Il faut interdire aux mollah de l’Iran l’accès dans les pays civilisés

7 09 2010

Nous sommes en 2010. Et tous les jours, nous n’avons de cesse de lire jusqu’à quelles bassesses  l’homme peut aller. Que ce soit pour des motifs de psychose, de religion, de politique, d’intérêts particuliers, en 2010, l’homme est encore capable des pires monstruosités imaginées par des esprits profondément troublés.

L’histoire de Sakineh Mohammadi Ashtiani, âgée de 43 ans, bouleverse tant la cruauté humaine atteint des sommets. Elle a eu le malheur de naître dans un pays qui élève, au-dessus de tout, la monstruosité et l’ignominie. Cette femme appartient à la minorité azérie du nord-est de l’Iran. Selon ses enfants, Sajjad et Farid, et son avocat, les aveux de Sakineh Mohammadi Ashtiani auraient été obtenus sous la contrainte. Ne parlant que la langue azérie, Sakineh n’a pas pu comprendre ni répondre aux questions posées pendant son procès. Emprisonnée et condamnée à mort par lapidation depuis 2006, elle est menacée d’exécution pour adultère et complicité dans le meurtre de son mari. Sajjad et Farid ont lancé un appel de détresse au monde entier pour que leur mère soit sauvée de cette horreur. Lapider une femme en 2010. Pire. Près d’une quinzaine de personnes risquent d’être exécutées par lapidation en Iran, pratique consistant à enterrer les victimes jusqu’au cou, pieds ligotés, et à leur jeter des pierres sur la tête.

Devant l’ampleur de la réaction internationale, face à cet appel des enfants de Sakineh, le ministère iranien des Affaires étrangères n’a eu d’autre choix d’indiquer qu’aucune décision finale n’a été prise sur la lapidation de cette mère de famille. Et quelle parodie. La section des « droits de l’homme de la justice iranienne » qui, tout en défendant la justesse du verdict, a annoncé le réexamen de la peine et la recherche d’une solution adaptée. Et comme l’horreur engendre l’horreur, une autre femme, Shiva Nazar Ahari, journaliste, est accusée de « guerre contre Dieu ». Cette femme a osé participer à la campagne « Un million de signatures pour les droits des femmes en Iran ».

Sous la gouverne de de Mahmoud Ahmadinejad, la répression est à ce point dramatique qu’elle commence à provoquer des dissensions au sein même du pouvoir. Ce fou de Dieu a érigé en système le meurtre et la barbarie. Sariyeh Ebadi et Vali Janfechani sont incarcérées depuis deux ans à la prison d’Oroumieh, la même prison que Sakineh Ashtiani. La cour suprême des mollahs en Iran a confirmé les deux peines de mort par lapidation. Les deux victimes, condamnées par le tribunal d’Oroumieh pour « adultère », n’ont pas pu choisir d’avocat et n’ont pas été autorisées à se défendre à aucune étape de leur dossier. Les mollahs se moquent de la communauté internationale qui se mobilise en faveur de Sakineh Ashtiani.

La population iranienne, les femmes iraniennes, les hommes iraniens devraient avoir honte de l’image que l’Iran projette dans le monde. Un pays barbare gouverné par la charia. Le 24 août dernier, Jane Birkin publiait, dans Libération, une lettre ouverte en faveur de la libération de Sakineh : « Au première coup, elle saigne, les pierres sont choisies de bonne taille pour faire souffrir jusqu’à la mort certaine, donc pas trop grosses les pierres, sinon tu meurs trop vite, c’est pas du jeu, pas trop petites les pierres non plus, sinon ce n’est pas du spectacle, c’est lassant… car c’est un spectacle de voir une femme mourir, c’est la peine de mort venant du moyen age, une femme enterrée jusqu’au cou et la foule jette des pierres pour la tuer… […] Les hommes vont donc se venger… Un spectacle odieux, que l’on croyait éteint, vestige des tortures biblique, ou de l’inquisition … Cette femme va mourir si nous n’essayons pas de la protéger avec nos pauvres mots, elle va mourir sans savoir qu’il y a des femmes comme elle, qui luttent avec des armes qui sont nos noms, espérant que nos leaders nous soutiennent, qu’ils parlent avec leurs voix puissantes, sachant que « son » gouvernement ne nous écoutera pas, nous, les gens ».

Nader Nouri, ancien diplomate iranien en poste à Paris et fondateur de l’Association des académiciens et des experts iraniens en exil en France, publiait dans le quotidien Le Monde une lettre ouverte en défense à cette femme, victime d’un régime de tortionnaires : « Au cours des derniers mois, depuis l’insurrection populaire de l’été et l’automne 2009, des milliers de manifestants et de militants ont été emprisonnés et torturés. Récemment, huit opposants ont vu leur condamnation à mort confirmée sous l’accusation médiévale de « Mohareb » (lutte contre Dieu) ! Tous ont un proche dans la cité de la résistance en Irak près de la frontière iranienne, Achraf, où sont regroupés les membres de l’opposition des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI). Farah Vazéhan, arrêtée en raison de sa participation à l’insurrection et ses liens familiaux avec un exilé d’Achraf, a été condamnée à la pendaison. Ses enfants ont été maintenus en cellule d’isolement pour les contraindre à témoigner contre leur mère ».

Selon Hani Ramadan, directeur du Centre islamique de Genève, en entrevue au quotidien de Genève Le Matin, « la condamnation à la lapidation a un but avant tout dissuasif ». En revanche, « avec une bombe lâchée sur une ville musulmane, en Irak ou en Afghanistan, nous ne sommes pas dans le registre de la dissuasion, mais de la réalité des faits ». Et ce grand islamiste poursuit : « cette femme a été condamnée pour adultère et meurtre ». Or « la peine de lapidation est très difficile à obtenir, car pour prononcer cette sentence, le juge a besoin de quatre témoins oculaires dignes de foi. Condition quasi impossible à réaliser ». M. Ramadan en conclut qu’« il faut être prudent avant de porter un jugement sur cette affaire, et qu’il importe de connaître quelle est la nature des faits ». Sur quelle planète vit cet homme?

Selon Hafid Ouardiri, ancien porte-parole de la mosquée de Genève, cité par le quotidien Le Matin, considère que « contrairement à la Bible, la lapidation comme punition n’est jamais évoquée par le Coran ». Pour Hani Ramadan,  attaquer Téhéran pour cette condamnation est un acte politique. « C’est un prétexte pour agresser l’Iran », explique cet homme enfermé dans son Islam. « Il est vrai que l’image d’une femme écrasée par des pierres nous est insupportable, alors que le bombardement des innocents par dizaines de milliers reste pour nous une pure abstraction, surtout s’il s’agit de musulmans », conclut le brave homme.

Aux dernières nouvelles, le parlement européen s’apprêterait à voter mercredi midi une résolution qui réclamerait un moratoire et la suppression de la peine de mort ou encore l’interdiction, pour les dirigeants iraniens, de tout voyage en Europe ainsi que le gel de leurs avoirs en Europe. Une mission de l’ONU pour surveiller les droits de l’homme en Iran, ou encore l’offre de l’asile européen pour la condamnée, sont également envisagées. Le Parlement a également apporté son soutien unanime lundi à Sakineh Mohammadi-Ashtiani en dénonçant une « pratique inhumaine, d’un autre temps ». « Il est indispensable de continuer à dénoncer une pratique inhumaine, d’un autre temps », a dit, au nom de la Commission européenne, le commissaire à l’Agriculture Dacien Ciolos. « La seule idée de lapidation est si barbare que notre condamnation doit rester totale ».

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