La gifle du policier Ali Aaref du Bahreïn à un père de famille

30 12 2012
Le merveilleux pouvoir de la police

Le merveilleux pouvoir de la police au Bahreïn

 

La délicatesse du policier qui s'adresse au père de famille ayant oublié ses cartes d'identité

La délicatesse du policier qui s’adresse au père de famille ayant oublié ses cartes d’identité

 

Le père recule devant la menace de ce policier

Le père recule devant la menace de ce policier

 

Une première gifle de ce bon policier que le pauvre père de famille exaspère

Une première gifle de ce bon policier que le pauvre père de famille exaspère

 

Une deuxième gifle du policier gros-jean-comme-devant

Une deuxième gifle du policier gros-jean-comme-devant

 

Réflexe naturel du père : il protège son enfant contre la bêtise de ce policier

Réflexe naturel du père : il protège son enfant contre la bêtise de ce policier

 

Le père quitte les lieux

Le père quitte les lieux

 

Bravo brave policier. Le Bahreïn est un pays à visiter et à fréquenter

Bravo brave policier. Le Bahreïn est un pays à visiter et à fréquenter

 

Et maintenant, la vidéo et le topo de Rue89





Manifestation du 22 juin 2012 : l’ardeur ne s’estompe pas

23 06 2012

20 000 personnes? 25 000 ? 50 000 ? Qu’importe. L’ardeur ne s’estompe pas


 

La voix populaire s’élève et n’entend plus se taire sous la menace


 

Le gouvernement de Jean Charest se croit au-dessus du mouvement populaire


 

Et le peuple est là pour lui rappeler qu’il n’en est rien


 

Le pouvoir politique ne se résume pas à brandir la menace policière


 

La faiblesse du gouvernement de Jean Charest se résume à refuser de négocier et à adopter un comportement de despote. La corruption de ce gouvernement a atteint des sommets que rejette le peuple du Québec


 

Par son refus de négocier avec les étudiants, le gouvernement de Jean Charest a délibérément semé la discorde et tenter de diviser le peuple pour mieux régner et pour mieux faire oublier son triste bilan empoisonné par la corruption


 

Le 22 juin les étudiants et les étudiantes, accompagnés par une population déterminée, ont montré que la lutte se poursuivait et que la volonté n’était pas entamée


 

De partout le message concorde : ce gouvernement est corrompu et il doit partir


 

Le peuple du Québec ne veut plus s’incliner et taire la révolte qui gronde par suite de l’incompétence de ce gouvernement qui n’entend plus sa voix


 

Et en ce 24 juin le peuple redira la confiance qui l’anime de voir un jour le Québec devenir un pays


 

Les photos sont protégées par le droit d’auteur. Toute reproduction en tout ou en partie nécessite l’autorisation expresse de l’auteur. Je désire remercier Pierre Houle pour sa générosité et pour la confiance qu’il m’accorde en autorisant la publication de ses photos.
 





Aux « clowns antichinois », les « clowns anti-occidents » !

10 12 2010

L’Afghanistan, l’Arabie saoudite, la Colombie, Cuba, l’Égypte, l’Irak, l’Iran, le Kazakhstan, le Maroc, le Pakistan, les Philippines, la Russie, la Serbie, le Sri Lanka, le Soudan, la Tunisie, l’Ukraine, le Venezuela et le Vietnam sont-ils des pays indépendants? La Serbie a annoncé sa décision de boycotter la cérémonie parce que les relations avec Pékin relèvent de l’intérêt national et que la Chine est l’un des partenaires bilatéraux les plus importants du pays. Décision qui a entraîné la réprobation de la Commission européenne : « Nous attendons d’un pays aspirant à rejoindre l’UE qu’il partage les valeurs de l’Union ». Tous ces pays sont-ils des colonies de la Chine? Ont-ils, pour des raisons de pressions politiques et économiques, cédé à la Chine en ne se présentant pas à la cérémonie de la remise du prix Nobel de la paix à Oslo, en Suède? Pékin, qui n’a pas hésité à qualifier mardi les membres du comité Nobel de « clowns antichinois », n’a pas su trouver un miroir pour constater le reflet dégradant qu’elle diffuse d’elle-même. Aux « clowns antichinois », nous pourrions opposer les « clowns anti-occidents ».  Sur les 65 pays représentés par une ambassade à Oslo qui ont été invités, 44 seront présents. Et que dire du fait que ces pays ont été prévenus par Pékin que tout soutien à Liu Xiaobo serait considéré comme un affront, qui aura « des conséquences ».  Nous sommes face à une intolérable corruption de pouvoir de la part des autorités chinoises. Les puissances émergentes, à la fois partenaires mais aussi rivales de la Chine, comme l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud, la Corée du Sud, ont apparemment su résister aux pressions de Pékin. Une porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jiang Yu, dans une réthorique propre à la Chine, a déclaré sans fondement que « plus de 100 pays et organisations ont exprimé un soutien explicite à l’opposition de la Chine à ce prix Nobel de la paix, ce qui montre clairement que la communauté internationale rejette la décision du comité Nobel ». Rien n’est épargné pour travestir les faits : seuls les 65 pays représentés par une ambassade à Oslo ont été invités à la cérémonie.





75 % des Québécois estiment que leur province est corrompue, monsieur Charest

2 12 2010

Jean Charest comprend bien ce qu’il veut. Selon lui, dans un Mea Culpa dont on peut douter de la sincérité, le premier ministre du Québec met au compte de la fatigue des Québécois sa défaite électorale dans Kamousraska-Temiscouata. Si les Québécois sont désabusés, selon Jean Charest, c’est notamment à cause des attaques personnelles lors des échanges à l’Assemblée nationale. Une critique qui « vaut pour tout le monde », a-t-il précisé.

À ce rythme, et avec ces commentaires « cosmétiques », le Premier ministre s’en va droit vers une cuisante défaite aux prochaines élections générales. Ce type de message ne passe plus, ne lui en déplaise : « Je reçois le résultat avec beaucoup d’humilité pour la partie qui me concerne et qui concerne mon gouvernement », a-t-il commenté. « À travers le vote, les Québécois envoient un message et ça concerne entre autres tous les débats sur la collusion et la corruption. J’ai dit que nous allions en faire davantage et c’est ce que nous allons faire ».

La vice-première ministre, Nathalie Normandeau a promis que le gouvernement allait continuer d’expliquer à la population qu’une commission d’enquête sur la construction pourrait coûter de 70 à 100 millions de dollars et durer plusieurs années, contrairement aux enquêtes policières en cours. Madame Normandeau n’expliquera pas en contrepartie combien coûtent l’État les collusions dans le secteur de la construction et combien elles rapportent en termes de financement aux partis politiques. Il semblerait que le travail de M. Jacques Duchesneau aurait déjà permis des économies de plus de 300 millions. Quel prix doit-on accorder à la vérité des faits?

Encore une fois, Jean Charest continue de refuser de tenir une commission d’enquête. « Il faut des solutions permanentes et une commission d’enquête, ce n’est pas une solution permanente. Une commission d’enquête, ça donne l’immunité à celui qui témoigne; ce n’est pas ça qui va régler le problème ». Faux. Une Commission d’enquête explique le fonctionnement d’un système de corruption tant dans les rangs de la construction que dans ceux du financement des partis politiques. Et l’escouade Marteau risque d’accoucher d’une souris. Une courte vue du Premier ministre en déficit de crédibilité que confirment les résultats des élections de Kamouraska-Temiskouata.

À l’Assemblée nationale, Pauline Marois a réclamé encore une fois la tenue d’une commission d’enquête publique.

Le président du Conseil du patronat du Québec, Yves-Thomas Dorval, se dit bouleversé par les révélations faites au cours des dernières semaines concernant l’infiltration du crime organisé dans l’industrie de la construction.

Et Jean Charest peut se féliciter de ces sondages qui indiquent que, selon la firme Angus Reid, 75 % des Québécois estiment que leur province est corrompue.





Grillez-moi ce nègre!

10 11 2010

Mumia Abu Jamal est un des condamnés américains les plus célèbres du monde. Agé de 56 ans, cet ancien président de l’Association des journalistes noirs de Philadelphie a été condamné à mort en 1982 pour le meurtre d’un policier blanc qu’il nie avoir commis. Aux premières heures du 9 décembre 1981, s’interpose dans une altercation entre un policier blanc, Daniel Faulkner, et son jeune frère. Le policier est tué de deux balles et Mumia est blessé à la poitrine. Il arrêté pour le meurtre de l’officier Daniel Faulkner. Mumia est condamné à mort le 3 juillet 1982. Il est dans le couloir de la mort depuis près de 30 ans.

Selon Amnisty International, Mumia Abu-Jamal, ancien membre du Black Panther Party (BPP, Panthères noires), était surveillé dans le cadre du programme COINTELPRO de contre-espionnage du FBI. Avant son arrestation, Abu-Jamal travaillait comme journaliste et avait écrit des articles très critiques sur les autorités de Philadelphie. En juin 1999, un ancien tueur à gages, Arnold Beverly, confesse à l’une des avocates de Mumia avoir tué l’officier Faulkner dans le cadre d’un contrat mêlant police corrompue et mafia. Bien que corroborés par un faisceau d’éléments et de témoignages concordants, ces aveux n’ont jamais été entendus par la justice au prétexte qu’ils sont « hors des délais de la procédure ».

Pour Amnisty International, les autorités américaines ont, à plusieurs reprises, violé les garanties juridiques internationales par leur recours permanent à la peine capitale. Parmi ces violations, on compte l’exécution de personnes déficientes mentales, de délinquants mineurs et de personnes qui n’ont pas bénéficié d’une assistance juridique adéquate. Par ailleurs, la majorité des condamnés à mort sont issus d’un milieu pauvre et de minorités ethniques et raciales. Et Amnesty International a dénombré 70 raisons de rejuger le fond de l’affaire.

Le juge Albert F. Sabo a présidé le procès de Mumia Abu-Jamal. Ses liens avec les services de police ont soulevé des inquiétudes quant au choix de ce juge. Albert Sabo fut, seize années durant, shérif adjoint de la ville de Philadelphie, avant de devenir juge en 1974. Sur une période de 14 ans, Albert Sabo en tant que président du tribunal, condamna à mort 31 prévenus dont 29 appartenaient à des minorités ethniques. Et c’est ce juge qui s’exclama à la fin du procès : « Je vais les aider à faire frire ce nègre ». Il faut lire cette analyse – Anatomy of a Racist Frame Up – pour se convaincre du racisme manifeste démontré par ce juge.

Parmi les nombreuses irrégularités qui ont jeté un discrédit sur le procès de Mumia, Amnisty International relate le témoignage d’un gardien de sécurité de l’hôpital et d’un policier, selon lequel Mumia aurait hurlé : « J’ai tiré sur ce fils de pute et j’espère que ce fils de pute va mourir ». Un autre policier, Gary Wakshul, certifia plus tard à la cour d’appel avoir également entendu ces propos. Or, aucun autre des nombreux policiers présents dans la chambre de Mumia n’a entendu cet « aveu ». Les médecins présents à ses côtés ont déclaré que Mumia était « au bord de l’évanouissement », et qu’ils ne l’ont pas entendu prononcer une quelconque confession. En outre, les trois témoins n’ont affirmé avoir entendu ces propos que plus de deux mois après l’événement.

Le Fraternal Order of Police (FOP), syndicat important qui regroupe plus de 283 000 membres et qui représente les forces de police, a, explique Amnisty International, fait campagne de façon constante pour l’exécution de Mumia, réagissant violemment aux demandes d’ouverture d’un nouveau procès. En août 1999, ils ont même appelé au boycot économique de tous les particuliers et des entreprises qui exprimaient leur soutien à la libération de Mumia. Le FOP a des liens étroits avec les autorités judiciaires qui ont rejeté l’appel de Mumia.

L’Humanité a fait sien le combat pour la justice que mène Mumia Abu-Jamal. Pour le quotidien, il ne fait aucun doute qu’Abu-Jamal est un prisonnier de conscience. Il dénonce les rouages d’une justice à deux vitesses. Il critique également les inégalités sociales et les discriminations fondées sur la couleur de peau, inhérentes de la société états-unienne. Aujourd’hui encore, il importune. Est-ce pour cela que le président Barack Obama est resté sourd aux interpellations de personnalités, dont plusieurs prix Nobel de la paix et de littérature, lui enjoignant d’intervenir en faveur de la révision du procès?

Danielle Mitterrand, présidente de la Fondation, France Libertés, s’interrogeait en ces termes dans les pages de l’Humanité : « Comment, aujourd’hui, les autorités américaines et tous les démocrates peuvent-ils accepter l’idée qu’un détenu puisse être mis à mort après vingt-neuf années de prison? […] Je ne comprends pas que l’on puisse infliger un tel traitement lorsqu’on est une grande nation, un peuple civilisé qui se veut à la pointe de la recherche. Je l’ai dit à l’ancien gouverneur de Pennsylvanie, lequel pour toute réponse m’a reproché avec une violence terrible de perdre mon temps à soutenir un voyou ».

À deux occasions, la vie de Mumia Abu-Jamal a été sauvée par des millions de militants et de personnalités dans le monde. À ce jour, 3.261 personnes se trouvent dans les couloirs de la mort aux États-Unis, dont 42% de Noirs (alors qu’ils ne représentent que 12% de la population). 35 États pratiquent la peine de mort et le Texas vient en tête avec 16 exécutions en 2010. Le site Bellaciao a joint sa voix aux nombreuses organisations dans le monde qui demande la libération pure et simple de Mumia Abu Jamal. « Abu Jamal devrait être honoré par un Prix Nobel de la Paix pour avoir osé défendre avec des mots et des articles, la cause des afro-américains enclin au racisme et à la ségrégation ordinaire pratiquée notamment dans les états du sud des USA. Mumia Abu Jamal est aujourd’hui l’un des plus anciens et le plus célèbre prisonnier politique du monde, il vient de dépasser de 2 ans les 27 années d’emprisonnement de Nelson Mandela. Ce dernier, comme des milliers de militants de par le monde, a aussi demandé à Barak Obama d’intervenir pour que ce procès soit équitable ».

Une pétition internationale en ligne lancée en janvier pour demander au président américain Barack Obama de se prononcer contre la condamnation à mort de Mumia Abu Jamal a recueilli plus de 29.000 signatures à ce jour, parmi lesquelles l’ancienne Première dame de France Danielle Mitterrand, l’écrivain allemand Günter Grass, ou le linguiste américain Noam Chomsky. Le prix Nobel de la Paix se montrera-t-il sensible à cette pétition?

Des pays du Conseil des droits de l’homme de l’ONU ont demandé à Washington d’abolir la peine de mort dans le cadre d’une série de recommandations sur la situation des droits de l’homme aux Etats-Unis. D’autres pays ont demandé aux autorités américaines de réduire la surpopulation carcérale, de ratifier des traités internationaux sur les droits des femmes et des enfants et de prendre des mesures supplémentaires pour lutter contre le profilage racial. Pour les États-Unis, la peine de mort est autorisée par le droit international et il n’est donc pas question de l’abolir. Des pays comme l’Iran, le Venezuela, Cuba et la Corée du Nord sont membres du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.





Omar Khadr est-il vraiment coupable?

29 10 2010

Il existera toujours un doute sur le simulacre de procès qui a mené Omar Khadr à se déclarer coupable du meurtre du soldat Chris Speer. Il existera toujours un doute sur la culpabilité forcée ou volontaire d’Omar Khadr qui à quinze ans a été enfermé à Guantanamo, ne bénéficiant d’aucun statut, d’uucun droit, d’aucune reconnaissance d’enfant-soldat. Nullum crimen, nulla poena sine lege. Il a même été oublié par son pays, le Canada, qui s’est rangé honteusement derrière les États-Unis en participant directement aux tortures morales infligées à un jeune homme de 16 ans pour obtenir insidieusement des aveux. La sentence du tribunal militaire d’exception sera prononcée ce samedi. Sans que justice n’ait été rendue.

Il n’existera aucune certitude sur la culpabilité d’Omar Khadr devant la décision du juge militaire Patrick Parrish d’admettre en preuve des aveux extorqués de manière scandaleuse. Selon ce militaire, le jeune Omar Khadr n’a jamais été torturé par ses geôliers ou ses interrogateurs américains. Il faut préciser qu’à la fin du mois de mai 2008, le Pentagone avait remplacé le juge militaire qui entendait la cause de Khadr après qu’il eut critiqué le gouvernement pour ne pas avoir transmis les documents liés aux traitements qu’a subis Khadr à Guantanamo. Par sa décision, le juge militaire Parrish, plus conforme aux directives du gouvernement des États-Unis, a bafoué les conventions internationales qui accordent une protection spéciale aux enfants impliqués dans des conflits armés et que les tribunaux internationaux refusent de les poursuivre. Il a nié les droits d’Omar Khadr à une défense pleine et entière pour des motifs militaires, ignorant les règles élémentaires de droit et de justice. Ce déni des droits humains a été reconnu par la Cour suprême du Canada.

Le juge Parrish n’a pas pris en compte le témoignage d’un soldat qui a admis que des tortures ont été exercées sur le jeune Khadr. Le réseau anglais de Radio-Canada avait, dès 2008, retrouvé Damien Corcetti, le premier soldat américain qui a interrogé le jeune homme, en Afghanistan. « Avec le recul, je peux maintenant dire que c’était vraiment de la torture », admet M. Corcetti, qui a quitté l’armée américaine depuis. Jane Mayer, correspondante à la revue New Yorker, a expliqué en 2008, à Radio-Canada, avoir épluché les documents du département américain de la Justice. « Pour qu’il y ait torture, il faut causer une douleur qui entraîne soit la défaillance d’un organe ou une mort appréhendée. Tout le reste n’était pas de la torture », expliquait la journaliste. Cela explique sans doute pourquoi les États-Unis n’ont jamais voulu adhérer au Statut de Rome qui dicte les règles du Tribunal pénal international.

Pendant tout ce temps, le gouvernement du Canada, en refusant d’intervenir pour protéger les droits d’Omar Khadr, citoyen canadien, emprisonné à Guantanamo, s’est fait complice du mauvais trraitement qui lui a été infligé. M. Harper a toujours refusé de s’impliquer dans cette affaire, stipulant que Khadr faisait face à de sérieuses accusations et que les procédures légales aux États-Unis devaient suivre leur cours. Le gouvernement du Canada, comme il a été démontré depuis, savait pertinemment qu’Omar Khadr était soumis aux méthodes d’interrogation surnommées « stress et contrainte ». Les trois agents canadiens du SCRS ont même procédé à un interrogatoire d’Omar Khadr, digne des méthodes de Guantanamo, qui venait de subir des privations de sommeil abusives en violation de la Convention contre la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants et des Conventions de Genève de 1949. Au terme de ce pénible et éprouvant interrogatoire qui a duré, en février 2003, quatre jours, l’agent canadien du SCRS reproche à Omar de ne pas dire la vérité. Omar Khadr réplique tout simplement : « vous n’aimez pas la vérité ».

Dans son témoignage devant ce tribunal d’exception de Guantanamo, Omar Khadr a révélé que les interrogateurs américains l’avaient menacé en 2002 d’un viol collectif dans une prison américaine, aux mains de quatre « gros noirs » détenus patriotiques. Que valent ces paroles d’un enfant de quinze ans qui, huit ans plus tard, intervient auprès d’un jury composé exclusivement de militaires : « Je vous demande de considérer cette lettre sur ce qui m’est arrivé à Bagram en 2002. Il est difficile pour moi d’en parler. Je sais que cela ne change rien à ce que j’ai fait, mais j’espère que vous y penserez lorsque vous me punirez. Cette histoire m’a fait très peur et j’ai beaucoup pleuré ». Pour le juge Patrick Parrish, ce ne sont pas là des tortures, telles que définies par les règles internes des États-Unis.

Aujourd’hui Omar Khadr s’est accusé d’avoir lancé la grenade qui a coûté la vie à un soldat américain lors de combats en Afghanistan en 2002. Témoignant lui-même, dans son procès, le jeune détenu s’est adressé jeudi à la veuve du soldat Chris Speer. Après avoir présenté ses excuses, il a répondu, à une question de son avocat : « J’aurais souhaité pouvoir faire quelque chose pour effacer cette douleur ». Omar Khadr a expliqué qu’il a compris en prison la « beauté de la vie » et qu’il souhaite devenir médecin afin de « soulager les autres de la douleur ».

Tabitha Speer, veuve du soldat tué en Afghanistan par Omar Khadr, s’est adressée directement à l’accusé : « Omar Khadr avait un choix à faire le 27 juillet 2002. Il pouvait se rendre (…), mais il a choisi de rester et de se battre. Tout le monde parle de lui comme d’une victime, d’un enfant. Les victimes, les enfants, ce sont mes enfants, et pas vous ». Sans minimiser la peine de madame Speer, elle n’a manifesté aucune pensée pour les 600 soldats étrangers tués depuis le début 2010 en Afghanistan, pour les 2.170 soldats de la coalition internationale tués en Afghanistan depuis le début de l’intervention militaire menée par les États-Unis qui a chassé les talibans du pouvoir à la fin 2001, pour les 1.348 soldats américains qui composent plus des deux tiers des quelque 150.000 hommes de la coalition, pour les 109.032 morts en Irak, dont plus de 60% de civils, soit 66.081 personnes. Parmi toutes ces personnes, se peut-il qu’il y ait eu des enfants et des pères et des mères innocentes des politiques interventionnistes des États-Unis et de leurs milliers de mensonges pour justifier ces guerres? Et c’est sur un enfant-soldat que les États-Unis et le Canada font porter toute la lâcheté de ces guerres, fondées sur des mensonges éhontées, et menées à des fins autres que celles annoncées. Les enfants de madame Speer ont raison de déplorer la perte de leur père, parti en guerre en Afghanistan, vraisemblablement le cimetière de l’OTAN, comme l’écrivait William Pfaff le 22 mai 2007, dans l’International Herald Tribune. Ce père a probablement cru en une cause qui n’a plus de nom tant le déshonneur et la désorganisation en sont les principales caractéristiques.

Qui, devant ce tribunal militaire d’exception, se montrera soucieux du fait que, comme l’indique la haute-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Navanethem Pillay, les informations, dévoilées tout récemment par Wikileaks, renforcent les « inquiétudes » sur ces graves violations de la législation internationale qui ont eu lieu en Irak, dont des exécutions sommaires de plusieurs civils? Qui s’est montré préoccupé, devant le tribunal militaire d’exception, par le fait que les États-Unis ont continué à transférer des milliers de détenus aux autorités irakiennes, même si elles savaient qu’ils étaient torturés. Devant quels tribunaux seront traduits, si tant est qu’ils sont identifiés et accusés, ces « responsables d’homicides illégaux, d’exécutions sommaires, de torture et d’autres graves atteintes aux droits de l’homme »?

Stephen Harper, Premier ministre du Canada a fermé les yeux puis nié ces transferts de prisonniers en Afghanistan qui étaient menés droits à la torture. Cela explique pourquoi il peut se permettre de fermer les yeux devant le cas d’Omar Khadr. Cet Afghanistan, vraisemblablement le cimetière de l’OTAN, comme l’écrivait William Pfaff le 22 mai 2007, dans l’International Herald Tribune.





Omar Khadr ne se bat pas, ne lance pas d’étrons comme d’autres le font mais il est dangereux !!

27 10 2010

« Omar Khadr parle anglais, c’est un garçon charmant, qui se comporte avec une certaine grâce, qui lit Harry Potter mais qui a aussi mémorisé le Coran plutôt que de prendre des cours pour s’occidentaliser. Omar Khadr est hautement dangereux. C’est la Rock Star de Guantanamo qui a mariné dans un environnement musulman radical. En prison, il ne se bat pas, ne lance pas d’étrons comme d’autres le font mais il a traité un gardien noir de putain et d’esclave » (Michael Welner, psychiatre, dans son diagnostic après sur deux jours d’entretien avec le détenu, à Guantanamo, en juin dernier).

Pour Martin Scheinin, rapporteur spécial de l’ONU sur le contre-terrorisme et les droits de l’homme, aucun des crimes pour lesquels Omar Khadr a plaidé coupable n’est un crime de guerre. Pas un seul. Le procès pour crime de guerre intenté contre le jeune Canadien Omar Khadr est une honte pour les États-Unis (Source : AFP).

C’est également une honte pour le Canada qui s’est rendu complice de ce simulacre de procès.

Stephen Harper, premier ministre du Canada, de la mouvance des conservateurs de droite plus intolérants, est à Kiev. Il a déposé un pot de grains au pied de la statue de bronze d’une jeune fille émaciée. Monument érigé à la mémoire des millions de personnes mortes affamées dans les années 1930, en plein régime soviétique qui avait de façon délibérée coupé les vivres aux habitants du pays d’Europe de l’est. Stephen Harper est un homme culotté. Rien n’échappe à ses plans électoralistes. Par ce geste, le premier ministre canadien veut rejoindre la communauté ukrainienne canadienne en prévision d’une future élection. Et sur des accents de tremolo, il déclare : « Près de 10 millions de personnes – un nombre qui ne sera jamais officialisé – ont été tuées par les plans ébauchés délibérément par leur propre gouvernement. […] J’espère que cela rappellera à tout jamais aux Ukrainiens l’importance de leur liberté, de la démocratie, de leur indépendance et de la nécessité de toujours défendre ces valeurs ».

Plus tôt, à Montreux, en Suisse, le Premier ministre du Canada a, lors du sommet de deux jours des leaders de la Francophonie, déclaré que l’organisation est devenue plus active dans la défense des droits humains et du règne du droit. Où les leaders de la francophonie ont-ils choisi de tenir le 14e sommet de la Francophonie? En République démocratique du Congo (RDC) dont le président est Joseph Kabila. Le nombre de victimes de la guerre civile congolaise, qui a commencé en 1996, s’élèverait à trois millions. Harper a dit que les choses ont changé depuis que l’organisation s’est engagée à prendre plus de responsabilités au chapitre des droits humains, il y a 10 ans. S’est-il objecté à la tenue du Sommet de la francophonie en RDC? Le Madagascar et la Guinée sont sous le coup de suspensions pour des violations des droits humains. La France a délégué à ce Sommet un ancien président, Jean-Pierre Raffarin.

Stephen Harper est-il en mesure de prodiguer ainsi ses précieux conseils en matière de protection des droits humains? En janvier 2010, la Cour suprême du Canada a épinglé sévèrement le Canada pour avoir failli à ses responsabilités dans la protection des droits d’Omar Khadr, ressortissant canadien, qui n’avait que 15 ans lorsqu’il a été fait prisonnier par les États-Unis. Auparavant, la Cour fédérale avait dénoncé le fait que le Canada avait délibérément ignoré le fait qu’Omar Khadr aurait dû être considéré comme un enfant-soldat, puisqu’il n’avait que 15 ans au moment de son arrestation. « […] la violation de la Charte qui découle des actes des responsables canadiens est exacerbée par le fait qu’au moment considéré, les autorités savaient que M. Khadr était un « enfant » au sens de la Convention relative aux droits de l’enfant ».

Le jugement de la Cour suprême est clair et limpide : « La Cour déclare que, compte tenu de la conduite de responsables canadiens lors d’interrogatoires menés en 2003 et 2004, telle qu’elle est établie par la preuve, le Canada a activement participé à un processus contraire aux obligations internationales qui lui incombent en matière de droits de la personne et a contribué à la détention continue de l’intimé, de telle sorte qu’il a porté atteinte à son droit à la liberté et à la sécurité de la personne que lui garantit l’article 7 de la Charte canadienne des droits et libertés, et ce, de manière incompatible avec les principes de justice fondamentale ».

Depuis huit ans, il est enfermé à Guantanamo, privé de tous ses droits d’un procès juste et équitable. Le père d’Omar Khadr l’envoie s’entraîner, alors qu’il est âgé de onze ans, dans les camps d’Al Quaida, en Afghanistan. Il ordonne à son fils de rester avec un groupe de combattants pour servir d’interprète, puisque le jeune Khadr parle trois langues. Au cours d’un échange de tirs en Afghanistan en 2002, Omar Khadr croyait qu’il allait mourir, et il a voulu tuer autant d’Américains qu’il le pouvait avant de disparaître. Dans cet exposé conjoint des faits, que le jeune Khadr a signé, il admet avoir été « content » lorsqu’il a appris qu’il avait tué un soldat américain. Ces déclarations ont été produites devant le Tribunal d’exception de Guantanamo après qu’Omar Khadr ait accepté de plaider coupable à ces accusations. En avril dernier, le juge Patrick Parrish, qui réside le tribunal d’exception de Guantanamo devant qui se présente Omar Khadr, avait écouté pendant près d’une semaine, les témoignages des différents militaires et agents fédéraux qui ont interrogé l’enfant-soldat. Outre les privations de sommeil ou les positions inconfortables, un des interrogateurs avait raconté avoir inventé un scénario de viol pour l’impressionner. Ce même Patrick Parrish a tout simplement rejeté la demande de la défense pour que les « aveux », qu’Omar Khadr a pu faire dans les prisons de Bagram puis de Guantanamo, ne puissent pas servir de base à l’accusation : « Il n’existe aucune preuve crédible de tortures subies par l’accusé (…) même en recourant à une interprétation large compte tenu de l’âge de l’accusé ». Le juge n’avait pas justifié sa décision.

Les avocats d’Omar Khadr avaient dénoncé « le premier procès d’un enfant-soldat de l’histoire moderne ».

La Cour suprême a, dans un jugement sévère, affirmé, au même titre que les tribunaux précédents qui se sont penchés sur le sort d’Omar Khadr, qu’il est inadmissible que le Canada n’ait jamais agi pour défendre son ressortissant. Comme le montre bien le parti d’opposition à Ottawa, le Bloc québécois, si la Cour estime qu’il ne lui revient pas d’ordonner le rapatriement de M. Khadr, elle affirme tout de même que la réparation demandée par Omar Khadr, soit le rapatriement, est justifiée en raison d’un mauvais traitement. L’obstination idéologique du gouvernement fédéral dans ce dossier est d’autant plus inquiétante et condamnable que les ressortissants de tous les autres pays occidentaux ont été rapatriés de Guantanamo depuis déjà fort longtemps. Human Rights Watch (HRW) va dans le même sens : « La Cour a condamné à l’unanimité la participation du Canada dans les interrogatoires abusifs contre Omar Khadr à Guantánamo. Les juges ont refusé d’imposer le redressement juridique que nous espérions – le rapatriement – mais la décision déclaratoire qu’ils ont faite est un énoncé fort qui oblige le gouvernement canadien à agir ». La puissante American Civil Liberties Union (ACLU) voyait dans ce jugement de la Cour suprème du Canada un message au gouvernement américain. Elle avait demandé à Eric Holder, procureur-général américain, d’extrader Omar Khadr vers le Canada, où il aurait pu être réhabilité après avoir vécu des années de détention et de mauvais traitements.

Pour ne pas rapatrier Omar Khadr, le Canada se réfugie derrière cet argument : « Le Canada reconnaît l’indépendance du processus américain. Omar Khadr fait face à des accusations sérieuses aux États-Unis; c’est aux États-Unis que ça va se régler ». Et pour Marie-André Chouinard, du site Mondialisation, Omar Khadr est le premier de tous les détenus de Guantánamo à subir un procès en vertu des nouvelles règles régissant les commissions militaires, sous l’administration Obama, qui avait pourtant promis pendant sa campagne d’en finir avec la justice d’exception. C’est le seul Occidental incarcéré à Cuba à n’avoir pas été rapatrié par son propre pays. Alors qu’il n’avait que 16 ans, Omar Khadr, interrogé par les agents du Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS), comprend rapidement que ses « sauveurs » logent dans le camp des bourreaux, affirme madame Chouinard.

Omar Khadr, âgé de 24 ans, après huit ans d’emprisonnement à Guantanamo, sans droits ni procès, a accepté lundi de plaider coupable de toutes les accusations de « crime de guerre » pesant contre lui, réduisant son procès au seul examen par un jury des circonstances aggravantes et atténuantes entourant ces « crimes ». Cet aveu, commente l’organisation américaine de défense des libertés civiles (ACLU), va faire que les États-Unis vont s’épargner la honte de juger un enfant soldat dans un tribunal que le monde presque dans son entier juge illégitime. « M. Khadr est enfermé depuis huit ans, il aurait probablement avoué n’importe quoi juste pour en sortir », confirme Eugene Fidell, professeur de droit à Yale, cité par l’AFP.  « Huit ans pour arriver à cela, c’est un scandale, c’est injuste pour les victimes et leur famille et c’est injuste pour lui ». Human Rights First enfonce le clou : « les États-Unis n’auront plus à entrer dans les détails embarrassants des tortures subies par Omar Khadr ou à supporter les multiples appels contestant la constitutionnalité des charges pesant contre lui ».

Ce lundi, Omar Khadr, après huit ans de détention à la controversée prison de Guantanamo, a reconnu être coupable du meurtre du soldat Christopher Speer, de tentative de meurtre, de complot, d’espionnage, et de soutien au terrorisme. Il appartiendra maintenant à sept membres du jury, tous militaires, d’entendre des témoignages pour établir une sentence. Yves Boisvert, du quotidien La Presse, de Montréal, s’interroge : « quand l’aveu est extorqué après des années de détention en contravention avec les normes internationales, que les accusations contreviennent aux conventions internationales, que l’accusé n’a pas de chance raisonnable de faire valoir ses droits, que vaut cet aveu? Autant qu’une confession obtenue sous la torture ». Comme l’indique Yves Boisvert : « Khadr a également posé des mines pour Al-Qaïda. Songeons que plus de 1000 soldats américains sont morts dans les combats en Afghanistan et que Khadr est le seul à avoir été accusé de meurtre ».

Et pour Yves Boisvert, toute la honte de ce simulacre de procès rejaillit en très grande partie sur le Canada : « Honte au gouvernement canadien qui n’a jamais dénoncé ce processus et qui se distingue parmi toutes les démocraties constitutionnelles pour n’avoir jamais réclamé le rapatriement de son citoyen prisonnier à Guantánamo ».

Si Omar Khadr avait plaidé non coupable, il aurait pu se voir condamné à la prison à perpétuité.

S’il a plaidé coupable, Omar Khadr sera-t-il pour autant rapatrié au Canada? Rien n’est moins sur : « M. Khadr se reconnaît coupable de meurtre en contravention avec le droit international humanitaire, de tentative de meurtre en contravention avec ce droit, de conspiration, de soutien matériel au terrorisme et d’espionnage. D’après les médias, M. Khadr s’est aussi reconnu coupable d’être membre d’Al-Qaïda, d’avoir placé des bombes en bordure des routes et de s’en être pris sciemment à des victimes civiles. Cette question concerne M. Khadr et le gouvernement des États-Unis », a déclaré Lawrence Cannon, ministre des Affaires étrangères du Canada.

Le député néo-démocrate Thomas Mulcair rejoint le commentaire d’Yves Boisvert, du quotidien La Presse : « En vertu des règles de droit international, M. Khadr était un enfant-soldat qui avait droit à la protection du droit international et du droit intérieur du Canada. Il est honteux que le gouvernement du Canada continue de faire fi d’une entente internationale dont on était l’un des premiers signataires ».

Sur la protection des droits humains, quelle leçon peut donner le Canada aux pays qui les bafouent?