La présidence française est en faillite!

8 11 2010

Nicolas Sarkozy est un président aux multiples facettes. Il règne en maître sur le Conseil des ministres mais il semble affectionner le fait de distiller, tant dans l’opinion publique que dans les rangs ministériels, divers scénarios de remaniement. S’il ne le fait pas personnellement, d’autres s’en chargent, avec la bénédiction toute présidentielle. Tout se passe comme si le président se délectait d’énerver ses collaborateurs et de jeter en pâture à l’opinion publique des indices déstabilisateurs. Qui ne connait pas le vieil adage : diviser pour régner.

Une chose est certaine : tous les faisceaux de l’actualité ne sont tournés que pour le président. Il suppute. Il propose. Il teste. Il dément. Il esquisse un sourire complice. Il déleste des petites phrases assassines. Il vante le mérite des uns, la couardise des autres. Dans ce dernier cas, le président fait abstraction d’Audiberti qui avertissait que la plus grande couardise consiste à éprouver sa puissance sur la faiblesse d’autrui.

Ce qui rend plus difficile la compréhension de cette propension à semer le doute est l’avantage que peut en tirer Nicolas Sarkozy. Il pourrait démontrer par cette manie du doute qu’il doute lui-même de la possibilité que le peuple doute de son omnipuissance. Et pour montrer qu’il est le maître des lieux, Nicolas Sarkozy fait peser sur son entourage une épée de Damoclès qui pourrait s’abattre en tout temps ou en tout lieu sur une tête qui oserait dépasser la hauteur de sa personne.

Est-ce que tout cela est sérieux? Le président ne s’élève pas au-dessus de la mêlée et des intrigues, il les crée de toutes pièces. Le président n’est pas le guide auquel pourrait s’attendre le peuple, il est un intriguant qui se satisfait des intrigues de la Cour. Dans la mesure où ces dernières ne sont pas dirigées contre sa personne ou son pouvoir. Cherche-t-il à se distancer de François Fillon, un premier ministre modeste qui maintient plus élevée sa cote de popularité? Ce qui se dégage de ces effets de Cour présidentielle est la vue d’un Sarkozy ulcéré qui souffre d’un complexe profondément maladif et qui ne peut souffrir davantage de voir un premier ministre briller parmi les meilleurs.

Souffrant ainsi, il trouve remède à son mal par sa délectation de voir sa Cour plier le genou et par le plaisir qu’il éprouve de passer en revue les prétendants au petit trône de premier ministre. Et le président ne mesure pas le ridicule incommensurable dans lequel il place tout son gouvernement. Et le président ne mesure pas le ridicule incommensurable dans lequel il se place lui-même. « L’État est en faillite », s’exclamait François Fillon. Il faudra qu’un jour le peuple en vienne à se dire : « la présidence est en faillite ».

S’il reste à Nicolas Sarkozy un peu de sagesse, il maintiendra en place François Fillon. Ne serait-ce que pour la stabilité d’un gouvernement en temps de crise. Et cela même si la voix du peuple lui importe peu. Un sondage montre que 32% préféreraient que François Fillon soit à la tête d’un gouvernement remanié en profondeur. Nicolas Sarkozy en a déjà plein les bras puisque 62% des Français n’ont pas confiance en lui pour affronter les problèmes du pays.

Un président en déficit de confiance vis-à-vis de son peuple ne peut que prendre de mauvaises décisions, aux yeux de ce dernier. Le peuple rejettera d’emblée, à hauteur de 62 pour cent, les déclarations et les décisions de son président. Comment pourrait-il en être autrement puisque Nicolas Sarkozy s’est montré incapable de rétablir la stabilité au sein de la France. « Qu’on ait un Premier ministre, le même ou un autre, peu importe », commentait le député de l’UMP, Lionel Luca. « De toute façon, ce sera un effet d’image qui va durer 48 heures et après tout le monde s’en fichera éperdument ». Cette interminable parodie des feuilletons de bas niveau laisse les Français de marbre car, selon un autre sondage, de BVA celui-là, huit français interrogés sur 10 jugent que le remaniement ne changera rien.

Et la voix du peuple se montre impitoyable pour les scénarios et fausses stratégies de Nicolas Sarkozy. Un lecteur du blog de Marcel Bouguereau, JPL,  écrivait : « Le maintien de Fillon renforcera la colère silencieuse du peuple. La nomination de Borloo le fera ricaner. Sarko le sait. Dans les 18 mois qui viennent il va essayer désespérément de retourner la tendance. Il va être dangereux. Son vrai premier ministre : Claude Guéant. Alors prudence pour les journalistes, plus de téléphone, plus de SMS, plus de mails. Parano ? La paranoïa, c’est comme une paire de jumelles : ça grossit un peu trop les choses, mais on voit mieux ! »

 


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