La pauvreté est méprisable à Wall Street

30 01 2009

Les établissements de Wall Street avaient versé 18,4 milliards de dollars de primes à leurs salariés l’an dernier. C’est beaucoup moins que l’année précédente (32,9 milliards en 2007). La baisse est aussi la plus forte en pourcentage (44%) depuis 30 ans. Mais la somme reste la sixième de l’histoire en valeur absolue.

« C’est le comble de l’irresponsabilité, c’est honteux, et ce qu’il va falloir entre autres, c’est que les gens de Wall Street, qui demandent de l’aide fassent preuve de retenue, de discipline et de davantage de sens des responsabilités », a commenté Barack Obama.

Selon AFP, les données économiques du jour ont rappelé la gravité de la crise. Le nombre de nouveaux chômeurs est resté au plus haut depuis plus de 26 ans aux États-Unis, et le nombre total de chômeurs indemnisés n’a jamais été aussi élevé depuis que le département du Travail les comptabilise. Les nouvelles demandes d’allocations chômage ont atteint 588.000 unités la semaine dernière. La moyenne sur quatre semaines, considérée comme plus représentative de la situation sur le marché de l’emploi, s’élève à 542.500, en hausse de plus de 20.000 unités.

wall-street

Les ventes de logements neufs ont chuté en décembre pour s’établir à un plus bas historique, tandis que les commandes de biens durables ont enregistré leur cinquième mois consécutif de repli. Elles se sont établies à 331.000 unités (en rythme annuel), à leur plus bas niveau depuis la création de cette statistique en 1963.

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13 responses

30 01 2009
gaetanpelletier

Pierre,
J’avoue avoir été un peu surpris qu’Obama fasse cette déclaration. Il me semble que pour la première fois, un président «s’attaque» à la gomme de Wall Street.

S’il se met à déterrer tout ce qui se magouille aux États-Unis dans les systèmes financiers, dans les industries, il a un belle liste.

Serais-ce donc vrai que les américains ont maintenant quelqu’un qui s’occupe vraiment du peuple et non pas seulement au gratin de la façade américaine?

J’ai lu quelque part que la Russie avait «soulagé» une partie de son système de défense dû à «un changement d’attitude de Washington».
Bonne nouvelle! Les U.S.A se sont créé suffisamment d’ennemis, il serait souhaitable qu’ils se créent maintenant de vrais amis.

30 01 2009
Pierre Chantelois

Gaëtan

Il vient tout juste de faire adopter – sans obtenir l’unanimité de la Chambre des représentants comme il l’aurait souhaité – son plan de redressement de l’économie de 815 milliards. Je peux comprendre que le président qui multiplie les efforts pour remettre l’économie sur les rails réagit assez mal aux orgies semblables qui se passent sous son nez. C’est franchement scandaleux. La semaine prochaine je traiterai du changement d’orientation de Barack Obama et des nouvelles tendances qu’il entend mettre en place avec la nomination de Mitchel au Moyen-Orient.

Pierre R.

30 01 2009
Françoise

[…] ce qu’il va falloir entre autres, c’est que les gens de Wall Street, qui demandent de l’aide fassent preuve de retenue, de discipline et de davantage de sens des responsabilités.

C’est en effet une excellente remarque, mais que compte faire Mr Obama pour obtenir cela ?

30 01 2009
Pierre Chantelois

Françoise

La question est posée. Il faudra voir comment Barack Obama redistribuera cette aide financière et s’il imposera des règles de conduite plus rigoureuses. Son prédécesseur a failli à cette tâche lors du premier plan d’aide de 700 milliards aux grandes institutions financières du pays. Comme l’écrit Dominique Nora, de Challenges.fr : « certaines plaisanteries salaces des années 1980 reviennent au goût du jour : Qu’est-ce qu’on obtient quand on croise un porc et un Wall Streeter ? Rien : il est des choses que même un cochon ne ferait pas… ».

Pierre R.

30 01 2009
celeste

Il a fait ça aussi: égalité salariale, signer jeudi la première loi en tant que président américain, elle concerne l’égalité salariale entre hommes et femmes.

Après la mise au point sur l’avortement, c’est encourageant…

wait and see 🙂

30 01 2009
Pierre Chantelois

Celeste

C’est de plus en plus qu’il y a une rupture entre le style de Barack Obama et celui de Georges W. Bush. Pourvu que cela puisse se maintenir et aller vers le progrès. Vous avez raison : wait and see.

Pierre R.

30 01 2009
Dominique Hasselmann

Plus que « wait and see » : « wait and do » ! Car Obama prend le chemin droit qu’il avait indiqué dans sa campagne, comme le remarque Céleste, que ce soit sur l’avortement ou les rémunérations des personnels de la Maison blanche ou les salaires dans le monde financier…

A Paris, place de la République, il y a justement un « Wall Street Institute« , oh, ce n’est pas une banque, juste une école pour parler l’anglais « fluently » : ils ont dû voir passer la grande manif de jeudi dernier, mais il n’y avait pas beaucoup de slogans (à part le détourné « Yes week-end !« ) d’origine américaine.

Par contre (voir sur mon blog samedi matin, excuses pour la pub !), un faux Sarkozy, du haut d’un échafaudage Kiloutou, lançait à poignées des billets de 500 euros : et des gens se penchaient avidement pour les ramasser, voilà qui est significatif !

31 01 2009
Pierre Chantelois

Dominique

un faux Sarkozy […] lançait à poignées des billets de 500 euros

J’imagine que c’était par curiosité que les gens se penchaient pour les ramasser… 😦

Pierre R.

31 01 2009
D. Hasselmann

Qui sait ?…

31 01 2009
posuto

Obama m’éblouit, et me fait craindre chaque jour un peu plus pour sa vie, tant il est audacieux !

1 02 2009
Pierre Chantelois

RV

Il est vrai que jusqu’ici, Barack Obama a un parcours sans faute par rapport au plan de match qu’il s’était fixé au départ de sa campagne présidentielle. Souhaitons-lui longue vie et qu’il soit un président des grandes réalisations.

Pierre R.

1 02 2009
clusiau

Pierre, Obama ne reconnaît même pas Hamas, parti résolument élu par les Palestiniens qui le rééliront encore s’il y a d’autres élections.

Comment est-ce possible que le Président de la première démocratie du monde (qui n’en est pas une en fait) ne reconnaisse pas le chef d’un parti élu ?

Inadmissible, ce rejet par Obama de la démocratie des autres fait que tout ce qu’Obama a dit, quand à moi, est nul et qu’il n’y a rien à attendre d’une telle nullité.

2 02 2009
Pierre Chantelois

Clusiau

Il y a deux voies possibles en diplomatie : la voie directe et la voie indirecte. Je crois que la première ouverture qu’a voulu faire Obama a été d’abord de lancer, dans son discours d’investiture, une branche d’olivier au monde arabe. Plus précisément au monde musulman. Ce qui est déjà en soi exceptionnel. D’autre part, sans chercher à brûler des étapes, il a nommé Mitchell qui a une connaissance approfondie du Moyen-Orient dès le début de son mandat. Barack Obama doit ménager l’opinion américaine. Aller trop vite serait nuisible. Il faut reconnaître qu’Obama a fait plus pour ouvrir le dialogue au Moyen-Orient que Bush en huit ans.

Israël, par son intervention intempestive et démesurée à Gaza, a franchi une ligne qui lui sera dorénavant néfaste : un vent de sympathie du monde entier pour les palestiniens. Cela se voit et se traduit concrètement dans les manifestations de la rue.

Tony Blair, jadis collé aux fesses de Bush et de sa doctrine de l’axe du mal, n’a d’autre choix que de changer sa rhétorique pour s’ouvrir lui aussi au dialogue avec le Hamas. En diplomatie, impossible toutefois de fonctionner à pleins gaz. Les étapes successives sont plus efficaces. Silencieux durant les 22 jours de massacre subis par Ghaza, Blair a appelé à la réconciliation des Palestiniens de la bande de Ghaza et de Cisjordanie. La paix passe d’abord et avant tout par la réconciliation des frères palestiniens ennemis. Je l’ai écrit, je le répète, j’y crois. Sur le terrain, l’heure est à la diplomatie. La Jordanie a déclaré hier à l’émissaire américain George Mitchell qu’elle ne souhaitait pas de la part de la nouvelle administration Obama de nouvelles initiatives de paix au Proche-Orient, mais l’application de la substance de l’offre de paix arabe. Pour la Jordanie, la position est claire : « Nous ne voulons pas de nouvelles initiatives de paix. L’initiative arabe basée sur deux Etats vivant en paix, côte à côte, est la seule solution viable ».

Les personnes et les événements peuvent évoluer. Je garde confiance.

Pierre R.

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