Sans toit ni loi, la pauvreté est un encombrement social !

25 11 2008

En France, pour le tribunal de police de Paris, les tentes des 374 familles mal-logées qui s’étaient installées, fin 2007, rue de la Banque, dans le IIe arrondissement de la capitale, sont des « objets embarrassant la voie publique sans nécessité ». L’association Droit au logement (DAL) a été condamnée à verser 12.000 euros d’amende pour le dépôt et l’abandon de ces objets. En effet, la magistrate a infligé au DAL quatre amendes de 3.000 euros considérant le campement comme un seul embarras pour lequel quatre procès-verbaux ont été dressés lors des interventions policières. L’amende a été majorée de 750 à 3.000 euros puisque le DAL est une personne morale.

Au Canada, une enquête rendue publique lundi à Ottawa par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) révèle que les Canadiens les plus pauvres et les moins instruits, qui vivent dans les villes, sont plus susceptibles d’être hospitalisés pour toute une série de problèmes de santé que les autres. Les pauvres sont plus fréquemment hospitalisés pour un éventail de problèmes de santé comme les troubles anxieux et les crises d’asthmes. Ces mêmes personnes défavorisées sont en outre hospitalisées 2,3 fois plus souvent que les gens riches pour une maladie mentale et 3,4 fois plus pour un problème d’abus de drogue ou d’alcool.

Et la neige recouvrira cette laideur insupportable aux yeux de quelques âmes bien pensantes.

« La misère sera bien près d’être soulagée le jour où on se décidera à la connaître dans ses souffrances et dans ses hontes » – Émile Zola

La pauvreté est un encombrement !

La pauvreté est un encombrement !

Une première neige qu'apprécieront les SDF

Une première neige qu'apprécieront les SDF

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9 responses

25 11 2008
Gilles

Car vous aurez toujours des pauvres avec vous […]
   — Évangile selon Marc, XIV, 7.
 
Je pense que Jésus n’aurait pas dû dire cela, ou que Marc n’aurait pas dû lui attribuer cette parole de sagesse juive antique. Les bourgeois la citent pour se donner bonne conscience (genre : « Nous avons des programmes sociaux, voyez-vous, mais ces gens sont paresseux »), et les socialistes pourraient s’en trouver découragés, s’ils sont croyants. Les autres prennent des mesures ponctuelles ou font des actions d’éclat, comme DAL, aussitôt réprimés par la loi.
 
Quel est le point commun entre tous ces gens ? Ils évaluent la valeur des gens au seul critère de l’argent : on en possèdent ou on n’en possède pas. À mon avis il faudrait sortir de ce cadre de pensée, tout en donnant ce qu’il faut pour manger et se loger à ceux qui n’ont pas de chance, et même à ceux qui sont paresseux, car ils ont d’autres qualités.
 

25 11 2008
Pierre Chantelois

Bonjour Gilles

Heureux de vous revoir. Il existe – et vous avez tout à fait raison – un dénominateur commun pour évaluer l’état de pauvreté dans le monde : l’argent. Au Québec, il faut examiner de plus près la campagne électorale pour constater que Mario Dumont de l’ADQ manifeste sa volonté de remettre au travail les prestataires d’aide sociale sans distinction. Mais ceux ou celles qui sont déjà dans la rue ?

Françoise David a, en Outaouais, dénoncé le fait que personne ne parle des problèmes d’itinérance durant la présente campagne électorale. Bill Clennett, candidat du Québec Solidaire en Outaouais, a rappelé que la Commission des affaires sociales qui sillonnait le Québec cet automne, a été interrompue par la campagne électorale et pourrait ne pas avoir de suites.

Lors d’une conférence de presse lundi, les candidats du Parti québécois de Montréal ont promis qu’un gouvernement du Parti québécois adoptera une politique nationale de lutte contre l’itinérance. « Les travaux de la commission parlementaire nous ont permis de constater l’état lamentable et la désorganisation des services qui devraient normalement venir en aide aux plus démunis. Trop souvent, malheureusement, ce sont les services publics eux-mêmes qui jettent les gens à la rue. Les groupes communautaires se voient alors dans l’obligation d’intervenir, même lorsqu’ils ne disposent pas de toutes les ressources nécessaires pour le faire. Cela doit cesser », a déclaré la candidate dans la circonscription de Crémazie, Lisette Lapointe.

Pierre R.

25 11 2008
Françoise

Les SDF sont embarrassants, surtout quand ils meurent et il en meurent souvent de froid en hiver, c’est surprenant non ? Un cadavre ça fait désordre, ça encombre la voie publique… De plus les journaux en parlent, un peu. Je lisais que déjà quatre personnes sont mortes en Novembre, en France, pour ce qu’on en sait.

Comme chaque année c’est le grand branle-bas de combat des autorités : « Faites-nous confiance, on fait tout notre possible, on va mettre tout ce petit monde-là à l’abri — provisoirement s’entend — voyez comme nous sommes compatissants ».

Au moins « à l’abri » s’il en meure, ça se verra moins…

25 11 2008
Pierre Chantelois

Je lisais que déjà quatre personnes sont mortes en Novembre, en France, pour ce qu’on en sait.

Françoise

Dans mon imaginaire, je tente de figurer ce que peut être la mort d’un SDF sous un froid intense. Simplement l’imaginer me terrifie. Que c’est triste. Comment une société peut en arriver là ? Que ce soit ici à Montréal ou à Paris ou ailleurs en France, comment peut-on accepter une telle réalité ?

Pierre R.

25 11 2008
Françoise

Pierre,
 
La mort dans la solitude, la faim au ventre, rejeté-ignoré par une grande partie de la société… La mort par le froid, combien souffre-t-on d’engelures, de crevasses aux mains, aux pieds, de gelures, avant de s’endormir enfin… C’est à pleurer de honte et de tristesse. Chez vous, chez moi, où que ce soit, nul ne devrait mourir de faim, de froid, de solitude, ni des guerres. La Terre pourrait nourrir tout le monde si un petit nombre d’égoïstes ne pensait pas qu’elle lui appartient de droit.

25 11 2008
Pierre Chantelois

Françoise

Vous avez raison. Sans jeu de mots, votre description me donne froid dans le dos. Et je partage votre sentiment profond : C’est à pleurer de honte et de tristesse.

Pierre R.

27 11 2008
Catherine

Ah oui Pierre… Grande tristesse. Grande honte. Pareil ici. Il ne fait pas aussi froid en Californie du Sud, mais les pauvres… nous les avons aussi, et il pleut, et on a froid quand on est mouillé…

Yes, we could provide for all mankind if… the big word IF… Catastrophic events may stir some, but will they really change? I was at the grocery store tonight and the clerk was rearranging the potatoes, all in a row, perfect size… Something happened, it disturbed me greatly. A few blocks away, homeless people dig in trash cans for recycling to by a bit of bread. I know them, I love them…

15 11 2013
Lola

SORRY FOR YOU BROO

15 11 2013
Lola

vous vivez des choses difficiles à l’épicerie et pauvre homme qui arrangeait les patates! live long and prosperrr

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