Ce n’est qu’un Au Revoir

14 03 2009

Gérer un blogue a été une expérience très riche. Plus de six cents articles et plus de 4.000 commentaires m’ont beaucoup enrichi depuis janvier 2007. Ce fut une aventure riche qui doit maintenant passer à une autre étape. Depuis quelques mois, la photographie occupe une grande partie de ma vie. Elle me permet de me maintenir en forme. De capter la vie. De saisir des instantanés de petits moments de bonheur ou de tristesse. De m’intéresser aux gestes simples, quotidiens, que nous accomplissons familièrement sans plus nous poser de questions.

Je pars pour mieux revenir. Sans quitter la complexité de maintenir haut l’intérêt du lecteur, je lui proposerai en lieu et place de mots des photographies. Des instantanés de la vie montréalaise. Montréal est une ville que j’aime. Il fait bon y vivre. Elle n’est pas parfaite. Elle a son lot d’horreurs et d’erreurs. Mais je m’y sens bien.

Je vous remercie toutes et tous pour votre assiduité, votre fidélité, vos contributions et votre participation à faire de ce blogue une réussite, modeste sans doute, mais très riche en émotions. Février s’est terminé avec plus de 10.000 visites. Je vous le dois à tout un chacun. Je pars pour une nouvelle aventure. L’embarcation est grande et elle contient suffisamment de place pour vous inviter à vous y joindre.

Les beautés de Montréal

Un Au Revoir

Un Au Revoir





De retour le lundi 16 mars 2009

10 03 2009

Je reprendrai mes chroniques le lundi 16 mars 2009.

Merci de votre fidélité.

Pierre R. Chantelois





L’axe Téhéran-Damas-Washington : tour de Babel ou voie d’avenir ?

6 03 2009

Pour Mahmoud Abbas, il n’y aurait pas de nouvelles négociations, si le prochain gouvernement israélien se refuse à la création de deux Etats et s’il ne gèle pas la colonisation. Pour Hillary Clinton, l’engagement des Etats-Unis pour la solution de deux États est clair et précis. George Mitchell, l’émissaire spécial américain pour le Proche-Orient, ne reviendra dans la région qu’après la formation d’un nouveau gouvernement en Israël. Benjamin Netanyahu a peu de temps pour former un nouveau gouvernement. La date butoir est le 3 avril 2009. La rumeur veut qu’Avigdor Liberman, président du parti de droite Israël Beiténou, soit pressenti pour occuper les fonctions de ministre des Affaires étrangères. Selon le Jerusalem Post, « le dirigeant du parti Israël Beiteinou, Avigdor Lieberman, a déclaré avoir changé de position au fil des années et soutient désormais la création d’un Etat palestinien. Il a ajouté ne pas avoir caché cette opinion lors de la récente campagne électorale ».

Il semble bien que les États-Unis feront entendre, au Proche-Orient, un discours différent de celui de la dernière décennie. Que le futur gouvernement d’Israël en soit bien informé : « Au final, œuvrer à une solution à deux Etats est inévitable » a répété la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton. À la « paix économique » de Benjamin Netanyahu, qui accorderait une plus grande autonomie à la Palestine, les États-Unis opposeront la création d’un État autonome. En clair, la question palestinienne ne sera pas la priorité du futur ministre des Affaires étrangères autrement que dans sa dimension économique. À moins d’un revirement spectaculaire, comme l’annonçait le Jerusalem Post.

Rassurer Ramallah d’un changement de cap de la nouvelle administration de Barack Obama, et d’une plus grande écoute aux demandes palestiniennes, constituera sans nul doute une source de crispation entre Israël et les États-Unis. « C’est quelque chose qui me concerne passionnément, qui me tient à cœur, pas seulement quelque chose qui est dans mon portefeuille », a confié madame Clinton.

Il faut relever également, dans le discours de Nicolas Sarkozy à Charm el-Cheikh, cette petite phrase pleine de sous-entendus, selon laquelle l’ouverture permanente des points de passage est une priorité. « Gaza ne doit plus être une prison à ciel ouvert ». Personne n’a intérêt à cette situation. L’ouverture de Gaza doit aller de pair avec la fermeture des tunnels.

Sans compromettre pour autant le soutien des États-Unis à la sécurité d’Israël, madame Clinton a rappelé que son pays soutenait également, et très fermement, les efforts de l’Autorité palestinienne sous la direction du président Abbas. Faisant abstraction de l’autorité chancelante du président Abbas, la rivalité inépuisable avec le Hamas, la lenteur des négociations entre le mouvement islamiste et Israël sur le sort du soldat Chalit, madame Clinton maintient le cap. « Il est temps d’avancer dans ce dossier. Nous ne pouvons plus aller de nouveaux échecs en nouveaux retards, ni continuer à regretter ce que des décisions différentes auraient pu entraîner. L’heure n’est plus aux récriminations. Il est maintenant temps de penser à l’avenir », a soutenu la Secrétaire d’État, au risque, encore une fois, de créer des tensions avec le futur gouvernement Netanyahu.

Que madame Clinton souffle le chaud et le froid ne modifiera pas la donne politique au Moyen-Orient. Benjamin Netanyahu devra former son gouvernement, si tant qu’il y parvient, avec le noyau dur de l’extrême droite. Ce qui l’éloignera davantage du projet d’Annapolis, qui est la base actuelle du processus de paix. Du côté palestinien, les divisions sont encore profondes entre le Fatah et le Hamas. « Pour les Palestiniens, il est temps de rompre la spirale de rejet et de résistance, de rompre avec ceux qui exploitent les souffrances du peuple innocent, et de montrer au monde ce que le talent et le savoir-faire d’un peuple exceptionnel peuvent construire et créer », a déclaré madame Clinton.

Ce discours de madame Clinton rejoint celui de Nicolas Sarkozy à Charm el-Cheikh : « La réconciliation inter-palestinienne est l’une des clés de la paix et l’une des conditions de la création d’un Etat palestinien. Le monde veut aider les Palestiniens, mais les Palestiniens doivent s’aider eux-mêmes en se réconciliant ». Sauf qu’après 22 jours d’offensive israélienne sur Gaza, comment rapprocher les parties pour relancer les négociations de paix ?

Comme pour alimenter les dissensions, Israël annonce un plan de destruction de 88 habitations arabes dans la partie orientale à Jérusalem-Est. Le motif serait qu’elles ont été érigées sans un permis de construire. Or, les Palestiniens soutiennent qu’il est quasi impossible d’obtenir de tels permis de la mairie. Qui plus est, la presse israélienne révélait en même temps un nouveau plan de développement des colonies en Cisjordanie dont les objectifs sont d’ériger 73 000 logements et d’y loger 280 000 personnes en plus. Ce qui agace au plus haut point les États-Unis : « Il est clair que ce genre d’activité n’aide pas et n’est pas conforme aux obligations souscrites aux termes de la feuille de route », a prévenu la Secrétaire d’État.

Autre source qui risque d’indisposer le futur gouvernement israélien : l’envoi par Washington de deux émissaires à Damas pour amorcer un dégel entre les deux capitales. Jeffrey Feltman, secrétaire d’Etat-adjoint au Proche-Orient et ancien ambassadeur américain à Beyrouth et Daniel Shapiro, conseiller Proche-Orient à la Maison Blanche, ont pour mandat de rétablir des ponts et tenter d’isoler davantage l’Iran de sa zone d’influence au Moyen-Orient.

En réponse à la conférence des donateurs de Charm el-Cheikh, Téhéran a organisé une conférence sur la bande de Gaza. À cette occasion, le guide suprême Ali Khamenei a, en présence de représentants du Hamas, qualifié Israël de « tumeur cancéreuse » et a prôné la résistance des musulmans pour « sauver la Palestine ». Mahmoud Abbas a aussitôt répliqué : « arrêtez de vous ingérer dans nos affaires ». Tout en poursuivant, avec Hillary Clinton à ses côtés, que l’Iran « intervient uniquement pour approfondir la division entre les Palestiniens ». Madame Clinton a rappelé que ces propos constituaient « une claire ingérence dans les affaires intérieures palestiniennes ». Le guide suprême a aussi accusé le président américain, Barack Obama, de prendre la « défense du terrorisme gouvernemental » d’Israël malgré ses promesses de changement de politique.

Mahmoud Zahar, le plus influent dirigeant du Hamas de l’intérieur, a reconnu que l’Iran finançait le Hamas notamment en payant les salaires des employés depuis la victoire du Hamas aux législatives de 2006. Voilà qui n’est pas de nature à rapprocher les frères d’armes palestiniens. Mahmoud Ahmadinejad a même appelé à l’établissement d’un « front global antisioniste » et à « punir sérieusement les criminels sionistes ».

Si l’Amérique favorise une main tendue au dialogue, avec la Syrie, par exemple, le cas de l’Iran continue de susciter de grandes interrogations. L’enjeu est évidemment l’arme atomique. « L’Iran représente une menace pour l’Europe et pour la Russie, nous pensons que nous devons en parler et c’est ce que nous allons faire », a déclaré madame Clinton.

Aux inquiétudes formulées par son homologue des Émirats arabes unis, Cheikh Abdullah Ben Zayed al-Nahyan, sur un axe Washington-Téhéran au détriment de la zone d’infliuence des pays arabes au Proche-Orient, madame Clinton a voulu se montrer réaliste : « Nos yeux sont grands ouverts ». Selon Cheikh Abdullah Ben Zayed al-Nahyan, « madame Clinton a dit qu’elle n’était pas naïve au sujet de l’Iran, qu’elle n’avait aucune illusion ». Sur un autre plan, Barack Obama a, dans une lettre expédiée au président russe, Dmitri Medvedev, proposé un rapprochement inédit à Moscou : les Etats-Unis renonceraient au déploiement de leur bouclier antimissile en Pologne et en République tchèque si Moscou aidait à faire pression sur l’Iran pour obtenir l’arrêt de son programme nucléaire. En réplique, Moscou a indiqué qu’il n’était pas prêt à jouer l’apaisement tant que les États-Unis n’abandonneraient pas le projet de bouclier antimissile.

L’Etat hébreu qui ne renonce pas à bombarder les sites de recherche nucléaire iraniens n’est plus assuré du soutien de la Maison Blanche sur une pareille éventualité. Barack Obama a formulé les conditions gagnantes pour un rapprochement entre les deux capitales : les mollahs devront renoncer à la bombe atomique, cesser de financer le terrorisme et mettre fin aux discours belliqueux vis-à-vis d’Israël. Pour retirer leurs troupes d’Irak, une détente entre Washington et Téhéran serait bienvenue.





Les États-Unis devaient repenser leur stratégie en Afghanistan, déclare Stephen Harper

5 03 2009

Le Premier ministre canadien, Stephen Harper, ne fait rien comme tout le monde. Il se distingue. Il s’éloigne des créneaux de la communication pour fuir les critiques négatives dont il est fréquemment l’objet au Canada. Il dispose de l’information et en retour, il indispose la population qui l’a élu.

En tournée médiatique aux États-Unis, M. Harper a dit tout haut ce qu’il n’a jamais admis au Canada : « il est impossible de vaincre les insurgés talibans ». Stephen Harper considère que l’objectif de la mission militaire en Afghanistan est d’aider le gouvernement d’Hamid Karzaï à mieux gérer cette insurrection. En bon historien qu’il est devenu, soudainement, Stephen Harper réalise que « l’Afghanistan a probablement toujours été aux prises avec une insurrection, selon ma lecture des événements ». Tout en ajoutant que la présence de forces étrangères en Afghanistan ne pouvait être éternelle.

Cette tournée aux États-Unis était d’abord prévue pour mettre en valeur les ressources naturelles du Canada et… pour faire la leçon aux voisins du Sud en matière économique. « La réglementation rigoureuse à laquelle est soumis le secteur financier canadien fait du Canada un bon endroit où investir », a soutenu le Premier ministre canadien. Kory Teneycke, le directeur des communications de M. Harper, a qualifié cette tournée comme la plus importante opération publicitaire jamais entreprise par un premier ministre du Canada auprès des médias américains. Fait particulier : le Premier ministre Harper a tout fait pour rencontrer les médias américains, sauf ceux du Canada. Il a donné des entrevues à quatre réseaux de télévision, en plus d’une au Wall Street Journal.

Pour rappel, un contingent de quelque 2.700 soldats canadiens a été déployé dans la région de Kandahar dont la mission doit s’achever en 2011. La France, avec 2.800 militaires, est le quatrième pays contributeur derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne.

Et que dit le Premier ministre canadien aux États-Unis, dans une interview à la chaîne américaine CNN : « Mon opinion, franchement, est que nous ne vaincrons jamais l’insurrection. Selon ma lecture de l’histoire de l’Afghanistan, il y a probablement toujours eu une insurrection en cours ».

Guy Roberge, le père de l’adjudant-chef Gaétan Roberge, tué en Afghanistan par un engin explosif, le 27 décembre dernier, n’a pas apprécié les dernières déclarations de Stephen Harper aux États-Unis. Et pendant que le Premier ministre canadien communique aux américains ses états d’âme, le sort s’acharne sur les troupes canadiennes postées en Afghanistan. Trois soldats canadiens ont été tués et deux autres blessés mardi par l’explosion d’un engin artisanal en Afghanistan, portant à 111 le bilan des pertes militaires canadiennes.

Dans une entrevue accordée par Stephen Harper au Wall Street Journal, le premier ministre explique que l’Afghanistan était un sérieux test pour l’OTAN. « Les États-Unis devaient repenser leur stratégie en Afghanistan afin d’aider les Afghans à s’occuper eux-mêmes des rebellions pour mettre en place un gouvernement qui ira dans la bonne direction. Ce n’est pas l’OTAN qui battra les rebelles », a déclaré Stephen Harper. Un échec mettrait en péril l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord. Au moment même où la France entend revenir dans les rangs de l’Organisation internationale, Harper croit que cette dernière doit se prendre en main, sinon elle ne pourra plus s’engager dans de nouvelles missions d’envergure. Pour le premier ministre canadien, si l’on ne peut plus se fier sur l’OTAN, cela pourrait avoir des répercussions négatives pour le Canada.

Pour Stephen Harper, une paix en Afghanistan découlerait plus « de la mise en place d’un gouvernement afghan capable de gérer l’insurrection et d’améliorer sa propre gouvernance ». Virage important dans la vision du Premier ministre canadien qui correspond au changement de gouvernement chez nos voisins du Sud. Comme le rappelle Le Devoir, en octobre 2006, Harper affirmait devant le Woodrow Wilson International Center que « le Canada et ses alliés se sont joints à la mission des Nations unies pour neutraliser les talibans à la source et les éliminer une fois pour toutes ». Le mois précédent cette déclaration, devant l’assemblée générale des Nations Unies, il disait que l’objectif des soldats de l’OTAN était entre autres d’« éliminer une fois pour toutes les dernières traces du régime taliban ». Déclaration belliqueuse qui satisfaisait pleinement l’occupant de la Maison Blanche de l’époque, Georges W. Bush.

Il y a un parallèle à tracer entre Stephen Harper et Nicolas Sarkozy. Tous deux montrent le peu de respect dans lequel ils tiennent les institutions parlementaires. Tout se fait en dehors de la Chambre des communes et de l’Hémicycle. Dresser des bilans auprès de leurs populations respectives est un exercice auquel se refusent ces deux chefs d’État. Au Canada, en janvier 2008, le rapport Manley, sur la mission afghane, recommandait une plus grande transparence sur la présence des troupes canadiennes en Afghanistan.

Le Premier ministre devait s’engager à faire état plus fréquemment de la situation en Afghanistan devant le Parlement, comme le recommandait la résolution bipartisane, adoptée à la Chambre des communes, le 13 mars 2008 : « La Chambre reconnaît que le but de la politique canadienne est de laisser l’Afghanistan aux Afghans, au sein d’un pays mieux gouverné, en paix et plus sécuritaire, et de créer l’espace et les conditions voulues pour que les Afghans réussissent eux-mêmes à trouver une solution politique au conflit ». Elle ajoutait «  que le gouvernement informe plus franchement et plus fréquemment la population sur ce qui se passe en Afghanistan, qu’il lui présente plus de bilans sur le rôle du Canada […] et que pour une plus grande clarté, le gouvernement présente au Parlement des rapports trimestriels détaillés sur les progrès de la mission » (Le Devoir).

Pendant que le Premier ministre canadien s’épanche sur un pessimisme marqué face à la situation en Afghanistan, la France marque-t-elle un excès d’optimisme ? « Il est normal que nous soyons à même de copiloter la stratégie internationale en Afghanistan. Il ne faut pas retomber dans les dérives de l’unilatéralisme américain de la précédente administration Bush qui a provoqué une profonde cassure entre les Etats-Unis et ses alliés au sein de l’OTAN », déclarait, au quotidien Le Monde, Pierre Lellouche, représentant spécial de la France pour l’Afghanistan et le Pakistan au ministère des affaires étrangères.

Le mandat du député de l’UMP, tel que confié par le Président Sarkozy est de « renforcer le rôle de la France dans la définition et la mise en œuvre de l’engagement international ». Pierre Lellouche sera l’interlocuteur français de Richard Holbrooke, l’émissaire du président américain Barack Obama dans la région. Ce qui pourrait expliquer son optimisme : « La partie n’est pas perdue, les études montrent que, s’il y a un problème d’adhésion au gouvernement du président Karzaï, la population ne souhaite pas pour autant le retour au pouvoir des talibans ». Selon Pierre Lellouche : « Il y a des risques d’enlisement et un vrai problème de sécurité qui obère la reconstruction en Afghanistan. Ce qu’on a fait en Bosnie, au Kosovo, a fonctionné. Cela n’a pas fonctionné en Afghanistan parce qu’on n’y a pas mis l’effort et la coordination nécessaires », a souligné le député.

L’objectif du président Nicolas Sarkozy en confiant ce mandat à Pierre Lellouche est clairement expliqué dans la lettre de mission : « La crise afghane et l’instabilité pakistanaise forment désormais un même problème. La poursuite de cette situation est lourde de menaces pour la sécurité internationale. Notre priorité est d’empêcher le rétablissement en Afghanistan d’un régime radical, la déstabilisation du Pakistan, et de réduire la menace terroriste dont cette région est devenue l’épicentre ». Avant sa tournée qui, après le Pakistan et l’Afghanistan, devait le conduire en Inde, Richard Holbrooke avait estimé que gagner la guerre en Afghanistan serait « beaucoup plus dur » qu’en Irak.