L’Amérique changera-t-elle le monde ?

4 11 2008

Aujourd’hui, 153 millions d’Américains sont inscrits sur les listes électorales et invités à élire leur président, à renouveler un tiers du Sénat et la totalité de la Chambre des représentants. De ce groupe, 27 millions ont déjà voté par anticipation. Selon les sondages, les démocrates devraient conforter leur majorité au Congrès. En ce qui concerne la présidence, rien n’est sûr jusqu’à la dernière minute. Cette élection se déroulera dans un climat insupportable aux yeux de plusieurs électeurs : leur pays est au bord de la récession et traverse une crise financière la plus grave depuis celle de 1929.

Barack Obama exerce sur beaucoup de populations une grande fascination. L’affirmer est devenue un lieu commun tant cette conviction est profondément ancrée dans les opinions publiques du monde. Cinq des plus grands pays européens (78 % en France et 72 % en Allemagne) souhaiteraient, dans une large majorité de leurs populations respectives, voir le candidat démocrate Barack Obama remporter cette élection. C’est encore un lieu commun de dire que la candidature de John McCain passe difficilement la rampe : 1 % des Français, 5 % des Allemands et 8 % des Espagnols interrogés éliraient John McCain, selon un sondage publié sur France24.

Cuba, dans le style qui lui est propre, souhaite au peuple américain un président qui ait un « minimum de coefficient intellectuel » et qui ne « soit ni alcoolique ni fou », affirmait lundi un vice-président cubain, Carlos Lage. Barack Obama s’est montré, au cours de la campagne présidentielle, favorable à une détente avec l’île. John McCain souhaite conserver la ligne dure il a comparé Barack Obama aux leaders noirs Martin Luther King ou Malcom X, s’étonnant qu’il n’ait pas été assassiné. Cuba compte encore, selon la dissidence, 230 « prisonniers politiques ». Plus 650.000 exilés cubains habitent Miami. La plupart d’entre eux restent attachés à une position ferme contre La Havane mais un changement de mentalité est toujours possible au sein des jeunes américano-cubains davantage préoccupés par la crise de l’immobilier et la montée du chômage.

Hugo Chavez espère qu’Obama sera à la hauteur de l’histoire : « Nous ne lui demandons par d’être révolutionnaire, nous ne lui demandons pas d’être socialiste, (mais) simplement que l’homme noir qui est sur le point de devenir président des États-Unis soit à la hauteur de l’histoire ». Tout en poursuivant : « Nous voulons juste que l’homme noir qui s’apprête à devenir président des États-Unis ait la stature qu’exige l’époque dans laquelle nous vivons ». Chavez a appelé Obama à mettre un terme à l’embargo contre Cuba, ainsi qu’à retirer l’armée américaine d’Irak et à faire cesser ce qu’il considère comme des menaces américaines contre l’Iran et le Venezuela. Cuba évalue à 93 milliards de dollars le coût infligé à son économie par le « plus vieil embargo du monde ».

En Bolivie, le chef de l’État, Evo Morales, a déclaré : « À partir d’aujourd’hui, toutes les activités de la DEA sont suspendues pour une durée indéfinie ». Il accuse l’agence d’avoir œuvré au soulèvement civil dans cinq des neuf départements du pays qui a fait 19 morts en septembre. À la veille des élections américaines, le gouvernement bolivien se tourne vers le prochain président. « Nous espérons pouvoir améliorer nos relations avec le prochain gouvernement américain et relancer la coopération, et pas seulement contre la drogue ». À la mi-septembre, le président bolivien avait expulsé l’ambassadeur américain et les États-Unis avaient placé la Bolivie sur la liste noire des pays qui ne combattent pas assez le trafic de drogue.

Aux États-Unis, plusieurs millions de bénévoles sont à pied d’œuvre, dans 770 bureaux à l’échelle du pays, pour faire élire leur candidat, Barack Obama. Selon un sondage Gallup, publié lundi dans USA Today, Barack Obama bénéficierait d’une avance de 11 points, avec 53% des intentions de vote, contre 42% pour John McCain. Aux États-Unis, le vainqueur n’est pas celui qui gagne le vote populaire mais celui qui engrange plus de 270 sur les 538 grands électeurs. Pour atteindre cette majorité, John McCain ne devra perdre dans aucun des États gagnés par Bush en 2004. Sauf qu’Obama est en tête dans l’Ohio et en Pennsylvanie. Les deux candidats sont au coude à coude en Floride. M. Obama se voit attribuer 47% des intentions de vote en Floride (sud-est), contre 45% pour M. McCain, 50% contre 43% dans l’Ohio (nord), et 52% contre 42% en Pennsylvanie (est).

Il faut se rappeler qu’en 2000, George W. Bush avait été élu président en obtenant moins de voix que son adversaire démocrate Al Gore. Le vote noir pourrait changer la donne, de la même manière que la question raciale pourrait faire basculer le vote en la faveur de John McCain. Un candidat peut gagner le vote populaire mais pas la Maison-Blanche. John McCain mise d’ailleurs là-dessus pour inverser la tendance.

Selon John McCain : « Les experts ne le savent peut-être pas, les démocrates ne le savent peut-être pas, mais Mac est de retour (Mac is back) et nous allons gagner cette élection ». C’est avec un cri de ralliement que John McCain a invité ses partisans à se rendre aux urnes : « Je suis un Américain et je choisis de me battre. N’abandonnez pas l’espoir, soyez forts, ayez du courage et battez-vous. […] Les États-Unis méritent qu’on se batte pour eux. Rien n’est inévitable ici ». Fait à noter, depuis 60 ans, jamais un candidat avec plus de cinq points de retard sur son adversaire n’a réussi à renverser la vapeur.

Tout au cours de la journée, il faudra surveiller de près les États suivants : l’Ohio (20 grands électeurs), la Pennsylvanie (23 grands électeurs), la Floride (27 grands électeurs), la Caroline du Nord (15 grands électeurs), la Virginie (13 grands électeurs), et finalement l’Indiana (11 grands électeurs).

Il faudra également surveiller l’Alaska, ne serait-ce qu’en raison de madame Sarah Palin. L’Alaska ne représente que trois grands électeurs du collège électoral. L’équipe de Barack Obama mène la course en Alaska comme s’il s’agissait d’un véritable État-clé. Le Parti démocrate, absent pendant plus de quarante ans dans cet État éloigné, tente de mettre un terme à la domination républicaine dans ce coin de pays.

Sébastien Trudel et Marc-Antoine Audette, deux humoristes québécois appelés les Justiciers masqués, connus pour avoir piégé Jacques Chirac, Mick Jagger, Tiger Woods et Britney Spears, ont ajouté une nouvelle victime à leur liste : Sarah Palin. Les deux humoristes se font passer pour le président français et déclarent suivre de près la campagne américaine grâce au « conseiller spécial » Johnny Halliday. « Je vous vois présidente un jour vous aussi », déclare à madame Palin le faux Nicolas Sarkozy, ce à quoi cette dernière répond sur un ton léger : « peut-être dans huit ans ».

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6 responses

4 11 2008
Françoise

« L’Amérique changera-t-elle le monde ? »

Elle l’a déjà changé, depuis longtemps, pour longtemps, et dans le et pour le pire ces dernières années. Je crains que la désillusion soit à la hauteur des espérances et de la « fascination », si Mr Obama est élu. Mais je conviens qu’un succès de Mr McCain et Mme Palin serait catastrophique.

N’est-il pas invraisemblable et inacceptable que le sort du monde dépendt pratiquement des seuls USA ?

4 11 2008
clusiau

…..N’est-il pas invraisemblable et inacceptable que le sort du monde dépendt pratiquement des seuls USA ?….Françoise

Les sort du monde dépend des personnes humaines. Sans elles, les USA n’existeraient pas.

Que les personnes humaines cessent de se cacher derrière des drapeaux, d’adorer des bannières et le monde ira beaucoup mieux.

Tant qu’elles ne le feront pas, l’invraisemblable et l’inacceptable règnera.

4 11 2008
Pierre Chantelois

Françoise

Vous avez parfaitement raison et je crains profondément ces attentes gigantesques placées dans la seule personne de Barack Obama. Cela démontre à quel point une grande partie du monde et de l’Amérique souhaitait reléguer dans un passé peu glorieux ces huit années de règne infâme et indigne d’une équipe tout aussi détestable. Obama le thaumaturge ? J’ai peine à y croire. Il ne pourra contourner les lobbies et les groupes d’intérêt qui défendent non le bien commun mais des causes très particulières et très ciblées. Il faudra attendre quelques jours pour savoir si les élections américaines ont été menées sans tricherie et sans manipulations.

Clusiau

Je ne sais si c’est l’instabilité ou un besoin inné de se rallier à une cause ou à un leader mais toujours est-il que ce ralliement derrière des drapeaux et des idéaux caractérise si bien l’homme.

Dire que cette campagne électorale court depuis plus de deux ans.

Pierre R.

4 11 2008
Olivier SC

Se rallier ? Ce n’est pas mon problème qui est plus de choisir et là, pas de problème si vous dites le choix inné chez l’homme.
Le choix des personnes non directement concernés (européens par ex.) ? Je dirais qu’il y a le phénomène GWB (junior), entre autres raisons ; effacer ces années de cauchemar sans tomber dans le pire que représente « dame » Palin.

5 11 2008
Pierre Chantelois

Olivier

Une fois le choix fait, il y a une sorte de ralliement derrière une idée, un projet, un homme, une femme, un idéal voire même une cause. Vous avez parfaitement raison : lorsqu’il est question de GWB junior, combien souhaitent vraiment effacer le cauchemar ? De l’équipe Bush-Cheney au couple McCain-Palin, très peu merci.

Pierre R.

9 11 2008
du bleu dans mes nuages » Archive du blog » Ah la belle toile

[…] De la case de l’oncle Tom à la Maison Blanche de l’oncle Obama; Pourquoi j’ai choisi Obama; L’Amérique changera-t-elle le monde? Barak Rasta. I have a dream; Complétez notre Obama-liste; Yes, we did ; Tout le monde debout! […]

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