« Où sont les emplois? »

3 11 2010

Les Républicains étaient, ces dernières semaines, gonflés à bloc aidés par leur aile ultra-conservatrice du « Tea Party ». « Où sont les emplois? » répétait le Républicain John Boehner, qui deviendra président de la Chambre des représentants. Interpellant Barack Obama, Sarah Palin,  devenue l’étendard du mouvement Tea Party, accuse: « Vous avez tout fichu en l’air ».  Rien n’arrête Sarah Palin. Pas même les sondages qui lui sont défavorables. En effet, un récent sondage du Washington Post et de la chaîne ABC, publié en octobre, montrait que plus de 67% des électeurs ne croient pas Sarah Palin « qualifiée » pour être présidente.

Ces derniers jours, Barack Obama a bien tenté de dresser un bilan positif de ses décisions depuis deux ans à la Maison Blanche : « En général, les choses se sont améliorées ces deux dernières années. La question est de savoir si nous pouvons poursuivre sur cette lancée. Mais nous ne pouvons le faire que si j’ai des amis et des alliés au Congrès ». Le message est tombé à plat.

Le raz-de-marée républicain montre bien que les Américains ont surtout retenu les échecs de Barack Obama, et très peu ses succès. Le grand réformateur qu’il se voulait mord la poussière et, depuis son arrivée à la Maison Blanche en 2008, il a perdu de son lustre pour devenir, aux yeux de l’opinion publique, un vilain critique des Républicains et un être distant de la misère du peuple. Barack Obama aura été celui qui a aidé les banques dans leurs faillites et oublié les chômeurs. Les 700 milliards de relance économique n’ont pas atténué, contre toute attente, les effets dévastateurs de la crise qui sévit aux États-Unis. Barack Obama ne s’est pas révélé le grand bâtisseur d’une nouvelle économie qui aurait ramené le pays sur le chemin de la prospérité. Les riches sont plus riches. Les pauvres sont plus pauvres. Ce qui caractérise bien les États-Unis est le fait que, en période de crise économique, cette campagne de mi-mandat aura été la plus chère jamais enregistrée aux États-Unis. En tout, les divers partis ont dépensé 3.5 milliards de dollars.

Au plus fort de la crise économique, Barack Obama n’a pas, aux yeux du peuple américain, pris les bonnes décisions. L’emploi était prioritaire mais Obama a placé la réforme sur la santé au premier rang de ses priorités, sans égard aux préoccupations de son peuple. Il est vrai que la situation économique dont il a hérité était en partie le résultat d’une mauvaise gestion de la précédente administration républicaine. Au chômage, le peuple n’a que faire de ces reproches et il n’attend que des décisions orientées sur des créations d’emplois. Chômage qui frôle les 10% de la population active.

Depuis quelques jours, tout semblait prévisible. Barack Obama n’allait pas pouvoir contrer la vague que prédisaient les sondages : les Républicains verraient leur nombre d’élus à la Chambre des représentants passer à 231 contre 204 pour les démocrates. Selon un dernier sondage Gallup, les républicains menaient par 55% des intentions de vote contre 40% seulement aux démocrates. Sur les quelque 90 millions d’Américains attendus aux urnes, combien exprimeront leur colère contre leur président? Les électeurs ont l’habitude de réprimander le parti au pouvoir aux élections de mi-mandat.

Si les démocrates gardent le contrôle du Sénat (ce que CNN a confirmé à minuit, heure de New-York), il en irait tout autrement de la Chambre des représentants. Au moment d’écrire ces lignes, d’après les projections de la télévision NBC, les Républicains obtiendraient plutôt 237 sièges, soit un gain de 59 sièges. Un parti doit disposer de 218 sièges pour décrocher la majorité. La Chambre des représentants, si elle est majoritairement républicaine, pourrait être tentée d’abroger la réforme de la santé du président Obama, une promesse faite par plusieurs candidats républicains et du Tea Party. « Nous annulerons la loi de trois milliards de dollars sur la réforme de la santé, qui menace de mener ce pays à la faillite », déclarait le républicain Eric Cantor.

Il faut lire Peggy Noonan du Wall Street Journal qui écrivait, fin octobre, que le Parti républicain devra sa victoire du 2 novembre au Tea Party : « The tea party did something the Republican establishment was incapable of doing: It got the party out from under George W. Bush. Because they did not go third-party, Nov. 2 is not going to be a disaster for the Republicans, but a triumph ». L’arrivée du Tea Party brouillera davantage les enjeux politiques au plan intérieur. Les candidats se promettent toutes les férocités possibles pour faire en sorte que Barack Obama ne puisse se faire élire en 2012 pour un deuxième mandat. Républicains et Tea Party joindront certainement leurs efforts pour contrer toute réforme ou toute décision du président Obama qui ne s’inscrirait dans la règle de trois du Tea Party : réduire les dépenses, baisser les impôts et imposer à l’État un régime minceur.  Et les Présidentielles de 2012 sont également dans les cibles de la droite républicaine et du Tea Party : «La chose la plus importante que nous voulons accomplir, a lancé Mitch McConnell, le leader républicain au Sénat, c’est que le président Obama ne fasse qu’un seul mandat » (Cité par Libération). Barack Obama n’aura plus le choix : il devra composer avec le Tea Party qui s’est montré une force montante aux États-Unis parce qu’il a su canaliser les frustrations des Américains déçus.


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2 responses

3 11 2010
Gilles

« Nous annulerons la loi de trois milliards de dollars sur la réforme de la santé, qui menace de mener ce pays à la faillite », déclarait le républicain Eric Cantor.

Ce qui mène son pays à la faillite est le coût de la guerre, qui s’élève à

          1 102 950 000 000 $

selon le site Cost to War

4 11 2010
Pierre Chantelois

Gilles

Comme vous avez raison. Merci pour le lien.

Pierre R.

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