Dowd, ex-responsable des campagnes victorieuses de Bush en 2000 et 2004, devenu analyste politique de la chaîne ABC : « Hormis grave erreur (de la part d’Obama), il sera très difficile pour McCain de l’emporter. Il n’est plus maître de son destin » (Le Point).

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3 responses

5 10 2008
clusiau

Bon dimanche,

Je ne sais pas si on en a parlé mais, pendant que tous les yeux des américains et du monde étaient rivés sur le fameux Bill qui sauva les riches de la ‘prétendue » faillite future avec l’argent des pauvres et des travailleurs, le Congrès a approuvé un budget de 612$ milliards pour accommoder le « military-industrial-congressional complex », tel que décrié par Eisenhower, il y 50 ans.

Les américains se trompent s’ils croient pouvoir soutenir une économie militaire et civile.

5 10 2008
Pierre Chantelois

Clusiau

Effectivement, le Sénat américain a adopté mercredi dernier un budget record de 612,5 milliards pour la défense en 2009. 70 milliards pour les opérations en Irak et en Afghanistan et de 103,9 milliards pour l’acquisition de matériel par le Pentagone dans le cadre du programme de modernisation de l’armée.

La seule évocation de tous ces chiffres – 710 milliards pour le plan de sauvetage et maintenant 612 milliards pour la défense – donne le tournis. Incroyable.

Pierre R.

6 10 2008
Pierre

Avec des forces US en difficulté en Irak, pourquoi le Pentagone décide d’engager un redéploiement à l’intérieur des USA, à peine un mois avant l’élection présidentielle ? C’est plus grave qu’ont le crois cette crise et cela sent la magouille -> http://www.mondialisation.ca/index.php?context=viewArticle&code=CHO20081004&articleId=10450
Les USA sont sur le bord de l’émeute, toujours aussi prévoyant lorsqu’il y a de l’argent à fait côté armes le président à la Maison Blanche rappel des troupes d’Irak pour les dispersés dans les rues américaines pour passer le messages aux gens qu’il était nécessaire de sauver ces amis les banquiers. Pendant ce temps comme l’environnement nous tient à coeur un BOYCOTT mondial d’E$$O pour améliorer l’air que nous respirons est annoncé ici -> http://nsa02.casimages.com/img/2008/10/04/081004040006582266.jpg

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