La tyrannie du désespoir en Corée du nord

29 09 2010

L’avenir de la Corée du nord, première « dynastie communiste » de la planète et l’un des pays les plus pauvres et les plus fermés du monde,  va reposer sur les épaules d’un jeune homme âgé d’au plus de 27 ans (sa date exacte de naissance demeure mystérieusement inconnue), Kim Jong-Un, parce que le père, Kim-Jong-Il, en a décidé ainsi. La dynastie se poursuit. « The Korea Herald » s’interroge avec raison : « Jamais dans ses soixante ans d’histoire, le régime au pouvoir en Corée du Nord n’a paru aussi fragile que ce soit pour la structure de son leadership ou pour ses orientations économiques ». Pour réaliser cet objectif, Kim-Jong-Il, le père, vient d’élever au rang de général quatre étoiles le fils. Forte de 1,2 million de soldats, l’armée nord-coréenne est l’une des cinq plus importantes au monde. Pour certains observateurs, Kim Jong-un, troisième fils du dictateur nord-coréen Kim Jong-il et petit-fils du « Grand leader », Kim Il-sung, exercerait déjà une grande influence sur cette armée du régime le plus fermé de la planète. Et cette prédisposition le préparait à une ultime promotion pour occuper de hautes fonctions. Il vient également d’être nommé vice-président de la Commission militaire centrale du Parti des travailleurs de Corée (WPK), lors d’une conférence du parti, réunie ce mardi pour la première fois depuis 30 ans, Kim Jong-Il a été reconduit au poste de secrétaire général du Parti.

Selon Le Matin, de Suisse, Kim-Jong-un est le plus jeune fils de l’actuel président et de sa troisième épouse, d’origine japonaise. Son passé est entouré de mystère. Selon la presse sud-coréenne, il a vécu en Suisse, mais ce séjour n’a jamais été confirmé officiellement. En 1998, à l’école publique de Liebefeld (BE), un jeune Coréen, nommé « Pak Un », a confié à son camarade Joao Micaelo être « le fils du souverain de Corée », selon la Berner Zeitung. Selon certains spécialistes, cette information serait fausse et Kim Jong-un n’aurait jamais quitté le pays.

Kim-Jong-Il, le « Cher dirigeant », a préparé sa succession en élevant au rang de générale quatre étoiles sa sœur. Il reviendra donc à Kim Kyong-hui, âgée de 64 ans, qui a la haute main sur l’industrie légère du pays, d’encadrer le jeune fils. le jeune homme mesure 1 m 75 et pèse 90 kilos. Il souffrirait également de diabète, selon les médias sud-coréens. Elle sera assistée dans cette délicate tâche de Jang Seong-taek, son mari et l’homme considéré comme le plus puissant du régime, après Kim Jong-il.  Pour Yang Moo-Jin, spécialiste de la Corée du Nord à l’Université de Séoul, et cité par l’AFP, « la promotion de Kim Jong-Un signifie qu’il est assurément le successeur ». À 68 ans, malgré une santé chancelante, Kim-Jong-Il n’entend pas quitter aussi rapidement que le laissent apparaître les événements, le pouvoir.

Selon l’Université Laval, de Québec, la Corée du Nord est appelée officiellement République populaire démocratique de Corée (en coréen : Chosun Minjujuui Iinmin Konghwaguk ou simplement Cho-Sun, c’est-à-dire « Matin calme »). La superficie du pays est de 120 538 km², soit 40 % de l’Italie, contre 99 268 km² pour la Corée du Sud. Elle comprend neuf provinces : Hamgyong-Nord, Hamgyong-Sud, Yangkang, Chagang, Pyongan-Nord, Pyongan-Sud, Kangwon, Hwanghae-Nord, Hwanghae-Sud et trois villes au statut particulier : Pyongyang, Kaesung et Nampho. En 2003, la population de la Corée du Nord était estimée à 25,1 millions d’habitants. Selon les sources officielles, 99 % (probablement 90 % dans les faits) des habitants de la Corée du Nord sont des Coréens de souche; ils parlent le coréen. Les minorités sont essentiellement des Chinois, ainsi qu’une petite communauté japonaise. Bien que la Constitution soit censée garantir la liberté religieuse, les pratiques religieuses ne sont guère tolérées. De plus, il est très difficile de citer des statistiques, mais 68 % de la population serait « sans religion »; le reste pratiquerait des religions traditionnelles, dont le Tchondogyo (ou religion de la Voie céleste), une synthèse coréenne (présente également dans le Sud) de confucianisme, de bouddhisme et de christianisme. Environ 4 % des Nord-Coréens seraient adeptes du bouddhisme, du catholicisme et du protestantisme. Il n’en demeure pas moins qu’en Corée du Nord les activités religieuses autonomes sont presque inexistantes.

Entre temps, les problèmes s’accumulent en Corée du nord. Selon un nouveau rapport d’Amnesty International, publié en juillet 2010, North Korea: The Crumbling State of Health Care in North Korea, « la Corée du Nord ne parvient pas à assurer les besoins les plus élémentaires de sa population en matière de santé et pour sa survie. Cela est particulièrement vrai pour les personnes qui n’ont même pas les moyens de payer les soins médicaux ». Selon les derniers chiffres disponibles de l’Organisation mondiale de la Santé, la Corée du Nord a dépensé moins que tout autre pays au monde dans le domaine de la santé : au total, l’équivalent de moins d’un dollar par personne et par an.

Amnesty International dresse cet autre bilan de la Corée du nord : Au cours de la dernière décennie, quelques journalistes occidentaux ont réussi à filmer la Corée du Nord. Bien que les autorités cherchent à empêcher tout contact de la population avec l’étranger, de plus en plus d’images ont commencé à révéler ce que le régime aurait bien voulu garder caché : la faim et la pauvreté qui accablent les Nord-Coréen·ne·s. […] La situation économique catastrophique de la Corée du nord se ressent au cœur même de sa capitale. Les coupures d’électricité sont monnaie courante, et cela fait des années que les logements ne sont plus approvisionnés en eau chaude. Le chauffage y est rare. Dans les villes de province et à la campagne, les conditions de vie sont parfois dramatiques. On voit des usines abandonnées faute de sources d’énergie et de pièces de rechange, des locomotives à vapeur carburant aux vieux pneus, des pistes en béton surdimensionnées sur lesquelles ne roule aucune voiture, une agriculture inefficace utilisant l’attelage de bœufs plus souvent que la machine. Le paysage est aride, après que les occupants japonais ont abattu la plupart des arbres pendant la première moitié du vingtième siècle.

Dominique Bari s’interrogeait dans l’Humanité sur la suite des événements en Corée du nord. «  pour certains observateurs, le régime n’offre plus son homogénéité d’antan, de même que la société : les pressions de la Chine pour plus d’ouverture économique, la politique de détente avec le Sud, aujourd’hui suspendue par Séoul, comme les rencontres « historiques » des dirigeants du Sud et du Nord ont pu avoir quelques effets, même timides. La grande question restant celle de l’arsenal nucléaire nord-coréen. Qui en aura les clés ? »


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