La pauvreté est méprisable à Wall Street

30 01 2009

Les établissements de Wall Street avaient versé 18,4 milliards de dollars de primes à leurs salariés l’an dernier. C’est beaucoup moins que l’année précédente (32,9 milliards en 2007). La baisse est aussi la plus forte en pourcentage (44%) depuis 30 ans. Mais la somme reste la sixième de l’histoire en valeur absolue.

« C’est le comble de l’irresponsabilité, c’est honteux, et ce qu’il va falloir entre autres, c’est que les gens de Wall Street, qui demandent de l’aide fassent preuve de retenue, de discipline et de davantage de sens des responsabilités », a commenté Barack Obama.

Selon AFP, les données économiques du jour ont rappelé la gravité de la crise. Le nombre de nouveaux chômeurs est resté au plus haut depuis plus de 26 ans aux États-Unis, et le nombre total de chômeurs indemnisés n’a jamais été aussi élevé depuis que le département du Travail les comptabilise. Les nouvelles demandes d’allocations chômage ont atteint 588.000 unités la semaine dernière. La moyenne sur quatre semaines, considérée comme plus représentative de la situation sur le marché de l’emploi, s’élève à 542.500, en hausse de plus de 20.000 unités.

wall-street

Les ventes de logements neufs ont chuté en décembre pour s’établir à un plus bas historique, tandis que les commandes de biens durables ont enregistré leur cinquième mois consécutif de repli. Elles se sont établies à 331.000 unités (en rythme annuel), à leur plus bas niveau depuis la création de cette statistique en 1963.





L’hiver, c’est toujours un bout de patience … en moins!

29 01 2009

La vie est un éternel recommencement. Rien de nouveau à cette affirmation. Il y a l’hiver pour les sports, l’hiver pour la poésie, l’hiver pour la littérature, l’hiver pour les impatients, l’hiver pour les chutes sur des plaques de glace… Ce qui m’est arrivé. Je cultive tant bien que mal la patience. Elle est mise à rude épreuve. Je n’ai plus l’âge du recommencement mais plutôt celui de la finalisation. Je n’ai plus l’âge de la poésie mais du réalisme implacable et incontournable. Je n’ai plus l’âge d’être littéraire mais celui d’en être le témoin lové dans son salon. Et j’ai l’âge des chutes sur des plaques de glace. Hélas!

Voici une chronique – qui se veut malgré tout optimiste – d’une journée d’hiver à Montréal. Elle cachera ainsi ma colère qui se tapit derrière ces photos sur la patience en temps de froidure.

D'abord bien évaluer la situation.

D'abord bien évaluer la situation.

La concurrence est d'inégale force.

La concurrence est d'inégale force.

Il faut éviter de surestimer ses capacités

Il faut éviter de surestimer ses capacités

Il vaut mieux superviser de loin ... ou de haut !

Il vaut mieux superviser de loin ... ou de haut !

Le puissant au service du plus faible !

Le puissant au service du plus faible !

Le comité des travaux publics veille !

Le comité des travaux publics veille !

La libre circulation des personnes, c'est un petit bonheur, malgré tout !

La libre circulation des personnes, c'est un petit bonheur, malgré tout !

Dernière vérification avant le satisfecit !

Dernière vérification avant le satisfecit !

Cette nuit, il faudra prévoir d'autres chutes sur des plaques de glace ! Ainsi va la vie.

Cette nuit, il faudra prévoir d'autres chutes sur des plaques de glace ! Ainsi va la vie.





Canada – Après l’avoir nié, Stephen Harper reconnaît enfin un déficit de 80 milliards de dollars !

28 01 2009

En novembre 2007, le parti conservateur de Stephen Harper soutenait, hors de tout doute, que le Canada allait maintenir son équilibre budgétaire. « Bien que le gouvernement continue de planifier en vue de maintenir l’équilibre budgétaire, on ne peut exclure la possibilité d’un déficit, étant donné l’instabilité de la situation économique et, en particulier, le fléchissement rapide des prix des produits de base. Advenant une situation déficitaire, le gouvernement veillera à ce que les déficits enregistrés soient temporaires et peu élevés », déclarait le Ministre des Finances, John Flaherty.

Ce qui était singulier du comportement du gouvernement du Canada était le fait que, contrairement à la majorité des avis professionnels des économistes qui croyaient vraiment que le Canada allait traverser une situation déficitaire au cours des prochaines années, Stephen Harper et son ministre des finances hésitaient à utiliser le terme « déficit ». Pire. le ministre Flaherty prétendait pouvoir maintenir l’équilibre budgétaire sur la théorie virtuelle que le Canada ne subirait pas de récession et qu’il fallait adopter plutôt des mesures consistant à se serrer la ceinture. L’Énoncé économique et financier de novembre 2008, du gouvernement conservateur, était irréaliste et mettait en œuvre une idéologie conservatrice qui a mené à la ruine économique les États-Unis.

Réfléchir pour parler ou parler avant de réfléchir ?

Réfléchir pour parler ou parler avant de réfléchir ?

Sans revenir sur l’ensemble des bêtises et des incongruités du gouvernement minoritaire de Stephen Harper, à cette époque, le Canada a traversé une véritable crise parlementaire. Jean-Robert Sansfaçon, éditorialiste au quotidien Le Devoir, avait qualifié cette attitude du gouvernement conservateur minoritaire d’affront à l’intelligence. Il écrivait notamment : « Il n’aura fallu que quelques semaines au gouvernement Harper pour faire la preuve de son aveuglement idéologique devant la crise mondiale qui menace. À croire que ce gouvernement a embauché les conseillers de George W. Bush qui ont perdu leur job ! »

Pour éviter d’être battu en brèches et chasser du pouvoir par un gouvernement de coalition, les conservateurs ont fermé le parlement jusqu’en janvier 2009.

Au retour à Ottawa, les conservateurs ont montré un profond cynisme et mis à mal toutes les traditions parlementaires entourant la divulgation d’un budget. Depuis des jours, les ministres ont mandat de leur premier ministre de se promener à travers le pays pour préparer la population aux mauvaises nouvelles. Ce qui constituait en novembre un déni de la réalité économique mondiale devient en janvier 2009 une nouvelle conversion au choc auquel les canadiens et les québécois doivent se préparer.

En novembre, il fallait se serrer la ceinture pour parvenir à l’équilibre budgétaire. Aujourd’hui, il faut dépenser pour soutenir l’économie. Cette soudaine conversion conjoncturelle fait qu’Ottawa injectera 40 milliards $ en deux ans dans l’économie, notamment en baissant les impôts de la classe moyenne, en finançant la réfection d’infrastructures et en soutenant les entreprises et les marchés financiers.

Virage à 180 degrés. John Flaherty, ministre des finances canadiens, déclarait le 9 octobre 2008 : « Nous ne ferons pas de déficit ». Trois mois plus tard, ce même ministre annonce un déficit de 34 milliards de dollars. Quelques jours plus tôt, soit le 6 octobre 2008, Stephen Harper déclarait : « Je ne pense pas qu’il soit nécessaire de déclarer des déficits (pour soutenir l’économie) ». Et la déclaration la plus incroyable est venue de ce même Stephen Harper : « Les déficits sont généralement de mauvaises choses. Mais il y a des moments où les déficits ne sont pas nécessairement mauvais et peuvent même être essentiels ». Le Premier ministre du Canada lançait cette bourde en marge du sommet de la Coopération économique de la zone Asie-Pacifique (APEC), le 23 novembre dernier.

Le ministre John Flaherty vient de déposer, devant le Parlement d’Ottawa, son budget 2009. Qu’avait-il à dire à la population canadienne et aux Québécois ? « Nous devrons dépenser davantage pour protéger notre économie et aider ceux et celles qui sont les plus durement touchés par la récession mondiale. Cela signifie que nous ne pouvons éviter de creuser un déficit temporaire. C’est pourquoi le gouvernement prévoit un déficit budgétaire de 34 milliards $ pour le prochain exercice, et de 30 milliards $ le suivant ».

Le Canada fera face à un déficit de 64 milliards de dollars. Visière baissée, Stephen Harper et son ministre des finances promettaient un équilibre budgétaire aux Canadiens. Aujourd’hui, ils font face à un déficit astronomique qui anéantit le remboursement de la dette du Canada depuis les cinq dernières années : une série de déficits totalisant 86 milliards $ en six ans, dont 34 milliards $ en 2009-2010 et 30 milliards $ l’année suivante. Le Canada ne renouera avec l’équilibre budgétaire qu’en 2014 !

Comme le note le Conseil du Patronat du Québec : « Plus d’une décennie de remboursement de la dette se trouve effacée avec les déficits prévus dans ce budget et pour les quatre prochaines années. Tout en apportant un soutien à la croissance, le gouvernement canadien doit donc s’assurer que les mesures annoncées aujourd’hui demeureront limitées dans le temps, comme devrait d’ailleurs l’être la crise financière et le ralentissement économique que nous vivons actuellement ».

La Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) emboîte le pas au Conseil du patronat du Québec : « Le haut niveau de dépenses dans le budget est inquiétant pour les contribuables et les chefs de petites entreprises ». Pour la Fédération, cela peut être l’amorce d’une tendance pouvant être reproduite chez les autres ordres de gouvernement, renversant en deux ans ce qui a pris dix ans a accomplir sur le plan de l’assainissement des finances publiques.

Pour que la population puisse mieux avaler la pilule, les conservateurs s’engagent à réduire les impôts : 20 milliards $ étalés sur 2008-09 et sur les cinq années financières suivantes. Les banques canadiennes recevront, pour leur part, une aide financière de 125 milliards $.

Comment éviter le cynisme qui guette la population lorsqu’elle doit supporter des déclarations contradictoires de ses élus gouvernementaux qui maintenant clament qu’il s’agit là d’un budget conservateur. Le ministre Flaherty n’hésite pas à pousser l’audace plus loin : « Les conservateurs sont pragmatiques. Les conservateurs comprennent les risques. Les conservateurs comprennent le sérieux de cette récession mondiale ».

La question qui se pose maintenant est la suivante : le gouvernement de Stephen Harper va-t-il tomber après la présentation de ce budget ? Deux partis d’opposition ont déjà fait savoir qu’ils voteront contre le budget. Le Bloc québécois et le parti Néo-démocrate. Pour renverser le gouvernement, il faudra que ces deux partis obtiennent également l’accord du principal parti d’opposition, le Parti libéral du Canada.

En raison de son état de désorganisation complète, de l’arrivée récente de son nouveau chef, Michael Ignatieff, il y a fort à parier que les conservateurs survivront à leur budget 2009. Les éditorialistes canadiens ont une position claire sur la question : « le Parti libéral de Michael Ignatieff devra permettre son adoption. Agir autrement, prendre le risque de provoquer une crise politique et constitutionnelle alors que le pays fait déjà face à une crise économique, serait carrément irresponsable », écrit André Pratte, éditorialiste au quotidien La Presse.

Pour donner son appui au budget conservateur, Michael Ignatieff avait dressé une liste de conditions sine qua non : « stimuler l’économie canadienne, financer de nouveaux projets d’infrastructures, protéger le système financier canadien, soutenir certaines industries en difficulté comme l’industrie automobile et l’industrie forestière, protéger les plus vulnérables et de la société, protéger les emplois d’aujourd’hui et créer ceux de demain, éviter un déficit permanent », comme l’écrivait Josée Legault, dans l’hebdomadaire Voir.

En terminant, force est de reconnaître que les questions environnementales n’ont jamais été une priorité pour ce gouvernement conservateur minoritaire qui n’a pas hésité à remettre en question le protocole de Kyoto et à se ranger derrière Georges W. Bush. Or, Stephen Harper n’a pas encore réalisé que son allié idéologique a quitté la Maison Blanche. Preuve en est la place qu’occupe dans ce budget l’environnement. À l’opposée de son voisin du sud, Stephen Harper n’investit qu’un milliard sur cinq ans en recherche et développement pour des projets de démonstration de l’énergie propre. Cette enveloppe comprend 150 millions sur cinq ans pour la recherche et 850 millions, toujours sur cinq ans, pour la mise au point et la démonstration de technologies prometteuses, entre autres dans le domaine du captage et du stockage du carbone. Un autre milliard de dollars sera investi pour les projets d’infrastructure verte.





Rachida Dati et Ramada Yade doivent démissionner !

27 01 2009

Visa le noir. Tua le blanc. Nicolas Sarkozy n’a pas le courage, disons-le tout net, de démettre de ses fonctions Ramada Yade pour une prétendue insubordination ou Rachida Dati pour un comportement trop provocateur et agressif à l’égard de la magistrature. À cela devrait s’ajouter, dans le cas de madame Dati, un goût démesuré pour les feux de la rampe et les paillettes. En lieu et place, le président attaque par la porte arrière. Sans en avoir l’air. Des basses œuvres qui n’honorent pas, une fois encore, la fonction présidentielle. Le président, à qui un ministre ou une ministre ne satisfait pas un caprice de prince, se rebiffe, cédant la raison d’État aux émotions et à un orgueil surdimensionné.

« On a besoin de gagneurs, pas de suiveurs », a lancé Nicolas Sarkozy, telle une fléchette empoisonnée, en direction de Ramada Yade. Parce que Nicolas Sarkozy se range dans l’équipe gagnante. Il est celui par qui toute carrière va vers la réussite. Ou l’échec. Selon son bon vouloir. Sans réaliser lui-même à quel point le président de la France devient, au bout du compte, pénible et d’une bassesse qui frôle franchement la lâcheté. Ramada Yade n’a plus l’étoffe de la fonction ? Ramada Yade ne remplit plus adéquatement les obligations de sa charge ? Rachida Dati a mis le gouvernement, par des décisions irréfléchies, dans l’embarras ? Une décision s’impose alors. Le congédiement.

Aucun de ces griefs, malheureusement pour le président capricieux, ne peut être retenu contre Rachida Dati ou Ramada Yade. Dans le cas de madame Yade, aucun faux pas catastrophique. Elle n’a pas, par exemple, à se reprocher le départ, de son cabinet, d’une vingtaine de collaborateurs. Le seul petit reproche qui pourrait lui être formulé est sa trop grande discrétion. Défendre les droits de l’homme engage parfois des combats qui font du bruit, qui bousculent l’ordre établi, qui remettent en cause des préjugés tenaces au sein de la population.

Et dire que Nicolas Sarkozy distille ce conseil à son équipe ministérielle : « Une famille politique c’est fait de gens qui aiment le combat et la prise de risque. Choisissez des responsables qui ont envie. Chaque fois qu’on oublie cette règle, on a des désillusions ». Sarkozy, le premier, fait fi de cette règle. C’est pourquoi il ne récolte que désillusions et cynisme au sein de la population française.

La Secrétaire d’État aux Affaires Étrangères et Droits de l’Homme a osé dire « non ». Tel un enfant gâté, dans un comportement jet-set insupportable, Nicolas Sarkozy fait comprendre, de façon perfide, mesquine, basse et veule, qu’il n’accepte pas les refus et qu’il s’attend à une soumission inconditionnelle de son personnel. Le président décide de tout. Il attaque et s’acharne à stigmatiser une ministre dissidente jusqu’à la rupture.

La non-candidature de Ramada Yade, pour cause de refus, a cédé la place à la candidature non-voulue de Rachida Dati. Devant le grand prêtre, Rachida Dati a prononcé ses vœux : « oui, je vais au parlement européen ». Gênant. Très gênant. Quelle que soit l’opinion que puisse avoir la population de Rachida Dati, cette soumission humiliante constituera, pour des années à venir, une plaie béante dans sa carrière. Il faut se rendre à l’évidence : Sarkozy n’a pas raison sur tout.

En voulant rehausser Rachida Dati, Nicolas Sarkozy montre le peu de hauteur de sa conception d’une équipe solidaire. Le droit au refus est inacceptable, pour l’enfant acariâtre. N’a-t-il pas déjà déclaré, un jour d’embellie, que « quand je vois Rachida de dos, je vois ma mère » ? Solidaire signifie aux yeux du monarque soumission. « Qu’est-ce que c’est que cette attitude qui consisterait à dire que l’Europe ce n’est pas ce qu’il y a de plus important pour l’avenir de notre continent. (…) Dans notre famille politique, j’ai plus de respect, d’amitié, de reconnaissance pour ceux qui conduiront le combat que pour ceux qui suivent le combat des autres », déclare le président de ce grand pays qu’est la France. Grandeur et noblesse ne sont plus au rendez-vous de la présidence française. Nicolas Sarkozy devra expliquer ce qu’il entend par combat. Combattre pour qui et au nom de quoi ? Le prince devrait se rappeler ce que disait Machiavel : « Vous devez donc savoir qu’il y a deux manières de combattre : l’une avec les lois, l’autre avec la force ; la première est propre à l’homme, la seconde est celle des bêtes ; mais comme la première, très souvent, ne suffit pas, il convient de recourir à la seconde ».

Pour régler le problème de l’Europe, Nicolas Sarkozy déclare qu’il faut s’y prendre autrement. Il veut briser cet autre mythe tenace – rupture s’impose – qui veut que les élections européennes soient en général des échecs pour le parti majoritaire. Euphorique, tel l’enfant aux mille caprices qui ne voit que ce qu’on lui permet et grommelle sur ce qu’on lui refuse, Nicolas Sarkozy voit dans la profonde soumission de ses sujets, incommensurablement abjecte, une occasion de célébrer sa propre gloire et faire oublier son échec de 1999 : « La décision de mettre Rachida et Michel en tête de la région la plus peuplée de France est proprement historique ». Nicolas Sarkozy le rappelle bien et la population française devra s’en souvenir en 2012 : « La vie d’un gouvernement, c’est fait de départs et de retours ». Les humiliations publiques auxquelles semble se complaire le président sont contraires au principe même de solidarité ministérielle qu’il défend et montrent un esprit coincé dans un comportement vexatoire.

Rachida Dati est-elle heureuse ? Qu’importe au président les états d’âme de ses sujets. Ramada Yade se sent-elle humiliée ? Cela importe peu aux yeux du prince de l’Élysée. « C’est Nicolas Sarkozy qui décide de tout », glisse un élu UMP. Une voix s’élève pour dénoncer cette emprise royale sur les affaires de l’État. « Pour l’instant, il est hors de question que je prenne la troisième place. C’est un strapontin, et je n’ai plus l’âge des strapontins », réplique Alain Lamassoure, l’artisan du traité de Lisbonne.

Ce qui est, à la fois, surréaliste et profondément affligeant, est de voir un président qui croit ses envolées oratoires comme étant des apophtegmes qui s’inscriront dans l’histoire. Alors qu’il en est tout autrement. Nous ne sommes pas témoins de grandes œuvres mais au contraire, nous sommes invités dans les bas-fonds de la vengeance et de la mesquinerie. C’est peu dire.

La question qui doit être posée est la suivante : pourquoi Nicolas Sarkozy ne congédie-t-il pas ses deux ministres si elles sont, à ce point, incapables avec les attentes qui leur ont été signifiées ? Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, chuchote, pour ne pas se mettre, elle-même, en disgrâce, qu’on pardonne moins aux femmes qu’aux hommes. Nathalie Kosciusko-Morize voit dans ce comportement tout princier de Sarkozy une posture qui brûle ce qu’il a adoré.

Rachida Dati a raison sur un point : « Je crois que quand on est une femme ou un homme politique, on n’est pas propriétaire ni de son poste, ni de son mandat. On est au service de la France, on est au service des Français qui ont élu le président de la République ». Être au service du président de la République ne signifie en rien être sous sa domination. Lorsqu’il y a rupture de confiance, il faut savoir partir à temps, dans l’honneur, à défaut d’être congédié. Rachida Dati et Ramada Yade, pour l’honneur de leur réputation et de leur fonction, n’ont d’autres choix que de démissionner. Elles doivent refuser et rejeter, s’il leur reste un peu d’amour propre, ces règlements de compte, ces manipulations, ces caprices d’un Prince qui a perdu ce que la République a de plus précieux dans la gouverne des affaires de l’État, la raison.

Les PosutoTwo ont également traités de cette question. Je vous recommande le détour.





Evo Morales – L’Indien qui gère par référendums pour survivre !

26 01 2009

C’est fait. « La Bolivie (10 millions d’habitants) est un État unitaire social de droit plurinational communautaire, libre, indépendant, souverain, démocratique, interculturel, décentralisé et avec des autonomies ». Plus de 3,8 millions d’électeurs Boliviens étaient appelés aux urnes pour se prononcer sur la nouvelle Constitution. Le « oui » l’emporterait avec 56,8% des voix contre 43,2% pour le « non », d’après deux sondages réalisés à la sortie des urnes. Les 2.700 bureaux de vote étaient surveillés par 200 observateurs de l’OEA (Organisation des États américains), de l’Unasur (Union des nations sud-américaines) et de l’Union Européenne.

L'indien qui tient tête

L'indien qui tient tête

Après le Venezuela, l’Equateur, la Colombie, Evo Morales entend changer la Constitution de son pays, trop liée, à ses yeux, au capitalisme et au passé colonial. Morales, un indien Aymara au pouvoir depuis trois ans, est le premier président bolivien issu de la communauté indigène à gouverner la Bolivie depuis sa fondation, il y a 183 ans. Il avait facilement remporté, en août dernier, un referendum sur son maintien au pouvoir avec 67% des voix. Evo Morales a fait de ce scrutin sur la nouvelle constitution un autre plébiscite. En cas d’adoption du projet, Evo Morales, élu en 2005, pourra se représenter pour un nouveau mandat de cinq ans à la tête d’une nouvelle Bolivie. La majorité de la population bolivienne est d’origine indienne mais la vie politique et économique a longtemps été dominée par une petite élite sociale d’origine européenne.

Comme le rappelle l’Université Laval de Québec : « La Bolivie est un pays multilingue avec une bonne quarantaine de langues, presque toutes amérindiennes. Quelque 43 % des Boliviens parlent l’espagnol comme langue maternelle. La Bolivie ne compte que quatre langues importantes, si l’on prend comme critère celles parlées par 10 000 locuteurs ou plus : le quechua (36,4 %), l’aymara (22,5 %), le guarani (0,2 %) et le chiquito (0,2 %). Quelques autres langues sont parlées par quelques milliers de locuteurs, mais l’immense majorité des langues autochtones de la Bolivie est en voie d’extinction. Il n’est pas rare de dénombrer quelques dizaines de locuteurs pour plusieurs petites langues ».

C’est tout de même une constitution largement édulcorée qui a été présentée au vote des Boliviens. Plus de 150 articles sur 400 ont été modifiés pour que le Sénat, dominé par la droite, accepte de convoquer le référendum. Ses détracteurs disent qu’elle est confuse et parfois contradictoire. La nouvelle constitution entend donner une meilleure représentation aux Indiens au Congrès et leur octroie plus d’autonomie dans leurs régions. Elle vise à redonner leur place aux langues et aux traditions culturelles du monde indien. « Nous avons souffert pendant 500 ans, alors nous voterons oui pour ne pas souffrir 500 ans de plus », déclarait à Reuters Simon Cussi, 51 ans, chef d’un groupe de paysans indigènes.

La Bolivie sera un pays laïc. La constitution consacre la séparation de l’État et de l’Église catholique. Elle reconnaîtra plutôt le culte de la Pachamama, la Terre-mère, divinité omniprésente dans les religions andines. Les Églises catholique et protestante ont élevé la voix pour critiquer cette constitution, se disant convaincues qu’elle ouvrait la voie à une légalisation de l’avortement et au mariage homosexuel. L’État se verra confier un plus grand contrôle sur la vie économique et sur la gestion des ressources naturelles en particulier, après une première vague de nationalisations dans les secteurs énergétique ou des télécoms.

Au désespoir des grands propriétaires et entreprises, la nouvelle constitution donne des droits et des statuts particuliers à 36 nations indigènes laissées pour compte depuis des siècles. La redistribution des terres et la limitation de la taille des propriétés ont déclenché les foudres des grands propriétaires terriens, éleveurs ou cultivateurs de soja à un point tel que le pays est venu au bord de l’implosion : les électeurs sont appelés à se prononcer entre deux superficies maximales (5.000 ou 10.000 hectares). La constitution imposera de fait une taille maximale aux propriétés agricoles, loi qui ne sera pas rétroactive, toutefois, et combattra les inégalités sociales les plus criantes. En cas d’un « oui » victorieux à l’échelle du pays, les préfets autonomistes ont déclaré qu’ils rejetteront quand même la constitution si le « non » gagne chez eux. À l’heure de la rédaction de cette analyse, quatre des neuf provinces auraient rejeté le texte, selon les sondages sortis des urnes.

Evo Morales n’est pas au bout de ses peines pour autant.

La Bolivie est au cœur de plusieurs convoitises, notamment dans le secteur énergétique. La Bolivie dispose des deuxièmes réserves de gaz naturel (710 Gm3 en 2007) d’Amérique du sud, après celles du Venezuela. À deux jours d’un référendum populaire sur la nouvelle Constitution du pays, Evo Morales a nationalisé la pétrolière Chaco, gérée par la société Panamerican Energy (PAE), à capitaux argentins et britanniques. « Petit à petit nous récupérons nos entreprises », a déclaré le président bolivien. PAE n’apprécie pas : « elle défendra devant toutes les instances ses intérêts légitimes ». La compagnie publique des hydrocarbures YPFB prendra le contrôle de 99% des actions de Chaco.

Conséquence de ces nationalisations : les compagnies pétrolières étrangères opérant en Bolivie ont reporté leurs investissements dans l’exploration et l’exploitation de gisements de gaz.

Le lithium est un enjeu important dans la fabrication des batteries. Notamment, celles des automobiles non performantes. Son prix est passé d’environ 350 dollars la tonne, en 2003, à près de 3 000 dollars en 2008. On l’extrait surtout en Argentine, au Chili et au Tibet. Les réserves mondiales du métal devraient s’épuiser totalement d’ici 2200, d’après les experts. Mais voilà. La Bolivie posséderait 40 à 50% des réserves mondiales de lithium. Il se trouve sous le lac salé fossile du Salar d’Uyuni, vestige d’un lac d’eau de mer asséché et plus vaste désert de sel au monde. La Bolivie veut créer une filière industrielle du lithium, incluant une usine de fabrication de batteries. Pour cela, elle aura besoin de main-d’œuvre spécialisée. Ses récentes nationalisations ne sont pas de nature à communiquer un vent d’optimisme aux investisseurs. Le magazine Time a qualifié la Bolivie de petite « Arabie saoudite du lithium », comme le rapporte Énergie 2007. Pour sa part, Forbes penche plutôt du côté du Chili : « Chile is the Saudi Arabia of lithium ».

Mitsubishi estime que la demande de lithium dépassera l’offre dans les 10 ans et pronostique une pénurie en 2015. Le spécialiste des batteries A123, le vice-président Ric Fulop, a un avis différent. Il se dit assuré qu’il y a assez de lithium sur la terre pour « plusieurs milliards » de voitures électriques ». Les enjeux mondiaux sur le lithium feront de la Bolivie un point de mire sous haute pression.

Le groupe Bolloré, rapporte le quotidien Le Monde, cherche à acquérir une mine d’exploitation de lithium, en Bolivie notamment. Selon M. Bolloré, la technologie choisie pour les batteries, « le lithium-métal-polymère », est supérieure à tout ce qui est envisagé par les concurrents actuellement, tant en matière de sécurité qu’en matière d’autonomie. Le groupe Boloré n’est pas seul évidemment à rechercher le lithium bolivien. Les grands constructeurs automobiles des États-Unis sont sur la piste : « la plupart des réserves de lithium nécessaires à la production de batteries pour ces véhicules se trouvent en Bolivie, dont le Président très à gauche, n’est pas très proche des États-Unis », écrit le magazine Time. Evo Morales ne veut ni exploitation massive et destructrice, ni compagnies étrangères, et vient de signer un décret pour installer un site d’exploitation national mais très limité.

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Suisse – Les faucons chassent les corbeaux !

25 01 2009

La Suisse de l’Union démocratique du centre (UDC) se déshonore une fois de plus en lançant un tract et ces affiches des plus douteuses. De Colombe, la Suisse est-elle en voie de devenir plus faucon en chassant maintenant les corbeaux ?

corbeaux1Pierre Chiffelle, ancien conseiller d’État vaudois, prévient : « Les Suisses sont des gens fiables, responsables et fiers de l’être, qui respectent leurs partenaires. Au cœur géographique de ce continent, ils sauront se montrer dignes de leur réputation ». Ce à quoi répond Charles Heimberg, sur Mediapart : « Le peu de réactions que cette affiche suscite, hormis l’émoi légitimement exprimé par des ressortissants roumains, s’il révèle sans doute une certaine lassitude face à ces provocations insupportables, indique peut-être aussi, malheureusement, que la population de la Suisse est en train de s’y habituer. Ce qui est particulièrement préoccupant ! »

Le 8 février prochain, les Suisses voteront sur la reconduction de l’accord sur la libre circulation et son extension à la Bulgarie et la Roumanie. Et la peur de l’arrivée massive des « roms » est fortement alimentée par le parti politique de l’Union démocratique du centre (UDC). L’enjeu est simple : dire non pour éviter un afflux massif de Roumains et de Bulgares et une augmentation du chômage conséquente. « L’extension de la libre circulation des personnes à la Roumanie et la Bulgarie est une concession excessive compte tenu du retard économique, de la corruption, de la criminalité et du chômage élevé que connaissent ces deux pays », soutient l’UDC.

Jean-Jacques Roth, écrit dans Le Temps : « L’assassinat d’Epalinges, les cambrioleurs géorgiens, les Roms sur nos trottoirs, les logements introuvables, le pouvoir d’achat qui baisse, le chômage qui monte: à part le verglas, il n’est pas un souci hivernal qui n’ait pour responsable l’étranger ». L’immigrant, source de toutes les tares et de tous les maux. Pierre Chiffelle, ancien conseiller d’État vaudois, rappelle, pour sa part, dans Le Nouvelliste, que l’UDC, méprisant haineusement les ressortissants européens que sont l’ensemble des Bulgares et des Roumains représentés par les corbeaux ornant leurs affiches, cette triste clique de nationalistes bornés et étroits d’esprit démontre définitivement son total manque de savoir-vivre, et son ignorance sur le plan culturel et historique. La sanction ne peut et ne doit être que politique. « L’UDC n’a décidément aucune perspective politique ou historique à long terme », écrit Pierre Chiffelle. « Elle n’a pas d’ambitions pour ce pays, si ce n’est sa petite cuisine électoraliste ».





Il n’est jamais trop tard pour s’émouvoir

24 01 2009

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