Barack Obama gagnera-t-il ses élections de mi-mandat grâce à Sarah Palin?

20 09 2010

Se pourrait-il que les électeurs républicains modérés se tournent vers le parti démocrate de Barack Obama en signe de rejet dse positions trop radicales du mouvement ultra-conservateur du Tea Party ? Au moment des élections de mi-mandat, les électeurs américains recentreront-ils leur vote en favorisant à nouveau le parti démocrate ? C’est ce qu’espère la Maison-Blanche.

La prochaine victoire des démocrates à mi-mandat passera-t-elle par Sarah Palin ? C’est ce que semble souhaiter la Maison-Blanche. Robert Gibbs, porte-parole de Barack Obama, voit en Sarah Palin une « force formidable » au sein du parti républicain. Pour monsieur Gibbs, « Mme Palin pourrait bien être, très honnêtement, la force la plus formidable du parti républicain à l’heure actuelle ». Pourquoi donc un tel commentaire de la Maison-Blanche à l’égard d’une rivale dans le cadre des élections à mi-mandat qui doivent se tenir le 2 novembre prochain? Parce qu’il ne fait aucun doute, pour monsieur Gibbs, « qu’elle peut rassembler les éléments les plus conservateurs de la base républicaine ».

Au moment où les républicains croyaient avoir le vent dans les voiles pour remporter ces élections, Sarah Palin, une des « mamans grizzlys » les plus en vues, vient brouiller les cartes. Les républicains doivent remporter 10 sièges s’ils veulent la majorité au Sénat. Le parti semble en meilleure posture pour remporter les 40 sièges nécessaires pour dominer la Chambre des représentants. Deux des candidates auxquelles madame Palin a apporté son soutien – Christine O’Donnell au Delaware et Kelly Ayotte au New Hampshire – ont battu des candidats du parti républicain. En effet, les deux candidates n’étaient pas les personnes désignées par le GOP pour briguer ces postes. Comme le rappelle le Washington Post, les candidats soutenus par le mouvement Tea Party sont parvenus à mettre à la porte des favoris de l’establishment tout au long de l’année (tea party candidates have bumped off establishment favorites in GOP primaries this year).  Il va sans dire que les conservateurs modérés sont en déroute et profondément humiliés par ces défaites au sein du vieux parti républicain.

Sarah Palin est la source inspiratrice du mouvement anti-establishment des Tea Party. Les deux candidates, O’Donnell et Ayotte, se réclament de cette tendance. Sarah Palin appuie ses candidats et non les candidats du parti républicain. Mike Castle, du Delaware, ancien gouverneur populaire et neuf fois sénateur, est le huitième candidat républicain à perdre aux primaires républicaines cette année. Carl Paladino, de l’État de New York, a lui aussi débouté l’ancien représentant Rick Lazio, lors d’une primaire pour le poste de gouverneur. Auparavant, Joe Miller, dans l’État de l’Alaska, avait battu la gouverneure républicaine sortante, Lisa Murkowski.  Dans l’Utah, le sénateur républicain Bob Bennett sortant a été éliminé.

Sarah Palin se veut l’incarnation des vrais Américains qui n’ont pas la parole. Auteure d’un best seller, « Going Rogue : An American Life », Sarah Palin montre l’étendue de sa foi : anti-avortement, membre de la National Rifle Association (le lobby pro-armes à feu américain), opposée au mariage homosexuel et favorable à la peine de mort. Rien pour déplaire aux Tea Party Patriots. Les aspirations de Sarah Palin, si elles ne sont pas encore officielles, sont bien connues : briguer la présidence de 2012. Et l’influence de Sarah Palin pèse lourd sur le parti républicain. Michael Joseph Gross, de Vanity Fair, dresse de Sarah Palin, un portrait dévastateur. Et des groupes s’organisent aux États-Unis pour dénoncer cette femme qu’on dit profondément arriviste. Comme l’écrit Michael Joseph Gross, de Vanity Fair, Sarah Palin met ce formidable pouvoir d’influence au service de Sarah Palin : « Now she is using that power in a fundamentally different way. In part she is using it in the service of her own ambitions ». Conférencière parmi les mieux payées aux États-Unis, le réseau ABC évalue à 12 millions de dollars ses revenus accumulés depuis sa démission de juillet 2009.

Et sous Sarah Palin, le Tea Party est en passe de bousculer profondément le parti républicain avec des victoires comme Sharron Angle au Nevada, Rand Paul au Kentucky ou encore Joe Miller en Alaska. Sarah Palin profite de toutes les occasions pour s’afficher ostensiblement sur les tribunes que lui offre cette ultra-droite. C’est pourquoi le parti républicain craint l’effondrement aux prochaines élections de mi-mandat.

L’ancien conseiller de Georges W. Bush, Karl Rove, s’était aventuré à critiquer vertement la candidate déclarée du Tea Party au Delaware, Christine O’Donnell. Les conservateurs républicains ont cherché à la discréditer en raison de ses déclarations sur l’abstinence (expliquant comment la Bible condamne la masturbation) et du fait qu’elle est criblée de dettes (elle est même soupçonnée de détourner l’argent de sa campagne pour boucler ses fins de mois). La réplique n’a pas tardé. Comme le rapporte The Washington Post, Karl Rove s’est fait copieusement rabrouer par nul autre que Rush Limbaugh : « I’ve never heard Karl so animated against a Democrat as he was against Christine O’Donnell last night » (Je n’ai jamais entendu Karl Rove aussi remonté contre un démocrate qu’il l’a été envers Christine O’Donnell la nuit passée). Un responsable des républicains, cité par Mediaite parle même d’une guerre civile qui aurait commencé pour son parti. Le Grand Old Party serait en train de se marginaliser pour les prochaines années. À preuve, le Parti républicain a annoncé qu’il ne financera de la campagne de Christine O’Donnell (the Republican Party has said that it will not spend any money to help her Senate bid). Cette victoire du Tea Party faisait dire au sénateur démocrate Robert Menendez que « les républicains du Delaware ont choisi une extrémiste de droite qui n’a rien à voir avec les valeurs du Delaware ».

Aux prochaines élections de mi-mandat, ce qui devait être un plébiscite contre Barack Obama risque d’être au contraire une grande déception pour le GOP. Rien n’est perdu. Mais rien n’est encore gagné en regard du nouveau pavé que vient de lancer, dans la mare politique, l’importante revue Forbes. Barack Obama, à qui il est reproché d’avoir perdu depuis ses élections sa fougue et la passion qui l’animait, vient de subir une autre attaque en règle. Dinesh D’Souza qui a publié un livre vitriolique contre le président américain, The Roots of Obama’s Rage, fait l’objet, dans Forbes, d’un reportage qui reprend l’essentiel de son livre, How Obama Thinks. Selon D’Souza, dont le livre a été salué par Newt Gingrich, Barack Obama ne serait pas vraiment Américain parce qu’il a passé les 17 premières années de sa vie hors des États-Unis, soit à Hawaii, en Indonésie et au Pakistan. Selon D’Souza, Barack Obama n’aurait convoité la Maison-Blanche que pour venger son père, intellectuel Kenyan amer, dont il a, inconsciemment, adopté ses idées anticolonialistes et anti business.

Il ne fait aucun doute que le Tea Party brouille les cartes. Plus dans le camp des républicains que dans celui des démocrates. « Une des questions clés est de savoir si ces candidats des Tea Parties pourront continuer à enthousiasmer tout en développant un message qui parle aussi aux indépendants ou aux démocrates conservateurs », explique le professeur Eric Ostermeier, auteur du blog Smart Politics, et cité par le quotidien Le Devoir. « Je pense qu’ils peuvent gagner des sièges en novembre. En Floride, en Alaska ou au Kentucky, les candidats du Tea Party pour le Sénat sont actuellement en tête dans les sondages. Christine O’Donnell peut avoir une chance si elle réussit à mobiliser l’électorat féminin ». La question suivante se posera sitôt après les élections : les Tea Parties Patriots auront-ils leur propre candidat en 2012 ou se contenteront-ils d’interférer dans les stratégies républicaines ?

Encore une fois, Sarah Palin, une des « mamans grizzlys » les plus en vues, semble vouloir sortir bientôt de sa tanière pour rendre officielle sa décision de briguer la candidature présidentielle de 2012 ? Au très grand déplaisir du GOP. Le parti républicain a-t-il vraiment besoin de supporteurs aussi encombrants que Sarah Palin, Rush Limbaugh et Glenn Beck ?

Advertisements

Actions

Information

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s




%d blogueurs aiment cette page :