Harper et Ignatieff ou la traversée du désert

20 12 2010

Au plan législatif, le bilan est mince. Très mince. Au plan des idées, le bilan est pauvre. Très pauvre. L’année 2010 n’aura pas été fructueuse pour la population canadienne. Son parlement, qui lui coûte très cher, n’aura servi qu’à peu de choses. Harper gère les secrets. Ignatieff gère les crises. L’un et l’autre ont atteint le bout de la route.

Harper doit son confort à Ignatieff. Ignatieff doit son inconfort à Harper. C’est en fin de session qu’Ignatieff brandit la menace de nouvelles élections. Et dire que le chef libéral a laissé passer, comme une couleuvre, l’épineux dossier de l’Afghanistan. Le va-t-en-guerre Ignatieff n’a pas su imposer la moindre ligne de conduite au gouvernement canadien. Il faut admettre que nous sommes loin, très loin, des audacieuses prises de position de Pierre Elliot-Trudeau.

Ignatieff n’a pas su prendre au vol les dépenses insensées du G8 et du G20 (un milliard de dollars). Il n’a pas su ébranler le gouvernement et ramener derrière lui l’opinion publique sur ses scandaleuses dépenses pour deux rencontres qui n’ont mené qu’à un constat d’échec.

Ignatieff n’a pas su remettre à l’ordre le gouvernement de Stephen Harper qui a fait piètre figure aux Nations Unies et sur les scènes internationales où il est question d’environnement. Ignatieff a préféré se promener en bus à travers le Canada pour rehausser l’image de sa personne. Il a fait chou blanc.

Faut-il se surprendre de la morosité du peuple canadien devant une classe politique qui s’essuie les pieds sur le paillasson de l’indifférence? Selon un récent sondage, s’il y avait des élections à court terme, le peuple canadien élirait un autre gouvernement minoritaire. Michael  Ignatieff croit qu’au moment de faire leur choix, les Québécois chercheront une « alternative » aux conservateurs et se tourneront vers le Parti libéral, plutôt que vers le Bloc québécois. Cette analyse, pour peu qu’elle le serve bien, se situe bien loin de la réalité. Selon un récent sondage La Presse Canadienne/Harris-Décima, le Bloc québécois domine toujours avec 44 pour cent des intentions de vote. Les libéraux sont loin derrière avec 23 pour cent de la faveur populaire. Quant aux conservateurs, ils traînent de la patte avec 11 pour cent des intentions de vote, pratiquement à égalité avec le NPD, à 10 pour cent.

De nouvelles élections? Pourquoi donc, diantre!


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