Les parcours de Chavez

6 10 2010

Juan Carlos Besance Zugasti et Xavier Atristain Gorosabel , deux membres présumés d’ETA, sont espagnols. Le Venezuela sert-il de base d’entraînement à des membres de l’ETA ? C’est ce qu’ont soutenu Zugasti et Gorosabel, selon un document de la justice. Pour la deuxième fois en moins d’un an, Caracas est épinglée par l’Espagne sur cette question sensible de l’ETA. Les deux étarras auraient reçu des « cours de formation » en juillet et août 2008 au Venezuela sous la responsabilité notamment d’un fonctionnaire d’origine basque mais naturalisé vénézuélien. Ce n’est pas la première fois que Caracas est l’objet de graves accusations de complicité avec l’ETA ou la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc). Le ministre de l’Intérieur espagnol, Alfredo Perez Rubalcalba, croit vraisemblable le fait que des membres de l’ETA puissent s’entraîner ainsi au Venezuela. Il s’empresse toutefois de préciser qu’il ne peut suspecter pour autant le gouvernement Chavez de complicité. Pour sa part, l’ambassadeur du Venezuela à Madrid, Julian Isaias Rodriguez Diaz, a émis de sérieux doutes sur le fait que ces déclarations, aussi fausses et malhonnêtes qu’elles puissent être, aient été faites de manière totalement volontaire. « Cette supposée confession a pu être extorquée de manière irrégulière et dans ce cas, elle n’aurait aucune valeur de preuve », a déclaré l’ambassadeur.

Pour Hugo Chavez, il ne fait aucun doute qu’avec ces déclarations absurdes, ces deux délinquants cherchent à atténuer les peines qui pèsent contre eux. « On ne peut pas donner de la crédibilité à ces témoignages apportés par des criminels sanguinaires dépourvus de qualités humaines et morales », a déclaré le Lider.

L’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA), a été créée en 2004 par Cuba et le Venezuela et elle regroupe, en plus de ces deux pays, la Bolivie, l’Équateur, le Nicaragua, le Honduras, la Dominique, Saint-Vincent et Antigua-et-Barbuda. Hugo Chavez a appelé jeudi dernier les peuples de l’Alba à défendre le président équatorien Rafael Correa, qui a dénoncé une tentative de coup d’État contre lui. Après avoir multiplié les programmes sociaux dans un pays où 38% de la population vit sous le seuil de pauvreté, Rafael Correa, réélu en avril 2009 dès le premier tour, a vu sa popularité chuter ces derniers mois. Les policiers, qui protestaient contre l’annulation de leurs augmentations de salaire, ont, la semaine dernière, rudoyé le président Rafael Correa. Des parlementaires ont affirmé avoir été eux aussi attaqués physiquement durant l’insurrection des policiers du jeudi 30 septembre, qui a fait huit morts et 294 blessés.

Le président Correa a été retenu pendant près d’une demi-journée dans un hôpital de la police à Quito après avoir essuyé des gaz lacrymogènes. Il a été séquestré par des policiers avant d’être libéré par l’armée. Ces derniers avaient également occupé le Congrès pour le forcer à renoncer à une loi réduisant les primes à l’ancienneté des fonctionnaires. « La rébellion a mis en lumière la vulnérabilité » du chef de l’État, a pour sa part estimé la directrice de l’Observatoire politique de l’université catholique de Quito, Patricia de la Torre. « La crise révèle aussi des lacunes en matière de dialogue social », estime pour sa part Hernan Reyes, politologue à l’Université andine de Quito.

Voulait-il imiter Hugo Chavez lorsque Rafael Correa a affronté les policiers en vociférant : « Si vous voulez tuer le Président, me voici devant vous, tuez-moi si vous en avez envie, tuez-moi si vous en avez le courage au lieu d’être cachés lâchement parmi la foule » ?

Loin de voir un conflit intérieur en Équateur, Hugo Chavez stigmatise à nouveau les États-Unis pour cette tentative de coup d’État. Après avoir félicité le président socialiste équatorien, qui a résisté aux belligérants, Chavez a accusé aujourd’hui les États-Unis d’être derrière la rébellion de milliers de policiers. Cette situation sert bien les intérêts de Chavez qui est, encore une fois, en délicatesse avec son voisin du nord. Hugo Chavez refuse en effet d’accréditer l’ambassadeur désigné par les États-Unis, Larry Palmer. Le 3 août dernier, M. Palmer avait évoqué la démoralisation des Forces armées vénézuéliennes et la montée de l’influence de Cuba dans un questionnaire destiné au Sénat américain, pour l’acceptation de sa candidature au poste d’ambassadeur. Ce qui n’avait vraiment pas plu à Hugo Chavez : « Cet homme est disqualifié. Si les États-Unis décident de ne pas envoyer un ambassadeur, ne l’envoyez pas, et s’ils veulent retirer notre ambassadeur, ils n’ont qu’à le faire. Nous sommes une nation indépendante, alors qu’ils agissent avec une grossièreté impériale ».

La semaine prochaine, Hugo Chavez se rendra en Russie, au Belarus, en Chine et en Iran, quatre pays avec lesquels il a resserré les liens politiques et diplomatiques ces dernières années. Sa visite en Russie pourrait coïncider avec le démarrage des opérations d’une banque d’investissement russo-vénézuélienne, un projet décidé il y a deux ans lors d’une visite du président russe Dmitri Medvedev à Caracas. La Chine s’est aussi engagée à investir 16 milliards de dollars dans l’exploration de gisements de brut lourd dans la région de l’Orénoque, dans l’est du Venezuela, premier producteur pétrolier d’Amérique latine.

Avant de quitter pour son périple, Hugo Chavez avait fustigé le blocus de Cuba. « Seuls les États-Unis, Israël et les îles Palau appuient le blocus criminel de Cuba. Quelle pourrait être la raison pour mettre tout un peuple en butte à ce blocus. Beaucoup de gens ne savent pas les implications de cela : médicaments, aliments, besoins, sanctions. Ils poursuivent les maigres ressources économiques de Cuba » a-t-il déclaré. « Notre position en faveur de Cuba est bien connue ».

Qui en douterait ?

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