Bravo Nicolas! Paul Desmarais est fier de vous!

19 10 2008

Nous avons ouvert toute grande notre porte à Nicolas. Le Québec l’a reçu dans son Assemblée nationale pour qu’il puisse nous parler de la francophonie, que nous défendons avec passion de ce côté-ci de l’Amérique. Nicolas a eu des mots très gentils : « J’ai toujours été un ami du Canada. C’est quelque chose de très constant dans ma vie politique parce que le Canada est un allié de la France ». Nous avons été très touchés. Il nous a rappelé fraternellement que « notre relation n’a rien à voir avec la nostalgie ». Il s’en est expliqué si aimablement : « Je ne vois pas pourquoi une preuve d’amour pour le Québec, fraternelle, familiale, devrait se nourrir d’une preuve de défiance envers le Canada ».

Nicolas, l’homme qui se veut notre frère, porte son regard sur le Canada uni. « S’il y a quelqu’un qui vient me dire que le monde aujourd’hui a besoin d’une division supplémentaire, c’est qu’on n’a pas la même lecture du monde ». N’a-t-il pas, au cours de sa brève visite, souligné, maintes fois, que les Québécois étaient à ses yeux « des frères » et les Canadiens, « des amis » ? La non-indifférence mais non-ingérence cède le pas maintenant à l’indifférence oui, à l’ingérence oui. Prêcher l’unité canadienne est une ingérence pure et dure. Le représentant de Paul Desmarais, sénior, a bien joué son rôle. Bravo monsieur Sarkozy.

Nicolas, en frère, est venu nous avertir : il reviendra au Canada l’an prochain mais ailleurs. Il visitera une autre partie du Canada. Car, comme le président de la République l’a bien dit devant un parterre de dignitaires, dont monsieur Paul Desmarais, président de l’empire Power Corporation : « Etre fidèle aux anniversaires et aux commémorations, c’est regarder l’avenir, pas simplement le passé. Et ce que nous avons à faire ensemble, c’est l’avenir ».

Après ce message emblématique, destiné à la nation du Québec qui porte très hautes les aspirations de la francophonie, Nicolas s’est excusé de faire faux bond au Sommet des pays francophones de Québec pour aller s’entretenir avec W. Il doit se rendre à Camp David pour discuter de l’urgence de la crise économique. Il n’assistera qu’à la moitié du sommet de la Francophonie mais il sera relayé par le Premier ministre François Fillon.

Monsieur Sarkozy, accompagné de Jose Manuel Barosso, entend convaincre W. de l’urgence de convoquer un sommet international avant la fin de l’année afin de poursuivre et appuyer ces efforts de refonder un capitalisme plus respectueux de l’Homme. À trois semaines de l’élection du successeur de M. Bush, sa porte-parole Dana Perino a estimé que « trouver une date » pour ce sommet « est le moindre de nos soucis ». Si Nicolas ne parvient pas à faire l’union au sein de l’Europe, peut-être sera-t-il tenté de faire l’union au sein de la fédération canadienne.

Petite information en terminant : Areva serait candidate, aux côtés de Westinghouse et l’EACL, pour la construction d’une centrale nucléaire de deux réacteurs dans le cadre d’un appel d’offres lancé par la province de l’Ontario, au Canada. Déjà, en 2007, une idée circulait selon laquelle un projet de fusion de Total avec Areva, la société d’état nucléaire française, était dans les cartons de Nicolas Sarkozy. Les pétrolières s’intéressent de plus en plus au nucléaire et Areva a déjà des réacteurs nucléaires en opération en Ontario. Il faut savoir que M. Paul Desmarais junior, qui est président du conseil et cochef de la direction de Power, est également administrateur de Total. Via sa filiale Pargesa, Power détient 3,9% des actions de la pétrolière. Plusieurs spéculent déjà sur la prochaine visite de Nicolas Sarkozy… évidemment, pas au Québec, mais en Ontario. L’idée serait de promouvoir Areva auprès du gouvernement ontarien. La boucle est bouclée. Le nucléaire mène à tout.

Au Revoir et merci, monsieur Sarkozy.

Un dialogue refondé sur le Canada uni proposé par Nicolas Sarkozy

Un dialogue refondé sur le Canada uni proposé par Nicolas Sarkozy

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10 responses

19 10 2008
gaetanpelletier

Comme disait notre pantin-pantelant de Chrétien: « Que voulez-vous!»…
Monsieur de Sarkozy est religieusement mondialiste… On s’achète les uns les autres. la «globalization» a fait en sorte que plus le jeu de cartes est gros, et qu’on y construit des châteaux ( de cartes), plus la chute est grande. Les rois jouent les As de cœur…

Quelqu’un se souvient-il d’un livre intitulé « Small Is Beautiful»? Par E.F. Schumacher. Un économiste réputé. Trop en avance sur son temps, comme on dit. Il avait déjà vu venir les effets néfastes de cette «globalization».

« The most striking about modern industry is that it requires so much and accomplishes so little. Modern industry seems to be inefficient to a degree that surpasses one’s ordinary powers of imagination. Its inefficiency therefore remains unnoticed ».

J’en fais la remarque, parce que, dernièrement, on parlait de sortir du château de cartes par une agriculture moins «organisée», qui pourrait en quelque sorte sortir le tiers monde, voire de petits producteurs des pays développés, mais boudés, ou écartés de la monstruosité et férocité des grandes, trop grandes chaînes, de la pauvreté.

Plus de place pour le petit. On achète tous les petits pour en faire un gros. Et quand tout croule…. Tout croule.

Le passé – et le présent – viennent de nous prouver que le «THINK BIG» est un raté.
Pourquoi prêcher alors -et toujours – pour les soit-disant grandes réalisations et échanges? Avidité. Peur. Faiblesse.

Ma dernière remarque ne plaira sans doute pas à tout le monde…

Voulez-vous vivre dans un monde où l’on a peine à distinguer un banquier d’une putain?

Elle, au moins, on sait combien elle nous coûte…

19 10 2008
Françoise

Pierre,

Je comprends votre déception, votre indignation, et je les partage. Mais pouvions-nous attendre autre chose de la part d’un homme pour qui l’Histoire ne sert qu’à « faire bien » dans les beaux discours, et que seuls l’argent et le pouvoir motivent ?

Le Québec ? Allons donc… C’est trop petit pour ses ambitions, et tant pis pour la Francophonie, et tant pis pour « nos frères », Canada et USA, là au moins ça vaut le dérangement…

19 10 2008
Gilles

Moi, je suis reconnaissant à Sarkozy pour la leçon de realpolitik. Le Québec n’a pas encore fait son indépendance (et on peut douter qu’il trouvera le courage de la faire), comme la Lituanie par exemple, parce que ses intellectuels sont des rêveurs petit-bourgeois et ses citoyens, des individualistes consommateurs. Sauf exceptions.
 

19 10 2008
Pierre Chantelois

Gaétan

Monsieur Sarkozy voit évidemment grand. Mondialisation sonne mieux que localisation. Même si des délocalisations frappent de plein fouet des entreprises de son pays pour des raisons strictement mercantiles : salaires trop élevés, syndicalisation, etc. Le Québec n’est pas exempt de ces achats de petites entreprises et, par la suite, de rationalisation. Nous le savons que trop.

Françoise

La Presse de Montréal nous informe que le grand ami du président, le Canada, vient de lui faire faux bond à son tour. En présence de Stephen Harper, Sarkozy avait dit viser à « remettre à plat le système financier et monétaire mondial » et estimé que le Canada « peut apporter une contribution essentielle pour aider à refonder le capitalisme ». Ottawa ne souhaite pas emprunter le langage volontariste du président Sarkozy. Plutôt que de « refonder le capitalisme », il s’agit d’abord de juguler la crise actuelle, écrit Denis Lessard, de La Presse. Une fois cette première étape franchie, il faudra « mettre en place des mécanismes pour éviter que cela se reproduise. C’est l’objectif partagé par tous ceux qui sont préoccupés par la situation actuelle », a expliqué Dimitri Soudas, porte-parole du premier ministre canadien. Aux États-Unis, un porte-parole de la Maison-Blanche, Tony Fratto a affirmé que Sarkozy, Barroso et Bush se sont entendus sur l’idée d’une série de sommets pour faire face à la crise, dont le premier aurait lieu peu après la présidentielle américaine du 4 novembre. M. Fratto a soutenu que si MM. Bush, Sarkozy et Barroso proposaient une série de sommets, c’est parce que les problèmes soulevés par la crise sont nombreux et vastes, et qu’ils touchent un grand nombre de pays. Il serait donc « trop ambitieux » de penser que cela puisse être réglé en un seul sommet.

Gilles

Et si Sarkozy était venu nous parler d’indépendance, aurait-il eu le même accueil des fédéralistes ? Lorsqu’un chef d’État parle d’indépendance au Québec, c’est une ingérence. Lorsqu’un autre chef d’État parle de l’unité de la Fédération canadienne, c’est un discours brillant. Très peu pour moi. Sarkozy a carrément fait de l’ingérence politique et ce n’est pas à lui d’imposer ou non l’unité canadienne. Il faut être culotté. Qu’il règle d’abord son problème avec la Corse avant de donner des leçons. C’est un être infatué et il ne m’inspire aucun enseignement transcendant. Désolé mon ami. Sarkozy n’a de qualité que sa vélocité et il en assume les conséquences : tout n’est artifice. Il part en croisade pour régler le système monétaire mondial alors qu’il peine à gérer son propre budget à l’Élysée. En 2008, le budget de l’Élysée a dépassé de 10 millions d’euros la barre des 100 millions d’euros votés par le Parlement l’an dernier. Quant au budget 2009, il sera en augmentation de 2% par rapport au budget réel de 2008, à hauteur de 112,3 millions d’euros. Comme l’explique René Dosière : « En 2007, l’augmentation a été de 8,4%, soit 4 fois plus vite que l’augmentation des dépenses de l’Etat, et en 2008 c’est 6 fois plus vite. On s’aperçoit aussi qu’en cours d’année il y a une rallonge budgétaire de 2,2 millions en 2007 et en 2008 de 9 millions… » Et pour la transparence, l’Élysée n’a de leçon à donner à qui que ce soit. Surtout lorsqu’il est question de l’embauche indirecte ou directe de 150 clandestins pour mieux servir sa Seigneurie.

Alors pour la realpolitik…

Pierre R.

19 10 2008
Françoise

Pierre,

Je me demande si ce qui importe le plus à Mr Sarkozy, n’est pas en fin de compte de « paraître ». L’agitation tous azimuts, les discours quotidiens, les voyages incessants, tout cela donne l’impression d’exister, non ? Alors que ce n’est que faire un peu de vent…

« il peine à gérer son propre budget à l’Élysée »

C’est gentil de dire cela. Je dirai qu’il n’a aucune peine à l’augmenter (n’oublions pas qu’en plus de sa très confortable « paye », tout est aux frais du contribuable). Des dépenses somptuaires alors que tant de gens se demandent comment ils vont boucler la fin du mois.

19 10 2008
Pierre Chantelois

Françoise

Il est clair que Nicolas Sarkozy n’assume pas ses responsabilités selon des critères traditionnels de la diplomatie et du prestige. Il est partout (de pis en pis), donne son avis sur tout, intervention dans toutes les sphères de la société, que ce soit la justice, le judiciaire ou l’exécutif. Du simple cas local il en fait un cas national. Il donne des ordres, il instruit, il prodigue, c’est le premier président doué d’ubiquité. Il fait ombrage au gouvernement, à l’Assemblée nationale et à l’UE. Il se trouve des aficionados pour le trouver un brillant homme, au point que ces derniers souhaitaient qu’il prolonge sa présidence de l’Europe. Vélocipède, il étourdit. Énergivore, il phagocyte. C’est vraiment un cas. Il faudra s’y faire pour encore un peu moins de trois ans, je crois.

Pierre R.

19 10 2008
Françoise

Je crains fort de ne jamais « m’y faire », et que la France ait bien du mal à s’en remettre…

19 10 2008
François

Ingérence, bien sûr, mais Sarkozy, faux Bonaparte dont il n’a que la taille, se sent pousser des ailes vers un destin universel, bouffé qu’il est par une ambition dont nul ne sait quand elle fera flop … Mais tôt ou tard, ça viendra.

20 10 2008
Pierre Chantelois

François

Une petite anecdote qui n’est pas dénuée d’intérêt. L’ancienne ministre québécoise des relations internationales, Louise Beaudoin, déclarait ce matin en entrevue à Radio-Canada qu’elle a recommandé aux autorités de Madagascar de ne pas inviter Nicolas Sarkozy pour éviter les polémiques et un détournement de l’événement au profit du seul président français.

Pierre R

21 10 2008
Dominique Hasselmann

Nicolas Karlsozy (c) est le roi du monde pendant quelques mois encore. Il ne peut s’attarder à des broutilles ayant pour nom Québec, alors que le futur Président US vit ses dernières semaines de pouvoir calamiteux.

Il y a des priorités à respecter lorsque l’avenir de la planète repose sur vos frêles épaules : il reviendra sans doute une autre fois, quand CBS aura un nouveau CD à vendre !

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