Harper veut se rapprocher du Québec en éliminant ses joyaux!

1 07 2012

Le Premier ministre du Canada, Stephen Harper, n’avait que des bonnes nouvelles dans le cadre de ce premier juillet, Fête nationale du Canada

 

Le gouvernement Harper refuse de fournir au directeur parlementaire du budget (DPB) les détails des compressions de 5,2 milliards de dollars sur trois ans annoncées dans le dernier budget fédéral, en plus de supprimer 20 000 postes dans la fonction publique. Les partis de l’opposition ont vivement dénoncé la position du gouvernement.

 

« Kyoto est essentiellement un complot socialiste qui vise à soutirer des fonds aux pays les plus riches » (Stephen Harper – Toronto Star, 30 janvier 2007)

 

Depuis l’annonce des compressions budgétaires et des quelque 19 000 pertes d’emplois qui les accompagnent, le gouvernement fédéral a refusé de donner des détails, prétextant les limites imposées par les conventions collectives. Il faut toutefois savoir que depuis la veille de la fête du Canada, les visites en soirée de l’édifice du Centre sont abolies. Il s’agit du complexe qui abrite certaines des principales activités du gouvernement du Canada. Lors de l’achalandage touristique estival, les visites guidées de l’édifice du Centre prendront donc fin trois heures plus tôt; elles débuteront à 9 h et se termineront à 16 h 30. Une porte-parole de la Bibliothèque du Parlement confirme que l’accès en soirée sera retiré de l’horaire en raison des compressions budgétaires décrétées par le gouvernement. Le gouvernement a néanmoins lancé un appel d’offres pour l’aménagement du nouveau centre d’accueil. La valeur du contrat s’élève à 48,9 millions de dollars. Cherchez l’erreur.

 

« La question est simple : est-ce que les Québécoises et Québécois forment une nation au sein d’un Canada uni ? La réponse est oui. Est-ce que les Québécoises et Québécois forment une nation indépendante du Canada ? La réponse est non, et elle sera toujours non » (Stephen Harper)

 

D’après le sondage de l’institut Ipsos Reid, pour le compte des journaux du groupe Postmedia News et de la chaîne Global, 49% des Canadiens vivant hors-Québec estiment que « ce ne serait pas un drame si le Québec se séparait du Canada » et resteraient indifférents en cas de scission du pays. « Je pense que les gens en ont eu assez de ce débat, le pays a pris une autre direction », a commenté le président de l’institut Ipsos Reid, Darrell Bricker, ajoutant que le Québec avait perdu de son ascendant politique et économique au sein de la fédération dans la foulée de la montée en puissance des provinces de l’ouest comme l’Alberta (Source : La Presse

 

Symbole de l’Expo 67, la Biosphère, qui était depuis 1995 un lieu dévoué à l’action et à l’éducation environnementales, passe dans le tordeur de la nouvelle vague de compressions

 

À Pêches et Océans Canada, près de 429 biologistes, chimistes et autres scientifiques ont reçu, mercredi, un avis de poste excédentaire. Certains travaillent pour le Experimental Lakes Area, dans le nord-ouest de l’Ontario, qui doit fermer à la suite des compressions budgétaires. Ce centre est reconnu au niveau international pour ses recherches, notamment sur les pluies acides, les changements climatiques et la pisciculture. Près de 4000 membres de l’Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) ont appris que leur poste est menacé, comme 1200 de leurs collègues affiliés à l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC), qui représente une bonne partie des scientifiques employés par le gouvernement fédéral.

 

Il est plus important de fermer la Biosphère du Québec qui a un rôle d’éducation et d’information que de limiter la pollution des sables bitumineux d’Alberta

 

En mars 2012, la revue scientifique internationale Nature demandait au gouvernement de Stephen Harper de permettre à ses scientifiques de parler librement aux médias, dans l’intérêt de la libre circulation de l’information scientifique.

 

Pour les 625 spécialistes des sciences biologiques et environnementales, dans une lettre adressée au Premier ministre du Canada, « la destruction d’habitats représente la première cause du déclin des espèces, ce qui est un fait reconnu par tous les écologistes et scientifiques du monde entier. La Loi sur les pêches a toujours été un outil essentiel à la protection des habitats pour les poissons ainsi que pour l’industrie des pêches qu’ils supportent au Canada. Il ne fait aucun doute que l’affaiblissement de la protection des habitats projetterait une image irresponsable du Canada sur la scène internationale »

Que puis-je faire?
Rien mon ami

 

Selon la revue Nature, dans son éditorial de mars 2012, « depuis que le Parti conservateur du premier ministre Stephen Harper a conquis le pouvoir en 2006, il y a eu un resserrement progressif du protocole médiatique pour les scientifiques fédéraux et les autres employés du gouvernement, lit-on en éditorial. Les chercheurs qui, jadis, se seraient sentis à l’aise de répondre librement et rapidement à des journalistes sont désormais tenus de diriger les demandes d’entrevues à un bureau des relations médiatiques, qui exige des questions écrites à l’avance, et qui pourrait ne pas permettre aux scientifiques de parler »

 

L’éditorial de l’hebdomadaire américain Nature affirme qu’il est temps pour le gouvernement conservateur « libérer les scientifiques ». Il note que le Canada et les États-Unis ont inversé leur rôle depuis 2006, Washington ayant adopté des pratiques plus ouvertes depuis la fin de l’ère George W. Bush alors qu’Ottawa fait le chemin inverse.

 

Pour Kumi Naidoo, directeur général de Greenpeace International, avec l’échec de Rio+20, dont le Canada est un des grands artisans de cet échec, cela revient à dire qu’« on remet en ordre les fauteuils sur le pont du Titanic alors qu’il est en train de sombrer »

 

Si vous souhaitez en savoir plus sur la Biosphère de Montréal qui se consacre à la biodiversité, voici quelques liens :

Biosphère

Les Beautés de Montréal – juin 2009

Les Beautés de Montréal – septembre 2011





Élections au Québec

26 06 2012

Des élections au Québec s’imposent. Le peuple doit s’exprimer, au-delà de son ras-le-bol général, par les urnes (Photo Wikipedia)

La population doit répudier l’actuel gouvernement qui a atteint un sommet dans la corruption, dans ses relations troubles avec la mafia, qui n’entend plus la voix de la population et qui s’est éloigné de sa base électorale (Photo Wikipedia)

Une pensée stagnante, mais un idéal à atteindre, la liberté et l’indépendance du Québec

Appuyer le gouvernement dans la répression des étudiants et des étudiantes n’a pas été la meilleure décision de François Legault

Impétueux, fougueux, a-t-il l’étoffe d’un premier ministre et pourrait-il changer le Québec? Amir Khadir, un cas intéressant





Que veut Jean Charest sinon la guerre avec ses étudiants?

26 04 2012

Quelque 175 000 étudiants des cégeps et universités de la province demeurent en grève pour dénoncer la hausse des droits de scolarité à l’université de 1625 $ sur cinq ans. Certains d’entre eux débraient pour une 11e semaine. Dans des entrevues accordées au Réseau de l’information plus tôt ce matin, le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, et les présidents de la FECQ et de la FEUQ, Léo Bureau-Blouin et Martine Desjardins, ont pressé Québec de reprendre les négociations.

Le président de la Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) Jean Trudelle a déclaré que le gouvernement a fait preuve d’un cynisme inacceptable envers la jeunesse, notamment en concentrant le débat sur les actes violents. M. Trudelle a affirmé que depuis le début le gouvernement a bâclé le dossier, ne s’appuyant sur aucune étude pour décréter la hausse de 75 pour cent des droits de scolarité qui a fait descendre les étudiants dans la rue pour une 11e semaine.

Le gouvernement ne reculera pas sur la hausse de 1625 $ sur cinq ans des droits de scolarité -
La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot

« La ministre a d’abord favorisé une détérioration importante du climat social, en attendant plus de deux mois pour rencontrer les représentantes des associations étudiantes. À l’heure où un geste concret du gouvernement pouvait encore calmer le jeu et minimiser les dégâts, il est irresponsable de la part de la ministre de suspendre la négociation sous de faux prétextes. Ce qui est intolérable, c’est de ne sentir du côté du gouvernement aucune volonté politique réelle de trouver une solution. »

Mario Beauchemin, président de la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ),
Jean Trudelle, président de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ-CSN)
Max Roy, président de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU).





Mélanchon à la présidence de la République?

15 04 2012

[…] la dérive logomachique du mélenchonisme en ébullition, mélange de dogmatisme, d’agressivité et de raccourcis, est éloquente: elle nous indique ce que serait la liberté d’expression sous un régime mû par une telle idéologie. Point d’avis divergents tolérés, point d’esprits critiques autorisés, point de caricatures acceptées: quelque part entre le magistère vitupérant en cours au Venezuela et la glaciation mortifère qui règne en Corée du Nord, l’ordre mélenchonien, c’est la liberté d’expression réservée à ceux qui sont d’accord avec le chef

Christophe Barbier – L’Express

Donneur de leçons à l'excès, affichant des revenus et des biens qui n'ont rien à voir avec ceux des travailleurs qu'il prétend défendre, comme le révélait l'Express en début d'année, Jean-Luc Mélanchon amuse moins le peuple de gauche que Georges Marchais à l'époque de gloire du parti communiste (Politique & Société France @ Suite101)





Non aux gaz de schiste!

20 06 2011

Si le gouvernement reste sourd, la population lui opposera plus haut et plus fort son opposition à l'exploration et à l'exploitation des gaz de schiste

Des milliers de personnes ont, samedi, manifesté au centre-ville de Montréal pour demander l'adoption d'un moratoire sur l'exploitation des gaz de schiste

(N’oubliez pas de cliquer sur les images pour les agrandir)

«La population est éveillée comme jamais», a commenté, Paul Piché, un artiste populaire et engagé

Aucun doute sur le message qu'a voulu transmettre cette jeune mère aux autorités gouvernementales qui font la source oreille

Oui il faut protéger la beauté du monde

Les ressources naturelles appartiennent autant aux générations de demain qu'à celles d'aujourd'hui. Elles ne sont pas la propriété des entreprises et du gouvernement

Il faut poursuivre le combat de la protection des ressources naturelles et du développement durable pour éveiller les consciences

À rester sourd aux revendications de la population sur un moratoire, le gouvernement du Québec se discrédite

Le gouvernement a créé un comité qui sera chargé de réaliser l'évaluation environnementale stratégique (ÉES) sur les gaz de schiste. Ce comité a été dénoncé. En effet, sur les onze personnes choisies, aucune ne représente un groupe environnemental ou un groupe citoyen

Selon le commissaire au développement durable, le gouvernement du Québec a failli dans sa gestion sur les gaz de schiste, la population s'attendant à la mise en place d'un processus impartial et transparent

Plus le gouvernement se refusera à entendre sa population, plus hautes les voix s'élèveront pour dénoncer son incapacité à agir

Alors que la France vient d'interdire les fracturations hydrauliques nécessaires à l'exploitation des gaz de schiste, le gouvernement feint d'ignorer la fuite de deux puits en Montérégie, l'explosion majeure d'un puits en Pennsylvanie avec des impacts importants pour l'eau et la présence de méthane dans les nappes d'eau souterraines

Disposer de ses ressources naturelles n'est pas un privilège mais un droit. Et la population du Québec refuse la dilapidation de ses ressources

La beauté de la vie n'a pas de prix. La beauté du monde encore moins. Un gouvernement inconscient et irresponsable pourrait par contre payer un prix très cher pour son incurie

Pour un Québec propre il faut une population volontaire et décidée à protéger la richesse de ses ressources naturelles. Elle doit en être la gardienne inconditionnelle





Une autre crise au sein du Parti québécois

7 06 2011

«Je ne pense pas que Mme Marois est la femme que les gens veulent suivre pour fonder un pays», déclarait mardi le député démissionnaire du Parti québécois, Jean Martin Aussant. Tant de choses ont été dites depuis lundi. Montées aux barricades, démissions, dénonciations, déceptions, la palette complète des commentaires a été servie au bon peuple québécois. La dévastation est gigantesque.

Le congrès

Il faut vraiment ignorer les rouages d’un congrès politique pour croire que le vote de 93 pour cent recueilli par madame Pauline Marois correspond à la réalité. L’ultime objectif de ce vote était de préserver les acquis vers la prise de pouvoir. Au prix de combien de compromissions. Derrière les portes closes, tractations et menaces allaient bon train. Promesses en tout genre également. «Je te donne, tu me donnes. Tu me donnes, je te donne». Tout pour préserver l’unité et le vilain artifice que tout va bien dans l’Auberge du Parti québécois.

Mais voilà. Obtenir 93 pour cent lors d’un plébiscite au cours d’un congrès politique ne signifie en rien que ce vote mènera à une victoire majoritaire à une élection générale. La question est plus fondamentale. La population québécoise se retrouve-t-elle dans les idées et dans le style de Pauline Marois?

Pauline Marois avait, en avril 2001, réussi à écarter l’aile radicale de son parti. Pourtant, un an auparavant, la chef du Parti québécois avait, en mars 2010, défendu l’idée que le PQ était fondé sur le concept de «liberté» et que c’était un lieu où doit s’exprimer une «multiplicité» de points de vue. Comme l’indiquait le journaliste chroniqueur du Devoir : «Pour Marc Laviolette, l’expulsion de SPQ Libre signifie le retour de la «pensée unique» au PQ. L’objectif étant selon lui de récupérer le vote de l’ADQ, notamment les 700 000 qui ne se sont pas présentés aux urnes à la dernière élection. Mais le syndicaliste a dit douter que cette stratégie — qu’il a qualifiée d’«électoraliste et provincialiste» — puisse fonctionner». Marc Laviolette avait, au congrès d’avril 2011, réclamé puis échoué dans sa tentative de faire en sorte que la Loi 101 soit restaurée dans sa totalité. «Je suis devenu souverainiste parce qu’au Québec, ma langue était devenue opprimée», avait-t-il plaidé.

«Est-ce que le congrès est souverain ou bien c’est juste un exercice de style? » avait questionné Pierre Dubuc qui était à l’origine, avec Marc Laviolette, d’une proposition, adoptée avec une faible majorité, sur l’affichage unilingue français obligatoire. La députation péquiste avait mis tout son poids pour faire renverser cette proposition qui risquait de diviser le parti et d’indisposer la population québécoise.

Le projet de loi privé 204

Dans son exposé, lundi, Lisette Lapointe expliquait en ces termes sa démission du caucus du Parti québécois : «Depuis un certain temps déjà, en effet, je suis très mal à l’aise avec certaines orientations et positions prises par la direction du parti et avec la façon dont elles nous sont imposées. Un bel exemple est le projet de loi Maltais-Labeaume. Je dirais que c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Aucune consultation, aucun préavis au caucus des députés. Je l’ai appris par la radio. L’idée de retirer un droit de recours à un citoyen va à l’encontre de mes convictions. D’ailleurs, de nombreux citoyens, et vous le voyez ici, de nombreux citoyens m’ont dit leur désaccord et même, dans certains cas, leur colère».

Agnès Maltais, par son entêtement et le fait d’avoir entraîné dans son sillage, sa chef, Pauline Marois, aura beau tenté de convaincre la population du Québec du bien-fondé de sa démarche. Nul n’est dupe. Démarche électoraliste à la petite semaine qui montre une courte vision d’un Parti politique qui ne vise rien de moins que l’indépendance du Québec. Combattons une fois pour toutes ce malentendu : aucun sondage à la grandeur du Québec ne vient appuyer les prétentions de madame Maltais selon lesquelles la population appuie avec une large majorité sa démarche à l’Assemblée nationale. Madame Maltais, dont les arguments et les tons de voix ressemblent étrangement au maire Labeaume, ne convaincra personne que sa démarche protège la démocratie. Et le tort sera considérable. Madame Maltais gagnera peut-être la course dans sa circonscription, mais le parti québécois risquera, lui, de perdre sa course à la grandeur du Québec.

Est-ce par faiblesse ou calcul électoral que madame Pauline Marois s’est laissé guidé dans ces méandres qui limitent un droit fondamental de contester devant les tribunaux la décision d’un gouvernement municipal?

Forte de son plébiscite d’avril 2011, madame Marois a-t-elle vu trop grand ou s’est-elle laissé griser par ce pouvoir qui corrompt en se convainquant de son invincibilité. Pour Pierre Curzi : « cette décision va à l’encontre d’un principe fondamental de la vie démocratique qui permet à tout citoyen de contester, y compris devant les tribunaux, une décision gouvernementale. (…) Mon seuil de tolérance éthique personnel a été atteint. Je respecte mes collègues parlementaires qui pensent autrement».

Et que dire de cette réflexion profonde de Louise Beaudoin qui, en elle-même, dénonce le comportement de madame Pauline Marois depuis son arrivée à la tête du parti québécois : «c’est à mon retour en 2008, peut-être parce qu’une pause de cinq ans m’a permis de voir les choses autrement, que j’ai commencé à m’interroger sur la partisannerie qui souvent rend aveugle, qui nous force à toujours être dans la certitude, jamais dans le doute, sur le ton guerrier que l’on se croit obligés d’employer, sur la manière de se comporter avec des adversaires que l’on a tendance à considérer comme des ennemis, sur l’unanimisme imposé et sur la rigidité implacable de la ligne de parti: des maux dont la politique, je crois, est en train de mourir ici et ailleurs».

Le député Claude Cousineau s’est dit en accord avec les opposants au projet de loi 204 : «Je ne peux être d’accord avec l’idée de soustraire des droits de contestation à des citoyens. Rappelons-nous qu’il y a moins d’un an nous avons légiféré pour que les municipalités du Québec se dotent d’un code d’éthique et qu’elles produisent et déposent au ministère des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire les processus d’appels d’offres pour tout contrats ou ententes. Le projet de loi qui est devant nous va à l’encontre de ces principes et je ne peux donc l’endosser».

Le jeune député Jean-Martin Aussant siégera lui aussi comme indépendant, aux côtés de Louise Beaudoin, Liseette Lapointe et Pierre Curzi. Il a osé dire tout haut ce que plusieurs pensent tout bas : «Je ne pense pas que Mme Marois est la femme que les gens veulent suivre pour fonder un pays».

Au dernier instant, après avoir ironisé sur la décision de ses députés démissionnaires, la chef péquiste Pauline Marois a convenu «avoir fait une erreur au départ» en appuyant le projet de loi sur l’amphithéâtre de Québec sans avoir consulté ses députés. Une fois ce message bien lancé, comme un acte de contrition auquel ont été habitués les québécois de vieille souche, les députés sont ressortis de leur caucus ragaillardis. Le leadership de madame Marois est solide.

Solide? Auprès de qui? De la population du Québec? J’en doute. La langue de bois a repris ses droits. Faire la politique autrement, comme le souhaitait Louise Beaudoin? Un vœu pieux rapidement balayé sous le tapis. «Je vais faire la preuve que la souveraineté est au cœur de notre action et que nous allons faire le pays», a-t-elle répondu au député démissionnaire Jean-Martin Aussant. Pour réaliser cet objectif, il faut de la part de la population québécoise une bonne dose de confiance envers la classe politique. Et lien de confiance est sérieusement compromis.

Selon Bernard Drainville, «il ne fait aucun doute que le parti doit changer pour survivre. Si on veut sauver le Parti québécois, il va falloir changer le Parti québécois. Parce que ça reste un grand parti. Alors moi, je fais le choix de travailler de l’intérieur pour le changer». Il faut souhaiter bonne chance à Bernard Drainville. Il pourra toujours s’appuyer sur Maka Kotto qui a qualifié les démissionnaires de «fossoyeurs de la souveraineté». Madame Marois a clairement laissé entendre, à l’issue de son caucus de mardi, qu’elle n’avait pas l’intention de se plier aux attentes des députés qui souhaitent des changements dans son entourage.

En conclusion, que se passera-t-il lors du prochain vote sur le projet de loi privé 204? Il faudra s’amuser à compter le nombre de députés péquistes absent en raison de besoins urgents incontrôlables (les toilettes parlementaires sont un haut lieu de refuge pour dissimuler sa dissidence). Un trop grand nombre de ces députés risquerait d’affaiblir le leadership de madame Marois. Un petit nombre la conforterait dans cette crise qu’elle pourrait qualifier de passagère. Et les députés absents reviendront et reprendront leur siège le cœur et le corps plus légers.

Madame Maltais soutient qu’il faut écouter la population de la région de Québec. «Les gens de Québec savent ce qu’ils font, ils veulent cette entente, ils veulent le gestionnaire qui est là [Quebecor], ils font confiance en leur ville, en leur maire. […] L’appui des gens de Québec est massif». Puis-je rappeler à madame Maltais qu’avec un investissement public de 200 millions de dollars du gouvernement du Québec, c’est la population entière qu’il faut consulter et écouter? Et qu’il appartient au Parti québécois de remettre les pendules à l’heure? Je rappellerai à madame Maltais, qui n’a de vision que sa réélection dans la la région de Québec, que le président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Bernard Généreux, a dénoncé le projet de loi privé 204 : «Non seulement on autorise tout, mais on interdit les droits de recours». Un an seulement après l’adoption de nouvelles règles d’octroi des contrats municipaux et de règles visant la transparence et l’éthique, «à la première occasion venue, on règle ça entre nous», a-t-il souligné. «C’est quoi le signal qu’on est en train de donner?»

Jean Charest annonce qu’il reportera le vote sur le projet de loi 204 à l’automne. «Nous prendrons le temps de faire le travail comme il faut. Nous reviendrons au mois de septembre pour le faire correctement». Quel magnifique croc-en-jambe servi au Parti québécois et à sa chef, Pauline Marois. La sagesse vient de Jean Charest et la tempête trouve son origine chez les stratèges du Parti québécois, Agnès Maltais en tête, qui n’ont pas su voir venir la position de l’habile adversaire. Faire l’indépendance du Québec avec si peu de clairvoyance et ce brin d’amnésie? Peut-être serait-il sage que madame Maltais rejoigne les rangs des députés indépendants si elle avait l’humilité de reconnaître cet énorme gâchis.

Selon Cyberpresse, madame Marois se retrouve perdante sur toute la ligne depuis ce plébiscite d’avril 2011 : « Près des deux tiers des Québécois (62%) estiment que Mme Marois devrait quitter son poste «à la lumière des événements d’aujourd’hui» (la démission des députés Beaudoin, Curzi et Lapointe, lundi), mais 38% croient au contraire qu’elle devrait rester. Chez les électeurs souverainistes, 56% souhaitent qu’elle jette l’éponge, un point de vue que partagent seulement le tiers (35%) des électeurs péquistes ».





Harper et Ignatieff ou la traversée du désert

20 12 2010

Au plan législatif, le bilan est mince. Très mince. Au plan des idées, le bilan est pauvre. Très pauvre. L’année 2010 n’aura pas été fructueuse pour la population canadienne. Son parlement, qui lui coûte très cher, n’aura servi qu’à peu de choses. Harper gère les secrets. Ignatieff gère les crises. L’un et l’autre ont atteint le bout de la route.

Harper doit son confort à Ignatieff. Ignatieff doit son inconfort à Harper. C’est en fin de session qu’Ignatieff brandit la menace de nouvelles élections. Et dire que le chef libéral a laissé passer, comme une couleuvre, l’épineux dossier de l’Afghanistan. Le va-t-en-guerre Ignatieff n’a pas su imposer la moindre ligne de conduite au gouvernement canadien. Il faut admettre que nous sommes loin, très loin, des audacieuses prises de position de Pierre Elliot-Trudeau.

Ignatieff n’a pas su prendre au vol les dépenses insensées du G8 et du G20 (un milliard de dollars). Il n’a pas su ébranler le gouvernement et ramener derrière lui l’opinion publique sur ses scandaleuses dépenses pour deux rencontres qui n’ont mené qu’à un constat d’échec.

Ignatieff n’a pas su remettre à l’ordre le gouvernement de Stephen Harper qui a fait piètre figure aux Nations Unies et sur les scènes internationales où il est question d’environnement. Ignatieff a préféré se promener en bus à travers le Canada pour rehausser l’image de sa personne. Il a fait chou blanc.

Faut-il se surprendre de la morosité du peuple canadien devant une classe politique qui s’essuie les pieds sur le paillasson de l’indifférence? Selon un récent sondage, s’il y avait des élections à court terme, le peuple canadien élirait un autre gouvernement minoritaire. Michael  Ignatieff croit qu’au moment de faire leur choix, les Québécois chercheront une « alternative » aux conservateurs et se tourneront vers le Parti libéral, plutôt que vers le Bloc québécois. Cette analyse, pour peu qu’elle le serve bien, se situe bien loin de la réalité. Selon un récent sondage La Presse Canadienne/Harris-Décima, le Bloc québécois domine toujours avec 44 pour cent des intentions de vote. Les libéraux sont loin derrière avec 23 pour cent de la faveur populaire. Quant aux conservateurs, ils traînent de la patte avec 11 pour cent des intentions de vote, pratiquement à égalité avec le NPD, à 10 pour cent.

De nouvelles élections? Pourquoi donc, diantre!