Gaza : Israël a-t-il basculé dans une violation du droit humanitaire?

10 01 2009

Le chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, a déclaré jeudi qu’Israël avait le droit de se défendre et que ses actions militaires étaient une réponse justifiée aux attaques du Hamas en provenance de la Bande de Gaza. Ce qui est particulier dans cette déclaration est l’absence totale de nuances. Michael Ignatieff a aussi jeté le blâme sur le Hamas, soutenant que l’organisation avait instigué les attaques de roquettes sur le territoire israélien pour ensuite trouver refuge parmi la population civile. En 2006, ses déclarations à propos de l’intervention d’Israël au Liban avaient été, on ne peut plus, ambigües. Guy A. Lepage lui avait demandé pourquoi il avait dit que les décès de civils libanais, à Cana, à la suite de tirs israéliens « ne l’empêchaient pas de dormir ». Dans une entrevue au Toronto Star, il avait affirmé que le drame de Cana était « franchement inévitable » dans un contexte où des lanceurs de missiles sont installés à une centaine de mètres des populations civiles. Il avait, par la suite, admis que c’était une erreur de jugement de dire cela, et il avait soutenu, au sujet de cette attaque, qu’il s’agissait d’un « crime de guerre ». Michael Ignatieff avait perdu le soutien de la coprésidente de son organisation de campagne à Toronto, Susan Kadis, parce qu’il avait accusé Israël d’avoir commis un crime de guerre. Cette fois-ci, Michael Ignatieff a choisi son camp : Israël. Au détriment des faits. C’est le même homme, remarquez bien, qui avait parlé des « risques de guerre civile » au Québec en cas de victoire du OUI et, donc, de l’importance de clarifier les choses dès le départ. Tout ça, évidemment, sous l’angle théorique, comme dans une salle de classe devant des étudiants en politique internationale, comme l’écrivait Vincent Marrisal, dans La Presse, le 25 novembre 2006.

Évidemment, c’est le droit le plus strict du chef du Parti libéral du Canada de se ranger derrière l’opinion de Stephen Harper. C’est également son droit de recourir à des raisonnements et des conclusions sans nuances. Cela en dit long sur la réputation d’intellectuel de Michael Ignatieff.

Si les édiles canadiens sont incapables de réfléchir et d’analyser une situation dramatique sous plusieurs angles à la fois, il s’en trouve, fort heureusement, qui en ont la capacité. D’abord regardons de près la résolution 1860 du Conseil de sécurité. Elle condamne également « toute violence et hostilité dirigées contre des civils et tout acte de terrorisme », sans pour autant stigmatiser le Hamas. Et elle soutient « des mesures tangibles vers une réconciliation inter-palestinienne ».

Cette résolution, pour tardive qu’elle soit, a reçu une approbation générale avec une abstention, les États-Unis. Quatorze des quinze membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont voté en faveur de cette résolution. Le Canada, qui a déserté, depuis les conservateurs, les grandes tribunes internationales, et qui se discrédite lorsqu’il y est présent, n’est pas un membre du Conseil de sécurité. Réponse d’Ehud Olmert relativement à l’adoption de cette résolution : « Israël n’a jamais accepté qu’une influence extérieure décide de son droit à défendre ses citoyens. L’armée continuera d’opérer pour défendre les citoyens d’Israël ». Comme l’explique Dan Gillerman, ancien ambassadeur à l’ONU, chargé par le gouvernement de la communication sur l’offensive, la résolution du Conseil de sécurité est un revers diplomatique pour Israël.

L’angélisme de monsieur Ignatieff fait sourire à côté des remarques de la Croix-Rouge internationale qui n’a pas réputation de jouer dans les extrêmes. L’accusation qu’elle vient de lancer n’est pas sans conséquences : « l’armée israélienne aurait empêché la Croix Rouge d’accéder à des blessés palestiniens à Gaza, dont des enfants coincés pendant cinq jours dans leur maison avec le corps de leur mère tuée dans des combats ». Il ne s’agit pas du Hamas ici. Mais bien d’Israël. La Croix-Rouge affirme que les soldats israéliens a laissé à leur propre sort des enfants blessés dans le quartier de Zeitoun, dans la bande de Gaza. « Ils étaient trop faibles pour se tenir sur leurs jambes. Un homme était également incapable de se tenir debout. Il y avait au total douze corps sur des matelas. Dans une autre maison, nous avons trouvé quinze survivants et trois morts. Les soldats israéliens étaient en position à 80 mètres et ils ont demandé à notre équipe de partir, ce qu’elle a refusé de faire ».

Les États-Unis, inconditionnels d’Israël, ont senti le besoin de rappeler l’État hébreu à l’ordre : le département d’État américain a appelé jeudi Israël à prolonger les horaires d’accès de l’aide d’urgence dans la bande de Gaza, tout en dénonçant une situation humanitaire « terrible » dans le territoire palestinien assiégé. Robert Wood, le porte-parole, a déclaré que: « les horaires doivent être étendus. C’est quelque chose sur quoi nous travaillons avec les Israéliens et avec d’autres ». La réponse de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (Unrwa) est claire : « Du point de vue opérationnel, trois heures ne font aucune différence ». Tout en poursuivant : « Nous devons distribuer de la nourriture à 750.000 réfugiés à Gaza est, nous ne pouvons pas le faire en trois heures ».

Et que fait Israël après avoir cédé sur l’urgence de ces trois heures de trêve ? Des chars israéliens tirent des obus dans la bande de Gaza, malgré l’annonce de cette pause des opérations pendant trois heures. Des chars ont ouvert le feu contre des cibles à Jabaliya, Beit Lahya ainsi que dans le quartier de Zeitoun.

Que dire, monsieur Ignatieff, des bavures de l’armée israélienne ? Dommages collatéraux, diront les va-t-en-guerre. Trois écoles de l’agence des Nations unies pour les réfugiés ont été bombardées à Khan Younès (2 morts), Chati (3 morts) et surtout à Fakhoura, où deux obus ont éclaté à l’intérieur d’un bâtiment (43 tués). Des centaines de civils s’y étaient réfugiés, « parce qu’ils se croyaient protégés par le drapeau de l’Onu ». Par ailleurs, à Zeitoun, douze membres d’une même famille ont été tués parce qu’y vivait un cadre du Hamas. Que dire enfin de ce tir de char israélien qui a tué trois soldats du Tsahal et en a blessé 21 autres ?

Israël a raison de se défendre ? Il semble que cette opinion ne soit pas partagée sur toutes les grandes tribunes du monde, pour autant qu’on veuille bien y prêter attention. Les raisonnements réducteurs sont mauvais conseillers, en politique surtout. Israël fait fi d’un appel du Conseil de sécurité de l’ONU à un cessez-le-feu immédiat à Gaza en arguant qu’il ne garantirait pas l’arrêt des attaques du mouvement palestinien Hamas. L’étendue des pertes civiles palestiniennes dégrade chaque jour davantage son image dans le monde et met en question la légitimité de son action. La commissaire européenne, Géraldine Ferraro-Waldner, faisait remarquer au président israélien Shimon Peres que l’image de l’État hébreu est « fortement détériorée » depuis ces derniers jours. Réponse de Peres : « Nous ne faisons pas dans les relations publiques. Nous combattons le terrorisme et nous avons le droit absolu de nous défendre ». Et cela à quel prix ? L’offensive israélienne destinée à contraindre le Hamas à cesser ses tirs de roquettes, a coûté la vie à au moins 800 Palestiniens, dont plus de 230 enfants et 92 femmes et des dizaines d’autres civils, et fait plus de 3.300 blessés depuis son lancement le 27 décembre

Le cardinal Martino (Justice et Paix) s’est attiré les foudres des autorités israéliennes après avoir affirmé que « la population de Gaza vit encerclée dans un mur qu’il est difficile de percer, dans des conditions qui vont à l’encontre de la dignité humaine ». Et le cardinal a osé dire que la bande de Gaza sous les bombes était devenue « un immense camp de concentration ». Et la réponse d’Israël : « Entendre le vocabulaire de la propagande du Hamas repris par un membre du Sacré Collège des cardinaux est un phénomène choquant et décevant ». Shimon Peres a bien raison : Israël ne fait pas de relations publiques.

Des voix s’élèvent pour dénoncer la situation dans la bande de Gaza. L’éditorialiste Jean Daniel écrit, dans Le Nouvel Observateur : « La part juive qui est en moi […] est bouleversée d’indignation et de révolte devant une telle régression ». Le Premier ministre français, François Fillon, a jugé « intolérable » la situation humanitaire à Gaza. Position nettement plus nuancée que nos élus canadiens.

Pendant que se négocient des sorties de crise ailleurs dans le monde, le gouvernement Olmert donne son feu vert à un élargissement des opérations à Gaza. La stratégie est simple : chasser le Hamas et installer le Fatah. Israël décide au nom du peuple palestinien. Rien de moins. Et nous sommes des témoins impuissants de cette macabre stratégie menée sous l’empire du sacro-saint principe de l’auto-défense. Mohammed Dahlane, l’ancien homme fort du Fatah, a déclaré hier qu’il ne rentrerait pas à Gaza « en marchand sur du sang palestinien ». Toute visière baissée, nos politiciens canadiens sont incapables de discerner les intentions réelles de l’État hébreu, obnubilés qu’ils sont de suivre la ligne politique des voisins du sud.

Au nom du « casus belli », qu’importe que le système médical palestinien soit « au bord de l’effondrement », que les hôpitaux soient surchargés, que des personnels médicaux soient épuisés d’avoir travaillé 24 heures/ 24 pendant presque deux semaines, ou encore que l’acheminement de matériel médical et de médicaments soit rendu très difficile. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, les hôpitaux fonctionnent grâce à des générateurs de secours menaçant de s’arrêter faute de carburant.

Le haut commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme a demandé des investigations « crédibles et indépendantes » sur des violations du droit humanitaire dans la bande de Gaza qui pourraient constituer des crimes de guerre. Selon madame Navi Pillay : « Les violations du droit humanitaire international pourraient constituer des crimes de guerre pour lesquels la responsabilité pénale individuelle pourrait être invoquée ». Le gouvernement conservateur avait jugé que Louise Arbour était une « honte » pour avoir soutenu qu’Israël devrait faire face à ses responsabilités, s’il était démontré que l’État hébreu avait commis des violations du droit humanitaire international au Liban. Madame Navi Pillay a succédé à Louise Arbour au Commissariat des Nations unies pour les droits de l’homme.

Stéphane Hessel, 91 ans, est un ancien diplomate et résistant, qui a notamment participé à la rédaction de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme en 1948. Au cours d’un entretien avec SwissInfo, l’Ambassadeur de France a donné son point de vue sur la situation dans la bande de Gaza. « En réalité, le mot qui s’applique – qui devrait s’appliquer – est celui de crime de guerre et même de crime contre l’humanité. Mais il faut prononcer ce mot avec précaution, surtout lorsqu’on est à Genève, le lieu où siège un haut commissaire pour les Droits de l’Homme, qui peut avoir là-dessus une opinion importante. Pour ma part, ayant été à Gaza, ayant vu les camps de réfugiés avec des milliers d’enfants, la façon dont ils sont bombardés m’apparaît comme un véritable crime contre l’humanité ».

Nos politiciens canadiens, dont Michael Ignatieff, devraient tirer des leçons de l’histoire, comme le rappelle avec justesse et modération Stéphane Hessel : « Nous avons vu que dans tous les cas de figure récents dans le monde, que ce soit le Vietnam, la Tchétchénie ou quoique ce soit d’autre, il n’y a pas de solution militaire. La solution c’est la négociation. Ce qui se passe en ce moment au Caire est extrêmement important. Il faudrait que les dirigeants israéliens se rendent compte qu’à ne pas accepter une négociation et un cessez-le-feu, et une négociation pour la paix, ils font un tort immense à leur pays, et aussi à leur armée. Tsahal avait la réputation d’être une armée honorable. Elle ne l’est plus lorsqu’elle frappe sur des gens sans défense ».

En terminant, il faut lire : Gaza: lorsque la vie et la vérité sont sacrifiées. Il convient également de souligner que, comme le rappelle Frida Berrigan, de la New America Foundation, information relayée par le quotidien Le Monde, l’intervention d’Israël à Gaza a été menée largement grâce à des armes américaines payées par le dollar du contribuable américain.

En sept ans, sous l’administration BUSH, Israël a reçu plus de 21 milliards de dollars pour la sécurité, dont 19 milliards d’aide militaire dans le cadre du programme de financement militaire à l’étranger (FMF) du Pentagone.

Le plus gros de l’arsenal actuel d’Israël est composé de matériel fourni par des programmes américains d’assistance. Par exemple Israël possède 226 chasseurs F-16 fournis par les États-Unis, ainsi que 700 chars M-60, 6.000 véhicules blindés de transport de troupes, un grand nombre d’avions de transport, d’hélicoptères d’attaque, d’avions d’entraînement, des bombes et toutes sortes de missiles tactiques.

Rien qu’en 2008, les États-Unis ont fait à Israël des offres de ventes d’armes s’élevant à plus de 22 milliards de dollars, parmi lesquelles une proposition de contrat d’un montant de 15,2 milliards pour 75 chasseurs F-35, une autre d’un montant de 1,9 milliards de dollars pour 9 appareils C-130J-30, une autre d’un montant de 1,9 milliards de dollars pour 4 navires de combat littoral avec leurs équipements, et du kérosène pour plus de 1,3 milliards de dollars

Attention, images difficilement supportables d’Al Jazeera. Un père palestinien accablé se lamente, en hébreux, sur le sort de ses quatre enfants assassinés par l’armée israélienne.

Admirable la détermination de cette jeune palestinienne qui s’oppose à l’armée israélienne.

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18 responses

10 01 2009
Gilles

Pierre a écrit :
Nos politiciens canadiens, dont Michael Ignatieff, devraient tirer des leçons de l’histoire […]

À mon avis, la seule leçon que l’histoire nous donne, c’est qu’on ne retient aucune leçon de l’histoire.
 

10 01 2009
Pierre Chantelois

Gilles

Très sage réflexion. Nous sommes confrontés à un éternel recommencement de l’histoire sans mémoire.

Pierre R.

10 01 2009
Gilles

Je n’y ai pensé que maintenant… la jeune femme évoque le jeune Chinois qui a stoppé un tank, place Tian’anmen, en 1989.
 

10 01 2009
Pierre Chantelois

Gilles

Effectivement. Ressemblance frappante et impressionnante. Et pour se rappeler l’événement, TerraNova.

Pierre R.

10 01 2009
Françoise

[…] la résolution du Conseil de sécurité est un revers diplomatique pour Israël.

La résolution n’est pas contraignante… D’ailleurs depuis qu’Israël existe, combien de résolutions ont été prises qui n’ont jamais été respectées ?

Israël est « intouchable », et le restera tant qu’il aura l’appui des USA. je ne pense pas que nous sommes à la veille de cela.

Mme Rice nous fait bien comprendre que l’armée israélienne ne « travaille » pas dans de bonnes conditions :

US Secretary of State Condoleezza Rice says it is « hard » for Israeli troops to spare civilian lives in the densely-populated Gaza Strip.

« It is very difficult in circumstances like Gaza, which is a very densely populated area, » Rice told reporters on Friday when asked if Israel is living up to its humanitarian obligations during its massive military offensive in the beleaguered sliver.

Quoi que fasse Israël, il se trouve toujours une bonne âme pour approuver.

10 01 2009
François M.

Pierre,

Encore une fois, excellent texte qui dégage bien la philosophie de nos dirigeant. Je suspecte le lobby israélien d’être assez puissant au Canada puisque Harper a même déclaré qu’il était interdit de critiquer Israël dans les universités. Je vais reproduire votre texte sur mon blog aujourd’hui avec les liens nécessaires.

Merci pour cet ouvrage bien fait!

Gilles,

Le parallèle doit faire du sens puisque vous n’êtes pas la première personne à y penser. Jetez un petit coup d’œil sur cette photo parodie.

10 01 2009
guibore

Avec la classique accusation de génocide du peuple Palestinien, étonnant qu’ en 60 ans les Israéliens ne soient pas arrivés à torcher le boulot.
Il semblerait qu’ils sont notoirement inefficaces!
Quand les Israéliens étaient présents à Gaza, vous leur reprochiez de la coloniser.
A présent qu’ils se sont retirés, laissant l’ensemble du territoire aux seuls palestiniens, c’est de l’apartheid et un camp de concentration… !
Décidément, les Israéliens quoiqu’ils fassent, ce n’est jamais bon.
Je crois que s’ils se faisaient tous hara-kiri, sous votre nez, vous leur reprocheriez encore de ne pas l’avoir fait plus tôt.

Et si vous n’éprouvez pas de honte à soutenir des gens qui se conduisent de la sorte, c’est que vous êtes tout aussi dépourvue d’honneur qu’eux , car ce n’est vraiment pas une manière honorable de combattre que le Hamas emploie.

10 01 2009
Pierre Chantelois

Françoise

Et Israël bénéficie d’une grande sollicitude des pays alliés et amis. Et d’intellectuels qui, jadis, rayonnaient par leur intelligence. Comme André Glucksmann qui a formulé un avis au quotidien Le Monde : Chaque conflit, en sommeil ou en ébullition, est par nature « disproportionné ». Si les adversaires s’entendaient sur l’usage de leurs moyens et sur les buts revendiqués, ils ne seraient plus adversaires. Qui dit conflit, dit mésentente, donc effort de chaque camp pour jouer de ses avantages et exploiter les faiblesses de l’autre. Tsahal ne s’en prive pas qui « profite » de sa supériorité technique pour cibler ses objectifs. Et le Hamas non plus qui utilise la population de Gaza en bouclier humain sans souscrire aux scrupules moraux et aux impératifs diplomatiques de son adversaire.

Pierre R.

10 01 2009
François M.

Ouais, c’est ça qui choque aussi, ces « intellectuels » au coeur et l’esprit mort qui ne voient plus clair. Je pense que ça fait d’eux des complices et responsables de ce qui se passe à Gaza. Qu’on excuse de cette façon les Khmer Rouge, les nazis ou les sionistes d’Israël, n’est-ce ce qu’on appelle de « l’apaisement » ou être des « collaborateurs »?

Et cet intello douteux, que dit-il de l’utilisation d’armes chimiques et nucléaires contre les Palestiniens?

Ahurissant….

François M. (sans « e » à la fin 😉 )

10 01 2009
Pierre Chantelois

Information

Un groupe de femmes juives canadiennes occupaient le Consulat israélien, situé au 180, rue Bloor ouest à Toronto. Cette action visait à dénoncer les attaques incessantes d’Israël sur le peuple de Gaza. Le groupe disait réaliser cette occupation en solidarité avec les 1,5 millions de personnes à Gaza et pour s’assurer que la voix des juifs/juives qui s’insurgent contre les massacres à Gaza soit entendue. Le groupe de femmes demandait qu’Israël cesse ces attaques militaires et lève le siège de 18 mois sur la bande de Gaza, afin de permettre à l’aide humanitaire d’entrer dans le territoire. Ces femmes ont fait l’objet d’une arrestation.

Pierre R.

10 01 2009
Françoise

Pierre,
 
Mr Glucksmann a pu rayonner par son intelligence, mais on voit là qu’il n’a pas ‘d’intelligence du cœur ». Il n’est pas le seul à a écrire sur le sujet avec la pire mauvaise foi.

On dirait qu’une sorte « d’instinct tribal » empêche de toute réflexion sensée.

10 01 2009
François M.

Oh, désolé Pierre, je n’avais pas remarqué que vous vous adressiez à Françoise qui a laissé un commentaire plus haut! Je pensais que c’était une erreur de frappe! Hé hé hé!

François M.

10 01 2009
Françoise

Ces femmes ont fait l’objet d’une arrestation.

Y a-t-il eu des manifestations pro-Israël ? Si oui, y a-t-il eu des arrestations lors de ces manifestations ?

Il serait intéressant de savoir si tous les manifestants sont traités de la même manière…

11 01 2009
gaetanpelletier

Gilles,
Pierre,
Histoire. Pour ce qui est de l’Histoire, ce que j’ai vu dans les écoles est qu’on ne se soucie pas de former des citoyens mais des «machines à travailler pour la finance».
Vous allez me trouver dur, mais pour ce que j’ai vu, l’école et ses «administrateurs» ( le terme est pesé), ne songent qu’à diplômer pour une grande chaîne de montage qu’est devenu l’État et la haute finance.
Ne pas trop savoir, ne pas trop critiquer, et devenir une sorte de robot avec toute la machine publicitaire qui leur apprend à «savoir avoir» au lieu de «savoir être».
Les plus «réfléchis» s’en sortent. Les autres subissent un bon lavage de cerveau…
__________________-
Quant à M. Ignatieff, je crois qu’il a été un enseignant à Harvard. Droit international.
De quelle escalier est-il tombé pour nous livrer un «message» aussi subtil?
J’ai un ami qui appelle ce genre de type une « grosse pointure». Pour moi, il est comme Cendrillon: il vient de perdre un soulier… Plus pied, tu meures… Comme on dit chez nous. Ou en anglais : «Put his foot in his mouth»… La grosse pointure vient de s’auto-avaler.

11 01 2009
Pierre Chantelois

François

C’est toujours un plaisir de lire vos commentaires. Qu’ils soient adressés aux signataires ou aux commentateurs de ce blogue.

Gaëtan

Vous soulevez un bon point. S’il était possible d’inclure dans la formation académique une part important de géopolitique et de géostratégie, peut-on que les générations futures évitaient les erreurs du passé. Un rêve, je sais bien.

Guibore

Une guerre, c’est des deux côtés que ça se passe. Révisez les enjeux réels de cette guerre à Gaza et vous verrez que les raisons sont toute autre que celles que veut bien nous présenter le gouvernement israélien.

Pierre R.

11 01 2009
Jean-Louis

Moi je soupçonne au contraire les lobbies islamistes de manipuler l’opinion publique internationale et d’avoir infiltré l’ONU… Cela fait plus de 8 ans que les intégristes islamistes du hamas envoient leurs missiles meurtriers sur Israël sans que l’ONU s’émeuve. Je comprend tout à fait leur réaction. Comment réagiriez-vous à leur place ?.

11 01 2009
PADUP

A L’ATTENTION de FRANCOISE : A ma connaissance, le comportement des manifestants pro-israelin n’a pas été le même. Il n’y a pas eu de casse et c’est sans pour cela que l’on en hélas moins parlé. Les dernieres manifestations pro-palestinienne qui se sont finird dans la violence avec dégradation du mobilier urbain et de véhicules en sont l’illustration. Jusqu’à preuve du contraire « Droit d’expression et de manifestation » ne veut pas dire droit de tout casser pour faire pression sur les autorités. Ceci explique sans doute cela….

12 02 2009
Parisienne

Ce que l’on se doit de noter, c’est que cela fait de très nombreuses années (trop) qu’Israël dénigre les résolutions de l’ONU et continue à mener une politique d’apartheid sur des territoires ILLÉGALEMENT OCCUPES. Alors dire que nous ne sommes pas contents de ce qui se passe sur place alors même qu’Israël n’occupe plus la bande de Gaza est absolument dénué de tout bon sens, comme j’ai pu le lire dans un commentaire de Guibore. D’autre part, certes les missiles venant de la bande de Gaza ne doivent pas être, rappelons toutefois que la riposte israélienne est totalement disproportionnée par rapport aux torts qu’elle vise à redresser.

C’est en fait et en droit que je m’explique. Selon l’article 2§4 de la Charte des Nations Unies, le principe est celui de la prohibition du recours à la force dans les relations inter-étatiques. L’article 51 de cette même Charte quant à lui prévoit que la légitime défense peut exister sous certaines conditions, cet article étant complété par la coutume et la jurisprudence de la Cour Internationale de Justice qui a fermement posé l’exigence de proportionnalité et de nécessité de la mise en oeuvre du droit de légitime défense. Or ici, il est évident que la condition de proportionalité n’a en rien été respectée par Israël.

D’autre part, durant le conflit un grand nombre de violations du droit des conflits armés, droit humanitaire issu des 4 Conventions de Genève de 1949 ainsi que des Protocoles additionnels de 1977, peuvent être constatés (poursuite de combats en zones urbaines; utilisation d’armes inutiles à la situation conflictuelle, provoquant des dommages disproportionnés comme en l’espèce des armes au phosphore blanc; attaques de civils; attaques de bâtiments destinés à la protection sanitaires des civils; attaques de bâtiments des Nations Unies; attaques d’hôpitaux; attaques de bâtiments réunissant la presse du monde entier; tous ces acteurs bénéficiant d’une protection spéciale en vertu d’une Convention internationale).

Les exactions commises par le Tsahal entrent exactement dans la définition de crime de guerre au sens du droit pénal international (cf. article 8 du Statut de la Cour Pénale Internationale), et même pour certains faits de génocide (cf. article 6 du Statut de la Cour Pénale Internationale).

Donc les propos de certains tendant à minimiser les exactions commises par l’Etat juif au peuple palestinien depuis des décennies sont à réviser. Il est absolument important de ne pas basculer dans un débat passionnel avec un parti pris pour l’un ou l’autre. En toute objectivité, on s’aperçoit rapidement qu’Israël bafoue avec mépris le droit international, bafoue les principes fondamentaux de paix des Nations Unies dont il fait pourtant partie en mettant en place une politique d’apartheid (les palestiniens n’ont pas accès aux même droits que les israéliens…), de colonisation et d’occupation illégale de territoire.

Quant à Jean-Louis qui affirme que l’ONU est infiltrée… que cela fait plus de 8 ans qu’Israël reçoit des missiles du Hamas…

je réponds tout d’abord que cela fait plus de 60 ans que le peuple palestinien voit sa terre occupée et violée, ses maisons détruites (pour permettre la construction de nouvelles maisons à destination des colons juifs) et ses oliviers arrachés (ainsi que toutes son agriculture saccagée afin d’appauvrir les palestiniens et les exposer à des conditions d’existence devant entraîner leur disparition totale ou partielle; je vous renvoie de nouveau à l’article 6 du Statut de la CPI en matière de génocide). En ce qui concerne l’ONU, je crois qu’il n’y a rien à dire eu égard au degré de sérieux de votre affirmation (d’ailleurs, j’espère que vous plaisantiez car ce n’est pas très pertinent ou futé comme allégation).

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