Israël n’apprécie pas la dissidence et la condamne sans réserve

5 10 2010

Chomsky, âgé de 81 ans, est professeur au Massachusetts Institute of Technology et il est considéré comme un des universitaires les plus éminents au monde. Le linguiste juif américain, Noam Chomsky, avait fait l’objet, en mai dernier, d’une interdiction de fouler la terre d’Israël. Dimanche 16 mai, alors qu’il arrivait d’Amman (Jordanie) en compagnie de sa fille Aviva et de deux amis, Noam Chomsky est retenu plusieurs heures par les autorités israéliennes. Il était invité par le Département de philosophie de Bir Zeit. Il prévoyait de passer quatre jours en Cisjordanie et de donner deux conférences. Noam Chomsky s’identifie avec la gauche radicale et critique souvent les politiques israéliennes et étasuniennes. À la frontière jordanienne du pont Allenby, il apprend que le gouvernement lui refuse l’entrée en Israël et en Cisjordanie.

Quand il demanda à un inspecteur israélien pourquoi il n’avait pas reçu l’autorisation d’entrer en Israël, c’est à cause de ses écrits qui ne sont pas au goût du gouvernement israélien, lui aurait-on répondu. « Je leur ai proposé d’essayer de trouver un seul gouvernement au monde qui aime ce que je dis », a répliqué le linguiste. L’inspecteur a demandé à Chomsky pourquoi il n’avait pas un passeport israélien. « J’ai répondu que j’étais un citoyen Américain » a dit Chomsky. « Apparemment ils n’aimaient pas le fait que j’étais prévu pour une conférence dans une université palestinienne et pas en Israël », avait déclaré Chomsky à Reuters depuis Amman. L’Association pour les Droits Civils en Israël (ACRI) avait, à l’époque, fustigé le Ministère de l’intérieur pour « l’emploi de la détention et de la déportation pour empêcher un homme d’exprimer son opinion », le qualifiant de « caractéristique d’un régime totalitaire ». Chomsky avait déclaré à Haaretz que le comportement d’Israël aujourd’hui lui rappelait celui de l’Afrique du Sud dans les années 1960.

En 1976, Mairead Corrigan Maguire remporte le prix Nobel de la paix pour ses efforts visant à mettre fin aux violences interconfessionnelles en Irlande du Nord. Figure internationale, elle consacre aujourd’hui une bonne partie de son temps à la cause palestinienne. Le 30 septembre 2009, Mairead Maguire est bannie d’Israël, par le ministère israélien de l’Intérieur, pour une durée de dix ans pour avoir embarqué sur l’Orion, le premier navire qui tentait de briser le blocus de la bande de Gaza. La militante interjette appel auprès de la Cour suprême israélienne pour contester cet ordre. En juin dernier, Mme Maguire faisait partie des 19 passagers d’un bateau humanitaire irlandais, le Marmara, qui tentait de briser symboliquement le blocus maritime de la bande de Gaza. Des commandos israéliens avaient pris d’assaut le ferry turc, Mavi Marmara, navire amiral d’une flottille humanitaire internationale. Deux semaines après cet abordage qui fit neuf morts, Mairead Maguire participe à nouveau au voyage du Rachel Corrie qui tente lui aussi de mouiller dans le port de Gaza-City.

Le 28 septembre dernier, retour de madame Maguire, 66 ans, qui est appréhendée à sa descente d’avion à l’aéroport Ben Gourion, de Tel-Aviv, où elle arrivait pour une visite d’une semaine, et qui est placée en détention. Elle devait prendre part à une activité avec des militantes pacifistes internationales en Israël et dans les territoires palestiniens. Les autorités israéliennes avaient immédiatement ordonné une nouvelle expulsion. Mairead Maguire a refusé de remonter à bord de l’appareil. En vertu du droit aérien, le commandant de bord a refusé de donner suite aux injonctions de la police des frontières. Elle a donc été écrouée dans une cellule de l’aéroport Ben Gourion. Vendredi, un tribunal de rang inférieur avait maintenu l’ordonnance d’expulsion. Lundi, madame Maguire comparait devant la Cour suprême d’Israël. Elle déclare qu’elle n’était pas au courant de la mesure de bannissement dont elle est l’objet. Mme Maguire a appelé Israël à mettre fin à ce qu’elle a qualifié d’« apartheid » contre le peuple palestinien : « La paix régnera un jour dans ce pays, je crois, mais seulement lorsque Israël mettra fin à son apartheid et à l’épuration ethnique des Palestiniens », a déclaré madame Maguire. Le juge Asher Grunis a répliqué que la cour n’était « pas un endroit pour faire de la propagande ». L’audience a pris fin peu de temps après. La Cour suprême israélienne rejette l’appel. Son expulsion peut donc intervenir à n’importe quel moment. Entre temps, à Gaza, le taux de chômage est supérieur à 50%, deux habitants sur trois vivent sous le seuil de pauvreté et deux habitants sur trois vivent de l’aide alimentaire.

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5 10 2010
AMT: Montreal/Two Mountains – Bombardier MR90 Train Cars! – Montpelier train station.

[…] Israël n’apprécie pas la dissidence et la condamne sans réserve « De ce côté-ci de … […]

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