Jean Charest aime-t-il les biscuits?

27 11 2010

Embauché en janvier 2009 à la suite de la fusion des conseils de santé en une seule entité, Stephen Duckett, un économiste australien, est un homme connu en Alberta. Moins connu au Québec. Sauf depuis l’histoire d’un biscuit. Stephen Duckett occupait jusqu’à jeudi le poste de président de Services de santé Alberta. Il gérait un budget annuel de 13 milliards de dollars. Son salaire de base était de 575 000$. Il avait droit à des bonis de performance pouvant représenter jusqu’à 25 pour cent de son salaire. Il recevait également une allocation annuelle de 18 000 $ pour sa voiture, de même que 10 000$ par année pour « développement professionnel » et 15 000$, annuellement, pour des bénéfices d’ordre personnel. Monsieur Duckett a été congédié. En conséquence, il recevra des indemnités de départ totalisant près de 700 000$, correspondant à un an de salaire, ainsi que les dépenses relatives à son retour en Australie.

Un biscuit qui coûte très cher à l’État albertain. En effet, parce que le docteur Duckett a refusé de répondre à des journalistes qui lui demandaient à quel moment le temps d’attente dans les urgences serait réduit, sous prétexte qu’il « mangeait un biscuit ». Cet incident, banal en soi, s’est retrouvé sur YouTube et la province est devenue la risée du monde entier. Un reporter l’interpelle à nouveau sur une question secondaire, et on le voit alors tendre en face du visage de la journaliste la moitié de son biscuit déjà entamé. Le docteur Duckett ne s’est pas montré à la hauteur de ses hautes fonctions au sein de l’appareil d’État albertain. Le premier ministre de la province, Ed Stelmach, a qualifié son attitude de « très offensante ». De leur côté, les trois partis d’opposition à l’Assemblée législative réclamaient le départ de M. Duckett.

M. Charest rencontrait Nicolas Sarkzoy et le premier ministre François Fillon vendredi matin. Il a fui pour quelques heures le Québec. Il ne répond plus aux demandes du peuple et de l’opposition qui demandent la tenue d’une enquête publique sur le financement des partis politiques et sur les liens au sein de la construction. Jean Charest et Nicolas Sarkozy ont pris biscuits et thé en tête à tête pour se réconforter mutuellement des périodes difficiles qu’ils traversent tous deux. Les sondages sont dévastateurs à leur égard. Au Québec, quatre personnes interrogées sur cinq ne font pas confiance au chef libéral pour redresser la situation à la suite des révélations sur les liens entre la mafia et le milieu de la construction. Et deux tiers des personnes interrogées n’ont pas confiance en Pauline Marois pour faire le ménage dans la construction malgré ses appels répétés pour la tenue d’une commission d’enquête. Quatre personnes sur 10 estiment qu’il n’y a aucun chef de parti politique au Québec qui est honnête et en qui elles peuvent avoir confiance.

En Alberta, un fonctionnaire perd la tête pour un biscuit. Au Québec, un premier ministre défend son « pot de biscuits » envers et contre tous.


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