L’Afrique, dites-vous?

28 08 2010

L’Afrique, dites-vous? La République démocratique du Congo, (RDC, ex-Zaïre), vient d’être pointée sérieusement du doigt par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) des Nations unies. Relativement à la période 1993-2003, le rapport du Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) des Nations unies parvient à dresser un inventaire exhaustif des crimes et massacres commis par certains génocidaires qui occupent encore aujourd’hui des postes d’influence en RDC.

Le rapport, dans sa version non officielle, montre, selon les extraits pubiiés par le quotidien Le Monde, que les attaques systématiques et généralisées (contre les Hutus réfugiés en République démocratique du Congo) révèlent plusieurs éléments accablants qui, s’ils sont prouvés devant un tribunal compétent, pourraient être qualifiés de crimes de guerre ou de génocide. Le rapport pointerait huit pays, dont l’Angola, pour des crimes commis entre 1998 et 2003. Il est important de noter également que le rapport inventorie 600 crimes graves commis par différentes forces issues de plusieurs nations, mais selon des experts, le Rwanda est davantage épinglé en raison de l’accusation de génocide. Le HCDH qualifie ainsi certaines des exactions qui ont été commises dans le pays de « crimes contre l’humanité, crimes de guerre, voire de génocide ». Le Congo a été déchiré par deux guerres distinctes. La première, celle de 1996-1997, a permis l’installation de Laurent-Désiré Kabila au pouvoir. La seconde, qui s’est étalée de 1998 à 2003, s’est produite après que Kabila eut tenté de s’affranchir de ses alliés rwandais, qui se sont alors retournés contre lui.

D’après Le Monde, Kigali a déployé « ses réseaux et son énergie pour tenter d’étouffer ce rapport » pendant « des semaines ». « Selon nos sources », poursuit le journal, « Paul Kagamé a menacé directement le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, lors d’une rencontre à Madrid en juillet, de retirer les troupes rwandaises des missions de maintien de la paix de l’ONU ». Les enquêteurs de l’ONU estiment que « les attaques systématiques et généralisées (contre des Hutus réfugiés en RDC) révèlent plusieurs éléments accablants qui, s’ils sont prouvés devant un tribunal compétent, pourraient être qualifiés de crimes de génocide ». Le Rwanda qualifie ce rapport de malveillant, offensant et ridicule.

Rupert Colville, porte-parole du Haut-commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme, s’est déclaré déçu vendredi que le document ait été divulgué dans la presse. Par suite des pressions de Paul  Kagamé qui a menacé de retirer les troupes rwandaises des missions de maintien de la paix de l’ONU si le rapport était publié, il est possible que le rapport final soit expurgé du terme génocide pour qualifier les crimes qui y sont listés.

La RDC fait également l’objet d’une autre dénonciation de la part de l’organisation des Nations Unies pour les cas de viols collectifs commis du 30 juillet au 3 août derniers. Les assaillants étaient, selon les habitants, membres des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda), qui comptent dans leurs rangs nombre d’anciens auteurs du génocide de 1994, accompagnés de rebelles Maï-Maï, milice tribale congolaise. Les rebelles ont violé près de 200 femmes et quelques jeunes garçons durant quatre jours à la fin de juillet, à Luvungi, à quelques kilomètres d’une base des Casques bleus de l’ONU dans l’est du Congo-Kinshasa. Luvungi se trouve sur la route principale reliant Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, et la ville minière de Walikale. Elle compte environ 2.200 habitants. Will Cragin de l’International Medical Corps raconte que des femmes ont été violés par un groupe estimé à entre 200 et 400 rebelles. Et selon le docteur Kasimbo Charles Kacha, responsable médical du district, confirme pour sa part que quatre jeunes garçons également ont été violés.

Le Rwanda a profité de ces événements pour affirmer que le moment est plutôt mal choisi pour dénoncer les exactions commises contre les populations Hutus alors que la Monusco, actuellement déployée au Congo n’a pas réussi en août dernier à faire cesser les viols collectifs en RDC. Le viol massif et systématique est utilisé comme une arme de guerre de plus en plus couramment dans l’est de la RDC.

En avril dernier, le Haut-commissariat de l’ONU pour les réfugiés, rapportait qu’au moins 1.244 femmes avaient été violées au cours du premier trimestre 2010, soit « près de 14 viols par jour en moyenne ». Plus d’un tiers des viols ont eu lieu dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. L’ONU a fait état d’au moins 8 300 viols en 2009 mais estime que leur chiffre réel est largement supérieur.

Le secrétaire exécutif du mouvement rebelle, Callixte Mbarushimana, s’est empressé de dénoncer ces crimes puisque, selon ce dernier, les rebelles « ne sont en rien impliquées dans ces actes odieux et s’insurgent contre des accusations dénuées de tout fondement lancées contre elles par le secrétaire général de l’ONU ». Selon Mbarushimana, « les FDLR se posent de sérieuses questions sur les motivations réelles qui ont poussé la haute autorité de l’ONU à s’empresser de les incriminer avant même de diligenter une enquête préliminaire sur ces actes odieux ».

La secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, a déclaré dans un communiqué que « les États-Unis feront tout ce qui est en leur pouvoir pour travailler avec l’ONU et le gouvernement de la RDC pour arrêter les responsables de ces actes, et pour façonner un environnement sûr pour les femmes, les enfants et tous les civils qui vivent à l’est du Congo ».

Depuis 1996, « la RDC est passée de 15 384 cas de viol par an en moyenne à 4 976 cas » en 2010, a commenté le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, en évoquant « une réduction de près de 70 % ». En avril dernier, le gouvernement congolais lui-même avait reproché à la Monuc (devenue Monusco) sa passivité présumée lors de combats ayant fait un tué parmi les civils.

Sources : AFP, AP, Jeune Afrique, Le Monde, Reuter

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2 responses

29 08 2010
RV

Ohlà, mais ce blog a repris une intense activité, j’ai de la lecture en retard moi ! Je m’y attèle dans les jours qui viennent ! 🙂

31 08 2010
Pierre Chantelois

RV

Surtout… prenez votre temps, mon ami. Les mots fort heureusement ne s’envoleront pas vers des pays éphémères 😉

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