Georges W. Bush au rayon des crimes contre l’humanité

9 11 2010

Jusqu’où peut aller le cynisme d’un ex-président des États-Unis qui voudrait bien être reconnu pour la noblesse de ses actions et faire oublier la bassesse de ses mensonges? Se trouvera-t-il encore quelques crédules qui accorderont à Georges W. Bush une quelconque foi à ses explications tordues sur sa guerre en Iraq? « Je ne voulais pas utiliser la force (…) Je voulais donner une chance à la diplomatie ». Après avoir nié le fait pendant des années, Georges W. Bush, dans son autobiographie, Decision Points, tente de défendre ses deux mandats et ses décisions. Non il n’a pas fait d’erreur en Irak. Sur NBC, il a refusé de s’excuser devant les Américains d’avoir engagé la guerre: « S’excuser signifierait que cette décision était mauvaise ».

Sur la guerre en Irak, Georges W. Bush tente de convaincre le bon peuple des États-Unis qu’il était une voix dissidente au sein de son cabinet. Le plus sérieusement du monde, Georges W. Bush assure que « personne n’a été aussi écœuré et en colère que moi quand on n’a pas trouvé d’armes de destruction massive ». Et il déclare sans ambages que l’invasion de ce pays était la bonne décision : « Le monde est définitivement meilleur sans Saddam Hussein ».

Les États-Unis avaient affirmé à l’époque qu’ils n’avaient qu’un but : déloger le tyran Saddam Hussein tout en instaurant la démocratie dans ce pays. Depuis cette invasion, que d’encre a coulé pour dénoncer cette vision unilatérale de Georges W. Bush et de son équipe de faucons. Vous souvenez-vous, dans un premier temps, des 237 mensonges entourant cette invasion ? « Les 237 déclarations trompeuses peuvent être divisées en 4 groupes », écrivait Le Monde Diplomatique. « Les 5 dirigeants (le président Bush, le vice-président Cheney, le secrétaire à la défense Rumsfeld, le secrétaire d’État Powell et la conseillère pour la sécurité Rice) ont fait 11 déclarations prétendant que l’Irak représentait une menace à traiter d’urgence ; 81 exagéraient ses capacités nucléaires ; 84 surévaluaient son arsenal chimique et biologique ; et 61 caractérisaient de façon inexacte [misrepresented] ses liens avec Al-Qaida ». Les premiers mensonges ont été faits au moins un an avant le déclenchement des hostilités en Irak, soit en mars 2003, et ont continué jusqu’au 22 janvier 2004. Puis, dans un second temps, deux organisations, Center for public integrity et Fund for independence in journalism, ont, en 2008, recensé au moins 935 fausses déclarations de hauts responsables de l’administration sur la menace de l’Irak de Saddam Hussein pour la sécurité nationale. Ces mensonges énoncés volontairement avaient pour seul but de justifier l’invasion de l’Irak en 2003. Qui pourrait, aujourd’hui, soutenir que ces mensonges ont cessé depuis?

Le Temps, de Suisse, rappelait à juste titre que, selon les documents dévoilés par le site de Wikileaks, il appert que, « mis bout à bout, ces documents offrent une vision quasi apocalyptique de l’invasion américaine de l’Irak et de ses conséquences. Pendant les mois les plus meurtriers, quelque 3.000 civils irakiens mouraient dans ce conflit, dont les rapports «routiniers» détaillent la sauvagerie. Selon l’organisation indépendante The Iraq Body Count, dont le travail avait permis d’établir une première estimation du nombre de victimes de la guerre, les révélations de WikiLeaks obligent à accroître leur bilan de 15.000 morts de civils supplémentaires. Selon cette association, si l’on tient notamment en compte l’offensive contre Falluja dont les conséquences humaines ne sont pas encore clairement établies, la guerre d’Irak aurait ainsi provoqué la mort d’au moins 150.000 personnes, dont 80% de civils ».

Est-ce que la guerre en Irak et en Afghanistan a marqué Georges W. Bush? Non. Le pire moment de sa carrière, avoue-t-il avec dégoût, a été de se faire traiter de raciste après la tragédie de l’ouragan Katrina. Il faut se rappeler qu’au moment même de cette dévastation en Nouvelle Orléans, Georges W. Bush s’était contenté de survoler la région, sans y faire d’arrêt. Une photo avait marqué ce passage de Georges W. Bush au-dessus de la région. Il regarde de son hublot une population noire périr dans une des pires tragédies des États-Unis. Il regrette cette photo prise alors qu’il regardait la Nouvelle-Orléans par le hublot du Air Force One. Le rappeur Kanye West avait violemment pris à partie Georges Bush en le critiquant sur l’absence de mesures mises en place, en 2005 : « George Bush ne se soucie pas des Noirs ».

Dans son livre, Georges W. Bush se laisse aller à cette confidence : « J’ai essuyé beaucoup de critiques en tant que président. Je n’aime pas entendre les gens prétendre que j’ai menti sur les armes de destruction massive en Irak ou que j’ai diminué les impôts pour le profit des riches. Mais suggérer que j’étais raciste à cause de la réponse accordée à Katrina représente l’un des pires coups ».

Dans ses mémoires, Georges W. Bush avoue de plus avoir personnellement donné son aval aux agents de la CIA pour soumettre Khaled Cheikh Mohammed, le cerveau des attentats du 11-Septembre, à la torture de la simulation de noyade qui consiste à déverser de l’eau sur les voies respiratoires d’un individu immobilisé la tête en bas sous une serviette imbibée, afin de provoquer une sensation de suffocation. « Si je n’avais pas autorisé le recours à la simulation de noyade contre des figures majeures d’Al-Qaïda, j’aurais eu à accepter un risque accru d’une attaque contre le pays », écrit Bush. Selon ce dernier, les juristes de la CIA et du ministère de la Justice avaient soigneusement examiné ce qui pouvait être fait durant les interrogatoires sans violer la Constitution et les lois américaines, notamment celles interdisant la torture.

Bush révèle également dans ses mémoires qu’Israël avait demandé aux Etats-Unis de détruire le réacteur nucléaire syrien en 2007. Les informations du service de renseignement américain indiquaient que la Syrie disposait effectivement d’un réacteur nucléaire mais qu’il n’était pas sûr que l’installation avait pour but de produire des armes nucléaires. Et le raisonnement de Bush est remarquable tant sa définition de ce qui est légitime pour les États-Unis est limpide : « Je ne peux justifier une attaque sur un État souverain à moins que nos agences de renseignement ne disent que c’est un programme d’armement ». Donc, si cela avait été réellement un programme d’armement, la souveraineté de la Syrie ne pouvait plus être évoquée.

Que restera-t-il de ce livre? Que poussières. « En dépit de sa volonté de se présenter comme un leader incontesté, Decision points le présente comme passif et cavalier », note The New York Times (Despite the eagerness of Mr. Bush to portray himself as a forward-leaning, resolute leader, this volume sometimes has the effect of showing the former president as both oddly passive and strangely cavalier). Et ce livre sera-t-il classé, dans les bibliothèques du monde entier, au rayon des crimes contre l’humanité? « Inspired by a British campaign which saw Tony Blair’s autobiography, A Journey, appearing under crime, horror and even fantasy in UK bookshops, the protest blog Waging Nonviolence is urging its supporters to « Move Bush’s Book Where It Belongs », and post pictures of the autobiography in its new location », écrit The Guardian.

 


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