75 % des Québécois estiment que leur province est corrompue, monsieur Charest

2 12 2010

Jean Charest comprend bien ce qu’il veut. Selon lui, dans un Mea Culpa dont on peut douter de la sincérité, le premier ministre du Québec met au compte de la fatigue des Québécois sa défaite électorale dans Kamousraska-Temiscouata. Si les Québécois sont désabusés, selon Jean Charest, c’est notamment à cause des attaques personnelles lors des échanges à l’Assemblée nationale. Une critique qui « vaut pour tout le monde », a-t-il précisé.

À ce rythme, et avec ces commentaires « cosmétiques », le Premier ministre s’en va droit vers une cuisante défaite aux prochaines élections générales. Ce type de message ne passe plus, ne lui en déplaise : « Je reçois le résultat avec beaucoup d’humilité pour la partie qui me concerne et qui concerne mon gouvernement », a-t-il commenté. « À travers le vote, les Québécois envoient un message et ça concerne entre autres tous les débats sur la collusion et la corruption. J’ai dit que nous allions en faire davantage et c’est ce que nous allons faire ».

La vice-première ministre, Nathalie Normandeau a promis que le gouvernement allait continuer d’expliquer à la population qu’une commission d’enquête sur la construction pourrait coûter de 70 à 100 millions de dollars et durer plusieurs années, contrairement aux enquêtes policières en cours. Madame Normandeau n’expliquera pas en contrepartie combien coûtent l’État les collusions dans le secteur de la construction et combien elles rapportent en termes de financement aux partis politiques. Il semblerait que le travail de M. Jacques Duchesneau aurait déjà permis des économies de plus de 300 millions. Quel prix doit-on accorder à la vérité des faits?

Encore une fois, Jean Charest continue de refuser de tenir une commission d’enquête. « Il faut des solutions permanentes et une commission d’enquête, ce n’est pas une solution permanente. Une commission d’enquête, ça donne l’immunité à celui qui témoigne; ce n’est pas ça qui va régler le problème ». Faux. Une Commission d’enquête explique le fonctionnement d’un système de corruption tant dans les rangs de la construction que dans ceux du financement des partis politiques. Et l’escouade Marteau risque d’accoucher d’une souris. Une courte vue du Premier ministre en déficit de crédibilité que confirment les résultats des élections de Kamouraska-Temiskouata.

À l’Assemblée nationale, Pauline Marois a réclamé encore une fois la tenue d’une commission d’enquête publique.

Le président du Conseil du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval, se dit bouleversé par les révélations faites au cours des dernières semaines concernant l’infiltration du crime organisé dans l’industrie de la construction.

Et Jean Charest peut se féliciter de ces sondages qui indiquent que, selon la firme Angus Reid, 75 % des Québécois estiment que leur province est corrompue.


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3 responses

2 12 2010
R. Bourdeau

Ben voyons !
On sait tous Jean Charest ne gouverne pas avec les sondages !
R.B.

2 12 2010
Marc-André

Ce qui étonne c’est qu’il y ait encore 25% de gens qui croient que tout va bien! Ça va leur prendre quoi?

6 12 2010
Pierre Chantelois

R. Bourdeau

En effet. Excellente remarque. On a vu les résultats dans Kamouraska-Temiskouata😉

Marc-André

C’est en effet très troublant.

Pierre R.

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