La liberté de religion permet-elle de troubler la quiétude des voisins

10 09 2010

La Minerve. Un endroit de villégiature. Au nord de Montréal, au coeur des Laurentides. Les événements se passent au lac Désert, à deux heures de route de Montréal. Le camp de vacances Gan Israel s’est installé près des rives de ce lac. Il accueille tous les ans jusqu’à 450 jeunes juifs de différentes communautés orthodoxes du Canada et des États-Unis. Le camp est en délicatesse avec ses voisins. Des riverains se disent exaspérés par les bruits incessants qui proviennent du camp. Des haut-parleurs diffusent de la musique et des chants hébreux du matin au soir en été, de manière intermittente. Ces derniers formulent auprès des autorités municipales de La Minerve de nombreuses plaintes et signent des pétitions pour dénoncer une situation de plus en plus exaspérante. Marie-Lise Langevin est la directrice de l’urbanisme à La Minerve. Madame Langevin expliquait au quotidien La Presse que « la musique, les porte-voix, ça peut durer jusqu’à 1h du matin ». Selon elle, les moniteurs du camp ont aussi la mauvaise habitude de se servir de porte-voix à outrance.

La municipalité décide donc d’intervenir. Elle impose au camp une vingtaine de constats d’infraction pour bruit excessif, au cours de l’été 2009. Finalement, le tout se transporte devant la cour municipale de Sainte-Agathe-des-Monts. En défense, Berel Paltiel, un employé du campde vacances Gan Israel, a fait valoir l’importance de la musique dans la culture juive. Comme le rapporte le quotidien La Presse, le directeur du camp, Israël Mockin, a corroboré les arguments de son employé : « la musique fait partie de la religion juive. Elle donne de l’enthousiasme, elle aide à développer la personnalité et aide à servir Dieu ». Selon Yakov Rabkin, professeur d’histoire politique à l’Université de Montréal, cité par le quotidien La Presse, « la musique, plus précisément le chant, fait en effet partie de la tradition hassidique Loubavitch. Le jour de sabbat, même si toute musique instrumentale ou l’usage des haut-parleurs sont interdits, les juifs hassidiques s’adonnent aux chants traditionnels avec beaucoup d’enthousiasme ».

La question que le magistrat de la Cour municipale de Sainte-Agathe-des-Monts devait trancher est la suivante : la liberté de religion permet-elle de troubler la quiétude des riverains du Lac Désert ? Le juge Jacques Laverdure a rendu son jugement : l’utilisation abusive de haut-parleurs « ne peut pas être justifiée par la liberté de religion ». En conséquence, le camp Gan Israël devra payer environ 16 000$ en amendes à la municipalité de La Minerve.


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